Savoirs et pratiques médicales de la «sexualité féminine»
du XIXe siècle à nos jours

Desire_(film).jpgComment les savoirs et les pratiques médicales ont-ils conçu et travaillé le désir sexuel depuis l'émergence d'une science de la sexualité au XIXe siècle? Par quels moyens discursifs et matériels continuent-elles aujourd'hui à le faire exister et à le traiter comme une entité autonome? Les savoirs produits par la sexologie et ses instruments de recherche ont connu une vulgarisation et une diffusion très importantes au cours des dernières décennies. Omniprésents dans les médias, ils exercent un impact sur les représentations sociales de ce qu'est, ou de ce que devrait être, "la sexualité féminine". Interroger celle-ci sous l'angle des "sciences du désir" exige donc d'examiner la production concomitante de dispositifs de recherche, de connaissances scientifiques et médicales, d'entités nosologiques et de diagnostics, de médicaments et de thérapies variées, de réseaux de diffusion des savoirs professionnels et vulgarisés.

 

Rassemblant des chercheur·e·s en sciences sociales (histoire, philosophie, psychologie, sociologie…) travaillant sur la sexualité, ce colloque abordera, parmi d'autres, les questions suivantes:

  • A quel(s) désir(s) la sexualité répond-elle?
  • Quels effets les différents dispositifs (légaux, médicaux, éducationnels, culturels et médiatiques) qui entourent la sexualité ont-ils sur le désir?
  • Leur objectif est-il de le susciter, de le juguler, de le canaliser, de le libérer, de l'éduquer, de l'attiser, de le décrypter?
  • Pourquoi, pour qui les femmes devraient-elles être sexuellement désirantes?
  • L'enjeu est-il de s'épanouir en tant qu'individue, d'être définie comme normale, de perpétuer un ordre social hétérosexiste, de tendre vers un idéal du couple romantique, de répondre à un impératif de consommation généralisée?
  • Que désirer, qui désirer et comment le faire, à travers quels conseils, quelles thérapies, quels artifices, quelles mises en scène?
  • A quelles conditions le désir peut-il représenter une force motrice, un véritable pouvoir entre les mains des femmes, un outil d'émancipation et d'auto-réalisation?
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