Conférences

Semestre de printemps 2021 : Cycle de conférences publiques par Trinh Xuan Thuan

Lundi 3 mai : « L'homme et le ciel. De l'univers mythique à l'univers scientifique »

 

Égypte, Mésopotamie, Mésoamérique, Afrique, Inde, Chine… A travers toutes les époques et les cultures, l’être humain n’a cessé de lever les yeux vers le ciel afin de recueillir des fragments de connaissance de la voûte étoilée et de les organiser en un schéma cohérent et unifié. Longtemps, les connaissances astronomiques servirent essentiellement à connaître la volonté des dieux créateurs, l’origine et la destinée des êtres humains. Les Grecs posèrent les premiers les jalons d’une compréhension scientifique de l’univers dont les composants et les lois qui régissent son fonctionnement peuvent être appréhendés par l’être humain indépendamment des dieux, grâce à l’observation empirique et la rigueur mathématique. Ils proposèrent un modèle d’univers où la Terre occupe la place centrale, qui dura quelques 20 siècles jusqu’à ce que Copernic y mette le Soleil à sa place.

Lundi 17 mai : « Origines : le Big Bang et après »

 

Quelles sont les origines de la théorie du Big Bang, le modèle cosmologique aujourd’hui le plus opérant pour décrire la naissance, puis le développement de l’univers ? Sur quelles observations empiriques ce modèle repose-t-il ? Que peut-il nous indiquer sur le futur de l’univers mais aussi sur sa finalité éventuelle ? Au-delà de ce que la connaissance scientifique peut aujourd’hui confirmer ou infirmer, peut-on faire le pari que l’existence humaine n’est pas, dans l’évolution de notre univers, le fruit d’une chaîne d’évènements accidentels, mais bien une nécessité, inscrite de façon extrêmement précise, dès son commencement ?

Lundi 31 mai : « Science et bouddhisme : à la croisée des chemins »

 

La science et la tradition spirituelle bouddhique n’ont pas besoin l’une de l’autre pour se justifier ou se fonder. Mais elles proposent toutes les deux un système de pensée visant à décrire ce qu’est le réel à partir de l’évidence empirique, grâce à la perception sensible et à des instruments sophistiqués dans un cas, par l’exercice de l’esprit dans l’autre. Il est ainsi possible de découvrir des points de convergence et de résonance entre la science et la spiritualité bouddhique à partir de trois concepts fondamentaux de cette dernière : l’interdépendance, la vacuité et l’impermanence.

Intervenant

Trinh Xuan Thuan

img_TXT.jpgFruit de la rencontre entre trois cultures, vietnamienne, française et américaine, Trinh Xuan Thuan a nourri son amour de l’univers à travers chacune d’elle. Les États-Unis lui ont apporté une formation scientifique rigoureuse et ouverte, du California Institute of Technology (Caltech) à Princeton, lui permettant de devenir astrophysicien et professeur à l’Université de Virginie, spécialiste de la formation des galaxies et codécouvreur en 2004 de la plus jeune galaxie connue à ce jour. Son éducation française a suscité en lui la passion des Belles-lettres et lui a offert une langue pour exprimer ses idées et populariser des théories cosmologiques ardues à un large public, d’une façon poétique sans sacrifier la rigueur scientifique, et ce dans de nombreux livres de La mélodie secrète (1988) au Vertige du cosmos (2019). Enfin, le Vietnam lui a ouvert la voie vers la sagesse, à travers l’approfondissement de la vertu d’humanité au cœur du confucianisme et la recherche de l’Éveil au centre du bouddhisme. Passeur de frontières entre l’astrophysique, la philosophie et la spiritualité, Trinh Xuan Thuan propose, à travers ce premier cycle de conférences, de comprendre l’univers comme un cosmos, c’est-à-dire comme un ensemble ordonné que les êtres humains à travers leurs croyances spirituelles, leurs observations empiriques, leurs modélisations mathématiques et leurs intuitions intérieures n’ont cessé de façonner et de chercher à comprendre.