La Direction des mobiles lors de chocs et de poussées ()
Avant-Propos a đź”—
Après avoir analysé les explications causales de la transmission des mouvements (volume XXVII des « Etudes »), il convenait d’examiner les questions de la direction des mobiles concernés. Il va, en effet, de soi qu’en cas de chocs, poussées ou tractions, la compréhension des processus causaux n’est complète qu’à partir du moment où les déviations sont prévues et correctement interprétées, aussi bien que les séquences unilinéaires. Ce problème des directions est même fondamental, puisqu’il débouche sur celui des vecteurs (auquel sera consacrée une publication ultérieure). Mais les questions dont il s’agira ici demeurent élémentaires et ne recouvrent qu’un domaine pouvant être qualifié de « prévectoriel », dans le sens que voici. Nous ne parlerons de vecteurs, sur le terrain dynamique, que dans la mesure où le sujet est capable de composer les directions de deux ou plusieurs forces agissant simultanément, par exemple de trois poids suspendus à des fils au bord d’un plateau, les fils tirant par ailleurs en des directions différentes un même mobile situé au centre de ce plateau. Par contre, nous ne saurions encore attribuer une compréhension des vecteurs à un sujet ne prévoyant la direction des mobiles qu’en cas d’actions successives, comme celles qui caractérisent les poussées, tractions ou rebondissements dont on traitera en cet ouvrage. Cependant, la solution de ces problèmes, entre sept et dix ans, prépare les futures compositions vectorielles et nous pouvons en ce sens utiliser le terme de constructions « prévectorielles ». On comprend ainsi l’utilité qu’il y avait à étudier de près les questions, en apparence
[p. 6]mineures, dont s’occuperont les chapitres qui vont suivre. Leur intérêt général, pour la psychogenèse de la causalité, est en outre de porter sur les phénomènes les plus familiers et les plus quotidiens et de ne faire appel qu’aux actions les plus simples relevant de l’expérience courante de chacun des enfants interrogés. Il n’est que plus frappant de constater néanmoins la complexité des interprétations cinématiques et dynamiques qui se succèdent en de telles situations aux différents niveaux du développement.
J. PlAGET.