Jean Piaget & Bärbel Inhelder
Le développement des quantités chez l’enfant
Conservation et atomisme
1941, 1re éd.
Unige, sceau (logo) UNIVERSITÉ
DE GENÈVE
Centre Jean Piaget

Notice de l’éditeur

Le Développement des quantités chez l’enfant de Piaget et Inhelder poursuit le modèle d’explication structuraliste du développement, en l’appliquant aux notions de quantité continue — substance, volume, poids et densité. Contrairement aux quantités discrètes (nombre), les quantités physiques supposent que l’enfant comprenne la conservation malgré les transformations de forme. L’ouvrage montre que cette compréhension se développe selon une progression logique liée à l’évolution des opérations mentales, dans laquelle Piaget et Inhelder distinguent entre trois et quatre stades selon les notions envisagées, différences aussi conçues comme des « décalages » où l’enfant est d’abord dominé par la perception. La notion de substance (ou quantité de matière) apparaît au stade opératoire concret (vers 7 ans). Les jeunes enfants pensent que changer la forme d’une boule modifie sa quantité : une boule aplatie ne contient pas la « même chose » — plus ou moins de matière. La conservation de la substance n’est comprise que lorsque l’enfant parvient à dissocier forme visible et quantité réelle, en compensant mentalement les transformations physiques. Le poids est une propriété plus résistante aux illusions perceptives, d’abord associée aux apparences perçues : un objet plus grand est spontanément jugé plus lourd. La compréhension du poids exige que l’enfant s’appuie sur des relations systématiques plutôt que sur des impressions sensorielles. La construction du volume et de la densité impliquent des coordinations encore plus complexes. Piaget et Inhelder montrent ainsi que la compréhension des quantités physiques se construit par une différenciation progressive entre apparence et réalité, fondée sur une structure de réversibilité assurant la conservation des notions de complexité croissante selon des décalages durant le développement.