Revues du ciné-club

Du sport au cinéma

The Loneliness of the Long Distance Runner

Du sport au cinéma

La Revue du Ciné-club universitaire, avril 2018

Édito

Dans le cadre du 75ème anniversaire du service des sports de notre université, un cycle Ciné-club «sport et cinéma» est apparu comme une évidence.

Pour l’anecdote, il semblerait que le Ciné-club universitaire soit né dans les années 50 pour contrebalancer le soutien au traditionnel camp de ski de Zermatt, initié dès l’engagement du premier maître de sport, en 1943. Des étudiants cinéphiles ont sollicité le rectorat pour que la culture, et le cinéma en particulier ne soient pas prétérités au détriment du sport. Quelle belle initiative! De l’eau a coulé sous les ponts, et de la confrontation du début, nous avons la chance de pouvoir réunifier le sport et la culture, plus précisément le sport et le cinéma pour cet anniversaire.

De nombreux points communs existent entre le sport et le cinéma. On parle de performance, de rencontre, d’images, d’histoires mais surtout d’émotion. Cette dernière peut être positive: joie, plaisir, partage… mais également négative et destructrice: frustration, envie de revanche, défaite ou dénigrement de soi. Toutes ces émotions se font face, s’entrechoquent et s’alimentent mutuellement.

Nous devons absolument sortir de cette vision étriquée du sport, qui présente un gagnant et forcément un perdant, la joie du vainqueur et la tristesse du ou des vaincus. Ne jamais oublier que le gagnant du jour sera certainement le perdant de demain. Le sport se nourrit de ces confrontations, à l’instar d’un Roger Federer qui prend une dimension supplémentaire au contact d’un Rafael Nadal. Avec le recul, chaque champion, grâce à l’autre, a pris une dimension qu’il n’aurait jamais eue seul. On peut multiplier les exemples dans la boxe, le judo, la course à pied ou même la Formule 1.

Tous ces évènements, ces histoires, ont inspiré les cinéastes depuis des décennies pour produire des films où l’émotion a toujours une part prépondérante. Mais, n’est-ce pas le rôle du cinéma de faire vibrer le spectateur avec toutes ces émotions? Il est réjouissant de de retrouver dans ce cycle sport et cinéma des films variés qui vont faire la part belle à l’émotion et peut-être écorner une certaine image du sport.

Retrouvons et faisons ressortir les belles valeurs du sport. Il sert à nous faire grandir, nous devons nous nourrir de l’échec pour évoluer et surtout nous améliorer. Voir dans la confrontation, non pas une lutte, mais simplement une étape pour atteindre une autre dimension. Faire de son mieux et voir dans cette pseudo-défaite un moment de partage, de rencontre et surtout un moyen de progresser. Progresser pour soi, non pas pour battre l’autre, mais surtout pour repousser ses propres limites. Là, le sport prend une autre dimension et nul doute que le cinéma, avec ce cycle «Du sport au cinéma», va faire la part belle à ces valeurs.

Antonio Latella (Sports universitaires)


Cet édito aurait tout aussi bien pu s’appeler «Sport et cinéma, une affaire qui roule», tant il est vrai que ces deux domaines vont bien ensemble. En effet on ne compte plus les biopics sur des sportifs célèbres ou les œuvres cinématographiques purement fictives consacrées au sport. Ce genre cinématographique réunit en effet tous les ingrédients d’un bon film: de l’action, de l’émotion et du suspense.

Aussi à l’occasion du 75ème anniversaire des Sports universitaires, rien d’étonnant à ce que le Ciné-club universitaire s’associe à cette célébration!

L’angle choisi pour marquer cet événement par le filtre du cinéma est le dépassement de soi. Ce choix vise à montrer une image du sport qui, bien que paraissant plus égoïste, s’avère être en réalité tout aussi noble que la vision collective qu’on peut en avoir au premier abord. Dans ce cas, il ne sera pas question de personnes qui cherchent à tout prix à devenir les meilleures, mais à donner le meilleur d’elles-mêmes. Elles ne sont ainsi ni guidées par des impératifs nationalistes que peut impliquer l’adhésion à une équipe nationale, ni par une recherche de victoire et de gloire personnelle. Ainsi le protagoniste de He Got Game (Spike Lee, 1998) doit faire un choix entre accomplir une grande carrière dans le basket, ce que ses bonnes performances lui promettent, ou aider son père à sortir de prison. La solitude du coureur de fond (Tony Richardson, 1962) tord le cou à l’image de la rédemption par le sport, notamment auprès des jeunes issus de classe défavorisées, et nous dit à travers le parcours de son personnage principal, que la réussite du sportif est en réalité une trahison de ses origines modestes. Dans Raging Bull (Martin Scorsese, 1980), le boxeur Jake LaMotta est certes animé par une ambition dévorante, mais pour accéder à la victoire il devra d’abord se détruire, faire fi de son ego, en encaissant les coups de ses adversaires comme aucun autre boxeur auparavant. Les frères ennemis de Rudo y Cursi (Carlos Cuarón, 2008) connaissent la gloire, mais celle-ci ne suffit pas à les satisfaire, car ils n’exercent pas l’activité qui correspond à leur moi profond, celle dont ils ont rêvé. Finalement, avec A Scene at the Sea (1991), Takeshi Kitano nous démontre qu’il est essentiel de faire ce que l’on aime, en l’occurrence du surf pour le personnage central de son film, en dépit des prédispositions que l’on a pour le faire ou du regard de la société sur notre activité. La société est représentée dans le film par les nombreux badauds qui se moquent des multiples tentatives pour maitriser les vagues du surfeur, tandis que la surdité de ce dernier symbolise l’indifférence qu’il porte à ces critiques.

Ce qui ressort de ces quelques exemples, c’est qu’une réussite sportive, en l’occurrence par le dépassement de soi, est une réussite d’individu(s), et qu’un film de sport est tout simplement le récit d’une histoire humaine.

Lionel Dewarrat (Ciné-club universitaire)

Sommaire

  • Antonio Latella et Lionel Dewarrat, Édito, p.1-2
  • Lionel Dewarrat, Le sport: du cinéma à l’état pur, pp.3-8
  • Julien Dumoulin, Le sport en S.F.: sociétés spectaculaires, pp.11-19
  • Margaux Terradas, Désir du sport, désir du corps, pp.20-24
  • Christophe Campergue et Lionel Dewarrat, Boxe à la genevoise: entretien avec Ornella Domini, pp.25-28

La revue au format papier

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi (Du sport au cinéma – Avril 2018) et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Du sport au cinéma», avril 2018 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Du sport au cinéma. Avril 2018 (2).

Pour citer un article de la Revue

Dewarrat, Lionel. (2018). Le sport: du cinéma à l’état pur. La Revue du Ciné-club universitaire: Du sport au cinéma., avril 2018 (2), 3-8

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

022 379 77 24

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Dans le cadre du 75ème anniversaire du service des sports de notre université, un cycle Ciné-club «sport et cinéma» est apparu comme une évidence.

Pour l’anecdote, il semblerait que le Ciné-club universitaire soit né dans les années 50 pour contrebalancer le soutien au traditionnel camp de ski de Zermatt, initié dès l’engagement du premier maître de sport, en 1943. Des étudiants cinéphiles ont sollicité le rectorat pour que la culture, et le cinéma en particulier ne soient pas prétérités au détriment du sport. Quelle belle initiative! De l’eau a coulé sous les ponts, et de la confrontation du début, nous avons la chance de pouvoir réunifier le sport et la culture, plus précisément le sport et le cinéma pour cet anniversaire.

De nombreux points communs existent entre le sport et le cinéma. On parle de performance, de rencontre, d’images, d’histoires mais surtout d’émotion. Cette dernière peut être positive: joie, plaisir, partage… mais également négative et destructrice: frustration, envie de revanche, défaite ou dénigrement de soi. Toutes ces émotions se font face, s’entrechoquent et s’alimentent mutuellement.

Nous devons absolument sortir de cette vision étriquée du sport, qui présente un gagnant et forcément un perdant, la joie du vainqueur et la tristesse du ou des vaincus. Ne jamais oublier que le gagnant du jour sera certainement le perdant de demain. Le sport se nourrit de ces confrontations, à l’instar d’un Roger Federer qui prend une dimension supplémentaire au contact d’un Rafael Nadal. Avec le recul, chaque champion, grâce à l’autre, a pris une dimension qu’il n’aurait jamais eue seul. On peut multiplier les exemples dans la boxe, le judo, la course à pied ou même la Formule 1.

Tous ces évènements, ces histoires, ont inspiré les cinéastes depuis des décennies pour produire des films où l’émotion a toujours une part prépondérante. Mais, n’est-ce pas le rôle du cinéma de faire vibrer le spectateur avec toutes ces émotions? Il est réjouissant de de retrouver dans ce cycle sport et cinéma des films variés qui vont faire la part belle à l’émotion et peut-être écorner une certaine image du sport.

Retrouvons et faisons ressortir les belles valeurs du sport. Il sert à nous faire grandir, nous devons nous nourrir de l’échec pour évoluer et surtout nous améliorer. Voir dans la confrontation, non pas une lutte, mais simplement une étape pour atteindre une autre dimension. Faire de son mieux et voir dans cette pseudo-défaite un moment de partage, de rencontre et surtout un moyen de progresser. Progresser pour soi, non pas pour battre l’autre, mais surtout pour repousser ses propres limites. Là, le sport prend une autre dimension et nul doute que le cinéma, avec ce cycle «Du sport au cinéma», va faire la part belle à ces valeurs.

Antonio Latella (Sports universitaires)


Cet édito aurait tout aussi bien pu s’appeler «Sport et cinéma, une affaire qui roule», tant il est vrai que ces deux domaines vont bien ensemble. En effet on ne compte plus les biopics sur des sportifs célèbres ou les œuvres cinématographiques purement fictives consacrées au sport. Ce genre cinématographique réunit en effet tous les ingrédients d’un bon film: de l’action, de l’émotion et du suspense.

Aussi à l’occasion du 75ème anniversaire des Sports universitaires, rien d’étonnant à ce que le Ciné-club universitaire s’associe à cette célébration!

L’angle choisi pour marquer cet événement par le filtre du cinéma est le dépassement de soi. Ce choix vise à montrer une image du sport qui, bien que paraissant plus égoïste, s’avère être en réalité tout aussi noble que la vision collective qu’on peut en avoir au premier abord. Dans ce cas, il ne sera pas question de personnes qui cherchent à tout prix à devenir les meilleures, mais à donner le meilleur d’elles-mêmes. Elles ne sont ainsi ni guidées par des impératifs nationalistes que peut impliquer l’adhésion à une équipe nationale, ni par une recherche de victoire et de gloire personnelle. Ainsi le protagoniste de He Got Game (Spike Lee, 1998) doit faire un choix entre accomplir une grande carrière dans le basket, ce que ses bonnes performances lui promettent, ou aider son père à sortir de prison. La solitude du coureur de fond (Tony Richardson, 1962) tord le cou à l’image de la rédemption par le sport, notamment auprès des jeunes issus de classe défavorisées, et nous dit à travers le parcours de son personnage principal, que la réussite du sportif est en réalité une trahison de ses origines modestes. Dans Raging Bull (Martin Scorsese, 1980), le boxeur Jake LaMotta est certes animé par une ambition dévorante, mais pour accéder à la victoire il devra d’abord se détruire, faire fi de son ego, en encaissant les coups de ses adversaires comme aucun autre boxeur auparavant. Les frères ennemis de Rudo y Cursi (Carlos Cuarón, 2008) connaissent la gloire, mais celle-ci ne suffit pas à les satisfaire, car ils n’exercent pas l’activité qui correspond à leur moi profond, celle dont ils ont rêvé. Finalement, avec A Scene at the Sea (1991), Takeshi Kitano nous démontre qu’il est essentiel de faire ce que l’on aime, en l’occurrence du surf pour le personnage central de son film, en dépit des prédispositions que l’on a pour le faire ou du regard de la société sur notre activité. La société est représentée dans le film par les nombreux badauds qui se moquent des multiples tentatives pour maitriser les vagues du surfeur, tandis que la surdité de ce dernier symbolise l’indifférence qu’il porte à ces critiques.

Ce qui ressort de ces quelques exemples, c’est qu’une réussite sportive, en l’occurrence par le dépassement de soi, est une réussite d’individu(s), et qu’un film de sport est tout simplement le récit d’une histoire humaine.

Lionel Dewarrat (Ciné-club universitaire)

Sommaire

  • Antonio Latella et Lionel Dewarrat, Édito, p.1-2
  • Lionel Dewarrat, Le sport: du cinéma à l’état pur, pp.3-8
  • Julien Dumoulin, Le sport en S.F.: sociétés spectaculaires, pp.11-19
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La revue au format papier

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi (Du sport au cinéma – Avril 2018) et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Du sport au cinéma», avril 2018 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Du sport au cinéma. Avril 2018 (2).

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