Tapuscrits divers (1936–1947)Lire

Nous devons nous défendre, comme nous l’avons juré ; nous devons répéter avec les anciens Suisses : Plutôt la mort que l’esclavage.

Notice

Certains des thèmes de cette collection se lisent en contrepoint des ouvrages de Rougemont parus à la même époque. Avant-guerre, la recension de L’Idée socialiste de Henri de Man témoigne de l’intérêt qu’avaient certains milieux proches des personnalistes (Philippe Lamour et la revue Plans) pour le « planisme », et Rougemont salue ce qu’il juge comme une tentative de réhabilitation de la culture dans la pensée marxiste à travers « l’idée » orientée vers un but. Inédite, la première partie d'une conférence sur « l’esprit totalitaire » donnée dans les cercles protestants à Paris se situe dans l’axe des réflexions du Journal d’Allemagne, avec l’hypothèse maîtresse que les dictatures recourent à des subterfuges quasi-religieux (culte du chef, de la nation ou de la race) pour répondre au besoin irrépressible de communauté créé par l’individualisme. On y lit aussi, en filigrane, L’Amour et l’Occident : « Dans le fond, c’est la passion qu’on aime, et non la froide vérité. » Beaucoup de textes sur la Suisse, contemporains de la guerre ou de l’immédiat avant-guerre, annoncent la Ligue du Gothard et Mission ou démission de la Suisse, sans oublier Heart of Europe publié aux États-Unis. En ces temps où tout s’écroule, la Suisse est investie d’une mission proprement spirituelle de résistance (chrétienne) aux totalitarismes, de témoignage d’un amour de la diversité et de la liberté incarné par un fédéralisme qui, après la victoire, pourrait en faire « le noyau d’une Europe fédérée ».