Introduction. Implication, formalisation et logique naturelle (1962) a

Le prĂ©sent fascicule XVI des « Études d’épistĂ©mologie gĂ©nĂ©tique » contient un certain nombre d’articles qui pourraient sembler disparates Ă  ne lire que leurs titres mais qui, en fait, ne traitent que de trois problĂšmes, eux-mĂȘmes Ă©troitement solidaires : (1) celui des relations entre l’implication naturelle et l’implication formalisĂ©e des logiciens ; (2) celui de la portĂ©e et des limites des formalisations dans leurs rapports avec la pensĂ©e naturelle ; et (3) celui de l’existence de logiques naturelles et de la lĂ©gitimitĂ© de leur Ă©tude. Or, on voit d’emblĂ©e que le problĂšme (1) constitue l’un des cas particuliers les plus intĂ©ressants du problĂšme (2) et que celui-ci conduit nĂ©cessairement au problĂšme (3).

(1) Pour ce qui est de l’implication, outre une note d’E. W. Beth sur « Les tableaux dĂ©ductifs pour une logique de l’implication », ce volume contient une « Étude gĂ©nĂ©tique de l’implication », due Ă  B. Matalon, et l’« Introduction Ă  une Ă©tude expĂ©rimentale et formelle du raisonnement naturel », due Ă  J. B. Grize et B. Matalon, oĂč il est frĂ©quemment question de l’implication en gĂ©nĂ©ral et des difficultĂ©s de l’implication matĂ©rielle.

Or, l’un des rĂ©sultats les plus clairs des donnĂ©es et des rĂ©flexions fournies par Grize et Matalon est que, pour la pensĂ©e courante, l’admissibilitĂ© d’une implication p ⊃ q est, entre autres, fonction de l’appartenance des contenus de l’implicante p et de l’impliquĂ©e q Ă  un domaine commun. Par exemple l’implication paradoxale (formellement exacte) « Les souris ont des poils » implique « 3 × 4 = 12 » semble absurde, tandis que des implications du genre « Les souris ont des poils » implique « Les corbeaux ont des plumes » ou « 3 × 4 = 12 » implique « 3 + 4 = 7 » paraissent plus acceptables parce que, mĂȘme sans pouvoir fournir aucune dĂ©monstration, le sujet a l’impression d’un lien possible entre les propositions ainsi connectĂ©es, et cela en tant que leurs contenus appartiennent respectivement aux mĂȘmes domaines ou Ă  des classes voisines.

Les problĂšmes qui se posent alors sont d’établir si l’on peut ou non formaliser de telles implications naturelles et si cette tentative Ă©ventuelle prĂ©senterait quelque intĂ©rĂȘt et lequel. Or, cet intĂ©rĂȘt nous paraĂźt double. D’une part, dans la mesure oĂč l’on fait l’hypothĂšse qu’il existe une ou plusieurs logiques naturelles, si incomplĂštes ou mĂȘme peu cohĂ©rentes soient-elles, il va de soi qu’il faut tenter de les formaliser dans leurs limitations mĂȘmes pour pouvoir les comparer aux logiques des logiciens. Cette comparaison n’implique aucun jugement prĂ©alable de valeur, c’est-Ă -dire que le fait de la tenter ne prĂ©suppose pas que l’on attribue d’avance un certain degrĂ© de validitĂ© formelle Ă  telle ou telle hypothĂ©tique logique naturelle, le problĂšme Ă©tant justement de la dĂ©terminer. Mais, d’autre part, si de telles tentatives Ă©taient couronnĂ©es de succĂšs, elles pourraient prĂ©senter quelque intĂ©rĂȘt formel, non pas parce qu’une logique naturelle formalisĂ©e serait plus « vraie », meilleure, etc., qu’une logique comportant d’autres axiomes ou rĂšgles d’interprĂ©tation, etc., mais parce qu’elle pourrait comporter ses particularitĂ©s en tant que formalisĂ©e.

Or, la tendance qui pourrait se dessiner Ă  cet Ă©gard serait Ă©videmment d’appuyer une logique des propositions sur une logique des classes prĂ©alables, contrairement Ă  l’usage. Dans le « TraitĂ© de logique » oĂč nous avions tentĂ© de fournir une image symbolique, mais non encore formalisĂ©e, de ce que pourrait ĂȘtre une logique naturelle au niveau des formes communes de pensĂ©e (par opposition aux formes spĂ©cialisĂ©es : mathĂ©matiques intuitives, etc.) de l’adulte civilisĂ© et contemporain, nous nous Ă©tions engagĂ©s dans cette direction. Cette tentative a donnĂ© lieu aux objections des logiciens dans la mesure oĂč elle s’écartait de la logique des propositions traditionnelle. Mais dans une Ă©tude pĂ©nĂ©trante 1, S. Papert a pu montrer que moyennant un certain nombre de dĂ©finitions et de rĂšgles d’interprĂ©tation prĂ©cisant la signification des calculs, on peut obtenir ainsi une logique en effet diffĂ©rente mais cohĂ©rente, dont l’avantage est entre autres d’éviter les implications paradoxales du type p . q ⊃ (p ⊃ q).

On sait, d’autre part, que Quine 2 a montrĂ© la possibilitĂ© de fonder la logique des propositions et notamment celle de l’implication sur l’inclusion et l’abstraction. Il commence par remarquer que les propositions « atomiques » (au sens de Wittgenstein) Ă©noncent l’inclusion d’une classe dans une autre. Elles sont donc de la forme α ⊂ ÎČ si α et ÎČ sont des classes. Mais les classes sont de deux sortes : les unes donnĂ©es et les autres construites par abstraction Ă  partir d’une proposition. Par exemple, si p = df. α ⊂ ÎČ est une proposition, alors x/p, soit « les objets x tels que α ⊂ ÎČ », est une classe 3. Deux cas peuvent alors se prĂ©senter : (1) x n’est pas libre dans p.  Par exemple si α = les mammifĂšres et ÎČ = les vertĂ©brĂ©s, la proposition p = α ⊂ ÎČ sera vraie et x/p est la classe totale ⋁. Si α ⊂ ÎČ est une proposition fausse, il sera impossible de trouver des x tels que p = a ⊂ ÎČ et le classe x/p sera la classe vide ⋀. (2) x est libre dans p. Ce cas ne semble pas intĂ©resser Quine, qui dĂ©finit ensuite l’implication, en substance, sous la forme :

p ⊃ q = df (x/p) ⊂ (y/q)

Ă  la condition que x ne soit pas libre dans p ni y dans q. Mais Grize, qui s’intĂ©resse actuellement au cas (2) pense que pour exprimer certaines structures de la pensĂ©e naturelle, on pourrait lever ces restrictions, aprĂšs s’ĂȘtre assurĂ© naturellement que cela n’entraĂźne pas de contradictions.

Quoi qu’il en soit de ce projet sur lequel Grize reviendra sans doute ultĂ©rieurement, on voit que, en Ă©tendant le procĂ©dĂ© de Quine en deçà des classes primitives, on peut se donner des prĂ©dicats, a, b, c, et constituer les premiĂšres classes par abstraction : α = x/ax, ÎČ = x/bx, etc. C’est ce que nous avons tentĂ© de faire dans le « TraitĂ© de logique », en aboutissant alors Ă  cette forme particuliĂšre de logique des propositions, dont Papert a donnĂ© le commentaire dans le Fasc. XV.

(2) Mais, pour autant que l’on cherche Ă  formaliser certaines des structures de la pensĂ©e naturelle, en s’attendant Ă  trouver alors quelque chose d’analogue Ă  certains Ă©gards et de diffĂ©rent Ă  d’autres que les logiques de logiciens, il importe avant tout d’ĂȘtre renseignĂ© sur les relations entre ces logiques formalisĂ©es et les formes de pensĂ©e non formalisĂ©es correspondantes. Ces derniĂšres formes de pensĂ©e, dites « thĂ©ories naĂŻves » par les logiciens de mĂ©tier, relĂšvent effectivement de la pensĂ©e naturelle, mais Ă  un niveau bien supĂ©rieur Ă  celui dont il vient d’ĂȘtre question, puisque le niveau dont on a parlĂ© sous (1) est celui de la pensĂ©e commune non spĂ©cialisĂ©e, tandis que les logiques formalisĂ©es contemporaines ont essentiellement pour but de fournir un fondement formel Ă  la pensĂ©e mathĂ©matique naturelle ou demeurant intuitive Ă  des degrĂ©s divers. Or, si Ă©laborĂ©e que soit cette pensĂ©e naturelle de niveau supĂ©rieur, par opposition Ă  la pensĂ©e commune, il reste que la formalisation logique a Ă©chouĂ© Ă  la structurer intĂ©gralement, autrement dit qu’il y a des limites Ă  la formalisation. Il importait donc, pour orienter notre Ă©tude sur les structures logiques Ă©ventuelles de la pensĂ©e naturelle, de reprendre ce problĂšme des limites de la formalisation, sur lequel J. LadriĂšre a fourni un ouvrage documentĂ© et profond. J. B. Grize a entrepris cette tĂąche et a dĂ©veloppĂ© entre autres l’idĂ©e que nous avions suggĂ©rĂ©e dans un ouvrage avec Beth 4 du caractĂšre linĂ©aire des thĂ©ories formalisĂ©es et du caractĂšre partiellement circulaire de la pensĂ©e naturelle. Or, notons-le en passant, ceci ne constitue point un obstacle dĂ©cisif Ă  la formalisation au moins partielle de cette derniĂšre, puisque, Ă  cĂŽtĂ© des cercles vicieux, il y a place pour des cercles dialectiques et qu’un statut formel peut ĂȘtre attribuĂ© Ă  ceux-ci sous la forme des « synthĂšses » de structures, comme Grize lui-mĂȘme en a fourni plus d’un bel exemple (Fasc. XI et XV).

Mais l’idĂ©e centrale que dĂ©fend Grize est sans doute que les limitations des formalismes sont un indice de leur efficacitĂ© et non pas de leur impuissance, une fois prĂ©cisĂ©s les rapports entre la formalisation et la pensĂ©e naturelle. Or, si le formel ne recouvre pas tout le rationnel, c’est, d’une part, que l’on ne formalise que du donnĂ©, et, d’autre part, que le formalisme ne constitue pas un Ă©tat stable Ă  frontiĂšres immuables, mais relĂšve au contraire d’une activitĂ© de formalisation. Certes, le dĂ©veloppement de la pensĂ©e naturelle ne procĂšde pas par accumulations additives, mais se prĂ©sente sous la forme d’une croissance organique, tandis que la formalisation est atemporelle. Il en rĂ©sulte que, selon l’heureuse formule de Grize, les contradictions jouent un rĂŽle positif dans l’évolution de la pensĂ©e naturelle parce qu’elles sont Ă  dĂ©passer, tandis que, dans un formalisme, elles ne sont qu’à Ă©viter. Mais il n’en reste pas moins que des Ă©bauches toujours plus nettes de formalisation s’observent dĂšs les paliers successifs de la pensĂ©e naturelle, de telle sorte qu’au total il n’existe jamais ni d’état purement naĂŻf, ni de formalisation pure. Comme le disait dĂ©jĂ  notre maĂźtre Lalande, le formalisme ne constitue jamais un Ă©tat pur, mais excipe d’un processus d’épuration graduelle. Les limites mobiles de la formalisation tĂ©moignent ainsi de son dynamisme et son rĂŽle n’étant ni de fournir une simple copie de la pensĂ©e naturelle, ni de la doubler de façon hĂ©tĂ©rogĂšne, mais de la structurer en toute autonomie, ses limitations sont en dĂ©finitive la marque de sa fonction et non pas de ses Ă©checs.

La contribution que R. Martin a bien voulu fournir Ă  notre demande (pour dĂ©velopper ses intĂ©ressantes interventions lors des discussions du Symposium de 1959), s’oriente dans une autre direction. R. Martin compare l’adĂ©quation des systĂšmes formels S aux raisonnements naturels, Ă  celle des mathĂ©matiques, aux rĂ©alitĂ©s physiques. Il montre pourquoi cette question ne saurait ĂȘtre tranchĂ©e par des moyens logiques (pas plus que le problĂšme parallĂšle ne relĂšve des mathĂ©matiques), mais aussi pourquoi le logicien « est en mĂȘme temps bien persuadé  de cette adĂ©quation impossible Ă  Ă©tablir » ; cette persuasion repose notamment sur le rĂŽle d’intermĂ©diaire des fonctions de vĂ©ritĂ©. D’autre part, les systĂšmes formels dits « naturels » (Gentzen, Kleene, Beth 5) fournissent des exemples de dĂ©ductions Ă  correspondants intuitifs Ă©vidents et procĂ©dant surtout « sans dĂ©tours ». Mais de ces rĂ©flexions, Martin, sans insister comme Grize sur les limitations du formalisme, conclut rĂ©ciproquement au caractĂšre non radical des « rĂ©ductions » logiques. Ces rĂ©ductions n’ont, en effet, de sens que pour un sujet « disposant dĂ©jĂ  d’un fonds de connaissances logico-mathĂ©matiques ». Or, ce fonds, que « le logicien est, Ă  un moment ou Ă  un autre obligĂ© d’accepter en bloc » est sans doute justement celui dont la psychologie Ă©tudie la genĂšse, et cela en toute libertĂ© par rapport Ă  l’ordre arbitraire des constructions formelles.

(3) Venons-en enfin Ă  notre troisiĂšme problĂšme, que le prĂ©sent fascicule se borne d’ailleurs Ă  poser, parce que sa position mĂȘme comporte dĂ©jĂ  de minutieuses prĂ©cautions : celui de l’existence et par consĂ©quent du degrĂ© de formalisation possible de logiques naturelles. Nous nous exprimons au pluriel, car il semble d’ores et dĂ©jĂ  Ă©tabli qu’au cours du dĂ©veloppement intellectuel il existe au moins deux « logiques » naturelles : celle des « opĂ©rations concrĂštes », dont Grize a fourni une formalisation (Fasc. XI des « Études ») et qui ne s’appuie que sur les « groupements » de classes et de relations, ainsi que sur les dĂ©buts de la sĂ©rie des nombres ; et celle des premiĂšres opĂ©rations propositionnelles et du groupe de quaternalitĂ©, logique dont Papert a montrĂ© la formalisation possible sous une forme Ă  la fois limitĂ©e par rapport Ă  la logique bivalente classique des propositions et dĂ©passant cependant par ailleurs les frontiĂšres de l’algĂšbre de Boole (Fasc. XV sous V).

Mais oĂč le problĂšme des logiques naturelles se complique dangereusement, c’est sur le terrain de la pensĂ©e adulte et une fois achevĂ© le dĂ©veloppement intellectuel gĂ©nĂ©ral (par opposition aux spĂ©cialisations professionnelles). Trois difficultĂ©s principales surgissent alors.

La premiĂšre est de dissocier l’apport culturel et le raisonnement spontanĂ©. Cette difficultĂ© existe naturellement Ă  tout Ăąge, mais il est bien plus facile de la surmonter chez l’enfant que chez l’adulte, car la fusion des deux sortes de facteurs est de plus en plus Ă©troite avec l’ñge.

La seconde est de dissocier le raisonnement verbal du raisonnement aux prises avec un problĂšme effectif. Il serait d’un grand intĂ©rĂȘt, par exemple, de pouvoir Ă©tudier de prĂšs le maniement des opĂ©rations logiques d’un menuisier, d’un mĂ©canicien, etc., soit Ă  l’occasion de questions verbales de raisonnement, soit au cours de leurs recherches pour rĂ©soudre un problĂšme nouveau relevant de leur activitĂ© spĂ©cialisĂ©e. Dans sa suggestive Ă©tude sur l’emploi de la disjonction chez l’adolescent (partie VII de ce fascicule), Arne Naess indique bien cette distinction entre les comportements verbaux et non verbaux. Son analyse porte ensuite sur des comportements exclusivement verbaux (elle se rapproche ainsi de la psycholinguistique de l’École d’Amsterdam) et il souligne de curieuses difficultĂ©s chez des sujets quasi adultes Ă  dominer l’opĂ©ration de disjonction non exclusive. Mais il est bien probable que si les sujets d’A. Naess s’étaient trouvĂ©s aux prises avec un problĂšme d’induction des lois physiques avec dissociation nĂ©cessaire des facteurs (du genre de ceux qu’a Ă©tudiĂ©s B. Inhelder 6), ils auraient parfaitement dominĂ© les combinaisons : ou x et non y, ou y et non x, ou x et y Ă  la fois. La raison du dĂ©calage entre le raisonnement verbal tel que l’a Ă©tudiĂ© Naess et le maniement effectif de l’opĂ©ration est que celui-lĂ  exige souvent, en plus de celui-ci, une rĂ©flexion sur l’opĂ©ration ou sur sa validitĂ©, ou tout au moins une prise de conscience plus poussĂ©e : or, cette rĂ©flexion (ou abstraction rĂ©flĂ©chissante) est plus complexe que le maniement effectif.

La troisiĂšme difficultĂ© Ă  surmonter est qu’il existe sans doute un certain nombre de logiques naturelles distinctes selon les spĂ©cialisations de la pensĂ©e adulte. Ch. Perelman se livre depuis des annĂ©es Ă  d’intĂ©ressantes recherches sur la logique juridique et rien ne prouve qu’elle soit identique en tout Ă  celle du mathĂ©maticien non logicien, etc. Que de telles logiques spĂ©cialisĂ©es relĂšvent d’usages collectifs autant que d’activitĂ©s individuelles n’a pas d’importance, car il s’agit alors moins de contraintes anonymes que de coopĂ©rations dont les rĂšgles sont Ă©tablies avec la participation active des partenaires.

Cela dit, l’analyse expĂ©rimentale des logiques naturelles et leur formalisation Ă©ventuelle soulĂšvent des sĂ©ries de problĂšmes mĂ©thodologiques sur lesquels se sont Ă©tendus Grize et Matalon dans leur Ă©tude introductive (partie II du prĂ©sent fascicule) et sur lesquels nous avons insistĂ© nous-mĂȘmes dans notre ouvrage avec Beth (fasc. XIV des « Études », dĂ©but de la IIe partie : chap. VII Ă  IX). Mais malgrĂ© ces prĂ©cautions, les procĂ©dĂ©s de l’épistĂ©mologie gĂ©nĂ©tique ne sont pas toujours compris et soulĂšvent notamment, de la part de nombreux philosophes, des objections qui se rĂ©pĂštent sans cesse. Aussi avons-nous cru utile de terminer ce fasc. XVI en y reproduisant une Ă©tude parue rĂ©cemment dans la Revue philosophique 7 : « DĂ©fense de l’épistĂ©mologie gĂ©nĂ©tique contre quelques objections “philosophiques” » (nous remercions notre aimable collĂšgue Schuhl de l’autorisation qu’il a bien voulu nous donner Ă  cet Ă©gard).