Devenir géologue : études en sciences de la Terre et débouchés professionnels

Les perspectives d’emploi pour les étudiants que nous formons sont nombreuses et variées, notamment en raison:

  • de l’augmentation de la demande mondiale en géoressources (substances minérales, hydrocarbures, eau…)
  • de la nécessité de gérer judicieusement les ressources naturelles de la planète
  • du nombre croissant de problèmes environnementaux qui nécessitent l’expertise de spécialistes en sciences de la Terre
  • de la gestion judicieuse du territoire, qui doit tenir compte des risques géologiques
  • de la formation de très haut niveau que nous dispensons dans notre département, grâce à une approche interdisciplinaire, une offre très large de stages de terrain en Suisse et à l’étranger, à la possibilité d’accéder à toute une palette de techniques de pointe et au nombre d’experts internes et externes impliqués dans l’enseignement et la recherche

Les sciences de la Terre à Genève vous donnent accès:

  • aux métiers de la prospection, de l’exploitation et de la gestion des géoressources (géothermie, hydrocarbures, eau, matériaux, gisements métallifères, etc.)
  • aux métiers liés à l’implantation et au dimensionnement d’ouvrages de génie civil
  • aux métiers de l’aménagement du territoire et de la gestion de l’environnement
  • aux métiers des agences internationales (ONG, ONU, OMS, CICR…)
  • aux métiers de la communication (rédacteurs de revues scientifiques, conservateurs de musées, directeurs ou collaborateurs de géoparcs…)
  • aux métiers de l’enseignement secondaire (moyennant l’obtention d’un Master bi-disciplinaire et d’une formation pédagogique complémentaire)
  • à la recherche et à l’enseignement universitaire
  • et encore à bien d’autres possibilités d’emploi

Voici quelques témoignages d’anciens étudiants géologues :

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Christophe Nussbaumer, PhD – ancien étudiant, géologue pétrolier chez Total

J’étais au départ plutôt parti sur un cursus d’études d’ingénieur en génie électrique, et ma rencontre avec la section des Sciences de la Terre a radicalement changé mes perspectives !  C’est ainsi que j’ai obtenu en 1992 la Licence ès Sciences de la Terre, en 1995 le Diplôme d’Ingénieur-Géologue et en 1997 le Doctorat.  C’est dans le Jura que mon travail de diplôme m’a appris à cartographier et interpréter les structures, la stratigraphie et les faciès de dépôt des formations Jurassiques et Crétacées.  Et c’est ensuite aux États-Unis que mon travail de thèse m’a amené à analyser conjointement les propriétés pétrophysiques et l’évolution sédimentaire et diagénétique des roches réservoirs du Paradox Basin au Carbonifère Supérieur ; vous savez, les « phylloid algal mounds » et leur spectaculaire porosité vacuolaire !  Ce travail ayant été mené conjointement avec l’Université de Miami dans le cadre d’un projet de recherche avec les compagnies pétrolières françaises, j’ai ensuite eu l’opportunité d’entrer chez Total comme géologue junior en 1997.

Mon « double profil » (géologie et pétrophysique) m’a donné accès deux postes très attrayants en début de carrière : sédimentologie des réservoirs carbonatés (description et interprétation des carottes de forage), « rock typing » (utilisation de la connaissance géologique d’un champ pour distribuer les propriétés réservoirs dans le géomodèle 3D). Puis en 2001 et 2002 j’ai suivi un cursus de formation interne comme géologue de sonde (le géologue qui intervient sur site de forage à terre ou en mer pour le suivi géologique des opérations).  De retour des opérations, je me suis spécialisé dans le domaine de la « synthèse pétrophysique », qui consiste à analyser conjointement les données réservoir acquises sur carotte (porosité, perméabilité, densité, paramètres électriques, etc.) et les données logs acquises tout au long du puits.

Fort de cette expérience de 8 ans, j’ai ensuite été envoyé au Nigéria pour devenir responsable de la cellule d’interprétation pétrophysique à Port Harcourt, poste grisant car très proche des opérations.  De retour à Pau en 2008, j’ai été pendant 5 ans coordinateur d’études au sein d’une équipe d’une soixantaine de personnes.  Ces études ont pour objectif l’analyse et l’interprétation des données acquises au puits, notamment les logs, les carottes, les essais de puits.

En 2014, il m’a été proposé de revenir vers l’autre face de mon « double profil », la sédimentologie des réservoirs carbonatés. Après 12 ans en pétrophysique, pas facile de se remettre à la sédimentologie ! Il m’a fallu réapprendre de nombreuses notions et de nouveaux outils de travail. Aujourd’hui, les roches carbonatées sont un véritable enjeu car elles constituent une part très importante des réserves mondiales d’hydrocarbures : plus de 60% pour l’huile et 40% pour le gaz. Cela génère chez Total des études très variées, tant sur les sujets, les âges géologiques et les localisations géographiques.  Je m’intéresse particulièrement aux carbonates mésozoïques du Moyen-Orient.

Pour l’avenir, mes perspectives seront peut-être d’évoluer vers la géologie de gisement.  Mais je trouve qu’il est pour l’instant trop tôt pour cela, j’ai encore beaucoup à apprendre dans mon poste actuel.  C’est l’un des attraits majeurs du métier de géologue pétrolier : tout au long de sa vie professionnelle il faut apprendre et se perfectionner, c’est passionnant !

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Aliou Sene, MSc – ancien étudiant

Je suis titulaire d’un Bachelor en géologie obtenu en 2004, un Master d’ingénieur géologue et un Postgrade en études et management des risques géologiques obtenu en 2007, tous trois à l’Université de Genève. Depuis, je me suis installé au Canada avec ma famille. Les domaines de la géologie sont nombreux et variés, ce qui en fait une profession dans laquelle on peut développer une polyvalence que l’on ne retrouve que dans peu d’autres métiers. J’ai travaillé dans les sables bitumineux de l’Alberta au Canada. Ensuite, j’ai évolué dans le milieu du génie conseil qui est très diversifié et où l’on peut parfaire son expérience en intervenant dans des projets de toutes sortes, notamment, l’exploration et l’exploitation minière (mine à ciel ouvert ou souterraine), le développement durable, les opérations sur le terrain avec notamment les campagnes de forage, la prospection, la géotechnique, la modélisation et les calculs de ressources et encore tant d’autres choses. Actuellement, je travaille pour une compagnie Canadienne qui opère en Afrique de l’ouest. Je voyage beaucoup dans le cadre de mon travail et j’ai l’occasion de côtoyer beaucoup de nationalités et de cultures différentes, ce qui est très intéressant et enrichissant. Le salaire de départ est déjà confortable et évolue très rapidement. Avec l’expérience acquise et surtout grâce aux nombreux contacts noués avec d’autres professionnels de la géologie aux quatre coins du monde, il n’est pas rare de recevoir de nouvelles propositions de contrats. Mes amis m’appellent, Géologue sans frontière, car je suis né au Sénégal, j’ai étudié à Genève, je vis au Canada et je travaille pour une compagnie opérant dans quatre différents pays étrangers.

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Johannes Mederer, PhD – ancien étudiant

Après mon Master en sciences de la Terre, obtenu en 2007 à l’Université de Würzburg, j'ai décidé de voyager en Amérique du Sud avant de chercher sérieusement du travail. J'ai profité quand-même, pendant ce voyage, de mes contacts en Argentine pour acquérir un peu d'expérience en tant que géologue de terrain, en travaillant quelques semaines en Patagonie dans l’exploration minière. Mon travail consistait à cartographier et à échantillonner des roches potentiellement minéralisées avec du cuivre ou de l'or. A mon retour en Europe j'ai débuté ma thèse à l'Université de Genève sur la géologie et les minéralisations du Petit Caucase, surtout en Arménie mais également en Géorgie et en Azerbaïdjan. Pendant les quatre ans et demi de mon doctorat j'ai eu l’occasion de faire plusieurs campagnes de terrain pour ma recherche, et d’analyser ensuite les échantillons de roche au département des sciences de la Terre de l’Université de Genève. Durant mon doctorat j'ai également été assistant pour l’enseignement des cours de Bachelor. Après la soutenance de ma thèse en 2013, j'ai commencé à travailler pour LafargeHolcim, leader mondial dans la production du ciment, du béton et des granulats. Je m'occupe aujourd'hui de 7 sites d'extraction de granulats en Suisse Romande afin d’assurer notre approvisionnement en matières premières d'une manière durable. Ce que j'adore dans mon travail d'aujourd'hui c'est qu'il est très varié: je ne m'occupe pas seulement des aspects géologiques, mais également de la planification financière, des aspects opérationnels comme la qualité des matériaux ou des aspects nature et environnement.

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Laszlo Maio, MSc – ancien étudiant

J’ai fait un Bachelor en sciences de la terre (2011), puis un Master en géologie sédimentaire (2013) au département des sciences de la Terre. J’ai ensuite complété ma formation par un certificat complémentaire en géomatique (2014) délivré par l’Université de Genève. Dans le cadre du certificat, j’ai trouvé un stage dans un bureau de consulting en géologie pétrolière. J’ai ensuite été engagé comme géologue et opérateur SIG (Systèmes d’Information Géographique) dans cette entreprise. Je participe à des études en géologie pétrolière (exploration, analyse de bassins, interprétation sismique, suivi des opérations de forages et diagraphies, corrélations de puits, pétrographie) et je gère la base de données SIG au moyen du logiciel ArcGIS (digitalisation, géoréférencement, création de cartes de localisation, visualisation et présentation des géodonnées).

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Lucia Carcione, PhD – ancienne étudiante

Italienne d’origine, j’ai eu mon diplôme à l’Università di Scienze Geologiche di Palermo. J’ai ensuite continué mes études avec une thèse au département des sciences de la Terre de l’Université de Genève. Ce cursus m’a permis d’avoir une formation en géologie plus généraliste pendant mon diplôme et plus spécialisée pendant la thèse, tout en étant en contact avec la nature et ses phénomènes géologiques (montagnes, rivières, roches, glissements de terrain, failles, plis…). C’est magnifique de comprendre l’origine de ces paysages. En même temps, ma thèse m’a donné la chance de voyager: Sicile, Italie central, Japon, Oman, Bahamas…

Suite à ma thèse, j’ai été embauchée comme petrophisicienne/géologue dans un bureau de consulting aux Pays-Bas travaillant pour les compagnies pétrolières. Quatre ans après, j’ai rejoint Total, la compagnie pétrolière française. Mon travail consiste à interpréter les mesures diagraphiques dans les puits pétroliers (GR, Neutron, Densité, Résistivité..) dans le but de connaitre les propriétés physiques de la roche (est-ce qu’elle peut contenir du pétrole ou pas) et deuxièmement de connaitre la nature du fluide (gaz, huile, eau). La diversité des projets me plait ainsi que les défis techniques et les échanges de connaissances avec mes collègues. Au début je me suis occupée de l’interprétation elle-même puis j’ai évolué en chef d’équipe.

Je vais bientôt changer de travail. Toujours au sein de Total, je vais m’occuper de calculer les réserves de pétrole par champ.

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Mathilde Lewis, MSc – ancienne étudiante

J’ai obtenu mon Master en géologie (sédimentologie) fin juillet 2006 au département des sciences de la Terre de l’Université de Genève. Début août je commençais un petit job dans le canton du Jura, plus précisément à Porrentruy en tant que technicienne de fouille sur les traces de dinosaures, le long de la Transjurane. « Petit » job qui finalement aura duré 4 ans avec une belle évolution au sein de la Section de Paléontologie du Jura. A la suite d’une proposition d’emploi pour la compagnie pétrolière Shamaran Petroleum, je suis revenue à Genève en 2010. Cette compagnie exploite au Kurdistan (Iraq) mais est basée à Genève. Ce fut une belle occasion pour moi de partir sur le terrain deux ou trois fois dans ce pays magnifique. A la suite d’une baisse de production de la compagnie et par conséquent de travail, j’ai donné ma démission et me suis tournée vers une carrière dans le social, plus précisément avec des personnes en situation de handicap mental. Comme quoi la géologie mène à tout !

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Nathalie Dubois, PhD - ancienne étudiante, 35 ans, Professeur de Paleolimnologie à l’EPFZ et chef du groupe de sédimentologie à l’Eawag

Mes Professeurs des sciences de la Terre s’en souviennent encore: je n’avais qu’une chose en tête, partir étudier les océans! Après mon Diplôme d’Ingénieur Géologue en bassins sédimentaires à l’Université de Genève (2005), j’ai réalisé mon rêve et suis partie pour une thèse de doctorat en océanographie au Canada (Dalhousie University, Halifax). Par la suite, j’ai effectué deux post-doctorats, le premier à l’Université de Manchester, puis le second au Woods Hole Oceanographic Institution. Les sédiments, notamment du Pacifique, ont toujours été au centre de mon cursus. En 2013, j’ai obtenu un poste de chef du groupe de sédimentologie à l’Eawag, l’institut aquatique suisse, ce qui m’a permis de revenir m’établir en Suisse. Désormais, mes recherches se concentrent sur les sédiments lacustres et les impacts humains qu’on y décèle. En 2016, j’ai obtenu une bourse de Professeur du Fond National Suisse, qui m’a permis de m’affilier à l’EPFZ.

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Stéphan Jorry, PhD – ancien étudiant

Après l’obtention de mon doctorat en Sciences de la Terre à l’Université de Genève en 2004, j’ai eu l’opportunité de réaliser un post doctorat au Département des sciences de la Terre de l’Université de Genève, dans le but de poursuivre mes recherches sur le comportement hydrodynamique des particules carbonatées. En 2004, l’obtention d’une bourse de jeune chercheur du Fonds National Suisse m’a permis d’intégrer la prestigieuse Rice University (Houston, USA) en tant que chercheur assistant, pour étudier durant deux ans les interactions entre les apports sédimentaires des fleuves et la croissance d’édifices coralliens dans le Golfe de Papouasie Nouvelle Guinée. J’ai ensuite intégré, en 2006, la compagnie Beicip-Franlab (Groupe IFPEN) en tant que géologue consultant et expert en sédimentologie des carbonates. J’occupe depuis 2009 un poste de chercheur en géosciences marines à l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer), où je coordonne des projets de recherche principalement axés sur les systèmes carbonatés tropicaux du sud-ouest Pacifique et du sud-ouest Indien, en étudiant 1- l’impact des changements du niveau marin du Quaternaire terminal (depuis 20000 ans) sur l’édification et la production sédimentaire des atolls modernes et des pentes associées, 2- l’érosion des bassins versants et les apports des fleuves sur la croissance des plates-formes récifales, et 3- l’histoire long terme de la formation des atolls modernes, au cours de la période du Cénozoïque (depuis 65 Ma).

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Yves Jobin, MSc – ancien étudiant, Senior Business Development Director, SGS

Les études en sciences de la Terre sont passionnantes pour des profils qui sont autant intéressés par le côté pratique du terrain, que par le côté analytique (laboratoire, statistiques et informatique). Personnellement, je dois à mes études (diplôme de géologue terminé en 2004) les opportunités d’avoir pu effectuer plusieurs stages à l’étranger; le premier (3 mois) au Nigéria entre ma licence et mon diplôme, le second (6 mois) durant mon diplôme en minéralogie au Pérou, et le dernier (3 mois) suite à mon diplôme au Maroc. Je pense que ces stages ont été essentiels pour mon développement personnel et m’ont permis, lors de mon embauche, de démontrer des capacités d'intérêt pour mon employeur (langues, adaptation culturelle, gestion de projet dans des environnements particuliers, etc.). Suite à mes études, et maintenant depuis 11 ans, je travaille dans une multinationale suisse basée à Genève. Je voyage toujours beaucoup et j’ai même vécu, grâce à cette entreprise, quelques années à Madagascar et en Espagne. A mon sens, ces premières expériences dans des environnements linguistiques et culturels différents ont été une plus-value essentielle.

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Jérôme Chablais, PhD - ancien étudiant

Après avoir obtenu ma licence en sciences de la Terre en 2003, j’ai poursuivi avec un diplôme en 2005 qui m’a offert l’opportunité de réaliser un stage professionnel de plusieurs mois chez Total, à Pau, en France. Cette expérience m’a permis d’approcher le monde de la géologie appliquée dans le domaine de la géologie d’exploration. Intéressé à me perfectionner dans la sédimentologie des carbonates, j’ai postulé ensuite pour effectuer une thèse au département de géologie et paléontologie, de l’Université de Genève, thèse qui allait m’emmener, entre 2006 et 2010, aux quatre coins du monde, en particulier au Japon et au Sultanat d’Oman, pour y étudier des environnements carbonatés variés. Cette expérience de terrain et cette vision globale de la géologie m’a permis en 2010 de rejoindre la société Geneva Petroleum Consultants International, où j’ai participé au développement et à la gestion du département de géologie et géophysique en tant que chef de projet. En tant que consultant, j’ai eu la chance de pouvoir travailler dans des environnements géologiques variés en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Après 6 ans de consulting international, j’ai souhaité me concentrer sur des problématiques géologiques locales telles que le développement de la géothermie de faible à grande profondeur en Suisse. Depuis 2016, j’ai rejoint le bureau Hydro-Geo Environnement en tant que chef de projet et associé, en charge des problématiques de géologie régionale, de géologie d’exploration et de géothermie. Passionné par les études de pétrographie appliquée et de sédimentologie, j’ai développé notre enseigne Core-Geo Analyses dédiée aux études stratigraphiques (incluant la biostratigraphie), pétrographiques, sédimentologiques et diagénétiques sur carottes, cuttings, lames minces et affleurements. En parallèle à mon travail chez Hydro-Geo Environnement, je suis enseignant vacataire à la HES.SO de Genève pour la géologie appliquée.

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