Recherches sur la contradiction : les différentes formes de la contradiction ()
Avant-Propos 1 đź”—
La publication des faits que nous avons réunis quant au développement des relations causales est loin d’être terminée. Mais, pour ne pas lasser le lecteur des « Etudes d’Epistémologie génétique », nous intercalons cette année entre les ouvrages sur la causalité deux courts volumes sur un sujet d’actualité : la question de la contradiction, si centrale pour ce qui est de la nature de la pensée dialectique. En ce fascicule XXXI il s’agira surtout de décrire quelques données, une fois les problèmes posés en une Introduction. Le fascicule XXXII, par contre, analysera ce qui semble être la source des contradictions de départ : la difficulté à mettre en correspondance les affirmations et les négations, et cela en raison du primat systématique et illégitime des premières. Une Conclusion générale reliera alors ces questions à celles de l’équilibration.
Tout en restant jidèle à la pensée dialectique et au structuralisme constructiviste, nous croyons ainsi adopter à l’égard de la contradiction un point de vue trop peu défendu : qu’elle ne constitue ni une nécessité interne de la pensée, ni un accident dû à de simples défauts de formalisation, mais qu’elle est l’expression de déséquilibres initialement inévitables dus au manque d’ajustement réciproque entre les facteurs positifs et négatifs, puisque toute action, toute perception et toute notion s’orientent à leurs débuts vers les seuls éléments positifs de la réalité.
P.S. Qu’on nous permette d’exprimer ici toute notre reconnaissance au Fonds national suisse de la Recherche scientifique et à la Fondation Ford, dont les appuis constants ont permis à notre Centre international d’Epistémologie génétique de réaliser les recherches décrites en cet ouvrage, comme dans les précédents.
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