Nicolas de Flue (1939)

« Oh ! si mon peuple enfin renonçait aux idoles,
À l’or, à la puissance, aux funestes paroles
,
Pour un instant de foi, Dieu le délivrerait,
En un instant de joie renaîtrait votre paix ! »

Légende dramatique en trois actes, mise en musique par Arthur Honegger, Nicolas de Flue fut composé pour l’Exposition nationale de Zurich, où il fut exécuté le 23 septembre 1939. Denis de Rougemont y met en relief la figure du sage qui rappelle ses compatriotes à la raison, et celle du solitaire par qui tous sont réunis. Le premier acte montre Nicolas quitter l’armée et, par un appel de Dieu, abandonner sa famille et se faire ermite. L’acte II, qui se déroule sept ans après, montre que Nicolas est devenu celui que l’on consulte : il a fui le monde et voici qu’à présent, c’est le monde qui vient à lui… Un ange lui annonce qu’une épreuve attend son peuple. Alors que Français et Autrichiens proposent aux Suisses de s’allier à eux pour abattre la riche Bourgogne, Nicolas déclare qu’il faut dédaigner la guerre et les richesses, et que mieux vaut rester indépendants et en paix. Mais les Suisses se divisent entre les villes (favorables à la guerre) et les campagnes. Sept ans encore après, l’acte III s’ouvre sur la Diète de Stans (1481), marquée par une querelle à propos de l’entrée de deux nouvelles villes (Fribourg et Soleure) dans la Confédération, qui romprait l’équilibre villes-campagnes. La guerre civile menace. Dieu délie alors Nicolas de son vœu de solitude : il redescend vers les hommes et leur apporte un message de renonciation à l’or, à la puissance et aux idoles. Les Suisses sont réconciliés.

Nous donnons ici l’édition originale du texte, publiée en 1939 par l’Institut neuchâtelois.