Prévention

Quelques chiffres

En Europe

Une enquête européenne a montré que 23 % des travailleurs déclarent avoir été absents du travail au cours des 12 derniers mois en raison d'atteintes à la santé liées à l'exercice de leur profession. Le nombre moyen de jours d'absence est de 4 jours par employé-e et par an, ce qui représente 600 millions de journées de travail perdues pour l'Union Européenne.

  • Les problèmes de santé le plus souvent signalés sont les troubles musculo-squelettiques (47 % des travailleurs) et le stress (28 %).
  • Les expositions aux risques physiques (bruit, vibrations, produits dangereux ou polluants) et une mauvaise conception des postes de travail demeurent également très importantes (28 % des employé-es sont exposés à des bruits intenses, 45 % ont des postions de travail pénibles).

Une enquête danoise vient d'évaluer la part due aux nuisances professionnelles pour plusieurs catégories d'atteintes à la santé. Pour les affections de la peau, cette part atteint 45 %. Elle est de 33 % pour les troubles de l'appareil locomoteur, 25 % pour les atteintes aux voies respiratoires, 20 % pour les maladies cardio-vasculaires et 10 % pour les troubles psychiques.

La charge pour l'économie qui découle d'une prévention insuffisante est énorme. En mai 1997, lors d'une conférence européenne à la Hague, les experts estimaient les coûts directs (primes d'assurances) des accidents et maladies professionnels, y compris les maladies non reconnues comme telles mais découlant des conditions de travail, à une somme fluctuant entre 1,5 % et 4 % du PNB.

En Suisse

En Suisse, un-e employé-e sur 10 est victime chaque année d'un accident du travail et d'une maladie (déclarée) tous les 475 ans. Faute d'études, on ne connaît pas les coûts réels des accidents et maladies professionnelles. On estime toutefois que les enjeux économiques sont comparables à ceux de l'Union Européenne. Extrapolés à la Suisse, les résultats obtenus dans l'UE donnent une facture annuelle de 5 à 14 milliards de francs, dont 1,66 milliards pour les accidents et les maladies professionnelles reconnues (source : SUVA). A cela, il faut ajouter les coûts indirects constitués par:

  • les dégâts matériels liés, par exemple, à un accident;
  • les pertes de qualité, de temps et de production (réunions, enquête, discussion);
  • réorganisation (remplacement de la personne absente, formation du remplaçant, réintégration, réadaptation);
  • l'allongement des délais de fabrication, retards de livraison, perte de clients;
  • l'altération du climat de travail, primes de danger;
  • les pénalités aux responsables, etc.

On estime que les coûts indirects peuvent atteindre 4 à 8 fois les coûts directs!

A ces conséquences purement économiques, il faut bien entendu ajouter les souffrances humaines et les coûts sociaux que tout accident du travail, toute atteinte à l'intégrité physique ou psychique ne manquent pas de provoquer.

Même si l'impact réel des maladies et accidents professionnels est difficile à évaluer, il est évident que l'enjeu est d'importance et justifie la mobilisation de tous les acteurs et actrices concerné-es: direction, cadres, employé-es, spécialistes et autorités.