La Faculté des sciences impliquée dans plusieurs Grands Projets FUNIGE

 

Créée en mars 2025 avec le soutien de la Fondation Hans Wilsdorf, la Fondation pour l’Université de Genève (FUNIGE) vise à compléter les financements publics de l’UNIGE pour soutenir des projets de recherche dépassant les ressources budgétaires ordinaires. Elle intervient désormais à travers cinq instruments : les Grands Projets, pour des programmes ambitieux pouvant atteindre un million de francs par an sur cinq ans ; le Soutien, pour des initiatives plus ciblées ; l’Équipement, destiné au cofinancement d’infrastructures de pointe ; DÉMARRAGE, qui accompagne l’installation des nouveaux et nouvelles professeur-es et le lancement de projets de recherche compétitifs ; et REESC — Rayonnement et Excellence : Éducation et Service à la Cité — qui soutient des initiatives structurantes en matière de pédagogie, de diffusion des savoirs, de médiation scientifique et de manifestations culturelles ou scientifiques.

À l’issue de son premier appel à projets, clos à la mi-décembre 2025, plusieurs initiatives portées ou co-portées par la Faculté des sciences ont été retenues dans la catégorie Grands Projets. Quatre d’entre elles sont présentées ici : FUNDIS, SOL — Structure of Life, Swiss-ET et CATARACTS. De l’intelligence artificielle à la biologie structurale, des ondes gravitationnelles aux humanités numériques, ces projets illustrent la diversité des recherches menées à l’UNIGE et la capacité de la Faculté à porter des programmes interdisciplinaires d’envergure.

FUNDIS — AI Foundation Models for Scientific Discovery

Le projet FUNDIS (AI Foundation Models for Scientific Discovery) a pour ambition de développer une nouvelle génération d'outils d'intelligence artificielle capables d'accélérer les découvertes scientifiques dans des domaines où les données sont abondantes, mais les annotations rares et coûteuses à produire.

Coordonné par le professeur Slava Voloshynovskiy au Département d'informatique, FUNDIS réunit des chercheurs de la Faculté des sciences, de la Geneva School of Economics and Management (GSEM), de la Faculté des lettres et du Global Studies Institute. Le projet associe des expertises en intelligence artificielle, astrophysique, physique des particules, mathématiques, statistiques, climatologie, humanités numériques et gouvernance internationale.

L'objectif est de concevoir des modèles d'IA dits « foundation models », capables d'apprendre à partir de grandes quantités de données hétérogènes (images, séries temporelles, textes) et de s'adapter à des problématiques scientifiques complexes. Ces outils seront appliqués à des projets concrets tels que l'analyse des observations du télescope spatial James Webb et du radio-interféromètre SKA, la recherche de nouvelles particules au CERN, la prévision climatique, ou encore l'étude de l'évolution des images et des idées à travers les siècles.

Au-delà de ses retombées scientifiques, FUNDIS contribuera à structurer durablement une plateforme interfacultaire d'intelligence artificielle pour la recherche, renforçant la position de l'Université de Genève comme acteur de premier plan en Europe dans le domaine de l'IA au service de la science.

— Prof. Slava Voloshynovskiy, Faculté de sciences, Département d'informatique

SOL — Structure of Life

SOL est un programme scientifique d'envergure conçu pour répondre à l'une des questions les plus fondamentales de la biologie moderne : comment l'organisation des molécules à l'intérieur des cellules donne naissance à la vie, à son évolution, et à ses dysfonctionnements dans la maladie. S'appuyant sur l'excellence en recherche de sept laboratoires de la Faculté des sciences et de trois de la Faculté de médecine, il aligne la recherche fondamentale sur des questions médicalement pertinentes et établit ainsi un pont entre science de la découverte et impact sociétal à long terme.

Ancré dans le réseau du Dubochet Center for Imaging (DCI), ce projet contribuera à consolider la position de l'Université de Genève et de la région comme centre d'excellence en biologie structurale. Par l'utilisation de la microscopie électronique cryogénique, Genève se concentrera sur des questions à l'échelle cellulaire, en complément des investigations à l'échelle tissulaire menées à Lausanne et des études d'architecture neuronale conduites à Berne.

Le coût total de cette initiative s'élève à CHF 4'422'426, dont CHF 2'170'000 proviennent de FUNIGE. Ces fonds permettront à l'UNIGE d'acquérir des équipements critiques ainsi que de maintenir des infrastructures et des ressources humaines essentielles. Le soutien apporté à SOL — Structure of Life garantit que Genève continue de jouer son rôle dans la définition de l'avenir de la biologie structurale — une technologie coûteuse mais essentielle — en Suisse occidentale.

— Prof. Robbie Loewith, Faculté des sciences, Section de biologie

SWISS-ET : préparer la Suisse à l’ère du Télescope Einstein 

Un nouveau programme quinquennal soutiendra la préparation scientifique, technologique et organisationnelle de la Suisse en vue du Télescope Einstein, le futur observatoire européen d'ondes gravitationnelles.

En observant les fusions d'objets compacts et d'autres sources cosmiques sur une grande partie de l'histoire de l'Univers, le Télescope Einstein ouvrira une nouvelle ère dans l'astronomie des ondes gravitationnelles. Son programme scientifique façonnera la discipline pour les décennies à venir, avec des implications majeures pour l'astrophysique, la cosmologie, la physique fondamentale et l'astronomie multi-messagers. La participation à cette grande infrastructure de recherche européenne constitue donc une opportunité stratégique pour l'Université de Genève et pour la communauté suisse des ondes gravitationnelles.

La Fondation pour l'Université de Genève a octroyé 3,03 millions de CHF au projet «SWISS-ET: Preparing Switzerland for the Einstein Telescope Era», un Grand Projet dirigé par les professeurs Anastasios Fragkos, Michele Maggiore et Steven Schramm, les trois coordinateurs du centre facultaire de science des ondes gravitationnelles. Avec le cofinancement de la Faculté des sciences, de la Section de physique, des départements participants et de partenaires nationaux et industriels, son volume total devrait approcher 6,5 millions de CHF.

SWISS-ET réunit les Départements d'astronomie, de physique théorique ainsi que de physique nucléaire et corpusculaire, aux côtés de partenaires tels que l'Institut Paul Scherrer, le Centre suisse d'électronique et de microtechnique, l'Université de Zurich et l'industrie suisse. Il poursuit trois objectifs : structurer la communauté suisse du Télescope Einstein, développer des contributions ciblées en informatique, vide, systèmes laser et optiques et électronique de contrôle et de lecture, et renforcer l'exploitation scientifique des futures observations.

Cet octroi intervient à un moment décisif, alors que la participation formelle de la Suisse est à l'étude dans le cadre de la Feuille de route suisse pour les infrastructures de recherche 2027, l'Université de Genève en assurant le rôle d'institution hôte.

— Prof. Steven Schramm, Faculté des sciences, Section de physique et Prof. Anastasios Fragkos, Faculté des sciences, Département d’astronomie

CATARACTS : Naviguer dans les flots d'images

Présenté ici en raison de l’implication structurante de la Faculté des sciences, CATARACTS s’inscrit dans une dynamique résolument interfacultaire. Coordonné depuis la Faculté des lettres, le projet associe étroitement les compétences en humanités numériques et en informatique.

Lauréat d'un financement FUNIGE Grands Projets de plus de  CHF 2.4M sur cinq ans, le projet "CATARACTS. Navigating the Visual Overflows" fédère une équipe interfacultaire autour d'un défi majeur de notre époque : l'abondance sans précédent d'images produites par les médias numériques, l'IA générative et les écosystèmes visuels en ligne. Porté par la Prof. Béatrice Joyeux-Prunel (Chaire d'Humanités numériques, Faculté des Lettres), CATARACTS réunit les Facultés des Lettres, des Sciences, de Droit, de Sciences de la Société, et de Médecine. La Faculté des sciences y joue un rôle central à travers le Département d'informatique (DINFO), avec le Prof. Svyatoslav Voloshynovskyy et le Dr. Taras Holotyak, dont l'équipe pilote le développement d’outils d'intelligence artificielle dédiés à l'analyse, à la traçabilité et à l'authentification des images. Outre une collaboration innovante sur la question des styles et des espaces latents de l’IA, la contribution du DINFO portera notamment sur la recherche fine d'images à grande échelle, la détection de manipulations, le tatouage numérique (“watermarking") et la discrimination entre images réelles et images générées par IA. Ces travaux illustrent pleinement la dynamique transversale autour du numérique et des sciences des données qui se développe à l’UNIGE.

— Prof. Béatrice Joyeux-Prunel (Faculté de lettres) et Prof. Roland Bouffanais (Département d’informatique – Faculté des sciences)


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