Préface a
Lâimportance du remarquable ouvrage dont voici le premier volume mĂ©rite dâĂȘtre doublement soulignĂ©e, car cet ouvrage est nouveau, et par les rĂ©sultats auxquels il aboutit, et par la mĂ©thode qui a permis de les acquĂ©rir.
Comment lâenfant pense-t-il ? Comment parle-t-il ? Quels sont les caractĂšres de son jugement, de ses. raisonnements ? VoilĂ un demi-siĂšcle quâon travaille Ă rĂ©soudre ces questions qui sont parmi les premiĂšres que se soit posĂ©es, Ă son aurore, la psychologie de lâenfant. Si le philosophe et le biologiste ont portĂ© leur intĂ©rĂȘt sur lâĂąme de lâenfant, câest pour avoir tout dâabord Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©s par sa logique et par son langage. Faut-il rappeler les observations de Taine, de Darwin, dâEgger, qui comptent parmi les premiĂšres quâait enregistrĂ©es la science pĂ©dologique ?
Je ne puis rĂ©sumer ici tous les travaux parus depuis cette Ă©poque â ceux des Preyer et des Sully, des P. Lombroso et des Ament, des Binet, des Stern, des Cramaussel, et de bien dâautresâ pour montrer ce que ceux deM. Jean Piaget sont en train dây ajouter. Il faut bien cependant essayer de dire, en gros et de façon forcĂ©ment trĂšs approximative, ce qui les caractĂ©rise, afin de marquer la nouveautĂ© des Ă©tudes quâinaugure ce volume.
Les recherches poursuivies jusquâici sur lâintelligence et le langage de lâenfant ont pour trait gĂ©nĂ©ral et commun dâĂȘtre essentiellement analytiques : on a dĂ©crit les formes particuliĂšres que revĂȘt chez lâenfant le raisonnement ou lâabstraction, lâacquisition ou la formation des mots et des phrases, et lâon a relevĂ© minutieusement, et certes on a eu raison de le faire, tous les faux-pas, toutes les erreurs, toutes les confusions de cette pensĂ©e encore incertaine, tous les accidents, toutes les dĂ©formations du langage qui lâexprime.
Mais ce travail ne semble pas avoir appris au psychologue ce que justement il dĂ©sirait savoir : pourquoi lâenfant pense et sâexprime de cette façon-lĂ , pourquoi cet inlassable curieux se satisfait si aisĂ©ment des rĂ©ponses quelconques quâon lui donne, ou quâil se donne Ă lui-mĂȘme, â tĂ©moignant de ce nâimportequisme dont Binet faisait un des traits essentiels de lâintelligence des imbĂ©ciles, â pourquoi il affirme et croit des choses si manifestement contraires Ă la rĂ©alitĂ©, dâoĂč vient son verbalisme si caractĂ©ristique, et comment, par quelles dĂ©marches, se substitue peu Ă peu Ă cette incohĂ©rence la logique de la pensĂ©e adulte. En un mot, les recherches contemporaines nous ont montrĂ© clairement les Ă©lĂ©ments de lâĂ©nigme Ă rĂ©soudre, mais, de cette Ă©nigme elle-mĂȘme, elles ne nous ont pas donnĂ© la clef. Lâesprit de lâenfant donne encore aux psychologues lâimpression dâun effrayant chaos. « La pensĂ©e de lâenfant est comme un rĂ©seau de fils tĂ©nus, embrouillĂ©s, et que lâon risque de casser Ă tout instant, si lâon tente de le mettre en ordre », remarquait naguĂšre, et trĂšs justement, M. Cra- maussel.
Sans doute, on a cherchĂ© Ă expliquer des faits si frappants. On a invoquĂ© la « faiblesse », la « dĂ©bilité » du cerveau de lâenfant. Mais, je vous le demande, cela nous apprend-il grandâchose ? On a aussi accusĂ© lâinsuffisance de lâexpĂ©rience acquise, lâinhabiletĂ© des sens, un trop maigre contingent dâassociations, les accidents de lâimitationâŠ. En fait, ces affirmations, pour justes quâelles soient, se sont montrĂ©es sans fĂ©conditĂ©.
En somme lâerreur Ă©tait, si je ne me trompe, dâavoir considĂ©rĂ© la pensĂ©e de lâenfant en lui appliquant les moules, les patrons de lâesprit de lâadulte, de lâavoir envisagĂ©e en logicien plus quâen psychologue. Cette mĂ©thode, bonne peut-ĂȘtre pour Ă©tablir un premier inventaire, a donnĂ© tout ce quâelle pouvait donner : elle conduit Ă un cul-de-sac. Elle a permis de repĂ©rer lâĂ©cheveau, elle ne nous enseigne pas Ă le dĂ©brouiller.
Les recherches de M. Jean Piaget nous offrent, de lâesprit de lâenfant, une vision toute nouvelle.
M. Piaget a la chance dâĂȘtre encore trĂšs jeune ; câest dire quâil sâest initiĂ© Ă la psychologie Ă une Ă©poque oĂč lâassociationnisme superficiel qui avait plus ou moins intoxiquĂ© ses aĂźnĂ©s, il y a trente ou quarante ans, avait achevĂ© dâagoniser, et oĂč notre science sâengageait dans des voies pleines de promesses. CâĂ©tait, avec James, Flournoy, Detoey, la tendance dynamique et pragmatiste, avec Freud, la psychanalyse, avec Durkheim (peu importe ici le bien- fondĂ© de ses doctrines) la reconnaissance du rĂŽle jouĂ© par la vie sociale dans la formation des esprits individuels, avec les Hall, les Groos, les Binet, une psychologie gĂ©nĂ©tique Ă©tayĂ©e sur une conception biologique de lâenfant.
Le gĂ©nie de M. Piaget, câest, sâĂ©tant assimilĂ© ces thĂ©ories nouvelles â je veux dire ayant su extraire de chacune dâelles son suc nourricier â de les avoir fait converger sur une interprĂ©tation de lâintelligence enfantine. A ce foyer vont se dissiper bien des obscuritĂ©s qui dĂ©contenançaient les pĂ©dologues.
Connaissez-vous ce petit problĂšme qui consiste Ă construire quatre triangles Ă©gaux avec six allumettes ? On le tient tout dâabord pour insoluble, et Ă juste titre, tant que lâon ne raisonne que dans le plan. Mais, dĂšs quâon songe Ă le rĂ©soudre dans lâespace, la difficultĂ© sâĂ©vanouit. â JâespĂšre ne pas trahir la conception de M. Piaget en illustrant par cet exemple, dâune façon Ă©videmment trĂšs simpliste et grossiĂšre, son apport Ă la psychologie de lâenfant.
Alors que, jusquâici, nous restions dĂ©semparĂ©s devant la pensĂ©e de lâenfant, comme devant un puzzle auquel il manquerait des piĂšces essentielles, tandis que dâautres piĂšces, paraissant empruntĂ©es Ă un autre jeu, ne savent oĂč trouver place, M. Piaget nous tire dâembarras en nous montrant que cette pensĂ©e enfantine ne constitue pas un seul puzzle, mais au moins deux. En possession de cette clef, on ne sâescrimera plus Ă vouloir ordonner sur un seul plan des morceaux qui, pour sâagencer entre eux, rĂ©clament un espace Ă trois dimensions.
Notre auteur nous montre, en effet, que lâesprit de lâenfant se tisse Ă la fois sur deux mĂ©tiers diffĂ©rents, en quelque sorte superposĂ©s lâun Ă lâautre. Le travail opĂ©rĂ© dans le plan infĂ©rieur est, dans les premiĂšres annĂ©es, de beaucoup le plus important. Il est lâĆuvre de lâenfant lui-mĂȘme,
qui attire Ă lui, pĂȘle-mĂȘle, et cristallise autour de ses besoins, tout ce qui est capable de les satisfaire. Câest le plan de la subjectivitĂ©, des dĂ©sirs, du jeu, des caprices, du Lustprinzip, comme dirait Freud. Le plan supĂ©rieur est au contraire Ă©difiĂ© peu Ă peu par le milieu social dont la pression sâimpose de plus en plus Ă lâenfant. Câest le plan de lâobjectivitĂ©, du langage, des concepts logiques, en un mot, de la rĂ©alitĂ©. Ce plan supĂ©rieur est tout dâabord dâune fragilitĂ© trĂšs grande. DĂšs quâon le charge trop, il plie, il craque, il se dĂ©fonce, et les Ă©lĂ©ments dont il est fait viennent tomber sur le plan infĂ©rieur pour sây mĂȘler Ă ceux qui appartiennent Ă ce dernier ; dâautres morceaux encore restent Ă mi-chemin, suspendus entre ciel et terre. On conçoit que lâobservateur, dont le point de vue Ă©tait tel quâil nâ apercevait pas lâexistence de cette dualitĂ© de plans, et croyait que la partie se jouait toute sur une mĂȘme surface, ait eu lâimpression dâune confusion extrĂȘme. Car chacun de ces plans a sa logique propre, qui hurle dâĂȘtre accouplĂ©e Ă celle de lâautre. Et M. Piaget, en nous suggĂ©rant, avec preuves Ă lâappui, que la pensĂ©e de lâenfant est intermĂ©diaire entre la pensĂ©e autistique et la pensĂ©e logique de lâadulte 1, nous donne une perspective gĂ©nĂ©rale de la mentalitĂ© enfantine, qui va singuliĂšrement faciliter lâinterprĂ©tation de son allure.
On pourrait dĂ©finir, en dâautres termes encore (mais toujours dâune façon trĂšs schĂ©matique et sommaire), la conception nouvelle Ă laquelle nous conduit M. Piaget, par opposition avec lâopinion courante, admise tacitement
1 Voir J. Piaget, La pensĂ©e symbolique et la pensĂ©e de lâenfant, Archives de psychologie, XVIII, 1923.
ou explicitement. Tandis que, si je ne me trompe, on a fait du problĂšme de la mentalitĂ© enfantine un problĂšme de quantitĂ©, M. Piaget lâa ramenĂ© Ă un problĂšme de qualitĂ©. Tandis quâon voyait dans le progrĂšs de lâintelligence enfantine le rĂ©sultat dâun certain nombre dâadditions et de soustractions â accroissement dâexpĂ©riences nouvelles et Ă©limination de certaines erreurs, phĂ©nomĂšnes que la science avait pour mission dâexpliquer â on nous montre aujourdâhui que ce progrĂšs lient avant tout au fait que cette intelligence change peu Ă peu de caractĂšre. Si lâesprit de lâenfant est si souvent opaque Ă celui de lâadulte, ce nâest pas tant parce quâil a des piĂšces en moins ou en trop, parce quâil est plein de trous et de bosses, que parce quâil se rĂ©fĂšre Ă une autre espĂšce de pensĂ©e, la pensĂ©e autistique, ou symbolique, que lâadulle a depuis longtemps dĂ©passĂ©e ou refoulĂ©e.
La mĂ©thode qui a conduit M. Piaget Ă des rĂ©sultats si fĂ©conds est, elle aussi, fort originale. Son auteur la baptise « mĂ©thode clinique ». Câest, en somme, la mĂ©thode dâobservation, qui consiste Ă laisser parler lâenfant, et Ă noter la façon dont se dĂ©roule sa pensĂ©e. La nouveautĂ©, ici, câest de ne pas se borner Ă enregistrer la rĂ©ponse que donne lâenfant Ă la question quâon lui a posĂ©e, mais de le laisser causer. « En suivant lâenfant dans chacune de ses rĂ©ponses, puis, toujours guidĂ© par lui, en le faisant parler de plus en plus librement, on finit par obtenir, dans chacun des domaines de lâintelligence, un procĂ©dĂ© clinique dâexamen analogue Ă celui que les psychiatres ont adoptĂ© comme moyen diagnostic 1. »
1 Arch. de Psychol., XVIII, p. 276.
Cette mĂ©thode clinique, qui est aussi un art, un art dâinterroger, ne se borne pas, on le voit, Ă des constatations superficielles : elle vise Ă noter ce qui se cache derriĂšre les premiĂšres apparences. Elle est une percussion et une auscultation mentales. Elle analyse, jusque dans ses derniers Ă©lĂ©ments, les moindres affirmations des petits sujets, jâallais dire les moindres sĂ©crĂ©tions de leur cerveau. Elle nâabandonne pas la partie lorsque lâenfant donne une rĂ©ponse incomprĂ©hensible ou contradictoire ; elle serre au contraire de toujours plus prĂšs cette pensĂ©e fuyante, elle la dĂ©busque, la poursuit, la traque, jusquâĂ ce quâelle ait pu la saisir, la dissĂ©quer, et Ă©taler au grand jour lâĂ©nigme de sa structure.
Mais, pour donner tous ses fruits, il fallait encore que cette mĂ©thode dâobservation fĂ»t complĂ©tĂ©e par une judicieuse Ă©laboration des documents grĂące Ă elle recueillis. Et câest ici que sont intervenues les qualitĂ©s de naturaliste de M. Piaget. On remarquera le soin avec lequel il a ordonnĂ© ses matĂ©riaux : classification des types de conversation, des types de questions, des types dâexplicationsâŠ. Et lâon admirera tout ce quâil a su faire faillir de ces classements. Câest que M. Piaget est un biologiste de race. Avant dâaborder la psychologie, il sâĂ©tait fait un nom dans une branche spĂ©ciale de la zoologie des mollusques. DĂšs 1912 â il nâĂ©tait alors ĂągĂ© que de quinze ans â il publiait des Ă©tudes sur les mollusques du Jura neuchĂątelois, plus tard une faune des mollusques du Valais, et des mollusques du LĂ©man. Sa thĂšse de doctorat, en 1918, avait pour sujet la RĂ©partition des variĂ©tĂ©s de mollusques dans les Alpes valaisannes.
Que lâon ne croie pas cependant que cette chasse aux faits psychologiques, succĂ©dant Ă la chasse aux escargots, et le soin quâil met Ă les ordonner et Ă les Ă©tiqueter, ne rĂ©vĂšlent chez M. Piaget quelque manie de « collectionneur ». Non pas. Il nâobserve pas pour le plaisir dâobserver. DĂ©jĂ , en rĂ©coltant ses coquillages sur les pentes arides du Valais, il nâavait dâautre but que de dĂ©couvrir sâil existait quelque relation entre la forme de ses bestioles et lâaltitude Ă laquelle elles parviennent, entre la variabilitĂ© et lâadaptation. Bien plus encore quand il fait de la psychologie : recueillir, noter, cataloguer, toutes ces dĂ©marches nâont pour lui dâautre raison que de voir clair parmi les matĂ©riaux quâil a rassemblĂ©s, de rendre plus aisĂ©e leur comparaison, leur filiation. Ces matĂ©riaux, il a un talent tout particulier pour les faire parler â je veux dire pour les Ă©couter parler. Car justement, ce qui frappe, dans cette premiĂšre Ćuvre de notre auteur, câest combien les vues gĂ©nĂ©rales en ont Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©es tout naturellement par les faits ; ce ne sont pas ceux-ci quâon a fait entrer tant bien que mal dans des hypothĂšses forgĂ©es dâavance.
Câest en ce sens que les Ă©tudes qui forment ce livre sont bien une Ćuvre de naturaliste. Et cela est dâautant plus remarquable que M. Piaget est des mieux informĂ©s sur tout ce qui touche aux questions philosophiques ; il nâignore aucun recoin obscur, aucune chausse-trape de la logique ancienne, « celle des manuels », il partage les espoirs de la logique nouvelle, il est au courant des dĂ©licats problĂšmes de la thĂ©orie de la connaissance. Mais cette connaissance parfaite de ces divers domaines, loin de le pousser Ă de hasardeuses spĂ©culations, lui a au contraire permis
de marquer dâune façon nette la frontiĂšre sĂ©parant la psychologie de la philosophie, et de rester rigoureusement en deçà de celle-ci. Son Ćuvre est purement scientifique.
Si M. Piaget nous fait pĂ©nĂ©trer si profondĂ©ment dans la structure de lâintelligence enfantine, nâest-ce pas aussi pour avoir commencĂ© par se poser des questions fonctionnelles ? On permettra Ă lâauteur de ces lignes dâinsister ici sur cette idĂ©e qui lui est chĂšre : la question fonctionnelle fĂ©conde la question structurale ; elle pose mieux quâaucune autre les termes du problĂšme Ă rĂ©soudre ; seule elle donne toute leur signification aux dĂ©tails de mĂ©canisme, parce quâelle les situe dans lâensemble de la machine. Ainsi nâest-ce pas parce quâil sâest demandĂ© dâabord : « Pourquoi lâenfant parle-t-il ? Quelles sont les fonctions du langage ? » quâil a Ă©tĂ© conduit Ă des observations et Ă des rĂ©sultats si fĂ©conds ?
Mais nous nâen finirions pas si nous voulions relever tout ce qui, dans cet ouvrage, est neuf et suggestif. A quoi bon : rien aussi bien que les pages qui suivent ne le rĂ©vĂ©lera au lecteur. Je voudrais seulement, avant de terminer, adresser Ă notre collĂšgue un mot de remerciement au nom de lâInstitut J. J. Rousseau.
Lorsque nous avons ouvert cet Institut, en 1912, nous comptions bien que les deux principaux piliers sur lesquels nous avions voulu lâĂ©difier, lâĂ©tude scientifique de lâenfant et la formation des Ă©ducateurs, ne resteraient pas isolĂ©s lâun de lâautre, mais que de nombreuses travĂ©es les uniraient entre eux, et quâils se renforceraient ainsi mutuellement. Mais les soucis de lâorganisation, les imprĂ©vus
dâune entreprise qui prend son essor et qui croĂźt plus vite quâon ne lâavait calçulĂ©, les exigences de lâenseignement, sans compter les perturbations dues Ă la guerre, tout cela nous a empĂȘchĂ©s de dĂ©velopper les investigations scientifiques comme nous lâavions souhaitĂ©. Sans doute, lâInstitut Rousseau a donnĂ© le jour Ă des Ă©tudes remarquables, comme lâInstinct combatif de son directeur, M. Bovet, comme les patientes recherches de MUe Descceudres sur le langage de lâenfant, sans doute aussi, nos Ă©lĂšves ont frĂ©quemment collaborĂ© Ă des enquĂȘtes, et ont constamment participĂ© Ă nos expĂ©riences. Ce nâest cependant que depuis lâentrĂ©e de M. Piaget dans notre maison, que nous avons vu se rĂ©aliser, dâune façon plus intime que nous nâaurions jamais osĂ© la prĂ©voir, lâunion de lâinvestigation scientifique la plus rigoureuse avec lâinitiation des Ă©tudiants Ă la psychologie de lâenfant.
Nous, qui sommes tĂ©moin, depuis deux ans, de lâhabiletĂ© consommĂ©e avec laquelle notre jeune collĂšgue a su utiliser, canaliser, diriger, les jeunes forces de nos Ă©lĂšves pour rabattre le bon gibier que ce livre nous sert magistralement accommodĂ©, â nous pouvons et nous devons lui dire ici notre sincĂšre admiration.
GenĂšve, mars 1923.
ED. CLAPARĂDE.