Jean Piaget
Classes, relations et nombres
Essai sur les groupements de la logistique et sur la réversibilité de la pensée
1942
Unige, sceau (logo) UNIVERSITÉ
DE GENÈVE
Centre Jean Piaget

Notice de l’éditeur

Classes, relations et nombre est le premier ouvrage dans lequel Piaget formalise la pensée naturelle de l’enfant. Il montre qu’avant 7 ans, la pensée préopératoire repose sur huit « groupements » logiques élémentaires, tels que la sériation ou la correspondance, mais qui restent isolés et non coordonnés. Le passage au niveau opératoire concret se caractérise par la coordination générale de ces groupements grâce à la réversibilité, donnant naissance à une véritable structure de groupe. Contrairement aux groupements dispersés, le groupe est un système d’opérations organisées selon cinq propriétés : réversibilité, composition, associativité, identité et réciprocité. L’enfant qui passe par cette transformation ne se contente plus d’appliquer des opérations ponctuelles : il dispose d’un ensemble cohérent lui permettant d’organiser les objets et leurs relations de manière systématique. Piaget applique ce modèle aux notions de classes, de relations et de nombre, chacune constituant une combinaison spécifique de groupements logiques. La classification suppose la coordination de la sériation et de l’inclusion : comprendre qu’une sous-classe appartient à une classe englobante et que ces relations sont réversibles. De même, les relations (ordre, correspondance, équivalence) s’organisent en un système : l’enfant accède à la transitivité (A > B > C) lorsqu’il peut coordonner toutes les relations entre elles. Le nombre est l’exemple le plus révélateur. Piaget le conçoit comme le résultat de la coordination de deux groupements : celui des classes (inclusion des unités) et celui des relations (sériation). Le nombre n’est donc pas une énumération verbale, mais dépend d’une structure opératoire où s’articulent classification et ordre de manière réversible. Dans la mesure où, durant le développement, les groupements se transforment en structure de groupe pour engendrer des concepts organisés en système, Piaget montre que la pensée logique naturelle est une construction active de structures opératoires permettant d’organiser le monde selon des lois cohérentes.