Le Non-Civilisé et nous… (1928) a

À la suite de ses belles recherches sur La Psychologie de la conversion chez les non-civilisés, M. Allier a voulu nous donner le fond de sa pensée dans la question de l’hétérogénéité de la mentalité primitive par rapport à la nôtre. Dans un premier chapitre, il retrace l’histoire du problème, du xviiie siècle à M. Lévy-Bruhl. Puis il dégage le noyau central de la pensée dite « primitive » : c’est la magie, qui constitue tout à la fois un arrêt de l’intelligence (la magie dispense de réfléchir et apaise l’esprit en l’habituant à ne rien considérer comme absurde) et un ferment de désagrégation morale (la magie engendre le mensonge, la passion, la méfiance universelle). Or, la magie n’a rien de spécifiquement primitif. On la rencontre à chaque instant chez le civilisé et la différence n’est que de degré. M. Allier reprend ensuite sa théorie sur les origines de la magie (l’association des émotions conduit à lier n’importe quoi à n’importe [quoi]) et la complète par des réflexions sur les obsessions et sur la psychologie de l’enfant (à noter ici plusieurs faits intéressants récoltés par M. Allier et complétant ceux que nous avons pu réunir dans La Représentation du monde chez l’enfant). Le vrai problème de la différence du non-civilisé et du civilisé est ainsi un problème moral. D’où la nécessité de la colonisation et de la mission chrétienne.