MADAME F. traces d'un internement

La narration historique passe par des choix et des éclairages au cours d’un travail d’écriture qui produit en même temps des zones d’ombre. Dans ce récit, les oublié·es de l’histoire, objets de parole mais sujets muets, demeurent des figures sans visage suspendues dans l’imaginaire social. L’interaction dialectique entre visible et invisible induit ainsi, en quelque sorte, une forme de présence par l’absence. Dans un renversement de focale, la lueur évanescente de ces empreintes est transposée. Des voix ensevelies surgissent des archives et résonnent dans le présent, faisant vibrer les cordes de l’actualité. La quête de traces en vue de leur transmission réinvestit les sources pour forger d’autres clés de lecture de la réalité. Les documents sont polysémiques. En tant que témoignages, les lettres changent de statut et deviennent objets de médiation, prétexte à réflexion et au questionnement, espaces de parole et de discussion. Dépaysante, l’excursion dans le passé éclaire la profondeur des mutations sociales et favorise la compréhension des mécanismes enfouis qui sont à l’œuvre dans le refoulement de l’altérité. Distance et étrangeté orientent et acheminent l’exploration de cette mise en perspective temporelle, une réflexion au croisement des démarches de recherche et de transmission d’archives, pour tracer des chemins permettant de raconter l’invisible.

Ce projet a été réalisé en collaboration avec la maison d’édition RORHOF.

Livre quadrilingue:
Traductions par Pascal Mülchi (DE), Levon Pedrazzini (EN) et Rachele Piffaretti (IT).


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Avec l’encouragement de Harlet Snug 

Photographies Alexandre Bourquin