Avant-propos de la troisième édition. Le Langage et la pensée chez l’enfant ; 3ᵉ ed. (1948) a

En introduisant en 1930 la seconde édition de ce petit livre, écrit en 1923 et destiné à ne réunir que quelques travaux préliminaires, nous annoncions, d’une part, une nouvelle étude sur le langage égocentrique de l’enfant, et, d’autre part, un certain nombre de « nouvelles recherches sur la logique de l’enfant » devant paraître sous ce titre en un seul volume. Pour ce qui est du premier de ces engagements, nous nous en acquittons dans cette troisième édition, en introduisant un chapitre II entre le chapitre I et les chapitres numérotés II à VI dans les éditions précédentes. Ce nouveau chapitre sera consacré à la discussion de matériaux réunis par Mme A. Leuzinger-Schuler et concernant la comparaison du langage de l’enfant avec l’adulte et du langage entre camarades. Nous profiterons de cette étude pour répondre à diverses questions soulevées au sujet de nos hypothèses par D. Katz, Stern, Mme Isaacs, etc., et pour chercher à caractériser à nouveau la notion d’« égocentrisme » intellectuel, qui a été souvent comprise selon une signification toute différente de celle que nous avions attribuée à ce terme (peut-être mal choisi mais qui est entré dans l’usage).

Quant aux « nouvelles recherches sur la logique de l’enfant », nous devons avouer, à notre honte, qu’au lieu de pouvoir les réunir, comme nous en avions l’intention, en un petit volume devant faire suite à celui-ci et à son complément Le Jugement et le raisonnement chez l’enfant, elles ont donné lieu au contraire à une série d’ouvrages indépendants.

Après avoir étudié La Naissance de l’intelligence chez l’enfant (dont la seconde édition sort de presse) et La Construction du réel chez l’enfant, deux recherches sur les débuts de l’intelligence, auxquelles a été adjoint depuis un ouvrage sur La Formation du symbole chez l’enfant (Delachaux et Niestlé, 1945), c’est-à-dire sur les débuts de la représentation, nous avons repris le problème de la logique de l’enfant à propos du nombre (La Genèse du nombre chez l’enfant, avec A. Szeminska, Delachaux et Niestlé, 1940), des quantités (Le Développement des quantités chez l’enfant, avec B. Inhelder, ibid., 1941), du temps (Le Développement de la notion de temps chez l’enfant, Presses universitaires de France, 1946), et du mouvement (Les Notions de mouvement et de vitesse chez l’enfant, ibid., 1946), pour tenter enfin une synthèse logique (Classes, relations et nombres, Vrin, 1942) et psychologique (La Psychologie de l’intelligence, coll. A. Colin, 1947) des résultats obtenus.

Genève, juin 1947.