Les Mains des Moires

 

Anaïs Kovacs

 

Ô mains des Moires, tisseuses du destin,

fils d’or et d’ombre

entrelacés sans fin,

vos doigts agiles, dans la trame des jours,

sculptent l’éphémère,

effacent les amours.

 

Lachésis compte, patiente,

les instants suspendus à l’ombre hésitante,

ses doigts pincent le fil,

vibrent de lenteur,

chaque nœud dissimule un battement de cœur.

 

Clotho tisse,

voile où naissent les songes,

ses mains dansent,

créant des vies qui s’allongent,

elle esquisse des destins

comme on dessine un rêve,

puis tire d’un geste

le fil vers la fin.

 

Atropos coupe net,

silencieuse, impérieuse,

sans un regard,

d’une main d’airain.

 

Ô Moires silencieuses,

dans vos serres glacées,

le temps se noue

 

se tord

 

se brise

 

meurt.

 

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Photo : ©LisaRedfern

En vers et en prose

Autour du motif de la main, une expérimentation poétique - en vers métrique ou en vers libre. Se plonger, à travers les mots, dans le secret des paumes et les méandres des doigts...

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