Groupements, groupes et latices (1946) a

Le dĂ©veloppement de l’intelligence, tel qu’il apparaĂźt Ă  l’analyse psychologique ou gĂ©nĂ©tique, prĂ©sente une sĂ©rie de stades plus ou moins diffĂ©renciĂ©s. Il peut ĂȘtre utile de les caractĂ©riser autrement que par une simple description empirique. À cet Ă©gard l’étude des « structures » auxquelles aboutit le fonctionnement mental est indispensable, pour autant en particulier que certaines d’entre elles s’élaborent Ă  un stade dĂ©fini et sont ignorĂ©es aux stades prĂ©cĂ©dents. Parmi ces structures, les plus intĂ©ressantes sont celles qui correspondent Ă  un Ă©tat d’équilibre de l’intelligence ou de la pensĂ©e, et qui se conservent ainsi jusqu’au niveau de l’intellect adulte normal. Ces structures Ă©quilibrĂ©es consistent en systĂšme d’opĂ©rations, caractĂ©risĂ©es par leur capacitĂ© indĂ©finie de composition Ă  la fois mobile et cohĂ©rente.

À un certain Ăąge, par exemple, on peut observer que certains systĂšmes d’opĂ©rations prennent la forme de « groupes ». Tel est le cas pour l’ensemble des passages d’une piĂšce Ă  l’autre, dans un appartement. Tel est aussi le cas pour certains autres ensembles de mouvements (rotation, etc.) que l’enfant sait effectuer et coordonner entre eux.

Qu’est-ce qu’un groupe d’opĂ©rations ? C’est un systĂšme opĂ©ratoire satisfaisant aux conditions suivantes : chaque opĂ©ration peut ĂȘtre « annulĂ©e » par une opĂ©ration inverse ; la succession de deux opĂ©rations du systĂšme (leur produit) se rĂ©sume toujours en une opĂ©ration du systĂšme ; et ces produits sont associatifs.

En ce qui concerne l’application de la notion de groupe aux structures mentales Ă©tudiĂ©es par la psychologie, il faut relever spĂ©cialement la premiĂšre de ces trois exigences celle de la rĂ©versibilitĂ© de toutes les opĂ©rations du groupe. Dans le cas du groupe de l’appartement, par exemple, tout passage d’une piĂšce A dans une piĂšce B peut ĂȘtre annulĂ© par le passage de B en A.

Or, il faut immĂ©diatement remarquer que l’apparition des structures groupĂ©es est relativement tardive, du moins sur le plan de la reprĂ©sentation ou de la pensĂ©e. Si l’on peut dĂ©jĂ  parler d’une sorte de groupe empirique des dĂ©placements au niveau de l’intelligence sensori-motrice, comme l’avait prĂ©vu H. PoincarĂ© (mais sans que cette construction soit innĂ©e, car elle suppose l’élaboration des conduites de dĂ©tour et de retour), les premiers stades de l’intelligence rĂ©flexive ou conceptuelle sont au contraire caractĂ©risĂ©s par l’absence systĂ©matique de comprĂ©hension de la rĂ©versibilitĂ©, mĂȘme pour les plus simples des opĂ©rations.

Le moment oĂč la rĂ©versibilitĂ© apparaĂźt doit donc ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un moment dĂ©cisif du dĂ©veloppement. C’est pourquoi il est d’une certaine importance de dĂ©crire ou d’imaginer le schĂ©ma des structures d’opĂ©rations les plus Ă©lĂ©mentaires, qui, sans ĂȘtre encore des groupes, permettent cependant une rĂ©versibilitĂ© dĂ©finie.

C’est dans cette intention que l’un de nous 1 a introduit, pour les besoins de la psychologie gĂ©nĂ©tique, la notion du « groupement ». Rappelons les caractĂšres essentiels de cette notion.

Supposons qu’à partir d’une classe (ou d’un certain nombre de classes), on effectue des partitions dichotomiques successives. Voici (fig. 1), par exemple, le schĂ©ma des partitions dichotomiques effectuĂ©es sur une classe B, contenant des objets bleus, des objets rouges et des objets verts, et basĂ©es uniquement sur la diffĂ©rence de ces trois couleurs :

Fig. 1

B se trouve dichotomiquement partagĂ© en A et A’

ou bien en A1 et A’1

ou bien en A2 et A’2

A et A’, par exemple, Ă©tant des classes sans Ă©lĂ©ments communs, qu’on peut dire complĂ©mentaires sous B ; de mĂȘme pour A1 et A’1 ; A2 et A’2.

De mĂȘme A’ se trouve dichotomiquement partagĂ© en A1 et A2, A1 et A2 Ă©tant complĂ©mentaires sous A’ ; et ainsi de suite.

Ce schĂ©ma montre qu’en partageant dichotomiquement une classe en classes complĂ©mentaires (au sens indiquĂ©) on n’obtient pas toujours de nouvelles classes diffĂ©rentes les unes des autres 2.

On est ramenĂ© finalement Ă  une sĂ©rie de classes sans Ă©lĂ©ment commun (deux Ă  deux), qu’on pourrait appeler les classes Ă©lĂ©mentaires de la partition considĂ©rĂ©e. (Il peut ĂȘtre utile de remarquer que chacune de ces derniĂšres contient ce qu’on appelle la classe nulle, c’est-Ă -dire la classe vide de tout Ă©lĂ©ment ; la considĂ©ration de cette classe prĂ©sente parfois certains avantages formels.)

À partir des classes Ă©lĂ©mentaires, le schĂ©ma peut aussi ĂȘtre reconstituĂ© par les opĂ©rations inverses des partitions dichotomiques envisagĂ©es. Ainsi A’ est la classe comprenant les Ă©lĂ©ments de A1 et de A2, et ceux-lĂ  seulement. On peut appeler addition de classes cette opĂ©ration de reconstitution de la classe A’.

On pourra écrire :

A1 + A2 = A’

De façon analogue, la partition de A’ en A1 et A2 pourra ĂȘtre indiquĂ©e par l’une ou l’autre des deux Ă©quations :

A1 = A’ − A2

ou

A2 = A’ − A1

ou par

A’ = A1 + A2

Trois Ă©lĂ©ments tels que A’, A1 et A2, dont les deux derniers sont complĂ©mentaires sous le premier, seront dits contigus. (Si, conformĂ©ment Ă  cette dĂ©finition A et A’ sont contigus avec B, il n’en est pas de mĂȘme de A’ et de A’1 par exemple.)

De trois Ă©lĂ©ments contigus, deux dĂ©terminent sans Ă©quivoque le troisiĂšme, l’addition et la partition dans lesquelles ils peuvent entrer. Cette addition et cette partition sont alors des opĂ©rations inverses, dont l’une annule l’autre. Chacune est donc une opĂ©ration rĂ©versible.

(1) D = C + C’ (2) C = B + B’ (3) B = A + A’

seront elles-mĂȘmes dites contiguĂ«s ; de mĂȘme pour les additions correspondantes.

En effectuant les deux premiùres l’une aprùs l’autre, on obtient naturellement une partition en trois classes :

C’ B et B’.

On pourra donc poser (par définition) :

(4) D = B + B’ + C’

et l’on voit, sans qu’il soit besoin d’insister, par quelles rĂšgles formelles cette Ă©quation (4) peut ĂȘtre obtenue Ă  partir de (1) et de (2). (Mais il faut remarquer que cette partition obtenue par la succession de deux partitions dichotomiques n’est plus elle-mĂȘme dichotomique.) On peut Ă©galement dĂ©finir une partition Ă  l’aide de (1), (2) et (3), et ainsi de suite. En remontant vers D, on peut naturellement dĂ©finir l’opĂ©ration inverse de cette derniĂšre partition : ce sera l’addition des trois classes B, B’ et C, dont la somme sera D.

L’ensemble de ces opĂ©rations forme un groupement 3. Ce n’est pas un groupe, car on ne peut combiner, comme nous venons de l’expliquer, que des opĂ©rations contiguĂ«s ou des chaĂźnes d’opĂ©rations contiguĂ«s.

On voit ainsi que, selon la dĂ©finition de l’addition des classes (dĂ©jĂ  adoptĂ©e dans l’ouvrage cité 4), la possibilitĂ© de ces opĂ©rations est liĂ©e Ă  une condition restrictive qui en diminue la mobilité : il est nĂ©cessaire que les additions et les partitions de classes se fassent de proche en proche, ou, comme nous disons, de façon « contiguë ».

Du point de vue de l’étude abstraite des structures, la notion du groupement peut paraĂźtre artificiellement limitĂ©e. NĂ©anmoins c’est sous la forme de groupements de classes que se constituent toutes les classifications qualitatives, envisagĂ©es dans leur construction mĂȘme, par opposition Ă  l’utilisation abrĂ©gĂ©e que l’on en peut faire aprĂšs leur achĂšvement. Par exemple les classifications zoologiques ou botaniques sont parmi les plus exactes des classifications d’ordre purement qualitatif (la classification des Ă©lĂ©ments chimiques repose au contraire, depuis la table de MendeleĂŻev, sur un systĂšme de rapports quantitatifs). Or, elles constituent prĂ©cisĂ©ment des groupements additifs de classes : chacun connaĂźt ainsi les tableaux synoptiques permettant de dĂ©terminer une plante par une succession de distinctions dichotomiques et tout biologiste systĂ©maticien sait que l’on ne peut rĂ©unir ou partager des classes zoologiques ou botaniques qu’en respectant la clause de la contiguĂŻtĂ©. De mĂȘme, les tables Ă  double entrĂ©es, telles que celles qui expriment les correspondances qualitatives dont use l’anatomie comparĂ©e constituent des groupements de caractĂšre multiplicatif, etc. Du point de vue gĂ©nĂ©tique, d’autre part, c’est sous la forme de groupements que se prĂ©sentent les premiĂšres structures rĂ©versibles dans le dĂ©veloppement de l’intelligence enfantine, ce qui revient Ă  dire Ă  nouveau que les groupements de classes (inutile d’insister ici sur les groupements de relations) traduisent les classifications dans leur formation mĂȘme.

Une fois achevĂ©e, une classification rend assurĂ©ment possible l’usage de raisonnements succincts, se libĂ©rant de la condition restrictive de la contiguĂŻtĂ© pour relier des classes Ă©loignĂ©es les unes des autres. C’est ainsi que dans le syllogisme classique : « Les chevaux (A) sont des mammifĂšres (B), tous les mammifĂšres (B) sont des vertĂ©brĂ©s (C), donc les chevaux (A) sont des vertĂ©brĂ©s (C) , il est inutile de prĂ©ciser quelles sont les classes complĂ©mentaires A’ (les mammifĂšres « autres » que les chevaux), et B’ (les vertĂ©brĂ©s « autres » que les mammifĂšres). Mais seul un groupement prĂ©alable a rendu possible la construction des emboĂźtements A + A’ = B ; B + B’ = C, dont ce syllogisme tire ses relations comme en abrĂ©gĂ©.

⁂

L’expression « groupement » montre assez que ces structures ont Ă©tĂ© envisagĂ©es comme des groupes imparfaits. Une suite de classes singuliĂšres A, A’, B’, C’, etc. dont les additions donnent A + A’ = B ; B + B’ = C ; C + C’ = D, etc., ne peut par exemple ĂȘtre transformĂ©e en un groupe de nombres 1 + 1 = 2 ; 2 + 1 = 3 ; 3 + 1 = 4, etc. qu’à la condition non seulement de renoncer Ă  la clause restrictive de la contiguĂŻtĂ©, mais encore de se donner le droit de substituer librement les unes aux autres les classes Ă©lĂ©mentaires A, A’, B’, etc., en faisant abstraction de leurs qualitĂ©s diffĂ©rentielles et en les transformant ainsi en unitĂ©s homogĂšnes A = A’ = B’ 
 = 1 (d’oĂč B = 2 ; C = 3, etc.) 5.

Mais que se produira-t-il si, tout en renonçant Ă©galement Ă  la condition de contiguĂŻtĂ©, on maintient la structure des emboĂźtements qualitatifs (des classes logiques elles-mĂȘmes) ?

L’étude mathĂ©matique des structures a fait, ces derniers temps, des progrĂšs qui font voir que la notion de groupement peut ĂȘtre mise en relation avec certaines structures ordonnĂ©es que les auteurs amĂ©ricains ont baptisĂ©es « latices » (mais une fois levĂ©e, prĂ©cisĂ©ment, la restriction concernant la contiguĂŻtĂ©).

Pour dĂ©finir un latice, il faut partir d’un ensemble d’élĂ©ments partiellement ordonnĂ©s, c’est-Ă -dire dans lequel est dĂ©finie par avance une relation d’antĂ©riorité : dans un tel systĂšme on doit savoir que de deux Ă©lĂ©ments, a et b, a vient avant b, ou bien que b vient avant a, ou bien que a et b sont sans rapport d’antĂ©rioritĂ©.

Par exemple, si l’on ordonne selon le sens du courant l’ensemble des localitĂ©s sises sur le bord d’un fleuve et de ses affluents, on obtient un systĂšme partiellement ordonnĂ© spĂ©cialement simple. La mĂȘme rĂšgle pourrait servir Ă  ordonner les localitĂ©s sises sur les bords d’un rĂ©seau de canaux, dans lequel le courant ne se refermerait jamais sur lui-mĂȘme.

Autres exemples simples : un systÚme de nombres dans leur ordre de grandeur ; un systÚme de classes emboßtées les unes dans les autres ; etc.

Or, parmi les systĂšmes ainsi ordonnĂ©s, il en est dans lesquels on peut dĂ©finir, pour toute paire d’élĂ©ments, un troisiĂšme Ă©lĂ©ment (un seul !) qu’on appelle leur « join » : c’est le moins antĂ©rieur de tous les Ă©lĂ©ments qui leur sont antĂ©rieurs Ă  tous deux. (Il est certaines structures partiellement ordonnĂ©es dans lesquelles cette exigence ne peut pas ĂȘtre univoquement satisfaite.) Pour obtenir un latice il faut encore exiger que l’on puisse obtenir pour toute paire a, b un quatriĂšme Ă©lĂ©ment, leur « meet » : c’est le moins postĂ©rieur des Ă©lĂ©ments qui leur sont postĂ©rieurs Ă  eux deux.

Cela dit, un systĂšme de classes logiques constitue un systĂšme partiellement ordonné : l’emboĂźtement de deux classes constitue une relation d’antĂ©rioritĂ©, la classe contenante vient, par exemple, avant la classe contenue.

Pour faire de cet ensemble un latice, il faut d’abord introduire l’opĂ©ration qui attribue Ă  deux classes quelconques, A et B, leur « join ». Le join sera la plus petite des classes dans lesquelles A et B sont toutes deux contenues ce sera donc ce que la logique classique appelle le genus proximum de A et de B. Soit donc J le join de A et B. Il est univoquement dĂ©terminé 6. Quant au meet M de deux classes A et B, il est la plus grande classe qui soit Ă  la fois contenue dans A et dans B.

Cela posĂ©, on peut transformer tout groupement de classes en latice en levant la restriction de la contiguĂŻtĂ©. Par exemple le schĂ©ma de partition de la fig. 1 (source du groupement des vicariances) est un latice, puisque les classes A’ et A’1 ont un join, qui est B, et un meet, qui est A2 (de mĂȘme les classes A’ et A’2 ont un join, qui est aussi B, et un meet, qui est A1).

Il en va de mĂȘme des groupements de multiplications des classes : ils portent sur des classes Ă  Ă©lĂ©ments communs, dans lesquels il est par consĂ©quent facile de dĂ©terminer univoquement un join et un meet pour chaque paire de classes quelconques.

Quant au groupement de l’addition simple des classes (fig. 2) il est clair que toute paire de classes quelconques possĂšde un join (abstraction faite de la condition restrictive de contiguĂŻtĂ©) : par exemple les classes A et C’ ont pour join la classe D (voir la fig. 2) ; les classes A et A’ ont pour join la classe B, etc. D’autre part, lorsque l’une des deux classes est emboĂźtĂ©e dans la seconde (comme B en C) le meet est la plus petite de ces deux classes (soit B) ; quant au meet de deux classes disjointes, telles que A et A’, il est constituĂ© par la classe nulle (voir plus haut la remarque sur l’utilitĂ© formelle des classes nulles).

On pourrait Ă  cet Ă©gard introduire la notion de semi-latice pour dĂ©signer des latices dans lesquels on ne dĂ©termine a) que le join, Ă  l’exclusion du meet ou b) que le meet, Ă  l’exclusion du join. En un tel cas, les groupements purement additifs, une fois levĂ©e la clause de la contiguĂŻtĂ©, constitueraient des semi-latices du premier de ces deux types, et les groupements purement multiplicatifs des semi-latices du second type. Par contre, les groupements dans lesquels interviennent Ă  la fois des additions et des intersections de classes, comme celui des vicariances (fig. 1) aboutissent Ă  des latices complets lorsque les opĂ©rations ne sont plus effectuĂ©es seulement de maniĂšre contiguĂ«. Le latice complet serait donc Ă  concevoir comme une rĂ©union des opĂ©rations additives et multiplicatives, ce que sont tous les groupements implicitement, tandis que les semi-latices seraient constituĂ©s par les systĂšmes opĂ©ratoires insistant explicitement soit sur l’addition soit sur la multiplication.

Seulement, en de tels latices ou semi-latices, si la dĂ©termination du join par le genus proximum est univoque, l’opĂ©ration inverse, qui consiste Ă  retrouver deux classes quelconques A et B Ă  partir de leur join ne constitue pas une partition stricte. Certains Ă©lĂ©ments de la classe J (leur join) peuvent ĂȘtre attribuĂ©s Ă  la fois à A et à B. D’autres Ă©lĂ©ments de J peuvent n’ĂȘtre attribuables ni à A ni à B. Cependant cette opĂ©ration existe. Il existe donc une certaine rĂ©versibilitĂ© de la dĂ©termination du genus proximum. Mais l’intĂ©rĂȘt de cette rĂ©versibilitĂ© est faible, puisque, si J est univoquement dĂ©terminĂ© par A et B, A n’est pas toujours dĂ©terminĂ© de mĂȘme par A et J, ni B par A et J.

Cette analyse montre bien pourquoi le groupement mĂ©rite de retenir l’attention. L’addition des classes qui y figure permet par extension la dĂ©termination du join, telle que nous venons de l’expliquer en gĂ©nĂ©ral. D’autre part, en se bornant aux classes contiguĂ«s et aux opĂ©rations immĂ©diatement rĂ©versibles, il caractĂ©rise, par ses restrictions mĂȘmes, une structure particuliĂšre connotant les constructions logiques rĂ©versibles les plus Ă©lĂ©mentaires.

En rĂ©sumĂ©, les groupements de classes expriment la nature des classifications purement logiques envisagĂ©es dans le sens de leur construction comme telle. Mais les restrictions qu’ils s’imposent restreignent leur mobilitĂ©. Le latice, au contraire, gagne en mobilitĂ© ce qu’il perd en rĂ©versibilitĂ©. Il traduit par consĂ©quent entre autres les raisonnements de la logique formelle usuelle, mais psychologiquement parlant ceux-ci constituent, au moins dans le domaine purement qualitatif des classes non construites mathĂ©matiquement, le schĂ©ma abrĂ©gĂ© que l’esprit extrait de groupements prĂ©alables.