Jean Piaget
Le jugement moral chez l’enfant
1932, 1re éd.
Unige, sceau (logo) UNIVERSITÉ
DE GENÈVE
Centre Jean Piaget

Ouvrage sous droits.

© Presses Universitaires de France

Notice de l’éditeur

Le jugement moral chez l’enfant vient couronner une premiĂšre dĂ©cennie d’études sur l’enfant, appliquant dĂ©sormais la mĂ©thode qualitative Ă  la comprĂ©hension des lois qui prĂ©sident Ă  la formation du sens moral chez l’enfant. Par l’étude du mensonge, par l’observation attentive des jeux, notamment celui des billes, Piaget met en lumiĂšre deux formes de morale qui correspondent Ă  deux formes de respect. La premiĂšre est la morale de la contrainte oĂč, soumis Ă  l’autoritĂ© adulte, l’enfant tient les rĂšgles pour sacrĂ©es et immuables. Il les applique sans en comprendre l’origine et juge les fautes indĂ©pendamment des intentions : plus le dommage est grand, plus grave lui paraĂźt la faute. De mĂȘme, se tromper est jugĂ© plus grave qu’un mensonge dĂ©libĂ©rĂ©. Cette morale est caractĂ©risĂ©e par le respect unilatĂ©ral. La seconde forme est la morale de la coopĂ©ration, nĂ©e de la frĂ©quentation des pairs et de l’échange socialisĂ©. À mesure que l’enfant se socialise dans ses relations entre Ă©gaux, il reconnaĂźt que les rĂšgles procĂšdent d’un accord rĂ©ciproque et peuvent ĂȘtre discutĂ©es ou modifiĂ©es. Le jugement moral se fonde alors sur le respect mutuel, l’intention et la comprĂ©hension rĂ©ciproque, et l’obĂ©issance Ă  la rĂšgle ne provient plus de la crainte, mais d’une adhĂ©sion rĂ©flĂ©chie. Piaget distingue Ă©galement une Ă©volution de la justice rĂ©tributive vers une justice Ă©quitable, attentive aux circonstances. Ainsi l’enfant passe de l’hĂ©tĂ©ronomie Ă  l’autonomie, et le vrai sens moral naĂźt de la coopĂ©ration sociale. Cet ouvrage est Ă  l’origine d’un vaste champ de recherche sur le dĂ©veloppement moral chez l’enfant.