Jean Piaget
La naissance de l’intelligence chez l’enfant
1936, 1re éd.
Unige, sceau (logo) UNIVERSITÉ
DE GENÈVE
Centre Jean Piaget

Notice de l’éditeur

Avec La naissance de l’intelligence chez l’enfant, Piaget aborde une nouvelle pĂ©riode d’étude qui concerne spĂ©cifiquement le dĂ©veloppement du bĂ©bĂ©. Il dĂ©crit minutieusement les premiers fondements de l’activitĂ© intellectuelle sensori-motrice, depuis la naissance jusqu’à l’apparition de la pensĂ©e reprĂ©sentative. À la naissance, le nourrisson ne dispose que de schĂšmes rĂ©flexes, tels que la succion ou la prĂ©hension, qu’il rĂ©pĂšte et Ă©tend peu Ă  peu. Au cours du dĂ©veloppement, l’enfant emploie ses schĂšmes qui, de microstructures isolĂ©es, se coordonnent progressivement Ă  d’autres schĂšmes, donnant ainsi lieu Ă  des totalitĂ©s plus complexes correspondant Ă  une dissociation des moyens et des buts. Il accĂšde ainsi vers 8 mois Ă  la permanence de l’objet, comprenant que les choses se conservent en dehors de sa perception. La naissance de l’intelligence aborde aussi de front la thĂ©matique Ă©pistĂ©mologique. Par une observation minutieuse du bĂ©bĂ©, Piaget montre que l’intelligence n’est point donnĂ©e d’emblĂ©e : elle se construit pas Ă  pas, au fil des actions que l’enfant exerce sur les objets. Au fondement de cette construction se trouvent deux processus complĂ©mentaires : l’assimilation, par laquelle l’enfant incorpore les objets Ă  ses schĂšmes d’action dĂ©jĂ  constituĂ©s, et l’accommodation, par laquelle ces schĂšmes se modifient pour s’adapter aux exigences nouvelles de la rĂ©alitĂ©. Cet ouvrage dĂ©montre qu’il existe une intelligence sensori-motrice — c’est-Ă -dire corporelle — qui prĂ©cĂšde le langage et qui constitue le fondement prĂ©coce et prĂ©symbolique de la logique. Participant d’une trilogie sur la psychologie du bĂ©bĂ©, La naissance de l’intelligence verra Piaget repenser de maniĂšre structuraliste et fonctionnaliste son prĂ©cĂ©dent modĂšle d’interprĂ©tation du dĂ©veloppement de l’enfant Ă  travers la socialisation.