Piaget De la logique de l’enfant à la logique de l’adolescent : essai sur la construction des structures opératoires formelles

Première partie
La constitution de la logique des propositions c

Le premier problème à résoudre, pour expliquer le passage de la pensée concrète de l’enfant à la pensée formelle de l’adolescent, est de rendre compte de la manière dont s’élabore la logique des propositions, dont l’enfant du niveau concret (niveau II : de 7-8 à 11-12 ans) s’avère encore incapable. L’expérience montre que, après une longue période durant laquelle seules sont utilisées les opérations propres aux groupements de classes et de relations, ainsi qu’aux structures numériques et spatio-temporelles qui en résultent, les débuts du niveau III (sous-stade III A de 11-12 à 14-15 ans et sous-stade III B dès 14-15 ans) sont marqués par l’organisation d’opérations nouvelles portant sur les propositions elles-mêmes et non plus seulement sur les classes et relations qui en constituent le contenu.

Pour étudier la question que soulève cette élaboration, il s’agit d’analyser comment s’y prennent les enfants ou adolescents du niveau III pour résoudre des problèmes en apparence purement concrets, mais dont l’expérience indique que leur solution n’est trouvée qu’à ce niveau III et suppose en réalité l’emploi des opérations interpropositionnelles. C’est cette analyse à laquelle sera consacrée la partie I du présent ouvrage.