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Prix Augustin-Pyramus de Candolle

Portrait de Candolle

Prix Augustin-Pyramus de Candolle 2016

La Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève (SPHN) a l'honneur de vous informer qu'elle a attribué en 2016 le Prix de Botanique institué par Augustin-Pyramus de Candolle en 1841 et destiné à récompenser l'auteur ou les co-auteurs de la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes. La description et les conditions du prix sont disponibles dans les documents suivants:

Annonce en français

Announcement in English

Règlement de 2015

Commission du Prix 2016

Dr. Pierre-André Loizeau, directeur du Conservatoire et Jardin botaniques (CJB)
Prof. Daniel Jeanmonod, conservateur aux CJB, professeur à l'Université de Genève
Dr. Mary Endress, Institut de Botanique systématique, Zürich
Prof. Michel Grenon, président de la SPHN
Dr. Philippe Clerc, conservateur au CJB (Secrétaire de la Commission)

Historique

Le Prix Augustin-Pyramus de Candolle est attribué par la SPHN à l'auteur de la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes. Ce Prix est une reconnaissance internationale de la qualité du travail et de la compétence du chercheur primé. Le Prix honore également la Société de Physique et d'Histoire Naturelle de Genève, dépositaire et gérante du Fonds depuis 1841, et rappelle l'importance du Conservatoire botanique de Genève, fondé par A.-P. de Candolle en 1824, qui gère l'un des plus importants herbiers du monde et héberge l'herbier de Candolle depuis 1921.

Ce bref historique rappelle la personnalité et la carrière du fondateur du Prix, puis l'histoire du Prix et de ses vicissitudes. Il donne la liste des lauréats, ainsi que, en annexe, les textes fondateurs et les divers règlements, anciens ou en vigueur.

Augustin-Pyramus de Candolle(1)

Augustin-Pyramus de Candolle est né à Genève le 4 février 1778 et mort à Genève le 9 septembre 1841. La famille de Candolle est originaire de Marseille et obtient la bourgeoisie de Genève en 1594. De 1784 à 1792, les études de A.-P. de Candolle sont interrompues car sa famille s'est exilée dans la canton de Vaud pendant la période révolutionnaire. De retour à Genève, il suit les cours de botanique de Jean-Pierre Vaucher, ce qui détermina une estime et une amitié réciproques jusqu'à la fin de leur vie.

En 1798, il se rend à Paris où il entre en contact avec les personnalités scientifiques les plus éminentes. La même année, à l'âge de 20 ans, il devient membre de la SPHN. En 1803, il est suppléant de Cuvier à la chaire d'histoire naturelle au Collège de France, où il donne des cours de physiologie végétale. En 1804, A.-P. de Candolle présente une thèse de doctorat en médecine. Le grand naturaliste Lamarck le charge par la suite de la réédition de sa Flore française. Dès 1808, il est professeur de botanique à Montpellier. A la suite des difficultés politiques qui surviennent à la chute de l'Empire français, il décide de rentrer à Genève où l'on crée pour lui la chaire d'histoire naturelle, qu'il occupe de 1816 à 1835.

Dès lors, il va jouer un rôle prépondérant dans sa ville natale, bousculant quelque peu les habitudes et sortant ses concitoyens de leur torpeur. Il crée successivement un nouveau Jardin botanique puis la Société de lecture; il demande la publication des travaux de la SPHN, dont le premier volume des Mémoires paraît en 1821.

Les responsabilités suivantes lui furent confiées: présidence de la Société des Arts, de la Société helvétique des Sciences naturelles, rectorat de l'Académie. En politique, il fut membre du Conseil représentatif.

Il est l'auteur de la Théorie élémentaire de la botanique, de l'Organographie végétale, de la Physiologie végétale, de l'Essai élémentaire de géographie botanique, du Systema regni vegetabilis et surtout du célèbre Prodrome : introduction systématique au règne végétal ou Prodromus systematis naturalis vegetabilis - oeuvre monumentale en 17 volumes, achevée par son fils et son petit-fils, ainsi que par divers collaborateurs.

Augustin-Pyramus de Candolle est l'auteur de 507 genres et 6350 espèces végétales. Ardent défenseur de la classification naturelle, l'un des pionniers de la géographie botanique, il fut un grand collectionneur, qui a ouvert généreusement sa maison, sa bibliothèque et son herbier à une foule de visiteurs, de chercheurs et d'élèves.

A.-P. de Candolle a été nommé membre correspondant, puis associé étranger, de l'Académie des Sciences de Paris, membre de la Société royale de Londres et de l'Académie royale des Sciences de Berlin. Il fut promu commandeur de la Légion d'Honneur.

(1) Adapté de l'allocution de Jaques Naef lors de la remise du Prix A.-P. de Candolle en 1990, in Archives des Sciences, Vol. 44, pp. 137-138.

L'impatiente à petites fleurs, Impatiens parviflora DC, une espèce néophyte décrite par A.-P. de Candolle et illustrée en planche I du Tome V des Mémoires de la SPHN, publié en 1832.

La création du Prix Augustin-Pyramus de Candolle

Au terme d'une brillante carrière de botaniste et d'humaniste, A.-P. de Candolle lègue aux Genevois un testament spirituel, dont les considérants sont encore d'actualité au XXIe siècle:

... Je prie tous les Genevois auxquels ma mémoire pourra être chère de l'exprimer non pas par des discours ou autres marques de ce genre, mais en encourageant de toutes leurs forces les études scientifiques dans notre ville, comme étant la carrière qui a le plus honoré ses habitants et qui convient le mieux à leur position et à leur caractère... A.-P. de Candolle, 9 septembre 1841. Texte remis à J.-M. Pictet par Irène Weber de Candolle, le 22 septembre 1990

Il donne l'exemple en créant un Fonds de Fr 2'400.- auprès de la SPHN qui lui est chère, pour doter un Prix en faveur de l'auteur de la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes.

Extrait du testament d'A.-P. de Candolle, recopié par Alphonse de Candolle.

Je donne à la Société de Physique et d'histoire naturelle de Genève une somme de deux-mille-quatre-cents francs, pour fonder un prix en faveur de la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes. La Société fixera les conditions du concours et le jugera; l'ouvrage couronné sera imprimé ou par l'auteur ou dans les Mémoires de la Société.

Aucune condition de nationalité ou de domicile n'est imposée et seuls les membres de la SPHN ne sont pas autorisés à concourir. Le premier règlement du Prix A.-P. de Candolle est adopté durant une séance particulière de la SPHN, le 4 novembre 1841. Avec des taux d'intérêt de 5%, ce sont 500.- Fr qui pourront être attribués tous les cinq ans. Selon les ressources disponibles, les époques des concours pourront être espacées ou rapprochées. Seuls les mémoires inédits, rédigés en français ou en latin seront admis. Selon l'importance du mémoire primé, le prix pourra être réduit.

En 1883, se pose déjà le problème de la publication par la SPHN des Mémoires primés:

... le mémoire pourrait ne pas être très bon, ou trop étendu, ayant trop de planches etc, que la Société ne fut plus en fonds pour la dépense.

(Alphonse de Candolle)

En 1921, on arrive à la conclusion que l'offre de la SPHN de publier le Mémoire couronné - recopiée d'une annonce sur l'autre - résulte d'un usage des années fastes et qu'elle n'est pas règlementaire. En 1922, les conditions du concours sont modifiées: la périodicité ne serait plus régulière et la somme attribuée pourrait varier. Pour le prix suivant, il fut envisagé de le porter à mille francs et de le décerner trois ans plus tard. Une annonce fut envoyée à toutes les sociétés correspondantes ainsi qu'à 124 professeurs et directeurs de jardins botaniques.

La remise du Prix est interrompue entre 1938 et 1948, le contexte politique étant particulièment défavorable. Entre 1953 et 1969, le Prix n'est pas décerné. Pour le professeur Miège, cette lacune serait due à son caractère quinquennal, qui le rend peu connu, et au fait que depuis la création de la Société botanique de Genève, les botanistes lisent moins les publications de la SPHN, consacrées à d'autres disciplines.
Avec les années, les langues admises, en sus du latin et du français, sont l'allemand, l'anglais et l'italien et, dès 2004, le portugais pour les travaux relatifs à la flore néotropicale.

Les conditions d'acceptation des travaux se complexifient avec le temps. En 1927, on se contentait encore d'annoncer :

Un concours est ouvert par la Société de Physique et d'histoire Naturelle de Genève pour la meilleure monographie inédite d'un genre ou famille de plantes.

Avec l'évolution des techniques et méthodes de classification, c'est le terme même de monographie qui doit être redéfini, comme le montre l'annonce du Prix 2004:

Par monographie, on entend le traitement complet du groupe considéré, c'est-à-dire la description des caractères extérieurs (morphologie) et la distribution en systèmes de chacune des unités subordonnées. La présence d'une bibliographie complète, d'une synonymie critique et de clefs, de descriptions des caractères anatomiques, caryologiques, moléculaires et physiologiques (pour autant tout au moins que ces derniers puissent être utilisés pour distinguer les sous-groupes) et la façon dont les règles internationales sont appliquées, constitueront aussi des éléments d'appréciation.

Les statuts de 1841 sont révisés en 1992, pour être adaptés aux modes de publication etde placements financiers contemporains. En 1981, le montant du Fonds n'était plus que de 20'850 Fr, soit trop faible pour décerner un prix décent. Le Fonds a été réalimenté par la SPHN en 1999, par cession de dix actions Nestlé, prises sur sa fortune propre. Suite à des plus-values boursières, le Fonds de Candolle atteignait Fr 103'000 à fin 2005. La pérennité du Prix semble dès lors garantie. La SPHN peut désormais, en étroite collaboration avec les Conservatoire et Jardin botaniques de Genève, décerner tous les 4 ans un prix modestement doté - de Fr 5000 en 2004 - mais de haute valeur symbolique, de par sa fondation par l'un des plus illustres botanistes de son temps.

Le jardin botanique des Bastions en 1824. Gravure de Lescuyer (BPU, Iconographie).

Lauréats

  • 2016: Olivier Lachenaud, pour Le genre Psychotria (Rubiaceae) en Afrique occidentale et centrale: taxononie, phylogénie et biogéographie
      Prix spécial d'Illustration scientifique en botanique pour Andreas Fleischmann, pour Monograph of the genus Genlisea
  • 2012: Alison M. R. Davies, pour The systematic revision of Chaetanthera Ruiz & Pav. and the reinstatement of Oriastrum Poepp. & Endl. (Asteraceae: Mutisieae)
  • 2008: Robert Lücking, pour Follicolous lichenized funghi
  • 2004: Bettina Staiger, pour Die Flechtenfamilie Graphidaceae - Studien in Richtung einer natürlicheren Gliederung
  • 1998: Colin E. Hugues, pour Monograph of Leucaena (Leguminosae-Mimosoideae)
  • 1994: S. Robbert Gradstein, pour Lejeuneaceae: Ptychantheae and Brachiolejeuneae (Hepaticae) of the New World
  • 1990: B. A. K. Buick, pour Révision du genre Russula Persoon en Afrique centrale
  • 1986: Pieter J. Vorster, pour Revision of the taxonomy of Mariscus Wahl and related genera of Southern Africa
  • 1969: Peter H. Raven, pour Onagraceae
  • 1953: Marcel Pichon, pour Monographie des Landolphiées
      Somme d'encouragement pour G. Roberty, pour Monographie des Landolphiées
  • 1948: Pas de Prix, mais subside à M. Locquin, pour Andropogonées du Globe
  • 1938: Roger J. Heim, pour Les Lactario-Russulées du domaine oriental de Madagascar
  • 1934: Pierre Francey, pour Monographie du genre Cestrum
  • 1930: C. E. Martin, pour Champignons supérieurs
  • 1925: Gustav Schellenberg, pour Monographie des Connaracées
  • 1916: Gustave Beauverd, pour Etude du genre Melampyrum
  • 1906: Edward de Janczewsky, pour Monographie des groseilliers Ribes L.
  • 1900: Theodor Loesener, pour Monographie des Aquifoliacées
      Carl Wehmer, pour Die Pilzgattung Aspergillus in morphologischer, physiologischer und systematischer Beziehung unter besonderer Berücksichtigung der mitteleuropaeischen Species
  • 1895: O. Wartburg, pour Monographie des Myristicacées
      Richard Wettstein, pour Monographie des Euphrasia
  • 1889: Franz G. P. Buchenau, pour Monographie des Juncacées
  • 1884: Jules E. Planchon, pour Mémoire sur les Ampélidacées
  • 1879: C. Alfred Cogniaux, pour Mémoire sur les Cucurbitacées
  • 1874: Ludwig A. T. Radlkofer, pour Monographie de la famille des Saxifragacées
  • 1869: José J. Triana, pour Monographie des Mélastomacées
  • 1862: Alexander G. de Bunge, pour Anabasées, tribu des Salsolacées
  • 1856: Jean Müller, pour Monographie de la famille des Résédacées
  • 1851: Karl F. Meissner, pour Monographie des Thyméléacées

Règlement du prix de 1841 (remplacé)

Délibération de 1841

Règlement de 2015

 

 

Dernière modification: 09/03/2017
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