Chapitre III.
La logique des relations
a
Comme nous lâavons vu au chapitre premier (§ 4), les relations constituent la comprĂ©hension des concepts, dont lâextension est reprĂ©sentĂ©e par les classes. Il faut donc nous attendre Ă un isomorphisme systĂ©matique entre les groupements de relations et les groupements de classes. Mais, chose curieuse, ce parallĂ©lisme, qui simplifie singuliĂšrement lâĂ©tude des unes et des autres, Ă©chappe en gĂ©nĂ©ral Ă lâattention des logiciens et se heurte mĂȘme parfois aux objections de certains dâentre eux, qui veulent tout ramener Ă lâextension pure. Comme exemple de la premiĂšre catĂ©gorie, on peut citer Ch. Serrus qui, bien que nous ayant empruntĂ© la mĂ©thode des groupements, omet complĂštement celui des relations symĂ©triques, pourtant si essentiel Ă lâintelligence du mĂ©canisme conjuguĂ© des relations et des classes. Dâautre part, M. Boll, qui tient Ă identifier le plus possible la logique et la thĂ©orie des ensembles, expose les relations dans le langage presque exclusif des matrices, empruntĂ© par Carnap Ă la conception que se font les mathĂ©maticiens des relations en extension. Il importe donc dâabord de justifier le point de â vue que nous adopterons ici.
§ 16. La structure des relations
AprĂšs avoir louĂ© de Morgan de sâĂȘtre dĂ©gagĂ© de la forme exclusivement prĂ©dicative attribuĂ©e par Aristote Ă toutes les propositions â ce qui revient Ă dire que le grand logicien anglais a eu raison de dissocier la logique des relations de celle des classes â M. Boll prĂ©conise, pour lâexposĂ© de cette autre logique, lâemploi des matrices « qui met Ă nouveau lâaccent sur le point de vue extensionaliste de la logique scientifique »1. Or, ce recours aux matrices revient
1. M. Boll, Manuel de logique scientifique, p. 256. i
ni plus ni moins Ă exprimer une fois de plus les relations dans la perspective de la logique des classes. Cette nouvelle rĂ©duction de la relation Ă la classe est, il va de soi, parfaitement lĂ©gitime en thĂ©orie des ensembles, puisquâun ensemble est une collection en extension. Mais, si la logique veut ĂȘtre une thĂ©orie des opĂ©rations de la pensĂ©e, il nâest ni Ă son avantage ni Ă celui des mathĂ©matiques quâelle copie trop servilement ces derniĂšres. Or, du point de vue de la logique Ă©lĂ©mentaire, il rĂ©sulte dâune telle conception exten- sionaliste de la relation, que la thĂ©orie des relations, au lieu de constituer lâun des piliers de la logique entiĂšre, au mĂȘme titre que la logique des classes, devient un petit compartiment de cette derniĂšre (comme par exemple dans le Manuel de Boll, oĂč elle est rĂ©duite Ă une sorte dâappendice dĂ©nuĂ© de nĂ©cessitĂ©).
La position de Russell est plus satisfaisante, qui considĂšre une fonction propositionnelle, saturĂ©e par un seul argument Ï(â), comme dĂ©notant une classe et une fonction saturĂ©e par deux ou plusieurs arguments Ï(z, y) comme dĂ©notant une relation. Seulement, comme nous lâavons dĂ©jĂ vu (§ 4), la fonction Ï(Ï) cemporte dĂ©jĂ une relation proprement dite : la relation dâĂ©quivalence (positive ou nĂ©gative), au nom de laquelle on qualifie x1 dâune propriĂ©tĂ© (Ï) qui appartient (ou nâappartient pas) Ă dâautres argu- . ments que x1. Câest pourquoi nous considĂ©rons toute relation comme exprimant la comprĂ©hension dâun concept dont lâextension est une classe et toute classe exprimant lâextension dâun concept dont la comprĂ©hension se rĂ©duit Ă une ou plusieurs relations.
A cet Ă©gard, la seule diffĂ©rence entre ce que nous avons appelĂ© les classes faiblement structurĂ©es et les classes semi-structurĂ©es (dĂ©finitions 11 et 12) tient Ă la nature des relations qui unissent les individus de la classe et par consĂ©quent aux rapports entre lâextension et la comprĂ©hension (voir § 5). Aussi nâallons-nous pas faire une thĂ©orie des classes semi-structurĂ©es en tant que classes, et nous bornerons-nous, Ă leur sujet, Ă grouper les relations asymĂ©triques transitives qui les caractĂ©risent.
Mais examinons auparavant la conception extensionaliste des relations, telle quâelle ressort de la mĂ©thode dâexposition par « matrices ». Les matrices utilisĂ©es par Carnap et par Boll reposent sur lâopĂ©ration propre Ă la thĂ©orie des ensembles et appelĂ©e le « produit »1 : le produit de deux ensembles, distincts ou non, E Ă F,
1. Voir Bourbaki, ĂlĂ©ments de mathĂ©matiques, Hermann, 1939, PremiĂšre partie, Livre T, les § 3, 5 et 6 dont sâest inspirĂ© M. Boll.
est lâensemble des couples x, y, dont « le premier Ă©lĂ©ment x est un Ă©lĂ©ment quelconque de E et le second y un Ă©lĂ©ment quelconque de F »1. La multiplication de deux ensembles est donc lâopĂ©ration associant chacun des Ă©lĂ©ments de E Ă chacun des Ă©lĂ©ments de F et rĂ©ciproquement, deux couples x, y et xâ, yâ nâĂ©tant considĂ©rĂ©s comme identiques que si lâon a x = xâ et y = yâ. Les applications de E x F
Fig. 10.
sur E et sur F dĂ©termineront ce quâon appelle la premiĂšre et la seconde coordonnĂ©es ou projections du systĂšme. On dira par exemple quâun couple quelconque z est projetĂ© simultanĂ©ment sur les deux coordonnĂ©es et on exprimera le rapport entre un Ă©lĂ©ment a : en E et un Ă©lĂ©ment y en F sous la forme z ⥠xâŁy (voir fig. 10). On peut alors multiplier un ensemble E par lui-mĂȘme et câest cette automultiplication qui constituera sa matrice. Les casiers tels que les x et les y soient Ă©quivalents (0/0, 1/1, 2/2, etc. = les casiers hachurĂ©s de la fig. 10) seront appelĂ©s la diagonale de la matrice.
1. Ibid., p. 13.

On obtient de la sorte la reprĂ©sentation possible de toutes les relations x, y, en portant en x les antĂ©cĂ©dents et en y les consĂ©quents de la relation. La relation dâĂ©quivalence, par exemple, se confond avec la diagonale ; si les casiers 0, 1, 2, 3, etc., correspondent aux termes A, B, C, DâŠ, la diagonale donne en effet AA, BB, CC, etc., câest-Ă -dire les identitĂ©s A = A ; B = B ; etc.
Or, deux choses frappent, dans cette reprĂ©sentation matricielle des relations : la premiĂšre est que lâopĂ©ration de la construction mĂȘme des matrices consiste en une multiplication de classes ; la seconde est que la relation comme telle ne donne lieu Ă aucun calcul, mais est remplacĂ©e par lâarrangement de ses termes au sein du tableau multiplicatif, câest-Ă -dire par la seule disposition des Ă©lĂ©ments x et y entre lesquels sont donnĂ©es les relations.
LâopĂ©ration de construction de la matrice, tout dâabord, nâest autre que la multiplication bi-univoque des classes dĂ©crite Ă propos du groupement IV. Dans le cas des ensembles, cette opĂ©ration consiste en une association entre un Ă©lĂ©ment quelconque de lâensemble E et un Ă©lĂ©ment quelconque de lâensemble F. Une telle opĂ©ration sort en principe de la logique des classes, puisque celle-ci nâenvisage pas des termes « quelconques », mais des individus qualifiĂ©s. On peut cependant Ă©tendre lâopĂ©ration aux classes elles-mĂȘmes et considĂ©rer les termes x et y des relations comme des classes singuliĂšres qualifiĂ©es. Cela rĂ©duira donc la construction de la matrice Ă un groupement IV, avec auto-multiplication. Or ce groupement IV comprend les trois premiers. Dâautre part, toute relation constitue la comprĂ©hension dâune classe. Il en rĂ©sulte que les groupements de relations qualitatives Ă©lĂ©mentaires (intensives) se rĂ©duiront, dans le calcul matriciel, aux groupements des classes elles-mĂȘmes.
Mais alors que devient la relation comme telle ? Elle est traduite sous forme de quotients1 (Ă Ă©lĂ©ments tels que z = x/y), mais ceux-ci ne sont pas autre quâun certain produit logique des termes eux- mĂȘmes, câest-Ă -dire Ă nouveau une composition multiplicative de classes. Les classes Ă©tant ordonnĂ©es dâune certaine maniĂšre, elles expriment naturellement, par leur disposition mĂȘme, les relations considĂ©rĂ©es. Mais le calcul ne porte que sur les classes, ou lâextension, et non pas sur les relations en tant que comprĂ©hension.
1. Voir dans Bourbaki (op. cit., p. 29) les relations entre 1â« ensemble-quotient » et lâensemble produit E x F.
*
Par exemple Bourbaki exprime comme suit la relation dâĂ©quivalence. Soit G une partie de lâensemble B x E. Cette partie G est dĂ©finie par la relation dâĂ©quivalence : 1° si la diagonale fait partie de G ; 2° si la partie rĂ©ciproque de G est identique Ă C, ce qui revient Ă dire sâil y a symĂ©trie : x, y = y, x ; et 30siles compositions de G sont transitives1. La relation dâordre, par cbr.tre, est caractĂ©risĂ©e, outre la mĂȘme transitivitĂ©, par le fait que la partie commune Ă la partie C et Ă sa rĂ©ciproque (= lâensemble des Ă©lĂ©ments de mĂȘme ordre) est identique Ă la diagonale2. Quant Ă la relation « totalement ordonnĂ©e » elle requiert lâaxiome supplĂ©mentaire selon lequel la partie C jointe Ă sa rĂ©ciproque3 sont Ă©quivalentes Ă lâensemble total E Ă E.
Câest dâune maniĂšre analogue que Russell, aprĂšs avoir caractĂ©risĂ© les relations par les fonctions Ï(Ï, y), les analyse par lâextension : le « champ » dâune relation R(x, y) Ă©tant lâensemble de ses termes (x et y), le « domaine » lâensemble des antĂ©cĂ©dents x et le « co-domaine »lâensemble des consĂ©quents ?/, une relation symĂ©trique sera celle dont le co-domaine est identique au domaine, etc.4.
Mais il subsiste deux sortes de difficultĂ©s. La premiĂšre est que, du point de vue de la logique pure, par opposition Ă la thĂ©orie des ensembles, il est indispensable de faire une analyse de la comprĂ©hension comme telle, ne serait-ce que pour Ă©tablir lâisomorphisme de ses formes avec celles de lâextension. Lorsquâon nous dĂ©crit une relation par la disposition des termes de cette relation dans un tableau multiplicatif, on ne nous donne en effet que le rĂ©sultat de la mise en relation, et non pas la relation comme telle. Dire que la relation dâĂ©quivalence est celle qui caractĂ©rise les termes occupant la diagonale dâune matrice, tandis que les termes reliĂ©s par une relation dâordre sont extĂ©rieurs Ă la diagonale, sauf les termes de mĂȘme ordre, on traduit de façon assurĂ©ment univoque le produit des opĂ©rations de mise en relation, mais on Ă©nonce une vĂ©ritĂ© beaucoup moins immĂ©diate quâen attribuant Ă la relation dâĂ©quivalence la signification dâune diffĂ©rence nulle et aux relations asymĂ©triques transitives constituant lâordre A < B < C < ⊠la signification dâune diffĂ©rence croissante. Sans doute, le mathĂ©maticien nâĂ©prouve- t-il aucun besoin dâexprimer ces rapports de comprĂ©hension par des opĂ©rations spĂ©ciales puisquâil sâintĂ©resse essentiellement aux extensions que ces rapports dĂ©terminent. Mais, si le logicien imite sur ce point le mathĂ©maticien, il intervertit lâordre naturel de la
1. Ces trois conditions sâĂ©crivent en thĂ©orie des ensembles : 1° AC C ; 2° Câ 1 = C et 3â C o C = C.
2. en câ 1 = a.
3 C U C-1 = E Ă E (p. 43).
4. B. Russell, Introd. à la philosophie mathématique, chap. V et VI.
â
construction et contraint lâesprit Ă reconstituer, par une infĂ©rence proprement dite, la relation en comprĂ©hension Ă partir de la disposition en extension, au lieu de reconnaĂźtre en cette disposition un rĂ©sultat de la mise en relation et de chercher Ă atteindre celle-ci sur le plan de la comprĂ©hension.
La seconde difficultĂ© est plus grave et renforce la premiĂšre : câest quâil existe des opĂ©rations portant sur les relations comme telles, par opposition Ă leurs termes envisagĂ©s en extension, et que ces opĂ©rations diffĂšrent des opĂ©rations de classes tout en prĂ©sentant des groupements isomorphes. En effet, si une relation asymĂ©trique transitive exprime une diffĂ©rence entre les termes quâelle relie, par exemple A < B et B < C, autre chose sera dâadditionner deux diffĂ©rences (A B) + (B gj C) = (A b, C) et autre chose sera de soumettre les termes A, B, C, Ă des opĂ©rations de classes (par exemple A + B + C), mĂȘme en construisant Ă leur usage des classes ordonnĂ©es ou ensembles dĂ©terminĂ©s en fonction dâune matrice et de sa diagonale. De mĂȘme, si une relation dâĂ©quivalence exprime une diffĂ©rence nulle, elle donnera lieu Ă des opĂ©rations tautologiques, 0 0 0
comme (Aâ EâŁj â (B UC) = (A V C), distinctes des opĂ©rations correspondantes quâon peut faire sur les termes ou leurs classes :
(A, B, C)Â ĂÂ (A, B, C)Â ; etc.
Or, il est dâautant plus intĂ©ressant de chercher Ă dĂ©gager ainsi la structure des relations en elles-mĂȘmes que les groupements de ces opĂ©rations en comprĂ©hension sont isomorphes aux groupements des opĂ©rations de classes portant sur les termes reliĂ©s par les relations envisagĂ©es, et cela bien quâil ne sâagisse donc pas des mĂȘmes opĂ©rations. On aperçoit alors immĂ©diatement que, si lâaddition de deux diffĂ©rences ( g, + gj = ^) correspond Ă lâaddition de deux classes distinctes (A + Aâ = B), lâaddition dâĂ©quivalences correspond aux tautologies (A + A = A) donc Ă lâidentique spĂ©ciale des groupements additifs ou Ă lâidentique gĂ©nĂ©rale (0 + 0 = 0). Et pourtant (et ceci justifie Ă soi seul une Ă©tude sĂ©parĂ©e des opĂ©rations en comprĂ©hension) lâopĂ©ration inverse de lâaddition dâune diffĂ©rence + (A 4 B); qui ΞâĄt la soustraction de cette mĂȘme diffĂ©rence, soit â (A4B), Ă©quivaut Ă lâaddition, de la relation converse :
(A 4 B)Â +Â (B 4 A)Â =Â (A 4 A)
A la complĂ©mentaritĂ© des opĂ©rations de classes (+ A et â A) cor-
Ÿ
respondra donc la « réciprocité » dans les groupements de relations, sans que cela exclue un isomorphisme complet entre les deux sortes de groupements !
Il se pose ainsi un problĂšme de structure dâensemble Ă propos des relations comme Ă propos des classes et ce problĂšme mĂ©rite un exam,en attentif, mĂȘme sâil nâintĂ©resse en rien la thĂ©orie des ensembles. Ce nâest donc pas nĂ©cessairement en copiant les procĂ©dĂ©s des mathĂ©maticiens que lâon fera la meilleure des logiques : câest en traitant dâabord pour elle-mĂȘme la question spĂ©cifique des opĂ©rations les plus Ă©lĂ©mentaires de lâesprit. A cet Ă©gard, les relations mĂ©ritent une Ă©tude Ă part, qui les considĂšre en et pour elles-mĂȘmes.
Il va de soi, dâailleurs, que cette recherche sur les opĂ©rations propres aux relations en comprĂ©hension nâenlĂšve rien Ă lâintĂ©rĂȘt des matrices et des analyses extensionalistes de la relation. Au contraire, câest une fois dĂ©gagĂ© le mĂ©canisme propre aux relations que lâon saisit le mieux, par une mise en rapport de la comprĂ©hension et de lâextension, la correspondance des classes et des relations. Quant Ă dire, avec M. Boll, que le point de vue de lâextension est plus « scientifique » que celui de la comprĂ©hension, on serait heureux de savoir selon quel critĂšre cet auteur juge des caractĂšres et des limites de la scienceâŠ
Il est, au reste, une mĂ©thode classique dâexposition des relations fondĂ©e sur la comprĂ©hension : câest la reprĂ©sentation sagittale, qui consiste Ă figurer les termes des relations par des symboles de classes (individus ou classes) et les relations elles-mĂȘmes par des flĂšches exprimant le sens du rapport : A â B reprĂ©sentera « A pĂšre de B » (ou A < B ; etc.); Aâ B figurera A = B ; etc. Quant Ă la mĂ©thode dite de lâĂ©numĂ©ration des couples, elle prĂ©lude aussi bien Ă une disposition en matrice quâĂ une disposition sagittale.
Nous retiendrons donc la figuration sagittale. Elle ne prĂ©sente assurĂ©ment en elle-mĂȘme que lâintĂ©rĂȘt dâun symbolisme commode. Mais, par le fait que le symbole se rĂ©fĂšre alors Ă la comprĂ©hension, câest-Ă -dire Ă la relation en tant que propriĂ©tĂ© relative, et non pas seulement aux termes reliĂ©s, son usage permet, en groupant les flĂšches comme telles, de construire des groupements spĂ©cifiquement relationnels, sans que lâon ne soit plus tentĂ© de confondre les opĂ©rations portant sur les relations et les opĂ©rations portant sur leurs termes en tant quâĂ©lĂ©ments de classes.
§ 17. Classification et groupements des relations
Par le fait que les relations expriment la comprĂ©hension des concepts et les classes leur extension, la logique des relations rencontre un problĂšme plus dĂ©licat de formalisation, de dissociation entre la « forme » et le « contenu » (voir § 2), que celle des classes. Il existe dâailleurs diffĂ©rents paliers de formalisation au sein des classes elles-mĂȘmes : un « ensemble abstrait » dont les Ă©lĂ©ments sont, par dĂ©finition, dĂ©munis de propriĂ©tĂ©s sauf lâidentitĂ© x = x, la distinction x â y et lâappartenance Ă lâensemble ĂŠsE, constitue, par exemple, une classe tout autrement formalisĂ©e que la classe des hommes, dont chaque.individu forme une sous-classe singuliĂšre bien distincte des autres par ses qualitĂ©s propres. Mais il est facile de dissocier toute classe de son contenu extralogique, en formalisant les emboĂźtements dâextensions indĂ©pendamment de la comprĂ©hension. Avec la relation, au contraire, qui exprime cette comprĂ©hension comme telle, le problĂšme se pose de savoir comment dĂ©gager la « forme » des rapports en comprĂ©hension de leur « contenu », câest-Ă -dire de la variĂ©tĂ© illimitĂ©e des relations donnĂ©es.
On pourrait ĂȘtre tentĂ© de rĂ©soudre le problĂšme en considĂ©rant simplement comme formels les caractĂšres les plus gĂ©nĂ©raux des relations (les propriĂ©tĂ©s de symĂ©trie ou dâasymĂ©trie, de transitivitĂ©, etc.). Mais ce serait lĂ un critĂšre bien insuffisant, car les transitions sont insensibles entre le gĂ©nĂ©ral et le spĂ©cial, ce qui effacerait toute frontiĂšre stable entre la forme et le contenu : ne sachant oĂč sâarrĂȘter dans lâanalyse des caractĂšres gĂ©nĂ©raux, on en viendrait Ă une description pure et simple des diverses relations possibles, et elles sont en nombre indĂ©fini. La distinction des relations continues et discontinues est-elle, par exemple, dâordre gĂ©nĂ©ral ou spĂ©cial ?
Un second critĂšre est beaucoup plus solide : est « formelle » toute propriĂ©tĂ© des relations qui donne lieu Ă une composition possible ; ne concerne par contre que le contenu ce qui demeure incomposable. Par exemple, les caractĂšres asymĂ©trique et transitif dâune relation donnent lieu Ă des compositions dâordre qui constituent Ă coup sĂ»r des « formes » logiques au mĂȘme titre que les emboĂźtements de classes (dâautant plus que ceux-ci sont partiellement ordonnĂ©s). Par contre, les relations intransitives telles que « le loup mange la brebis », « x a tuĂ© y », etc., reprĂ©sentent un rĂ©sidu inanalysable au point de vue formel, sauf Ă les relier dâune façon quelconque aux relations transitives. ÎČÎČ-
Mais ce caractĂšre de composition possible ne rĂ©sout pas tout le problĂšme de la logique des relations, car, si toute composition pure est formelle, toute composition formelle nâest pas exclusivement logique : Ă dĂ©finir la logique des relations par sa seule capacitĂ© de composition, elle engloberait toutes les mathĂ©matiques. Il convient donc, Ă propos des relations comme Ă propos des classes, de limiter la logique non spĂ©cifiquement mathĂ©matique au domaine de la quantitĂ© intensive. Les relations (A < B) = a et (B < C) = aâ sont, Ă cet Ă©gard, simplement logiques, car, si (A < C) = b, la composition a -f- aâ = b permet seulement de juger que la diffĂ©rence est plus grande entre A et C (= b) quâentre A et B ou quâentre B et C (donc a < b et aâ < b), mais elle ne nous renseigne pas sur les rapports entre a et aâ (qui peuvent ĂȘtre a > aâ ou a < aâ aussi bien que a â aâ). Au contraire la relation 2 = 4/2 est mathĂ©matique car, si a = 2 ; b = 4 et aâ = b â a, on a b = a 4- a et aâ = a.
Nous nous bornerons donc, en ce chapitre, Ă lâĂ©tude des relations intensives, câest-Ă -dire de celles qui, par dĂ©finition, ne connaissent dâautre quantification que le rapport dâinĂ©galitĂ© entre la partie et le tout ni dâautre Ă©quivalence que la co-possession de la mĂȘme qualitĂ©. Or, le premier point Ă noter est que ces expressions, dont la signification semble au premier abord nâintĂ©resser que la seule extension, concernent Ă©galement la comprĂ©hension elle-mĂȘme. En effet, sous sa forme la plus gĂ©nĂ©rale, une relation ne saurait exprimer quâune ressemblance ou une diffĂ©rence. Or, la diffĂ©rence est ordinairement susceptible de plus et de moins, et cette graduation peut admettre elle-mĂȘme une quantification soit intensive, soit extensive ou numĂ©rique (comme nous venons de le voir). Il en est de mĂȘme de la ressemblance, y compris lâĂ©quivalence ou diffĂ©rence nulle : il existe des Ă©quivalences numĂ©riques, extensives ou intensives, ces derniĂšres exprimant la simple possession en commun dâune mĂȘme qualitĂ©. En ce cas, la relation x < a-, y qui attribue Ă z et Ă y la mĂȘme couleur, la mĂȘme vertu, etc., est Ă la fois une Ă©quivalence intensive, du point de vue de la comprĂ©hension, et lâexpression dâune co-appartenance ou dâune co-inclusion par rapport Ă une mĂȘme classe (non ordonnĂ©e), du point de vue de lâextension.
Cela dit, la premiĂšre division Ă introduire dans les relations est celle des relations asymĂ©triques A(R)Bâ B(R)A et des relations symĂ©triques A(R)B = B(R)A, car elle correspond prĂ©cisĂ©ment Ă une certaine rĂ©partition en relations de diffĂ©rences et relations de ressemblances. Toute relation symĂ©trique exprime une Ă©quivalence
positive ou nĂ©gative, cette derniĂšre constituant, alors une diffĂ©rence non ordonnĂ©e : par exemple a ; « est de la mĂȘme espĂšce » ou « nâest pas de la mĂȘme espĂšce » que y. Les relations asymĂ©triques sont toujours, par contre, des relations de diffĂ©rence ordonnĂ©e. Il convient dây insister car cela nâest pas Ă©vident pour toutes ; dâautre part, les relations « diffĂšrent » et, dans certains cas, « asymĂ©trique » sont elles-mĂȘmes des relations symĂ©triques !
Il existe dâabord des relations asymĂ©triques impliquant le plus et le moins : ± grand, vertueux, etc. Il est clair que de tels rapports expriment une diffĂ©rence ordonnĂ©e entre les termes reliĂ©s. Mais il est des relations asymĂ©triques ne comportant quâun couple de valeurs : gauche et droite, extĂ©rieur et intĂ©rieur, etc. (avec un ter- tium : ni Ă gauche ni Ă droite, sur la frontiĂšre, etc.). En un tel cas, la relation est bien asymĂ©trique, puisquâon nâen saurait permuter les termes (A est Ă gauche de B est contradictoire avec B est Ă gauche de A), mais elle exprime en son contenu une sorte de symĂ©trie correspondant en particulier souvent au sens gĂ©omĂ©trique du terme. Cependant, il est clair que la relation traduit par sa composition asymĂ©trique, comme telle, une diffĂ©rence orientĂ©e dont le caractĂšre est simplement de procĂ©der par couples, mais par couples composables entre eux selon un ordre.
Mais pourquoi la relation « diffĂ©rent » est-elle elle-mĂȘme symĂ©trique ? En effet « A est diffĂ©rent de B » Ă©quivaut à « B est diffĂ©rent de A ». On peut convenir, de mĂȘme, de dire que, dans lâordre de succession AB, « A est asymĂ©trique Ă lâĂ©gard de B » : cette relation Ă©quivaut alors Ă Â : « B est asymĂ©trique Ă lâĂ©gard de A ». Les relations « diffĂ©rent » et, en un sens dĂ©fini, « asymĂ©trique » sont donc des relations symĂ©triques, qui expriment par ailleurs des sortes dâĂ©quivalences : « A est diffĂ©rent de B » signifie quâil existe « la mĂȘme diffĂ©rence » entre A et B quâentre B et A et « A est asymĂ©trique par rapport Ă B » signifie quâil existe une « mĂȘme asymĂ©trie » entre eux ! Or, la chose est aisĂ©e Ă expliquer et ne contredit pas la rĂšgle gĂ©nĂ©rale : tant que la diffĂ©rence ou lâasymĂ©trie est exprimĂ©e sous une forme indĂ©terminĂ©e, câest-Ă -dire non orientĂ©e, elle demeure prĂ©cisĂ©ment une diffĂ©rence non ordonnĂ©e, donc une simple Ă©quivalence nĂ©gative. Plus prĂ©cisĂ©ment, en un ordre de succession quelconque A < B < C⊠il convient de distinguer la diffĂ©rence asymĂ©trique qui sĂ©pare A de B, B de C, etc., et lâintervalle, câest-Ă -dire la relation « entre » qui est symĂ©trique parce que cet intervalle est le mĂȘme « entre » A et B quâ« entre » B et A et quâil constitue
ainsi une Ă©quivalence dans la diffĂ©rence, câest-Ă -dire une diffĂ©rence non ordonnĂ©e. Or, dire quâil existe la mĂȘme diffĂ©rence entre A et B quâentre B et A, câest prĂ©cisĂ©ment se rĂ©fĂ©rer Ă lâintervalle qui sĂ©pare symĂ©triquement ces deux termes et non pas Ă la diffĂ©rence orientĂ©e ou ordonnĂ©e qui les oppose. De mĂȘme, si lâon convient de dire que lâasymĂ©trie est la mĂȘme « entre » A et B quâ« entre » B et A, on enlĂšve Ă cette asymĂ©trie son orientation et on lâassimile Ă une diffĂ©rence indĂ©terminĂ©e, câest-Ă -dire Ă nouveau Ă un intervalle.
Une division aussi importante que celle des relations symétriques et asymétriques est celle des relations transitives et intransitives. Une relation transitive présente la propriété :
A(R)BÂ +Â B(R)CÂ =Â A(R)C
câest-Ă -dire que la relation unissant A Ă B et B Ă C unit aussi A Ă C. Mais il faut distinguer deux cas : celui oĂč la transitivitĂ© signifie une augmentation ou une diminution de diffĂ©rence ordonnĂ©e, câest- Ă -dire un changement dâintensitĂ© de la mĂȘme relation qualitative (A < B ; B < C ; donc A < C oĂč la diffĂ©rence A < C est plus grande que les diffĂ©rences A < B ou B < C) ; et celui oĂč la transitivitĂ© est tautologique, parce quâexprimant la co-appartenance Ă une mĂȘme classe (A est compatriote de B ; B est compatriote de C ; donc A lâest de C). Quant aux relations intransitives, elles ne sont pas toutes incomposables, comme il pourrait le sembler. Il existe, en effet, ce quâon appelle les relations « aliotransitives » qui donnent lieu Ă une composition comportant diverses possibilitĂ©s simultanĂ©es : le frĂšre de mon frĂšre nâest pas nĂ©cessairement mon frĂšre, mais peut ĂȘtre mon frĂšre ou moi-mĂȘme ; le cousin germain de mon cousin germain peut ĂȘtre mon cousin germain, mon frĂšre ou moi- mĂȘme, etc. Seule lâintervention des classes secondaires propres aux « groupements » rend compte (comme nous lâavons dĂ©jĂ vu au § 11) de ce genre de composition. En effet, si lâon dĂ©signe par A les fils dâun mĂȘme pĂšre, par B les petits-fils dâun mĂȘme grand-pĂšre, etc., on aura les relations : < 0 > : lâidentitĂ© dâun individu ; ââ : fils dâun mĂȘme pĂšre ; t b , : petits-fils dâun mĂȘme grand-pĂšre ; mais aussi < y, : frĂšre, câest-Ă -dire fils de mon pĂšre (< a J, mais pas moi- mĂȘme (( %) ; < aây : cousin germain, câest-Ă -dire petit-fils du mĂȘme grand-pĂšre (( b y), mais non pas fils du mĂȘme pĂšre (<+_>) ; etc. En ce cas, on aura la composition < gâ y + < aâ y = ( 6 y, parce que Aj + A2 = B (proposition 23 bis) ; le cousin germain de mon
cousin germain (Ï nâ > + ââ) ne peut ĂȘtre que petit-fils du mĂȘme grand-pĂšre que moi (^â°,), autrement dit il peut ĂȘtre mon cousin germain (( aâ-,), mon frĂšre (t0 ,) ou moi-mĂȘme (< 0 j) ; en effet x 6 > comporte les possibilitĂ©s ( 0 >â1 < 0â > ; ( a > et ,aâ> parce que la classe (B) contient les sous-classes Aâ, A, (xâ) et (x).
Dans le cas des relations franchement intransitives, du moins en apparence, comme « le loup mange la brebis ; la brebis mange lâherbe, mais le loup ne mange pas lâherbe », il importe donc de chercher en chaque cas si la relation nâest pas comparable Ă une aliotransitivitĂ©. Tout dâabord il convient de se mĂ©fier du langage courant, qui nâest pas nĂ©cessairement logique : ainsi dans lâexemple choisi, le langage ne permet pas de continuer la sĂ©rie en disant « lâherbe mange les sels minĂ©raux du sol », alors quâil sâagit Ă©videmment de la mĂȘme relation. Ensuite, il convient de chercher la relation transitive la plus proche, dans un sens analogue au genus proximum, mais en termes de relations. Dans le cas particulier, câest la relation « assimile les substances extraites de » ou « se nourrit de », mais indirectement comme directement : le loup se nourrit de la brebis, et, Ă travers la brebis, de lâherbe, et, Ă travers lâherbe, de sels minĂ©raux. Il est alors facile de construire un systĂšme de relations asymĂ©triques transitives, telles que : les sels minĂ©raux sont assimilĂ©s par lâherbe, etc., et dây situer les relations initiales « le loup mange la brebis » Ă titre de relations aliotransitives. Ce processus de transformation des relations intransitives en relations transitives ou aliotransitives nâest pas autre chose que le travail accompli par les sciences lorsquâelles remplacent les concepts vulgaires par des lois et quâelles introduisent entre les relations lĂ©gales cette transitivitĂ© dĂ©ductive qui constitue la causalitĂ©. Ainsi « le feu brĂ»le le bois » est une relation intransitive liĂ©e Ă des concepts vulgaires dont la chimie a commencĂ© par ĂȘtre dupe (le phlogistique), tandis que lâanalyse de lâoxydation lui substitue un systĂšme de relations causales transitives. La plupart des lois et des dĂ©ductions causales sont de caractĂšre mĂ©trique, mais il en est (en biologie, etc.) de caractĂšre simplement intensif, qui illustrent ce genre de formalisation logique. Bref, une relation intransitive est, en gĂ©nĂ©ral, ou une relation aliotransitive plus ou moins correctement formulĂ©e, ou une forme Ă contenu extralogique encore mal Ă©laborĂ©, ou un pur assemblage verbal. Mais il reste une derniĂšre Ă©ventualitĂ©, qui caractĂ©rise les relations intransitives authentiques : câest lâintransitivitĂ© par dĂ©faut de composition rĂ©versible possible du contenu extra-logique
des rapports : par exemple : « x a tuĂ© y » et y nâest plus apte Ă aucune action.
La logique des relations distingue Ă©galement les relations rĂ©flexives A(R)A et irrĂ©flexives, les premiĂšres Ă©tant celles qui relient un terme Ă lui-mĂȘme : je suis un « fils du mĂȘme pĂšre » que moi-mĂȘme (. a v est donc une relation rĂ©flexive), mais je ne suis pas mon propre frĂšre ((0âi, est donc une relation irrĂ©flexive). On parle aussi de relations connexes, si pour deux termes distincts quelconques de leur champ elles existent entre le premier et le second, ou entre le second et le premier, ou dans les deux cas Ă la fois. Ainsi une sĂ©rie A < B < C <⊠est faite de relations asymĂ©triques, transitives et connexes.
Il nous paraĂźt utile dâintroduire en outre une distinction entre relations bivalentes, trivalentes et multivalentes. Une relation sera dite « bivalente » quand elle ne pourra ĂȘtre quâaffirmĂ©e ou niĂ©e, sans degrĂ©s intermĂ©diaires : A est le frĂšre de B ou il ne lâest pas. Toutes les relations symĂ©triques sont bivalentes, car une Ă©quivalence dĂ©terminĂ©e est vraie ou fausse, sans tiers possible. Une relation sera dite « trivalente » si elle admet le rapport considĂ©rĂ©, sa rĂ©ciproque, et lâabsence ou la prĂ©sence des deux. Par exemple « A est Ă gauche de B », « B est Ă droite de A », mais C peut nâĂȘtre ni Ă gauche ni Ă droite de B (sâil est au-dessus, etc.). Autre exemple : « A est extĂ©rieur Ă une frontiĂšre », « B est intĂ©rieur Ă la frontiĂšre », mais C peut ĂȘtre « sur la frontiĂšre », câest-Ă -dire Ă la fois extĂ©rieur et intĂ©rieur (sâil est un ensemble de points) ou ni lâun ni lâautre (sâil est un point). Certaines relations peuvent ĂȘtre dĂ©finies Ă volontĂ© comme bivalentes ou trivalentes comme le vrai et le faux (dâoĂč les logiques bivalentes ou trivalentes : voir § 48). Enfin une relation sera dite « multivalente » si elle connaĂźt le plus et le moins : « plus lourd que », etc. Certaines relations peuvent ĂȘtre dĂ©finies Ă choix comme trivalentes ou multivalentes : si A est Ă gauche de B, et B Ă gauche de C, on peut concevoir une dĂ©finition multivalente de ce rapport et conclure que C est plus Ă droite de A que ne lâest B ; mais on peut aussi convenir dâune dĂ©finition trivalente et conclure que C est Ă droite de A au mĂȘme titre que B. En ce dernier cas, on introduit alors implicitement une relation symĂ©trique, donc bivalente, entre B et C : « B et C sont co-Ă droite par rapport Ă A ».
Ces quelques notions vont nous suffire pour construire les « groupements » de relations. La diffĂ©rence essentielle entre ces groupements et ceux de classes est que, au lieu de porter sur lâaddition ou la soustraction de classes, câest-Ă -dire sur la prĂ©sence ou lâabsence
des termes considĂ©rĂ©s (individus ou collections), ils nâadmettent que lâaddition ou la soustraction des diffĂ©rences donnĂ©es entre ces termes. LâintĂ©rĂȘt des classifications prĂ©cĂ©dentes de relations est, en effet, de montrer que la structure des relations concerne exclusivement la diffĂ©rence (ou ressemblance) entre ces termes, par opposition Ă la rĂ©union des termes eux-mĂȘmes (ou de leurs emboĂźtements) qui relĂšve de la logique des classes. Une relation asymĂ©trique exprime, en effet, une diffĂ©rence ordonnĂ©e non nulle, tandis quâune relation symĂ©trique traduit une diffĂ©rence nulle (Ă©quivalence) ou une diffĂ©rence non ordonnĂ©e (Ă©quivalence nĂ©gative). Les relations transitives sont celles qui admettent lâaddition cumulative des diffĂ©rences non nulles ou lâaddition tautologique des Ă©quivalences. Les relations rĂ©flexives intĂ©ressent cette mĂȘme tautologie, tandis que les relations connexes lâaddition des diffĂ©rences distinctes. Enfin les relations bivalentes, trivalentes ou multivalentes connotent les divers modes de distribution des diffĂ©rences elles-mĂȘmes. Tout le mĂ©canisme des « groupements » de relations portera donc sur la composition des diffĂ©rences intensives, et cette remarque suffit Ă elle seule Ă justifier la lĂ©gitimitĂ© dâune logique des relations fondĂ©e sur la comprĂ©hension, par opposition Ă la logique des classes fondĂ©e sur lâextension (voir § 16).
Mais il sây ajoute une circonstance capitale, Ă laquelle nous avons dĂ©jĂ fait allusion au § 16. Par le fait mĂȘme que lâaddition des classes consiste Ă ajouter des termes (individuels ou collectifs) Ă dâautres, lâopĂ©ration inverse consistera Ă sâen priver, et lâopĂ©ration identique gĂ©nĂ©rale Ă ne plus en considĂ©rer aucun (classe nulle). Les opĂ©rations multiplicatives de classes porteront, il est vrai, sur les emboĂźtements comme tels et le fait de sâen priver conduira Ă titre dâopĂ©ration identique Ă la classe la plus gĂ©nĂ©rale, mais le principe demeure de ce point de vue le mĂȘme. Au contraire, lâaddition des relations consistant Ă ajouter des diffĂ©rences (et non pas des termes ou des emboĂźtements comme tels), lâopĂ©ration inverse consistera Ă enlever ces mĂȘmes diffĂ©rences et lâidentique gĂ©nĂ©rale se rĂ©duira donc Ă la diffĂ©rence nulle. Or, tandis que la classe nulle est synonyme de zĂ©ro, la diffĂ©rence nulle nâest autre que lâĂ©quivalence ! Les opĂ©rations inverse et identique (gĂ©nĂ©rale) de classes reposent donc, dans le cas de lâaddition, sur un principe de nĂ©gation simple, donc de complĂ©mentaritĂ© par rapport Ă lâensemble total envisagé : la nĂ©gation dâune classe A est, en effet, sa complĂ©mentaire par rapport au tout considĂ©ré : B â A = Aâ ; C â A = Aâ + Bâ ; etc.,
âą
donc de façon gĂ©nĂ©rale A par rapport Ă la classe totale Z, soit A = Z â A, car A = Aâ + Bâ J- Câ + âŠÂ = Z â A ; dâoĂč A â A = 0 et A + A = Z. Au contraire les opĂ©rations inverse et identique (gĂ©nĂ©rale) de relations reposent sur un principe de rĂ©ciprocitĂ©, si lâon appelle opĂ©ration rĂ©ciproque la complĂ©mentaire par rapport, non pas au tout Z, mais Ă lâĂ©quivalence A = A.
Ainsi lâinverse dâune relation symĂ©trique A = B sera sa rĂ©ciproque B = A, dâoĂč (A = B) + (B = A) = (A = A). De mĂȘme lâinverse dâune diffĂ©rence ordonnĂ©e A 4 B sera la diffĂ©rence parcourue en sens opposĂ©, soit B 4 A, dâoĂč (A4 B) + (B 4 A) = A 4 A, câest-Ă -dire A = A. Lâinverse est donc la soustraction dâune diffĂ©rence â (A4 B) ou ce qui revient au mĂȘme lâaddition de la relation converse + (B 4. A), câest-Ă -dire de la diffĂ©rence parcourue en sens opposĂ©.
Bref lâinverse dâune opĂ©ration additive de relations est lâopĂ©ration rĂ©ciproque1 et non pas la complĂ©mentaire comme dans lâaddition des classes. Il sâensuit que les groupements de relations jouent un rĂŽle Ă la fois trĂšs diffĂ©rent et Ă©troitement corrĂ©latif de celui des groupements de classes : dĂ©veloppant les structures de rĂ©ciprocitĂ©, ils constituent lâune des deux bases de la logique des propositions, dont nous verrons quâelle repose aussi bien sur cette mĂȘme rĂ©ciprocitĂ© que sur la complĂ©mentaritĂ© simple.
Il est dâautant plus intĂ©ressant, Ă©tant donnĂ© ce dualisme des structures de classes et de relations, de constater lâisomorphisme des deux sortes de groupements. Gela est en un sens naturel, puisque les relations expriment les rapports de comprĂ©hension dont lâextension est reprĂ©sentĂ©e par les classes. Mais la profonde opposition qui distingue lâaddition des diffĂ©rences et celle des termes eux-mĂȘmes, ainsi que lâinverse fondĂ©e sur la rĂ©ciprocitĂ© (converse) de lâinverse fondĂ©e sur la complĂ©mentaritĂ© simple (nĂ©gation) aurait pu faire croire Ă une hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des deux sortes de groupements. En rĂ©alitĂ© on retrouve deux groupements additifs et deux groupements multiplicatifs. Ces derniers sont co-univoques ou bi-univoques comme les groupements correspondants de classes. Les premiers portent sur la sĂ©riation simple des relations asymĂ©triques transitives en correspondance avec le groupement de lâaddition simple des classes (I) ou sur les symĂ©tries qui correspondent aux tautologies
1. DâoĂč le rĂŽle de la diagonale dans la reprĂ©sentation par matrices, car, dans la multiplication E x E, la diagonale reprĂ©sente la rĂ©ciprocitĂ© des relations x, y et y, x.
et aux vicariances du groupement II des classes. Un tel isomorphisme est plein dâenseignements en ce qui concerne Ă la fois les rapports entre lâextension et la comprĂ©hension, et le caractĂšre naturel, ainsi quâĂ©lĂ©mentaire de la structure des « groupements ».
§ 18. Le groupement V : lâaddition des relations asymĂ©triques transitives (sĂ©riation intensive)
Soit une collection de termes A, B, C, etc., tous différents les uns des autres, mais comparables à un point de vue commun (par exemple des objets plus ou moins hauts, lourds, etc., des teintes plus ou moins foncées, des valeurs telles que des vins sériés selon leur bouquet ou des actions selon leur utilité ou leur vertu, etc.). Ces termes peuvent indifféremment consister en éléments individuels ou en classes (singuliÚres ou non). Ordonnons maintenant ces termes selon leurs différences croissantes. Nous obtenons ainsi une suite de relations asymétriques, transitives et connexes, exprimant la série des différences considérées :
O4A ; A^B ; B^C ; C^D ;⊠etc.
Les flĂšches â traduisent la relation asymĂ©trique elle-mĂȘme par opposition aux termes ordonnĂ©s O, A, B, etc. et la direction de la flĂšche marque une inĂ©galitĂ© en faveur du terme visé : « A B » signifie ainsi « B est plus (grand, etc.) que A ». Les converses serontâ:
A4.O ; B 4L A ; C JC B ;⊠etc.
avec la signification : « O est moins (grand, etc.) que A », etc.
DĂFINITION 24. â Nous Ă©crirons (0 Î A) + (A B) = (O B) en attribuant Ă cette opĂ©ration la signification suivante : « Si jâajoute la diffĂ©rence (aâ), existant entre A et B, Ă la diffĂ©rence (a) existant entre O et A, jâobtiens la diffĂ©rence (b = a + aâ) existant entre O et B ». Cette opĂ©ration sera dite addition sĂ©riale.
On constate que cette addition sĂ©riale (a + aâ = b) implique a < b et aâ < b, mais ignore toute comparaison entre les parties a et aâ (quantitĂ© intensive).
Ces relations posées, il est alors facile de construire le groupement suivant :
1. LâopĂ©ration directe sera lâaddition des diffĂ©rences, soit + 4 :
(40) (O4A)+(A4B)=(O4B) et (A4B) + (B4Q = (A C) (O4B)+(B4C)=(O4C) (A±XC) + (Q4D)=(A£^D)
(O4C)+(C4D)=(O4D) (Aâ€4âD)+(D4E)=(Aâ€4âE) âŠetc. âŠetc.
2. LâopĂ©ration inverse sera la soustraction dâune diffĂ©rence â dy :
(41) (O 4 B) â (A 4 B) = (O4 A); etc.
Nous confĂ©rons un sens Ă lâexpression suivante :
(41 bis) â (O 4 A) â (A4 B) =â (O 4 B)
qui reprĂ©sente la composition de deux soustractions de diffĂ©rences, donc lâinversion complĂšte des compositions prĂ©cĂ©dentes de sens + (proposition 40) ; cette composition symbolise donc une soustraction possible Ă partir de diffĂ©rences dâordre supĂ©rieur.
Il est, dâautre part, lĂ©gitime de soustraire une diffĂ©rence Ă elle- mĂȘme, donc de lâannuler : (A 4 B) â (A 4 B). Mais cette opĂ©ration comporte deux significations possibles, bien distinctes lâune de lâautre et entre lesquelles il faut choisir : 1° lâannulation de la diffĂ©rence entre A et B pourrait signifier que lâon modifie A ou B de maniĂšre Ă les Ă©galiser ; le produit de .lâopĂ©ration serait alors A 4 B, câest-Ă -dire A = B ; mais 2° lâannulation de la diffĂ©rence peut aussi ĂȘtre conçue comme une mise en relation selon le sens de parcours A 4 B suivie dâune mise en relation selon le sens de par- . cours opposĂ© B 4 A, câest-Ă -dire B 4 A, le produit de ces deux mises en relation consistant alors Ă relier A Ă A sous la forme A = A. Or, la premiĂšre de ces deux opĂ©rations nâest pas une opĂ©ration de relations, mais bien une opĂ©ration de classes : elle consiste, en effet, Ă modifier les termes eux-mĂȘmes, A ou B, par addition dâĂ©lĂ©ments nouveaux ou soustraction dâĂ©lĂ©ments donnĂ©s. Câest donc dans le seul sens (2) quâil convient de concevoir la soustraction dâune diffĂ©rence par rapport Ă elle-mĂȘme. On a alors :
(42) (A 4 B)â (A 4 B)=(A4B) + (B 4 A)=(A 4 B)+(B 4 A)
On aboutit ainsi Ă ce rĂ©sultat essentiel, qui nâest point dĂ» Ă une convention, mais exprime le mĂ©canisme propre aux opĂ©rations de relations, que la soustraction dâune relation asymĂ©trique positive ( = dâune diffĂ©rence ordonnĂ©e) Ă©quivaut Ă lâaddition de sa converse.
Autrement dit, additionner une relation consiste Ă passer de A en B, donc Ă poser une diffĂ©rence tandis que la soustraire consiste Ă revenir de B en A, câest-Ă -dire Ă parcourir le mĂȘme chemin en sens opposĂ© (rĂ©ciprocitĂ©). On a donc, si lâon convient dâĂ©crire en tĂȘte et en queue dâune suite dâopĂ©rations les termes Ă relier lâun Ă lâautre par la relation finale (par le produit de la composition transitive) :
(42 bis) (A.4.B) â (A4-B) = (A4.B) + (B4-A)=A4~A,soit(A=A) â
On a de mĂȘme :
(42 ter) (O^B) â (Aâ B) = (O-â°B) + (Bâ A) = (O-â°A) ; etc.
3. LâopĂ©ration identique gĂ©nĂ©rale est donc la diffĂ©rence nulle (A A), ou A = A. La diffĂ©rence nulle ne peut, en effet, signifier en ce groupement que lâidentitĂ©, puisque les termes sĂ©riĂ©s sont, par dĂ©finition, tous diffĂ©rents. On a donc :
(43) (A4B)+(Bâ A)=(AλA) et (A4.A)+(A4B)=(A4B)
Lâidentique gĂ©nĂ©rale est bien comme toujours : (a) le produit de lâopĂ©ration directe par son inverse ; et (b) lâopĂ©ration qui ne modifie pas celles avec lesquelles elle est composĂ©e.
4. Les identiques spéciales sont la tautologie et la résorption :
(44) (A4,B)Â +Â (A4B)Â =Â (A4B) et (A4B)Â +Â (A44C)Â =Â (AA4C)
5. LâassociativitĂ© suit les mĂȘmes lois que dans les groupements de classes.
Un tel groupement, dont on constate lâisomorphisme avec celui de lâaddition simple des classes (groupement I), soulĂšve un ensemble de problĂšmes intĂ©ressants quant Ă la comparaison des structures de classes et des structures de relations.
La sériation des inclusions
Un premier point Ă noter est que lâinclusion dâune classe dans une autre constitue une relation asymĂ©trique transitive. Si lâon envisage une suite connexe dâinclusions, telle que deux quelconques des classes considĂ©rĂ©es prĂ©sentent la relation dâinclusion, on aura donc une sĂ©riation obĂ©issant aux lois de ce groupement V. Telle est la suite des classes primaires A < B < C < ⊠intervenant dans le groupement I (par contre lâintervention des classes secondaires serait contraire Ă la condition de connexitĂ©, puisque A nâest pas incluse en Aâ ni lâinverse, et que Aâ nâest pas incluse en Bâ, etc.).
On aura donc (O4 A) + (Aâ ,B) = (O^-B); Ξtc., dans le cas des classes primaires du groupement I. Mais quelle est alors la signification des relations _4 ; etc., qui expriment, en ce
groupement, la diffĂ©rence ordonnĂ©e entre de telles classes ? Il ne sâagira pas des qualitĂ©s qui les distinguent et qui dĂ©finissent leur comprĂ©hension, puisque ces qualitĂ©s peuvent ĂȘtre quelconques, donc sĂ©riables ou non, et quâelles sont multiples, puisquâelles ne donnent pas nĂ©cessairement lieu, Ă cause de leurs interfĂ©rences, Ă une sĂ©riation simple mĂȘme lorsque chacune est sĂ©riable prise Ă part. La relation â , qui symbolise la diffĂ©rence entre une classe A et une classe B, ne prĂ©sentera en particulier aucun rapport avec la classe secondaire Aâ (soit Aâ = B â A), puisque celle-ci nâintervient pas dans la sĂ©rie. La diffĂ©rence en jeu dans la suite â> 44 ; etc., consistera donc exclusivement en une diffĂ©rence dâextension, câest-Ă -dire en une relation de partie (extension infĂ©rieure) Ă tout (extension supĂ©rieure) : (O aj A) signifiera ainsi que A est dâextension supĂ©rieure Ă O ; (A4 B) signifiera que B est dâextension supĂ©rieure Ă A (supĂ©rieure dâune valeur aj), donc supĂ©rieure Ă O (de a + aâ = b), etc.
On voit alors le paradoxe : lâ« extension », qui caractĂ©rise les classes par opposition aux relations, se traduit donc elle-mĂȘme j ar une relation de « diffĂ©rence dâextension », donc dâune relation en comprĂ©hension pouvant donner lieu Ă une sĂ©riation analogue Ă celles de diffĂ©rences quelconques ! Mais ce paradoxe nâa rien dâune contradiction : en effet, 1â« extension » est une notion dĂ©finissable, qui comporte par consĂ©quent, comme toute notion, une comprĂ©hension. Cette comprĂ©hension a la signification de « contenant plus ou moins dâindividus » (sans que lâon sache combien), et elle se traduit donc par des rapports de diffĂ©rences plus ou moins grandes. Cela ne signifie pas que lâextension dâune classe soit lâune des propriĂ©tĂ©s de sa comprĂ©hension, mais que la comparaison des extensions propres aux classes constitue ainsi une relation comme une autre, dĂ©finie en comprĂ©hension, et dont les termes sont les diverses extensions elles-mĂȘmes, câest-Ă -dire les classes comme telles. Cela nâest pas plus contradictoire que de faire du mot « lâadjectif » un substantif analogue Ă tous les autres.
On peut dâailleurs confĂ©rer Ă la suite des classes primaires O a> A gj B 4 C â⊠la signification dâun simple ordre de succession : « A aprĂšs O ; B aprĂšs A ; etc. ». En ce cas on peut construire une suite semblable avec les classes secondaires AââBââCââ⊠mais non pas avec les deux Ă la fois, car si A vient avant B et Aâ avant Bâ, les classea,A et Aâ ne sont pas ordonnĂ©es lâune par rapport Ă lâautre (sauf arbitrairement), ni B et Bâ, etc. Dâautre part la
suite Aâ â Bâ â Câ, ne saurait naturellement prĂ©senter la signification de diffĂ©rences dâextension puisquâil sâagit de classes disjointes et non pas emboĂźtĂ©es.
Non-commutativitĂ© de lâaddition sĂ©riale
Si une suite dâinclusions connexes de classes constitue une sĂ©riation de relations, il intervient cette premiĂšre diffĂ©rence entre lâaddition des classes et celle des relations asymĂ©triques (câest-Ă -dire des diffĂ©rences : voir dĂ©finition 24) que la premiĂšre est commutative tandis que la seconde ne lâest pas en droit. On a, en effet, A + Aâ = Aâ + A (les VertĂ©brĂ©s et les InvertĂ©brĂ©s = les InvertĂ©brĂ©s et les VertĂ©brĂ©s). Par contre les diffĂ©rences 4 et 4 supposent un ordre : on ne saurait, par exemple, parler de la diffĂ©rence entre deux termes A et B (4) avant de savoir que A est compris entre O et B (O 4 A). En droit lâaddition 4+4 nâegt donc pas commutative mĂȘme si, en fait, il est indiffĂ©rent de poser en tĂȘte 4 0u 4â Cette non-commutativitĂ© de droit se traduit par une diffĂ©rence essentielle entre le groupement I ; nous ne parlons plus seulement des classes primaires, mais de tout ,1e groupement de lâaddition des classes (A + Aâ = B ; B + Bâ = C ; etc.) et le groupement V (4 + 4 = Ai etc.) : câest lâabsence de vicariance de ce second groupement.
Absence de vicariance
En effet, dans un groupement I, la classe secondaire Aâ contient de droit (si elle nâest pas nulle) une ou plusieurs classes primaires A2; A3; etc. Il est donc en droit possible de poser : Î2 + Az = A1 + A1 (groupement II : « lâespĂšce A1 et les autres espĂšces du genre B = lâespĂšce A2 et les espĂšces de B autres que A2 »). Par contre, les relations secondaires 4, existant entre A et B, 4 entre B et Câ, etc., ne contiennent pas de relations primaires de type infĂ©rieur Ă elles (4 pour 4 j 4 et â pour 4 ! etc.). Autrement dit, on peut subdiviser une suite de relations asymĂ©triques en autant de segments que lâon voudra, on obtiendra toujours des segments successifs constituant la mĂȘme sĂ©rie totale (câest pourquoi lâaddition sĂ©riale est, en droit, non-commutative) ; au contraire, en une classification quelconque, on peut dĂ©composer les classes comme on lâentend en classes Ă©lĂ©mentaires non ordonnĂ©es (lorsquâelles sont de mĂȘme rang) et constituer autant dâemboĂźtements diffĂ©rents.
En un mot, une série de relations asymétriques connexes constitue une suite linéaire, et on ne change rien à la ligne en la découpant davantage ; une classification est au contraire une hiérarchie
ou une pyramide, dont on peut atteindre le sommet ou la base par les voies les plus diverses. Le groupement I ne dĂ©gage pas explicitement ces voies distinctes, et câest en quoi il reste isomorphe au groupement II : mais sous les termes secondaires Aâ; Bâ; Câ; etc., correspondant aux relations secondaires 4-Ăź 4-> 4- » sont en rĂ©alitĂ© condensĂ©es un ensemble de classes dĂ©composables, comme le manifestent les groupements II et III.
ĂnumĂ©ration et sĂ©riation
Lorsque le groupement I se rĂ©duit Ă une simple Ă©numĂ©ration, dont les classes Ă©lĂ©mentaires demeurent singuliĂšres (voir § 12), ne se rĂ©duit-il pas alors Ă une sĂ©riation du type V ? Ce nâest pas non plus le cas, car, en changeant lâordre dâĂ©numĂ©ration, on aboutit Ă la mĂȘme classe totale (ce qui est prĂ©cisĂ©ment lâexpression de la vicariance), tandis quâen changeant lâordre des termes dâune sĂ©rie, on modifie Ă la fois la sĂ©rie totale et les relations composantes.
ImpossibilitĂ© de rĂ©unit en un seul groupement lâaddition simple des classes (I) et celle des relations asymĂ©triques (V)
Les opposi- sitions qui prĂ©cĂšdent empĂȘchent donc de fusionner en un seul groupement les groupements I et V. La chose est du moins exclue tant quâil sâagit de classes « faiblement structurĂ©es » (dĂ©finition 11) dĂ©finies par des qualitĂ©s sans rapport entre elles. Demandons-nous par contre, si elle est possible dans le cas de classes « semi-structurĂ©es » (dĂ©finition 12), câest-Ă -dire dont les termes individuels seraient ordonnĂ©s en fonction dâune sĂ©riation unique de relations asymĂ©triques transitives (la classe constituant alors le « champ » de ces relations). On aura, en ce cas :
| (45) 0 4. A â Aâ X Bâ 4. Câ 4. Dâ 4âŠ. etc⊠| (groupement V) |
|  »⊠| |
| Cl. Î-±JL i âą â | |
| Cl. B + Bâ : : 1 | |
| cl-C^+_ÂŁ j | (groupement I) |
| ci. | |
| Cl. E⊠etc⊠|
Â
Mais, mĂȘme si chaque classe Ă©lĂ©mentaire (A, Aâ, Bâ, âŠ) est par hypothĂšse singuliĂšre, il demeure toujours lâopposition suivante entre
le groupement de ces classes (I) et celui des relations (V) : 1° deux termes quelconques de la sĂ©rie sont considĂ©rĂ©s comme diffĂ©rents eh tant que le groupmeent V consiste prĂ©cisĂ©ment Ă additionner ou Ă soustraire leurs diffĂ©rences : A4 Aâ signifie que Aâ est par exemple plus lourd que A ; â 2° au contraire lorsque les deux mĂȘmes termes sont additionnĂ©s en tant quâĂ©lĂ©ments de classes, selon le groupement I, ils sont considĂ©rĂ©s comme Ă©quivalents sous la classe quâils forment entre eux : A + Aâ = B constitue la classe B dĂ©finie comme « lâensemble des Ă©lĂ©ments plus lĂ©gers que les suivants », dâoĂč il rĂ©sulte que A et Aâ sont Ă©quivalents en tant que B (mais non en tant que A). Câest pourquoi on peut Ă©crire : A + Aâ = A2 ( = Aâ) + Aj (= A) tandis quâon ne peut pas Ă©crire â4 + â = -â  + -1 (oĂč α2 serait identique Ă aâ et aj Ă a) ; cette derniĂšre permutation (ou vicariance) est, en effet, contradictoire avec la sĂ©riation mĂȘme.
Bref, si lâon peut parler de classes ordonnĂ©es ou « semi-structurĂ©es » (dĂ©finition 12). dans le but dâĂ©tudier les rapports entre lâextension et la comprĂ©hension (§ 6), il nâexiste pas de groupement unique de classes et de relations portant sur les classes ordonnĂ©es qualitatives : la classe ordonnĂ©e est un mixte, du point de vue opĂ©ratoire, et ou bien lâon effectue sur elle les opĂ©rations du groupement V, ce qui restreint Ă son sujet lâemploi des opĂ©rations des groupements I-II, ou bien on applique ces derniĂšres, mais câest en faisant abstraction des opĂ©rations de mise en relations propres au groupement V.
Par contre, il va de soi que, si lâon fait abstraction des qualitĂ©s, ce qui revient Ă considĂ©rer les Ă©lĂ©ments A, Aâ, Bâ, etc., comme de simples unitĂ©s homogĂšnes (et Ă transformer leur classe en une classe « structurĂ©e » au sens de la dĂ©finition 13), alors on peut simultanĂ©ment les sĂ©rier et les classer. Mais en ce cas on nâaura plus Ă faire Ă des classes simplement logiques : en confĂ©rant aux Ă©lĂ©ments la propriĂ©tĂ© dâĂȘtre Ă la fois sĂ©riables et classables selon toutes les combinaisons possibles, on les constitue en unitĂ©s arithmĂ©tiques ; on transforme de ce fait les classes primaires en nombres cardinaux (A = 1 ;B=2 ;C = 3 ; etc.) et les relations asymĂ©triques primaires en nombres ordinaux (.4 = 1er; 4 = 2e;  = 3e; etc.). Câest ce que
nous verrons au chapitre IV (§ 26).
§ 19. Le groupement VI : lâaddition des relations symĂ©triques
Deux individus appartiennent Ă la mĂȘme classe sâils prĂ©sentent en commun un caractĂšre (ou plusieurs) dĂ©finissant cette classe en comprĂ©hension : ils sont donc Ă©quivalents lâun Ă dâautre en tant quâappartenant Ă la mĂȘme classe, ou, ce qui est identique, en tant que prĂ©sentant le mĂȘme caractĂšre dĂ©finissant cette classe. Or, ce caractĂšre en comprĂ©hension ne saurait ĂȘtre quâune relation, puisquâil est commun aux divers individus de la classe, et cette relation ne saurait ĂȘtre quâune Ă©quivalence, puisquâelle confĂšre Ă chacun des individus reliĂ©s la mĂȘme co-appartenance Ă cette classe. Il sây ajoute naturellement ce fait que deux individus appartenant Ă deux classes diffĂ©rentes prĂ©senteront entre eux une relation dâĂ©quivalence nĂ©gative, câest-Ă -dire de non possession en commun des mĂȘmes caractĂšres spĂ©cifiques. Telles sont les relations symĂ©triques : au lieu de traduire des diffĂ©rences ordonnĂ©es, comme les relations asymĂ©triques, elles expriment soit des diffĂ©rences milles, ou Ă©quivalences, câest-Ă -dire des relations de co-appartenance ou de co-inclusion par rapport Ă des classes, soit des diffĂ©rences non ordonnĂ©es ou Ă©quivalences nĂ©gatives, marquant la non appartenance ou la non inclusion communes par rapport aux mĂȘmes classes. Par exemple « compatriote » est une relation symĂ©trique qui unit les membres dâune mĂȘme classe nationale et « non compatriote » est une autre relation symĂ©trique qui unit les membres de classes nationales distinctes ; « égal » est une relation symĂ©trique qui marque la co-appartenance Ă une mĂȘme classe de valeurs (quâil sâagisse dâĂ©galitĂ© juridique, morale, etc., ou dâĂ©galitĂ© arithmĂ©tique, mĂ©trique, etc.) et « inĂ©gal » ou « diffĂ©rent » est une autre relation symĂ©trique marquant la non appartenance commune par rapport Ă une telle classe ; « identique » est une relation symĂ©trique marquant lâappartenance Ă une mĂȘme classe singuliĂšre et « non identique » ou « distinct » est une autre relation symĂ©trique niant cette co-appartenance, etc. Or, mĂȘme les prĂ©dicats non explicitement formulĂ©s en relations symĂ©triques en constituent de telles : « humain » signifie co-possesseur des caractĂšres de lâhomme, « vertĂ©bré » signifie co-porteur dâune colonne vertĂ©brale, etc.
Si A est une classe (les fils dâun mĂȘme pĂšre) et que x, y et z lui appartiennent tous trois, il existe donc une relation symĂ©trique,
transitive et rĂ©flexive dâĂ©quivalence x <a -, y (ainsi que x f a x et que x < g > z si x < g y y et y ,4JL> z), qui exprime la co-appartenance Ă cette classe. De mĂȘme, si x, y et z, appartiennent Ă une mĂȘme classe B (les petits-fils dâun mĂȘme grand-pĂšre), il existe une relation symĂ©trique, transitive et rĂ©flexive < b > exprimant leur propriĂ©tĂ© commune sous B ; il en sera ainsi pour les classes C (dâoĂč < e >), D (dâoĂč ( dA. etc. Nous attribuons Ă ( 0 y le sens, non pas de lâappartenance Ă la classe nulle (relation qui nâexiste pas), mais de lâidentitĂ© (diffĂ©rence nulle) : x <rSâx signifiera donc « x est le mĂȘme individu que lui-mĂȘme ». Les relations < 5 > ; < s >; <b > signifieront « non identique », « nâayant pas le mĂȘme pĂšre », « nâayant pas le mĂȘme grand-pĂšre », etc. Nous pouvons alors confĂ©rer un sens aux relations tgâ y = frĂšre, câest-Ă -dire ( g > et ( 0 > (ayant le mĂȘme pĂšre sans ĂȘtre identiques) ; ( gâ y â cousin germain, câest-Ă -dire < b y et < g Ăż (ayant le mĂȘme grand-pĂšre et pas le mĂȘme pĂšre) ; < bâ, = cousin issu de germain, câest-Ă -dire < c > et < 8 > ; etc. Les relations t5â ? < gâ ) ; < 8â > ; etc., prĂ©senteront le sens de « non-frĂšre », « non-cousin », etc.
Il est Ă noter soigneusement que les relations exprimant une non- Ă©quivalence ou Ă©quivalence nĂ©gative, telles que ( 5 > ; <gâ > ; < g j ; x gâ > ; etc., ne constituent pas des opĂ©rations inverses par rapport aux relations positives correspondantes. En effet, dâune part, les compositions x ( 0â y + x < 8> y ou x ( a-, y + x ( s> y, etc., ne donnent pas lâidentitĂ© comme produit, ainsi quâil conviendrait pour une composition de lâopĂ©ration directe et de lâopĂ©ration inverse sur le terrain des relations ; dâautre part, et surtout, ces compositions sont contradictoires et nâexistent donc pas logiquement : on ne saurait affirmer dâabord que a : et y prĂ©sentent une certaine relation (identiques, ayant le mĂȘme pĂšre, etc.), pour le nier ensuite, comme on peut poser une classe + A et la soustraire ensuite â A, dâoĂč A â A = 0.
On aperçoit ici de la façon la plus claire pourquoi la rĂ©versibilitĂ© propre aux opĂ©rations de relations repose sur la rĂ©ciprocitĂ© et non pas sur la nĂ©gation : du fait mĂȘme que les relations portent sur la comprĂ©hension et non pas sur lâextension, lâaffirmation et la nĂ©gation simultanĂ©e de la mĂȘme relation sont dĂ©nuĂ©es de toute signification.
Les relations ( a j ( 8 -, signifient donc simplement que les termes x et y quâelles unissent nâappartiennent pas Ă la mĂȘme classe A, B, etc., mais que x appartient Ă A, ou Ă B, etc., et en possĂšde les
caractĂšres, tandis que y appartient Ă la classe complĂ©mentaire A = Z â A ou B = Z â B, etc., et en prĂ©sente les caractĂšres distinctifs. Autrement dit, dans les relations ( g > ? < g y ; etc., la nĂ©gation porte sur la classe et non pas.sur la relation : ces relations sont la simple gĂ©nĂ©ralisation aux classes nĂ©gatives,
(A = Aâ + B ,+ Câ + âŠÂ ; B = Bz + Gâ + Dâ + âŠÂ ;
G = Gâ + Dâ + Eâ + âŠ)
des relations A âλ ; 4â> eâ câ Ba nĂ©gation en jeu est donc une opĂ©ration de classe, tandis que la relation comme telle reste une relation dâĂ©quivalence et de co-appartenance, mĂȘme sâil faut remonter jusquâĂ la classe totale Z : de mĂȘme que < gây signifie ( b > et non ζ g s. de mĂȘme ( 5 , signifie < z y et non < a y.
Gela dit, nous pouvons prĂ©ciser la terminologie dont nous nous servirons (en nous rĂ©fĂ©rant Ă la dĂ©finition 16 pour lâĂ©quivalence qualitative en gĂ©nĂ©ral) :
DĂFINITION 25. â Nous appellerons relations dâ« équivalences positives » les relations symĂ©triques, transitives et rĂ©flexives<a < 6 ,; etc., qui expriment la co-possession des caractĂšres distinctifs propres aux classes A, B, etc., avec pour limite lâidentitĂ© < 0> relative aux classes singuliĂšres (â1), etc.
DĂFINITION 26. â Seront dites « altĂ©ritĂ©s positives » 0> ; g y ;
6 y; etc., les relations symĂ©triques, intransitives et irrĂ©flexives exprimant la co-possessiondes caractĂšres spĂ©cifiques des classes A (pour < 0 >); B (pour <a>) ; G (pour 4â) > ei non-commune possession des caractĂšres propres aux classes de rang infĂ©rieur : (x1) pour 4> > A pour < a > ; A et B pour < y ; A, B et G pour <e , ; etc.
DĂFINITION 21. â Seront dites « équivalences nĂ©gatives » <°  < a> ;
4â etcâ> lgs relations symĂ©triques, intransitives et irrĂ©flexives exprimant la non-commune possession des caractĂšres distinctifs propres aux classes de rang correspondant : (x1) pour < 0 , ; A pour < a > ; etc. ; et seront dites « altĂ©ritĂ©s nĂ©gatives » 0> ; <α> ; â * > ; etc., les relations symĂ©triques, intransitives et rĂ©flexives niant lâaltĂ©ritĂ© correspondante. (Exemple x <g> y : « x nâest pas le cousin germain de y » ; et x < a> x : « x nâest pas son propre cousin germain ».)
Remarque. â On peut distinguer, outre les relations entre individus, des relations entre classes ; ces relations prĂ©sentant les mĂȘmes formes. Par exemple les relations A < b y A â ; B < 0 > Bâ; etc., seront dites « équi-
valences positives » entre classes et exprimeront lâĂ©quivalence entre A et Aâ sous B, etc.
DĂFINITION 28. â Nous appellerons « produit additif de deux relations symĂ©triques » entre trois termes x, y et z la relation symĂ©trique du rang le plus faible dĂ©terminĂ©e entre x et z par les relations symĂ©triques donnĂ©es entre x et y ainsi quâentre y et z : soit {x <â > y) + (y <â > z) = {x <â > z).
On peut aussi additionner les relations symĂ©triques donnĂ©es entre deux mĂȘmes termes : (x < - > y) -|- (x <â >y), lorsque ces relations sont compatibles entre elles {non contradictoires) ; et, Ă la limite, on peut additionner les relations rĂ©flexives {x < â  > x) + (x < â  > x).
Ces opĂ©rations additives (28) permettent alors de caractĂ©riser un « groupement ». Mais ce groupement est dâune forme trĂšs particuliĂšre Ă cause du rĂŽle fondamental quây jouent les tautologies et les rĂ©sorptions, ainsi que les altĂ©ritĂ©s correspondant aux classes secondaires et aux vicariances. Il convient donc dâen analyser de prĂšs le mĂ©canisme, car celui-ci est extrĂȘmement instructif quant Ă la nature des structures dâensemble de caractĂšre intensif et des « groupements » logiques en gĂ©nĂ©ral.
En effet, les relations dâĂ©quivalence exprimant la co-possession des caractĂšres dâune mĂȘme classe, toutes les compositions dâĂ©quivalences positives seront des tautologies correspondant Ă la composition des classes A + A = A : (x ( g > y) + (y < g > z) = {x < a > z) (si x est compatriote de y et que y lâest de z, alors x le sera aussi de z). Il en rĂ©sulte quâil est impossible de sâĂ©lever, par la seule composition des Ă©quivalences positives, dâune relation de rang infĂ©rieur < g Ă une relation dâordre supĂ©rieur ( > ; < c > ; etc., bien que, si deux individus soutiennent entre eux la relation < g -, (par exemple compatriotes), ils sont naturellement aussi unis par les relations b > (par exemple appartenant au mĂȘme continent); c ; ; etc. Si maintenant nous composons une Ă©quivalence positive avec une altĂ©ritĂ© positive, (x < g-, y) + (y < gâ -, z), par exemple « a ; a le mĂȘme pĂšre que y et y est cousin germain de z », nous nâobtenons pas non plus la relation ( b > (car, selon la dĂ©finition 28, lâaddition des relations symĂ©triques, comme celle des classes, dĂ©termine le rapport du rang le plus faible) : nous trouvons la relation < gâ , câest-Ă -dire que x sera aussi cousin germain de Ăż.âIl y a donc Ă nouveau tautologie, ou du moins rĂ©sorption a + a, = aâ. La raison en est que, si x et y sont de la mĂȘme classe A1 et z de la classe A2 (câest-Ă -dire de la mĂȘme classe B, mais non pas de la mĂȘme classe AJ, alors x et y appartiendront, par rapport Ă z, Ă la classe A2 (= A1) : la composition < g s + ( gâ -, = ( aâ > correspondra donc, en termes de classes,
Ă la rĂ©sorption A1 + Aj = Aj (voir la figure 11). La seule maniĂšre dâatteindre les relations ( 6 > ; < c, ; etc., en partant de relations de rang infĂ©rieur, consistera donc Ă additionner des altĂ©ritĂ©s positives : x ( aây y + y , aâ y z â x < b y z : si x est cousin germain de y et si y lâest de z, alors la seule conclusion possible est que x aura le mĂȘme grqnd-pĂšre que z (et pourra donc ĂȘtre son cousin germain ou son frĂšre, ou encore se confondre avec z lui-mĂȘme). La raison en
Fig. il.
est que (si x appartient Ă la classe A1) y appartiendra Ă la classe Aj par rapport Ă x (Aj contenant la classe A2 dont y est membre) et z appartiendra Ă la classe Aj par rapport Ă y (Ă©lĂ©ment de A2) : dâoĂč Aj + Aj = B (voir la figure 14, p. 156). On aura de mĂȘme :
< bâ y -f- j bâ y = . 8 j J , ? -J- Îł 8â y = etC.
Inversement la seule maniĂšre de redescendre dâune Ă©quivalence positive supĂ©rieure Ă une Ă©quivalence positive infĂ©rieure consiste Ă composer la premiĂšre avec une Ă©quivalence nĂ©gative, et cela dans le cas oĂč les deux relations unissent deux mĂȘmes termes x et y. Par exemple (x > yj + (x, c«  y y) = (x < gâ y y), câest-Ă -dire « si a ; a le mĂȘme grand-pĂšre que y et quâils nâont pas le mĂȘme pĂšre, alors ils sont cousins germains » ; de mĂȘme :
(x +±> y) + (x y. y) = (x <4> y) ;
(x âL> y)Â +Â (x < by. y)Â =Â (x y y)Â ; etc.
Par contre si lâon compose les mĂȘmes relations entre trois termes, on aboutit Ă des rĂ©sorptions : par exemple x ( by y + y < g > 2 (si a ; a le mĂȘme grand-pĂšre que y et si y et z ne sont pas frĂšres), la seule conclusion quant aux rapports entre x et z est quâils appartiennent Ă la classe la plus gĂ©nĂ©rale du systĂšme (Z), soit : x ( , z.

Il est donc clair, une fois de plus, que lâopĂ©ration + < a y nâest pas lâinverse de + a t et ne peut donc constituer lâinverse du groupement. De façon gĂ©nĂ©rale, le passage des Ă©quivalences de rang infĂ©rieur Ă celles de rang supĂ©rieur ou le passage en sens opposĂ© ne constituent pas les opĂ©rations directes et inverses du groupement, mais sont des opĂ©rations directes parmi les autres. Les opĂ©rations directes du groupement consistent ainsi en additions, correspondant aux tautologies, rĂ©sorptions et vicariances des groupements de classes plus souvent quâaux additions et soustractions simples de classes. Quant aux opĂ©rations inverses, ce sont les mĂȘmes additions appliquĂ©es aux relations converses. Telle est lâoriginalitĂ© de ce groupement VI, qui est Ă la fois trĂšs diffĂ©rent des autres et indispensable pour faire comprendre la structure qui caractĂ©rise lâensemble des groupements I Ă VIII :
1. LâopĂ©ration directe sera lâaddition dâune relation symĂ©trique quelconque (Ă©quivalence positive ou nĂ©gative, et altĂ©ritĂ© positive ou nĂ©gative) dans un ordre donnĂ© des termes x, y et z (ou x et y) :
(46) {x < g , y)Â +Â {y ( a > z)Â =Â (x < a , z)
2. LâopĂ©ration inverse sera lâaddition de la converse, câest-Ă -dire de la mĂȘme relation symĂ©trique x « â > y dans lâordre y <â > x.
On pourrait aussi Ă©crire cette inverse â {x <â > y) :
(47) â (x y) = + {y x)
3. Lâidentique gĂ©nĂ©rale, produit des opĂ©rations directe et inverse et opĂ©ration laissant invariante toute autre opĂ©ration, est V identitĂ© (x <0 , x) :
(48) (x x g , y)Â +Â (y < a > x)Â =Â (x x 0-, x)
et
(48 bis) (x < 0 y x)Â +Â (x < g, y)Â =Â (x a , y)
4. Les identiques spéciales sont la tautologie et la résorption :
(49) (x y) + (x < g > y) = {x y)
et
(49 bis) (x < g y y)Â +Â (x ( bâ y)Â =Â (x < b > y)
5. Quant Ă lâassociativitĂ© elle est gĂ©nĂ©rale puisque les opĂ©rations directes et inverses sont identiques entre elles.
Les principales compositions sont alors :
1. Le produit de deux équivalences positives est la plus faible des équivalences positives qui les englobent toutes deux :
(50) (x <a> y)Â +Â (y < a> z)Â =Â (x <a> z)
(x < .α > y) + (y ^b^ z) = (x <rbâ z) (x < c y y) + (y < bâ z) = (x <c> z) ; etc.
En effet, si x et y appartiennent Ă une mĂȘme classe (A ou D, etc.) et que y et z appartiennent tous deux Ă une autre classe (B ou F), alors le rapport dâĂ©quivalence entre x et z sera dĂ©terminĂ© par leur co-appartenance Ă la classe composĂ©e (A + B) ou (D + F), etc. Dans le cas des emboĂźtements additifs on aura donc les rĂ©sorptions A + B = B ou D + F = F, câest-Ă -dire que le produit des deux Ă©quivalences positives sera simplement celle qui est de rang supĂ©rieur (proposition 50).
Mais il reste le cas oĂč les Ă©quivalences traduisent la co-apparte- nance Ă des classes multiplicatives. « Les Parisiens (x) sont compatriotes (4â) des habitants de Perpignan (y) » ; « les habitants de Perpignan (y) parlent catalan ( ( g* > ) comme ceux de Barcelone (z) » : quel sera le rapport entre les Parisiens et les Barcelonais ? LâĂ©quivalence x <â > z sera alors la plus faible de celles qui englobent < g| > et (g>>, câest-Ă -dire :
(51) ($ < % y) Ă· (y <Sa> z)Â =Â (x ^âbâ z)
En effet, la classe A1 correspondant Ă x <aây y est celle des Français (parlant ou non catalan) et la classe A2 correspondant Ă 44 est celle des Catalans (Français ou non-Français). Il en rĂ©sulte quatre possibilitĂ©s (selon le groupement IV) : A1A2 (= les Français catalans) ; A1Aj (= les Français non-catalans) ; A2A2(les non-Français catalans) et A2A2 (les non-Français non-catalans). La classe totale Ă©tant alors B1B2 lâĂ©quivalence x <â > z est bien x ^bâ z.
2. Le produit dâune Ă©quivalence positive et dâune altĂ©ritĂ© positive est celle de ces deux relations qui est de rang supĂ©rieur :
(52) (x < a > y) + (y Îșaâ z) = (x z)
(x 44 y)Â +Â (y <bâ > z)Â =Â (x < bL> z) et
(x 44 y)Â +Â (y 4Â >Â z)Â =Â (x < L> z)
(ĂŠ 44 y) + (y <aâ> z) â (x ( c -, z) ; etc.
Par exemple si x et y sont petits-fils du mĂȘme grand-pĂšre (< b >) et que y est cousin germain paternel de z (soit < 4 >) alors x et z sont petits-fils du mĂȘme grand-pĂšre (< b y),
En effet, la relation dâĂ©quivalence e,xprime le fait que deux des trois
individus appartiennent Ă une classe commune X (dâoĂč leur relation < Ï y). Si lâun des deux est en relation dâaltĂ©ritĂ© ( ( f,.,) avec un troisiĂšme qui appartient Ă une classe Y non incluse en X (fig. 12), alors lâautre le sera aussi : dâoĂč r + Ïâ = râ parce que, en ce cas, r < râ. Si au contraire, la classe Y est incluse en X (fig. 13), alors x, y et z appartiennent tous trois Ă Xet lâon aura râ < r, dâoĂč r + râ = r.
Fia. 12.
La classe X contient les termes x et y et la classe Y, disjointe de X, contient le terme z.
3. Le produit de deux altérités positives de rangs différents, données entre trois termes, est celle de rang supérieur :
(53) (x < â€Î» y) + (y <ÂŁ> z) = (x âL> z)
et
(x âL> y) + (y > z) = (x â4 z)
(x ey y) + (y < aâ > z) â (x j câ j z) ; etc.
Par exemple si x est frĂšre de y et y cousin germain de z, alors x est cou
sin germain de z.
Fia. 13.
La classe X contient les termes x et y et la classe^, incluse en X, contient le terme ?..
En effet, quand les altĂ©ritĂ©s sont de rangs diffĂ©rents, les deux termes reliĂ©s par celle de rang infĂ©rieur (par exemple frĂšre < 0â ;,) sont nĂ©cessairement Ă©quivalents du point de vue de la classe immĂ©diatement supĂ©rieure (par exemple < a > = fils du mĂȘme pĂšre). Si lâun de ces deux termes est reliĂ© Ă un troisiĂšme par une altĂ©ritĂ© dâordre supĂ©rieur (comme < aâ, ~ cousin germain), lâautre lâest donc
aussi en vertu de sa co-appartenance Ă la mĂȘme classe.


4. Lorsque deux altĂ©ritĂ©s positives sont de mĂȘme rang, leur produit est ÎĂ©quivalence de rang immĂ©diatement supĂ©rieur :
(54) (x 44 y) + (y xâ° z) = (x < a > z) (x <aâ > y) + (y <aâ > z) = (x ( b y z) ; etc.
Par exemple si x est cousin germain paternel de y, et que y lâest de z, alors x et z sont petits-fils du mĂȘme grand-pĂšre câest.Ă -dire cousins germains, frĂšres ou identiques.
En effet la composition de ces altĂ©ritĂ©s de mĂȘme rang ne repose plus sur la tautification ou la rĂ©sorption des classes correspondantes, comme les symĂ©tries prĂ©cĂ©dentes, mais sur la vicariance de ces
Fis. 14.
A1 fait partie de Aâ2 et A2 fait partie de Aâv
classes. Soit < aâ > + < aâ > = ( 6 >âą La premiĂšre de ces altĂ©ritĂ©s {x est cousin germain paternel de y) constitue une relation entre la classe A1 ( = x et ses frĂšres) et la classe AJ (= ses cousins germains, dont y) ; la seconde de ces altĂ©ritĂ©s {y est cousin germain paternel de z) constitue par contre la relation entre A2 (= y et ses frĂšres) et A2 ( = ses cousins germains dont x). Or, comme
AJ A2 = B, le produit de ( aâ, + < aâ, ne saurait donc ĂȘtre que <ft,, car lâindividu z appartenant Ă la classe A2 peut ĂȘtre un A1ou un Î2 non A1 (voir la figure 14).
5. La composition dâune Ă©quivalence positive (x  »,) entre x et y avec une Ă©quivalence ou une altĂ©ritĂ© nĂ©gatives de rang infĂ©rieur (f"4) entre les deux mĂȘmes termes x et y, donne une relation exprimant, sous la forme dâune Ă©quivalence ou dâune altĂ©ritĂ©, le produit de la soustraction des classes correspondantes : S â (A⊠Râ) :
(55) (x Jâ y)Â +Â (x y)Â =Â {x âL> y)
et
(x > y) + (x < ?4 y) = (x y)
Par exemple si a : a le mĂȘme grand-pĂšre que y et quâil nâest pas son frĂšre, il est son cousin germain et vice versa (B â A = Aâ et B â Aâ = A).
La composition cesse dâĂȘtre intĂ©ressante lorsque lâĂ©quivalence positive et la relation nĂ©gative ne sont pas de rangs contigus : par exemple
c + ù â aâ, b, bâ

(si x et y ont le mĂȘme arriĂšre-grand-pĂšre et quâils ne sont pas frĂšres, ils peuvent ĂȘtre cousins au premier et au second degrĂ© et avoir ou non le mĂȘme grand-pĂšre).
6. La composition dâune Ă©quivalence positive entre x et y avec une Ă©quivalence ou une altĂ©ritĂ© nĂ©gatives de mĂȘme rang ou de rang supĂ©rieur, entre y et z, donne cette mĂȘme Ă©quivalence ou altĂ©ritĂ© nĂ©gatives, entre x et z x
(56) (z^â^)Â +Â â âL>z)Â =Â (zâL>z)Â ; (x iay y)+(y < * ) z)=(aâ * >z) (Ï^y)+(y<^z)=(x^z)â, (Ï^y)+(y ^z)=(Ï^z)
Par exemple si x est le frĂšre de y et que y nâest pas le frĂšre (ou le cousin, etc.) de z alors x nâest pas non plus le frĂšre (ou le cousin, etc.) de z.
7 et 8. Enfin, la composition dâune Ă©quivalence positive entre x et y et une Ă©quivalence ou altĂ©ritĂ© nĂ©gatives de rang infĂ©rieur entre y et z, ou la composition de deux Ă©quivalences ou altĂ©ritĂ©s nĂ©gatives entre les termes x, y et z donne lâĂ©quivalence la plus gĂ©nĂ©rale du systĂšme considĂ©rĂ© (soit Ï zy correspondant Ă la classe Z) :
(57) (x y) + (y <_« ..> z) = (x z)
et
(57 bis) (x y y)Â +Â (y < s > z)Â =Â (x < z > z) et
(x <1â y)Â +Â (y z)Â =Â (x Ă·jâ z)
En effet, si x et y appartiennent ensemble Ă une classe quelconque X et que y et z nâappartiennent pas Ă la mĂȘme classe Y, incluse en X (si x et y ont le mĂȘme grand-pĂšre et que y et z ne sont pas frĂšres), alors x et x peuvent appartenir Ă cette mĂȘme classe Y ou Ă toute autre classe de rang supĂ©rieur jusquâĂ Z (x et z peuvent ĂȘtre frĂšres ou ce quâon voudra, jusquâĂ nâavoir comme ancĂȘtres communs que le pĂšre Adam lui-mĂȘme ou le premier des Protozoaires, selon la dĂ©finition de Z). De mĂȘme, si x et y ne sont pas de la mĂȘme classe X et que y et z ne sont pas de la mĂȘme classe Y (sans quâaucune relation soit donnĂ©e entre les classes X et Y) on nâen peut tirer quâune conclusion : câest que x et z appartiennent Ă la classe la plus gĂ©nĂ©rale du systĂšme, câest-Ă -dire Ă Z (dâoĂč ( z y).
§ 20. Le groupement VII : la multiplication co-univoque des relations
Multiplier une relation par une autre consiste Ă soumettre les termes de la premiĂšre (tous ou quelques-uns) Ă la seconde Ă©galement (de mĂȘme que multiplier deux classes consiste Ă emboĂźter tous les termes ou quelques-uns des termes de la premiĂšre dans la seconde). Or, il existe deux sortes de multiplications entre relations et il ne peut en exister que deux : les multiplications bi-univoques et co-univoques.
On pourrait concevoir, il est vrai, trois sortes de multiplications, celle des relations symĂ©triques entre elles, des relations asymĂ©triques entre elles, et des deux Ă la fois. Mais on ne saurait multiplier des relations symĂ©triques Ă elles seules : si un individu peut ĂȘtre Ă la fois frĂšre, cousin, etc., par rapport Ă dâautres, câest en tant quâil est fils du mĂȘme pĂšre, etc., et quâil appartient Ă un mĂȘme systĂšme de classes emboĂźtĂ©es : or les relations de fils, petit-fils, etc., ou dâinclusions entre classes sont des relations asymĂ©triques, et il faut passer par leur intermĂ©diaire pour insĂ©rer les relations symĂ©triques dans des systĂšmes multiplicatifs. On peut par contre multiplier des relations asymĂ©triques entre elles et traduire ainsi en langage de relations les tables Ă double (ou Ă triple, etc.) entrĂ©e (voir groupement IV) dont les inclusions constituent dĂ©jĂ Ă elles seules des relations asymĂ©triques : mais les correspondances bi-univoques intervenant en de telles tables consistent, par contre, en relations symĂ©triques, ce qui confĂšre Ă un tel systĂšme un caractĂšre mixte. Quant aux multiplications entre relations asymĂ©triques et relations symĂ©triques, elles peuvent ĂȘtre de deux sortes. Elles peuvent donc ĂȘtre bi-univoques, comme nous venons de lâentrevoir et le reverrons en dĂ©tail au § 21. Mais il peut aussi y avoir multiplication co-univoque et câest de cette derniĂšre quâil va sâagir maintenant.
Un thĂ©orĂšme connu de logique des relations, dĂ©veloppĂ© par Russell, dit quâune relation asymĂ©trique multipliĂ©e par sa converse engendre une relation symĂ©trique et transitive. Par exemple, la relation « x est fils de z » multipliĂ©e par « z est pĂšre de y » donne « x est fils du mĂȘme pĂšre que y » (câest-Ă -dire frĂšre de y ou identique Ă y) : soit (xâŁz) Ă (z^y) = (x <â > y). RĂ©ciproquement on peut considĂ©rer toute relation symĂ©trique transitive comme le produit de deux relations asymĂ©triques. En effet, une relation symĂ©trique et
transitive entre x et y exprime leur co-appartenance ou leur co-inclusion par rapport Ă une mĂȘme classe : or, lâappartenance ou lâinclusion sont des relations asymĂ©triques, de telle sorte que, si A est la classe qui emboĂźte x et y, et si les relations Ï et f expriment la relation dâemboĂźter ou celle dâĂȘtre emboĂźtĂ©, on a toujours :
(58) (xfA)Â ĂÂ ^y)^(x^y)
DĂFINITION 29. â Nous appellerons « relation co-univoque » toute relation asymĂ©trique unissant un mĂȘme terme Ă plusieurs.
Par exemple la relation unissant une classe Ă ses sous-classes est co-univoque. Ou bien encore la relation Ïα unissant un pĂšre Ă ses fils ; la relation ÏÎŽ unissant un grand-pĂšre Ă ses petits-fils, etc.
DĂFINITION 30. â Sera dite « multiplication co-univoque des relations » lâopĂ©ration qui dĂ©termine entre deux termes x et z les relations co-univoques et les relations symĂ©triques du rang le plus faible, en partant des relations de mĂȘmes formes donnĂ©es entre x et y et entre y et z : soit
(ââŁgâ^y) Ă (yâŁgâ-^z) =
Par exemple x est le pĂšre (Ïg) du frĂšre (< 0â >) de y ; y est le pĂšre (Ïg) du cousin germain paternel ( < gâ > ) de z : donc x est le grand-pĂšre (-P < 0 >) de z.
De telles opĂ©rations constituent un groupement multiplicatif, isomorphe au groupement co-univoque des classes (III). Nous allons en dĂ©velopper les principales compositions en prenant comme exemples les relations de famille constitutives dâun arbre gĂ©nĂ©alogique. Mais nous nâenvisagerons que la filiation paternelle et non pas les innombrables combinaisons issues des unions (par lâinterfĂ©rence de plusieurs systĂšmes co-univoques, ce qui donne dâailleurs Ă nouveau des systĂšmes co-univoques).
Voici dâabord la sĂ©rie des relations asymĂ©triques en jeu :
Ć|g y = x est le pĂšre de y xâa y = âbâ âay â x est le pĂšre de y
xâby = a : est le grand-pĂšre de y âfg y = âŁcâ âby = x est le pĂšre de y
ĂŠj0 y = a : est lâarriĂšre grand-pĂšre -âetcâ
de y âŠetc.
Nous écrirons uniformément, pour abréger |g pour la relation « pÚre », etc. (voir fig. 15).
ĂŠ|g y = x est le fils de y xâa y = âb â âŁÎ± y â x est le fils de y
xâby = x est le petit-fils de y xâb y = âŁcâ fb y = x est le petit-fils de y ⊠etc.
Nous Ă©crirons uniformĂ©ment âα pour la relation « fils », etc.
Ces relations se composent entre elles par additions simples :
G4ay) + (nαz) = MΎ*)
= si x est le pĂšre de y et si y est le pĂšre de z, alors x est le grand-pĂšre de z.
Nous écrirons donc, de façon générale, si 4 est une relation quelconque de rang a, b, c, etc., et 4 une autre relation quelconque également de rang a, b, c, etc. :
(59) (ÏâŁi, y) + (yâŁyâz) = (z^+^âz)
et
(59 bis) y) Ă· GPâz) = (xâÎČ~oâz)
Lorsque gâ > g par exemple (gâ = fÎŽ et g = 4), il va de soi que le produit sera de sens f : 4 +â6 = âα.

Fia. 15.
Â
Quant aux relations symétriques, elles constitueront le produit :
(
âŁÎ± \  / AÂź \ z x
zhaAĂ(yâŁiz) = U 4-4 y) oĂč m = g le / \ lu /
On obtiendra ainsi les relations connues par le groupement VIÂ :
(z|â x)Â ĂÂ (yâa z)Â =Â (ĂŠ y)Â =Â x est fils du mĂȘme pĂšre que y
(zâŁÎŽ x) Ă (yâb z) = âx ti, y) = x est le petit-fils du mĂȘme grand-pĂšre que y
(zÎłc x) Ă (aÎčfc z) = â x est lâarriĂšre petit-fils, etc.
⊠etc.
x y = x est le frÚre de y
xλλâ y = x est le cousin germain de y
x TL^ y = x est le cousin issu de germain de y âŠetc.
En appliquant les lois du groupement VI, on a alors (si m et mâ sont deux relations symĂ©triques primaires ou secondaires)1 :
,a,, Îč m â l i â ( (Ï <m \ z) si m. > mâ
(61) TT +1J L> L = â *~y ; .
* *j* *z ( (x <my z) si m > m et
!
(x <Aâ z) si m = mâet que tous deux sont primaires
(x imy z)sÎčm = m et que tous deux sont secondaires.
La relation m ! signifie, en ce dernier cas, la premiĂšre relation primaire supĂ©rieure Ă mâ (<aâ y + -aâ y = b) : voir proposition (54).
En multipliant maintenant les relations asymétriques et les relations symétriques on a :
x ^8-âl0 y = x est le frĂšre du pĂšre de y, donc lâoncle de y.
x y = x est le cousin germain du pÚre de y.
x T, y â x est le cousin au deuxiĂšme degrĂ© du pĂšre de y.
⊠etc.
x y = x est le frÚre du grand-pÚre de y, donc le grand-oncle de y. ⊠etc.
xlaTL^ y = x est le pÚre du cousin germain de y.
ââŁ0ââ€>- y = x est le grand-pĂšre du cousin germain de y.
⊠etc.
y = x est le fils du frĂšre de y, donc le neveu de y. Ïi[aTâ- V â  x est le fils du cousin germain de y.
⊠etc.
x Tâ, V =Â Ï est le cousin germain du fils de y. ⊠etc.
Ces relations, ainsi engendrĂ©es grĂące aux lois de formation (59) Ă (61), donnent alors lieu aux compositions suivantes. Il convient dâabord de noter que les multiplications en jeu dans ce groupement ne sont pas commutatives, câest-Ă -dire que < m>âŁg nâĂ©quivaut
1. La relation m peut donc ĂȘtre secondaire aussi bien que primaire et la relation mâ primaire aussi bien que secondaire.
pas Ă : « x est le frĂšre du pĂšre de y » (lâoncle de y) nâest pas
identique à « Ê est le pĂšre du frĂšre de y » (= x est le pĂšre de y). On a donc Ă considĂ©rer dâabord les lois de conversions suivantes :
(62) (,ÎâŁ4) = (y*â°)
Exemple : x est le frĂšre du pĂšre de y (câest-Ă -dire son oncle) = y est le fils du frĂšre de x (câest-Ă -dire son neveu).
et (62 bis) (x y) = (y x)
Exemple : x est le pĂšre du cousin germain de y (câest-Ă -dire son oncle) = y est le cousin germain du fils de x (câest-Ă -dire son neveu).
Ensuite, la multiplication constitutive du groupement, étant co-univoque et non pas bi-univoque, la loi de transformation fondamentale sera la suivante :
(63) = (xÎł^yâ)
ou (en vertu de 62 bis)Â :
(63 bis) (x ) I« y) = (y <m°y x)
formules dans lesquelles le produit mg rĂ©sulte du tableau des correspondances suivantes dĂ©terminĂ©es par la proposition (60) avec dĂ©composition des relations symĂ©triques primaires en leurs composantes secondaires (voir p. 163. Ce tableau des correspondances co-univoques constitue donc lâexpression mĂȘme des compositions du groupement1 (propositions 60 et 62 rĂ©unies).
Ce tableau se lit comme suit. La premiĂšre ligne horizontale (0) signifie âŁo Ă |o = < 0 > : lâindividu x dont sont issues les gĂ©nĂ©rations suivantes est identique Ă lui-mĂȘme du double point de vue de la descendance et et de la parentĂ© collatĂ©rale (t 0 >). La seconde ligne horizontale se lit âŁa Ă  = < 0 >,  = <-â eâ reprĂ©sente les
seules relations collatĂ©rales possibles entre individus de la premiĂšre gĂ©nĂ©ration : lâidentitĂ© (( 0,), la relation de frĂšre (< 0â >) et celle de « fils du mĂȘme pĂšre » (t a y). La troisiĂšme ligne horizontale se lit âŁÎŽÂ Ă âŁâ  = < 0 > ; Ξ ! <a > = ÷-â Ξt reprĂ©sente les relations
1. Charles Serrus, qui nous a empruntĂ© toutes les formules du prĂ©sent groupement, traduit ce tableau (TraitĂ© de Logique, p. 295) par des nombres, ce qui lui enlĂšve tout intĂ©rĂȘt quant Ă ses connexions avec les autres structures « intensives ».
collatĂ©rales possibles entre individus de la seconde gĂ©nĂ©ration : < 0 > (identitĂ©), 4â (frĂšre), < a > (cousin germain) et <b > (petit- fils du mĂȘme grand-pĂšre), etc.
Pour dĂ©terminer, dans la proposition (63), le produit mg, il suffit alors de considĂ©rer la relation 4â comme prolongeant additive-^ ment la suite g, les valeurs de m et de g Ă©tant donnĂ©es par le tableau ci-aprĂšs. Cette addition g + m sâobtient elle-mĂȘme comme suit :
La relation sâexprimera par les valeurs (pĂšre) = diffĂ©rence dâune ligne horizontale Ă la suivante ; âŁÎŽ (grand-pĂšre) = diffĂ©rence de deux lignes ; (arriĂšre grand-pĂšre) = diffĂ©rence de trois lignes, etc. Le produit
o o, aâ bâ câ dâ eâ m
âŁ0⣠o ?⊠ = 44 l|°
âŁÎ± o 0â  = â4
|6 0 0â aâ âŠâŠâŠâŠâŠâŠÂ ;  = âŁÎ±
|° 0 0â aâ bâ = 44 âŁÎ±
Îłd 0 0â aâ bâ câ = 44
ÎłÎČ 0 0â aâ bâ câ dâ .. = âŁÎ±
0 0â aâ b, câ dâ eâ = 4->- |°
âŁÏ ⊠etc. etc. I »
4â-jÎČsignifiera que, partant de la ligne <ÎŽr (= la troisiĂšme), on descend de |o (voir les |a Ă droite du tableau) Ă la ligne Ie produit <t> γΎ signifiera que lâon descend de 4>- â <dr > etc.
Quant aux relations <m>, elles peuvent ĂȘtre primaires ou secondaires. Si elles sont primaires, le produit tm, est alors simplement donnĂ© par la relation terminale (primaire) de la ligne horizontale atteinte parÎłÎČ, Ă partir de Par exemple x 44 âŁÎ± y (= Âź est petit-fils du mĂȘme grand-pĂšre que le pĂšre de y) Ă©quivaut Ă . x c ° x y (= x est le pĂšre de lâarriĂšre petit-fils du mĂȘme arriĂšre grand-pĂšre que y), parce que, partant de la ligne 4> et descendant dâune ligne (|°), on aboutira Ă la ligne t . Si est dâordre secondaire, ce qui est le cas le plus instructif, alors
mg est la derniĂšre relation secondaire de la suite additive g + m. Par exemple x TL,. lg y (= x est le cousin germain du grand-pĂšre de y) donne x âŁâ y (= a : est le grand-pĂšre du cousin au troisiĂšme degrĂ© de y), parce que, partant de la ligne (la troisiĂšme) et descendant de deux
alignes (j8), on arrive Ă la ligne <d> dont la derniĂšre relation secondaire
est TT-
On peut construire ainsi la table de multiplications suivante, que nous tirons directement du tableau des correspondances co-univoques précédent :
m X g = mg m X g  = mg
0Ă0Â =Â 0 0â x 0 Â =Â 0â
a X 0 = a 0â  Ă a  = aâ
.b x 0 = b 0â x b  = bâ
âŠetc. 0â  Ă c  = câ
0 x a = a âŠetc.
0 Ă b = b aâ x 0 = aâ
âŠetc. aâ X a = bâ
a Ă a = b aâ x b = câ
a x b = c aâ  Ă c â dâ
a x c = d âŠetc.
âŠetc. bâ X 0 = bâ
b x a = c bâ  Ă a â câ
c Ă a â d bâ  Ă b = dâ
d Ă a = e bâ  Ă c = eâ
âŠetc. â ⊠etc.
b Ă b = d câ X 0 = câ
b x c = e câ  Ă a = dâ
b Ă d =  / câ  Ă b = eâ
âŠetc. âŠetc
c Ă b = e dâ x a = eâ
c x c = f dâ x b = f
c X d = g dâ  Ă c = gâ
âŠetc. âŠetc.
Inversement, on aura :
(64) =
ou (en vertu de la proposition 62)Â :
(64 œ) =
Pour déterminer le quotient m : g la valeur de g est alors à soustraire de celle de m, conformément à la table que voici :
m : g m : g
0 :0 = 0 0â : 0 = 0â
0 : a = 0 0â : a = 0
âŠetc. âŠetc.
a : 0 = a aâ : 0  = aâ
a-, a = 0 aâ : a  = 0â
a : b = Q aâ : b  = 0
âŠetc. âŠetc.
b : 0 = b bâ : 0  = bâ
b : a = a bâ : a  = aâ
/ b :b = O bâ -.b = 0â
âŠetc. bâ : c = 0
c : 0 = c âŠetc.
c : a â b câ : 0 = câ
c : b â a câ : a = bâ
c : c = 0 câ : b = aâ
âŠetc. câ : c = 0â
d : 0 = d câ : d = 0
d : a = c âŠetc.
d-. b = b âŠetc.
Exemple : Si x est le grand-pĂšre (iÎŽ) du cousin issu de germain ( tbâ ) de y, alors il est le frĂšre ( t0â> ) du grand-pĂšre de y (âŁÎŽ), soit :
(x ââ- y)Â =Â (x y6 y) = (y fÎŽ ââ- y)â
parce que bâ â b = 0â.
En effet, lâopĂ©ration bâ â b consiste Ă remonter de deux lignes (âŁÎŽ) Ă partir de la rangĂ©e ^ÎŽ4> ce qui donne c0â, .
Enfin, si m †g, on a naturellement :
(65) {xâÎČ^^y) = (xâÎČy}
Exemple : Si x est le grand-pĂšre (jÎŽ) du frĂšre ( 4âr ) de y, il est aussi le grand-pĂšre de y.
Ces transformations fondamentales (63) Ă (65) permettent alors la composition des relations entre trois individus quelconques. On a dâabord, en vertu de (65)Â :
(66) Si m †g alors (zâŁl7y) Ă (y44z) = (xpz) proposition qui dĂ©finit la « famille » dâordre g de x, câest-Ă -dire lâensemble ne dĂ©passant pas, pour chaque gĂ©nĂ©ration a⊠g, la parentĂ© m = g.
Par contre, si m > g, on a, en vertu de (64) :
(67) GΚ*â) Ă {y 44 z) = (xZLiâz)
Exemple : Si x est le pÚre de y et que y est le cousin germain (4 »-) de z,
alors x est le frĂšre ( <aâ°Â = aâ : a) du pĂšre QÎČ) de z.
En introduisant une relation | de plus, on aura :
(68) (Ï X (y IÎČâ z)Â =Â (a, 44 p+ qâ z}
et si m < g, alors (ĂŠp+âz)
Exemple : Si x est le pĂšre (|°) de y et que y est le cousin germain du grand-pĂšre de z {y +4y6z), alors x est le frĂšre ( < 0 * â aâ : a) de lâarriĂšre grand-pĂšre UŸ = a x b) de z, ou encore (proposition 63) x est lâarriĂšre grand-pĂšre du cousin au troisiĂšme degrĂ© (Îłc ââ-) de z.
De mĂȘme, si m > g, on a :
(ΞΞ) (xâÎČ-*â-y) Ă (yâŁ9âz) = (4-â +9âzj
et si m †g alors (z y6f+iâ, z)
Exemple : Si x est le pĂšre du cousin germain (44) de y et que y est le pĂšre (jâ) de z alors x est le frĂšre (4>- = « â:« ) du grand-pĂšre (âŁÎŽ â a X a) de z.
DâoĂč, par composition de (68) et de (69)Â :
(70) (ÏâÎČ^y) Ă GPâ^z) = (zp+^z)
si m †g et si mâ †(g + gâ).
Si ces deux conditions ne sont pas remplies simultanément, on a :
Si mâ < mgâ alors (x^+oâ z)
Si mâ > mgâ alors {x >âÎČ+aâ ^â-z} et si mâ = mgâ alors (ivâ+^z)
Voici un exemple pour (m < g) et (g + gâ) â„ mâ :
(xâŁcâÎ^y) Ă (yâŁÎŽ-Î*-z) = (xâŁez)
Et pour (m < g), mais (g + gâ) < mâ :
G â4- y) Ă {y z) = (Ï âŁd z)
De mĂȘme, on a :
(âsi mâ < mg alors (x -+â- âŁt,+l7â z)
(71) 04â°H Ă siw>mgaiors(Ï^âŁa+<ââz)
( si mâ = mgalors
oĂč < ffti> est la plus faible relation primaire englobant m, si m est dâordre secondaire.
Exemples pour (mâ < mg) : si x est le cousin germain du grand-pĂšre de y, et que y est lâoncle de z, alors x est le cousin germain de lâarriĂšre grand-pĂšre de z : soit (x-4-^âŁÎŽy) X (y4>Jâz) = (x-i »- jcz).
Pour (mâ > mg) : soit (xâ-->-j"y) Ă (yââ-âŁÎ±z) = (zââ~âŁÎŽz).
Et pour (mâ = mg) : soit (x-tâ  >~yαy) X (y*-âŁÎ±z) = (xâ<-â-yÎŽz), câest-Ă -dire que x peut ĂȘtre le grand-pĂšre de z, ou son grand-oncle ou le cousin germain de son grand-pĂšre : en effet (x -*-â- âŁÎŽ z) indique sans plus que x a pour son compte le mĂȘme grand-pĂšre dans ces trois cas, mais sa parentĂ© vis-Ă -vis de z reste indĂ©terminĂ©e, puisquâon sait seulement que x est le cousin germain du pĂšre de y et que y est le cousin au troisiĂšme degrĂ© du pĂšre de z : le pĂšre de z peut donc ĂȘtre le fils de x ou son neveu ou le fils de son cousin germain.
Telles sont (66 Ă 71) les compositions Ă©lĂ©mentaires du groupement des multiplications co-univoques des relations. Ces compositions, dont on constate lâisomorphisme avec le groupement de la multiplication co-univoque des classes, peuvent alors ĂȘtre diffĂ©renciĂ©es selon toutes les combinaisons possibles. Nous avons donnĂ© ailleurs1
1. Classes, relations et nombres.
quelques échantillons de leurs diversités, notamment selon les quatre figures :
(xy Ă yz) = (xz) ; (xy) Ă (xz) = (yz) ; (xy) Ă (zy) = (xz)
et (Ïy) Ă (zĂŠ) â (yz)
que Ch. Serrus a reprises dans son TraitĂ©1. Il nâest donc pas nĂ©cessaire de les rĂ©analyser ici, car elles dĂ©rivent toutes des transformations fondamentales (63) et (64), en appliquant aux relations asymĂ©triques et symĂ©triques en jeu leurs rĂšgles respectives dâaddition.
Notons seulement que, quand les relations asymétriques sont inverses, le calcul est un peu plus compliqué. En voici un seul exemple :
(72) {Ï^âgy) Ă{yâg^zâ) =
| . si (g â gâ) | > (m1â m) alors (x âg~gâ â 2- z) | |
| pour g > gâ < | ) si (g â gâ) | < (mâ â m) alors (x p-gâ z) |
| - \ | . si (g â gâ) | = (mâ â m) alors (Ï âa~aâ -22â, z) |
| i si (gâ â g) | > (m â mâ) alors (x â->- z) | |
| pour g < gâ â | ) si (gâ â g) | < (m â mâ) alors (x âgâ-gJF2gJâg2. z) |
| si (gâ â g) | = (m â mâ) alors (x âgâ~~g -*â~z) | |
| si m > mâ | alors (z ââ- z) | |
| pour g = gâ < | si zn < znâ | alors (x â->- z) |
| si m = mâ | alors (x -2â- z) |
Â
LâassociativitĂ© prĂ©sente, dans ce groupement, un intĂ©rĂȘt particulier, du fait quâelle y manifeste plus visiblement que dans les autres sa fonction propre : atteindre le mĂȘme point dâarrivĂ©e par des chemins diffĂ©rents et notamment par des « dĂ©tours » plus ou moins grands. Soit par exemple :
( â) = G ? y) ; ( ÎČ) = G âŁc z1) ; et (Îł) = (z1 Î- âŁrf z2)
On aura si lâon compose (Ć Ă ÎČ) Ă part, puis (α Ă ÎČ) avec (Îł), ou bien (a) Ă part et (ÎČ Ă γ) dâautre part, le mĂȘme produit final (z-<â-âŁ,z2), mais par des chemins diffĂ©rents : en effet (α Ă ÎČ) donnent (x-*-*-âŁez1) et (ÎČ Ă γ) donnent {y^-*~âgz). Pourtant la
1. Ch. Serrus, op. cit., p. 292-313.
premiĂšre de ces deux expressions, multipliĂ©e par (y) donne le mĂȘme produit que la seconde multipliĂ©e par (a).
Les identiques spĂ©ciales sont naturellement conformes Ă la rĂšgle habituelle. Quant Ă lâidentique gĂ©nĂ©rale, on se rappelle que, dans les groupements multiplicatifs de classes, elle rĂ©sulte de lâopĂ©ration dâabstraire une classe dâelle-mĂȘme, câest-Ă -dire de la supprimer en tant quâemboĂźtement tout en laissant ses Ă©lĂ©ments dans la classe la plus gĂ©nĂ©rale du systĂšme. De mĂȘme, abstraire une suite de relations dâelle-mĂȘme consistera Ă supprimer les relations entre ces termes comme tels tout en conservant ces termes Ă titre de termes de toute autre relation possible :
UW)Â : (Ïâay)Â =Â â â0y)
Ce groupement de la multiplication co-univoque des relations est ainsi, de beaucoup, le plus riche des groupements « intensifs » examinĂ©s jusquâici. On pourrait se demander si cette fĂ©conditĂ© ne rĂ©vĂšle pas lâexistence dâun fond numĂ©rique qui engendrerait les rapports en jeu, puisque les gĂ©nĂ©rations peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des unitĂ©s successives, que lâon retrouve dans les degrĂ©s de la parentĂ© collatĂ©rale. Certes il est facile de dĂ©nombrer les gĂ©nĂ©rations comme ces degrĂ©s, mais câest un fait remarquable que rien ne nous y contraint, et que lâemboĂźtement des relations secondaires 44 ; < aâ -, ; 44 ! etc., dans les relations symĂ©triques primaires tâ a -, ; 4ââ> < c > en fonction des relations asymĂ©triques etc., suffit Ă exprimer de la maniĂšre la plus prĂ©cise et la plus complĂšte lâensemble des rapports intervenant dans un systĂšme de filiations. Or, comme un tel systĂšme est isomorphe au groupement des multiplications co-univoques de classes, et que ce dernier groupement traduit la structure de toute classification complĂšte, on voit que lâexistence du prĂ©sent groupement constitue la meilleure des vĂ©rifications Ă©tablissant le caractĂšre Ă la fois naturel et Ă©lĂ©mentaire du mĂ©canisme opĂ©ratoire des groupements.
§ 21. Le groupement VIII : la multiplication bi-univoque des relations et les relations dâĂ©quivalence multiplicative (correspondances bi-univoques)
Au groupement (IV) de la multiplication bi-univoque des classes correspond enfin un groupement multiplicatif de relations qui intéresse comme le groupement VII les relations asymétriques et symé-
triques Ă la fois : il constitue des tables Ă double (ou Ă triple, etc.) entrĂ©e, lâune des entrĂ©es Ă©tant occupĂ©e par une sĂ©riation (groupement V), tandis que lâautre lâest, soit par une seconde sĂ©riation, soit par un systĂšme de relations symĂ©triques (correspondances), soit par les deux Ă la fois.
Cherchons Ă distribuer un ensemble dâobjets selon leur poids et leur volume simultanĂ©ment, sans ĂȘtre en possession dâaucune donnĂ©e mĂ©trique. Pour les poids on ne disposera ainsi que dâestimations qualitatives (perceptives) en (+), en ( = ) et en (â ). Pour le volume on immergera successivement les objets en un rĂ©cipient dâeau en jugeant donc du rĂ©sultat en (+), en (=) et en (â ), toutes les comparaisons de poids ou de volume sâeffectuant par couples. On aura ainsi la possibilitĂ© de sĂ©rier les objets selon une suite de relations asymĂ©triques transitives exprimant les diffĂ©rences de poids : 0 4. A4B-4C4 D 4âââ) Ξtcâ, eâ de construire uneâ suite semblable pour les volumes. On aura de mĂȘme le pouvoir dâĂ©tablir des Ă©quivalences X 4> Y ou X ( b > Y, etc., selon les divers poids ou les divers volumes constatĂ©s Ă©gaux. Mais on nâaura, par hypothĂšse, aucun moyen dâĂ©galiser les diffĂ©rences 4 = â = â = ⹠âąâą, câest-Ă -dire de construire une unitĂ© mĂ©trique a = a telle que b = 2 a, c = 3 a, etc. On ne pourra pas non plus graduer les diffĂ©rences selon un ordre croissant (4) <(â) <(â)âââ, etc., ou dĂ©croissant. On ne disposera donc dâaucune quantification extensive et lâon se trouvera en prĂ©sence de seules relations intensives fondĂ©es sur lâemboĂźtement des diffĂ©rences positives (groupement V) ou nulles (groupement VI). Comment alors comparer tous les objets en prĂ©sence, du double point de vue du poids et du volume, câest- Ă -dire comment construire un groupement multiplicatif avec ces deux suites de relations ?
La seule mĂ©thode consistera Ă construire une table Ă double entrĂ©e combinant les deux sortes de diffĂ©rences et dâĂ©quivalences. On commencera par construire des classes dâĂ©quivalences contenant les objets de mĂȘme poids ou de mĂȘme volume. Nous supposerons quâil nâexiste pas deux objets de mĂȘme poids et de mĂȘme volume Ă - la fois, mais il peut y avoir Ă©quivalence selon lâune ou lâautre qualitĂ©. En ce cas, les objets de poids Ă©quivalent seront donc Ă sĂ©rier selon le volume et vice versa. Appelons ainsi A1 une classe dâobjets de mĂȘme poids ; Ai une classe dâobjets de mĂȘme poids Ă©galement, mais plus lourds que les A1j Bj une classe dâobjets encore plus lourds, mais de poids Ă©gal entre eux, etc. Appelons dâautre part A2;
A2; B2; etc., des classes dâobjets de volume croissant dâune classe Ă lâautre, mais de volume Ă©gal Ă lâintĂ©rieur de chaque classe. Nous pouvons alors construire au moyen de ces classes une table Ă double entrĂ©e de la forme de celles du groupement IV (voir fig. 9, p. 123),

Fig. 16.
Â
mais à cette différence prÚs que chaque intersection A1A2j A(A2; A2A2; etc., sera constituée par une classe singuliÚre.
La figure 16 reprĂ©sente les classes singuliĂšres de cette table Ă double entrĂ©e par un ensemble de rectangles : chaque rangĂ©e horizontale figure ainsi une suite dâobjets de mĂȘme volume, mais de poids croissant, et chaque colonne verticale une suite dâobjets de mĂȘme poids, mais de volume croissant. Il est alors facile de relier ces objets par un double systĂšme de relations asymĂ©triques exprimant
simultanĂ©ment les diffĂ©rences de poids et de volume. Pour une mĂȘme classe A2 contenant des objets de volume Ă©gal, on aura en effet, la sĂ©riation suivant des poids (en nĂ©gligeant le 0) :
(73) (A1A2)4(a ;a2)4 (b ;a2)4(c ;aj4(d ;a2)4⊠etc.
Ces relations seront les mĂȘmes entre les termes de la classe A2 ou de la classe B2, etc., lesquelles ne diffĂšrent que par le volume. RĂ©ciproquement, pour une classe A1 contenant des objets de poids Ă©gal, on aura la sĂ©riation suivante des volumes (cette sĂ©rie Ă©tant verticale dans la figure 16) :
(74) (A1A2) 4 (A1A2) 4 (A1B2) 4 (A1Câ) 4 ⊠etc.
Ces relations yâ2;Â ; y6*; etc., se retrouveront entre les termes des
classes An BJ C(, etc., lesquelles ne diffĂšrent que par le poids.
Si nous extrayons maintenant deâ la figure 16 les relations (73) et (74) nous trouvons un systĂšme de relations, distribuĂ©es comme dans le tableau ci-contre. Ce sont ces relations qui constituent alors le groupement VIII : on constate quâelles expriment une double sĂ©riation de diffĂ©rences, mais en se rĂ©pĂ©tant entre plusieurs suites distinctes dâobjets, lesquels demeurent donc partiellement Ă©quivalentes. Notons Ă ce propos que,
si certains Ă©lĂ©ments manquaient au tableau de la figure 16, câest-Ă - dire sâil nâexistait pas de sĂ©ries correspondantes de mĂȘmes poids et de mĂȘmes volumes, la comparaison entre les autres deviendrait impossible ; plus prĂ©cisĂ©ment, il est nĂ©cessaire, pour le faire, de supposer lâexistence logique de moyens termes semblables entre eux du point de vue de lâune des deux qualitĂ©s en jeu, que ceux-ci existent empiriquement ou non. Seule une quantification extensive (un rapport mĂ©trique ou â une proportion entre les poids et les volumes) permettrait dâĂ©viter une telle limitation, mais en se rĂ©fĂ©rant implicitement Ă une commune mesure. A dĂ©faut de quoi il faut passer par lâĂ©galitĂ© qualitative : par exemple Aristote, ignorant la mesure de la vitesse, se bornait Ă dĂ©finir celle-ci en disant que, de deux mobiles, le plus rapide est soit celui qui arrive plus loin Ă temps Ă©gaux, soit celui qui parcourt en moins de temps des espaces

Ă©gaux ; il y a lĂ un bon exemple dâopĂ©ration intensive relevant du prĂ©sent groupement et reposant sur une organisation des donnĂ©es analogue Ă celle des tables prĂ©cĂ©dentes. Dans le tableau de la figure 16 aussi, on peut dire que le plus dense de deux objets est celui qui, Ă poids Ă©gal, a un volume plus petit ou celui qui, Ă volume Ă©gal, a un poids plus grand ; mais on ne peut rien affirmer de plus, faute de quantification extensive ou mĂ©trique.
Cela dit, ce groupement VIII rĂ©unit en un seul tout trois sortes dâopĂ©rations : la multiplication de deux sĂ©riations lâune par lâautre (opĂ©ration qui peut se poursuivre avec de nouvelles sĂ©riations) ; lâaddition de nouvelles relations asymĂ©triques selon chacune des sĂ©ries envisagĂ©es (double ou triple enchaĂźnement, etc.) et la mise en correspondance selon des relations symĂ©triques dâĂ©quivalence multiplicative (correspondance bi-univoque et rĂ©ciproque).
I. La multiplication des séries
Nous venons de constater que la multiplication de deux sĂ©riations constitue une table Ă double entrĂ©e. On pourrait, de mĂȘme, multiplier ces deux sĂ©riations par une troisiĂšme (couleur, etc.) et construire ainsi une table Ă triple entrĂ©e, etc. Bornons-nous aux deux relations envisagĂ©es.
1. LâopĂ©ration directe sera donc la multiplication des relations â-, que nous symboliserons sous la forme aâ-^, par les rela-
tiens y 2; ,2; p ; etc., que nous symboliserons sous la forme ⹠. On aura donc :
ââŁÎ»2â â âŁÎ±2â
(75) (â --â.â°) Â ĂÂ (H ) Â =Â ( ai"M: )
âÏâ â â ÂŒâ
Cette formule exprime donc simplement, en abrĂ©gĂ©, lâensemble
des relations détaillées dans la figure 16.
2. LâopĂ©ration inverse sera lâabstraction :
« .-% : ) : ( : ) = « 1 - ou ( a  » - â ) : ( Ÿ - â ) = ( °, ) vâ â Vâ â
ce qui signifie : si, dans un tableau comme celui de la figure 16, oĂč sont groupĂ©es les relations de poids et de volume, je fais abstraction des relations de volume, je nâai plus Ă envisager que les relations de poids. Ou encore : si aprĂšs avoir sĂ©riĂ© les objets selon leurs poids je fais abstraction de ces diffĂ©rences du poids, je nâai plus Ă considĂ©rer que les objets eux-mĂȘmes indĂ©pendamment de leurs diffĂ©rences (~ζ,).
3-5. Lâidentique gĂ©nĂ©rale sera donc lâabsence de relation et les identiques spĂ©ciales, ainsi que lâassociativitĂ© semblables Ă ce quâelles sont dans les autres groupements.
II. Multiples enchaĂźnements
Si de ces compositions générales, nous passons maintenant au détail des multiplications entre relations élémentaires, nous procéderons comme il a été fait à propos du groupement VII, mais avec cette simplification considérable que représente le mode multiplicatif bi-univoque.
Soient ainsi deux termes x et y (choisis dans la figure 16, par exemple A1A2 et CJA2) diffĂ©rant entre eux par leur poids selon une diffĂ©rence (a : 4 y). La relation 4 rĂ©sulte, comme dans le groupement V, de lâaddition des diffĂ©rences : (4 +  + Ύj = 4). Soient
dâautre part, deux termes y et z de mĂȘme poids, mais diffĂ©rant par leur volume dâune relation (par exemple C[A2 et CjA2). Nous pouvons alors composer ces deux relations selon le rapport multiplicatif :
(77) (Ï-^y) Ă Mα4) = (z-LâŁg*z)
« Si x est plus lĂ©ger que y (dâune valeur 4) tout en ayant le mĂȘme volume, et si y a le mĂȘme poids que z, mais est moins volumineux (de H alors z est Ă la fois plus lourd et plus volumineux que x (selon les diffĂ©rentes concurrentes 4 et 1°â) »âą
La signification de cette opĂ©ration (77) est donc que lâon peut comparer nâimporte quel Ă©lĂ©ment dâune table Ă double entrĂ©e (fig. 16) Ă nâimporte quel autre du double point de vue des diffĂ©rences de poids et de volume. On peut alors composer deux produits entre eux :
(7Ÿ (â-â n) Ă g,-Mââ2) = (1â±ipĂ·s)
et
(78 bis) (x-^âr,y) Ă (yâ-f,z) = (x âŁr>~râ z)
Exemple : Si x (= A1As, fig. 16) est Ă la fois moins lourd et moins volumineux que y (= BjâA2) dâune diffĂ©rence -4âŁÎ±, et que y(â  B(A2) est Ă la fois moins lourd et moins volumineux que z (= C(B2) dâune diffĂ©rence -4Îłg,, alors z est Ă la fois plus lourd et plus volumineux que x, selon une diffĂ©- c, 16. rence â *-y .
Lâaddition des relations asymĂ©triques (enchaĂźnement simple ou sĂ©riation : groupement V) nâest pas commutative, comme nous
lâavons vu au § 18, pas plus que la multiplication co-univoque. Par contre, la multiplication bi-univoque prĂ©sente une commutativitĂ© de fait, due Ă lâidentitĂ© du point dâarrivĂ©e lorsque les relations suivent des itinĂ©raires diffĂ©rents, mais correspondants. Dans la figure 16, le terme A1A2 est reliĂ© aux termes CJC2 par les deux relations Ă©quivalentes 4- |c* (passant par CJA2) ou 4-(passant par A1C2). On a donc, de façon gĂ©nĂ©rale :
(79) (xp4-y) = (aÎč ^ârây) et (xA-y) = (x 4-fây) ou :
(xâr*œ-y) =
Câest cette loi de transformation (79) qui simplifie notablement les compositions du prĂ©sent groupement par opposition Ă celles du groupement VII.
III. Correspondances bi-univoques et équivalences multiplicatives
La signification la plus gĂ©nĂ©rale du groupement est de fonder, en isomorphisme avec le groupement IV, cette opĂ©ration essentielle de lâesprit quâest la correspondance bi-univoque et rĂ©ciproque.
En une table Ă double entrĂ©e, chaque rangĂ©e horizontale correspond bi-univoquement Ă la suivante et chaque colonne verticale Ă la suivante. Chaque terme est en effet Ă©quivalent Ă son correspondant du point de vue de lâune des relations considĂ©rĂ©es (A1A2Ă©quivalent Ă A1A2 du point de vue A1, câest-Ă -dire quâil a le mĂȘme poids x°iy) : si ce nâĂ©tait pas le cas, il ne pourrait pas y avoir table Ă double entrĂ©e, car des termes tous diffĂ©rents du point de vue de la mĂȘme qualitĂ© formeraient une sĂ©rie unique et lâon ne pourrait plus multiplier lâune par lâautre deux sĂ©ries ainsi constituĂ©es. DĂšs lors, en mĂȘme temps quâil constitue un ensemble de multiplications entre relations asymĂ©triques caractĂ©risant deux ou plusieurs sortes de diffĂ©rences distinctes (par exemple le poids et le volume), le prĂ©sent groupement exprime nĂ©cessairement aussi une suite de multiplications entre des relations asymĂ©triques de diffĂ©rences ordonnĂ©es et de relations symĂ©triques de correspondances bi-univoques et rĂ©ciproques, câest-Ă -dire des Ă©quivalences ; mais ces diffĂ©rences et Ă©quivalences ne portent alors que sur une seule et mĂȘme qualitĂ©. Si 4> â> â> Ξtc., sont des diffĂ©rences progressives de poids entre les objets A2A15 A2Aj ; A2B1} etc., de la figure 16, ces diffĂ©rences se retrouvent entre les objets A2A15 A2AJ ; A2Bj ; etc., et il existe alors entre les objets correspondants (A2A1 et A2A1 ; etc.)
 »
des relations dâĂ©quivalence que traduit la correspondance bi-uni- voque et rĂ©ciproque ; ces Ă©quivalences expriment elles-mĂȘmes lâĂ©galitĂ© entre les poids < 0 y (Ă©galitĂ© de dĂ©part), < a > (Ă©galitĂ© entre valeurs supĂ©rieures Ă celles de dĂ©part), y (Ă©galitĂ© entre valeurs supĂ©rieures aux prĂ©cĂ©dentes, etc.) :
Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on peut caractĂ©riser la correspondance bi-univoque et rĂ©ciproque comme une . _ a _ αζ tâÏ _ eâ _ multiplication logique entre une suite
de diffĂ©rences et une suite dâĂ©quiva- âo âa T6 âc âd lences. Les diffĂ©rences en jeu peuvent â â y â â ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es par des altĂ©ritĂ©s
. . g > . . c > . (voir groupement VI) ou par des
diffĂ©rences ordonnĂ©es (mais dans le premier cas, les altĂ©ritĂ©s elles-mĂȘmes dĂ©pendent des inclusions de classes, câest-Ă -dire de relations asymĂ©triques partiellement ordonnĂ©es). Dans les deux cas, la mise en correspondance constitue lâune des opĂ©rations les plus primitives de lâesprit. Par exemple quand un enfant copie un visage, il fait correspondre Ă chaque partie du modĂšle une partie semblable de son dessin (il y a alors correspondance entre classes, fondĂ©e sur le groupement IV : un nez pour un nez, un front pour un front, etc.) ; lorsquâil copie une suite ordonnĂ©e, telle quâune tour de plots de grandeurs dĂ©croissantes, il Ă©tablit une correspondance fondĂ©e sur le prĂ©sent groupement.
Il est donc essentiel pour la thĂ©orie logique de la correspondance, de comprendre que les opĂ©rations des groupements IV et VIII (comme dâailleurs III et VII) nâimpliquent par elles-mĂȘmes ni le nombre ni lâĂ©galitĂ© de puissance. La diffĂ©rence entre les deux sortes de structures tient Ă la maniĂšre dont les Ă©lĂ©ments sont mis en correspondance. Dans le cas de la correspondance logique, lâĂ©quivalence entre les termes correspondants repose exclusivement sur la relation de partie Ă tout. Dans le cas du groupement IV deux termes se correspondent parce que constituant une mĂȘme classe qualifiĂ©e (par exemple les ailes des oiseaux correspondent aux membres antĂ©rieurs des mammifĂšres parce quâappartenant Ă une mĂȘme classe, la ceinture scapulaire, mais elles ne correspondent pas aux membres postĂ©rieurs parce que ne prĂ©sentant pas les mĂȘmes caractĂšres qualitatifs). Dans le cas du groupement VIII la correspondance reposera sur une Ă©quivalence de qualitĂ©s. Dans les deux cas, lâĂ©quivalence exprime donc un certain emboĂźtement de la partie dans le tout (des classes partielles dans la classe totale ou des relations < 0 / < a >;
< ÎŽ > ; etc., par rapport Ă 4i âi eâ câ)â Au contraire, une correspondance bi-univoque entre deux ensembles assure leur Ă©quipotence (ou Ă©galitĂ© numĂ©rique) en faisant correspondre un Ă©lĂ©ment quelconque de lâun Ă un Ă©lĂ©ment quelconque de lâautre, indĂ©pendamment de toute qualitĂ©, ce qui revient Ă faire de ces Ă©lĂ©ments des « unitĂ©s » et Ă mettre ainsi en relation les parties sans passer par le tout.
Du point de vue exclusivement logique (donc intensif), il convient de distinguer encore les deux sortes dâĂ©quivalences que nous avons rencontrĂ©es jusquâici : les Ă©quivalences simples ou additives et les correspondances ou Ă©quivalences multiplicatives.
Contrairement Ă lâĂ©galitĂ© numĂ©rique ou Ă©quipotence, lâĂ©quivalence logique nâest jamais, sauf le cas de lâidentitĂ© elle-mĂȘme, quâune Ă©galitĂ© limitĂ©e, subordonnĂ©e Ă un certain point de vue. Ainsi lâĂ©quivalence simple ou additive nâexprime (voir § 8 et dĂ©finitions 16 et 25) que la substitution possible entre deux termes qualifiĂ©s (individus ou classes), mais du seul point de vue de la qualitĂ© envisagĂ©e. LâĂ©quivalence logique simple constitue donc, par sa nature mĂȘme, une co-appartenance ou une co-inclusion : z14>j2j z1â-4-z3 ; etc. ou A-4aâ; B -*â> Bâ; etc.
Mais il serait contradictoire dâĂ©crire B < B > Bâ, car les classes B et Bâ ne sauraient ĂȘtre Ă©quivalentes du point de B seule, puisque Bâ nâest pas incluse en B. De mĂȘme, il serait absurde dâĂ©crire A < c , B ou B < d y C, car A est incluse en B et B en C : il ne saurait en effet y avoir Ă©quivalence entre classes dont lâune est emboĂźtĂ©e dans lâautre, puisque le rapport qui les unit est une relation asymĂ©trique dâinclusion. Par contre on a A x c > Bâ ou A 4â Câ, etc.
Le critĂšre de lâĂ©quivalence additive est donc la vicariance (voir § 13). Câest pourquoi deux relations asymĂ©triques Ă©lĂ©mentaires telles que a et aâ ne sauraient ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme Ă©quivalentes, bien que lâon ait 4 + â = ââ En ΞffΞtj Ξn ne saurait permuter ces deux relations selon lâopĂ©ration de la vicariance, faute prĂ©cisĂ©ment de symĂ©trie. Par contre, si lâĂ©quivalence additive ou co-inclusion nâa point de signification dans le domaine des relations asymĂ©triques1, lâidentitĂ© ou auto-Ă©quivalence y est reprĂ©sentĂ©e :
(80) ( a, ) ta, ( Âź ) ou et (â4+ X) ( ÎŽr 1
4. En logique de » propositions, lâinclusion se traduit par lâimplication. Or, si (xâA) 3 (ÏtB) la relation nâimplique pas, par contre, Ă elle seule la relation 4-, Voir § 39 sous B, Forme II.
âŠ
câest-Ă -dire :
(4-Â +Â X)Â =Â (A)
parce que la différence nulle est à nouveau symétrique.
Rappelons encore que le contraire de lâĂ©quivalence additive (_4 »_) nâest pas la diffĂ©rence asymĂ©trique, mais lâaltĂ©ritĂ© ,aât (et Ă la limite câest-Ă -dire la non-Ă©quivalence ou diffĂ©rence rĂ©ciproque (dĂ©finitions 26 et 27) correspondant Ă une relation symĂ©trique dâintervalles et non pas Ă la diffĂ©rence ordonnĂ©e ou orientĂ©e ( % ).
Quant aux correspondances bi-univoques intensives ou équivalences logiques multiplicatives, deux différences les opposent aux équivalences simples ou additives. En premier lieu une classe A1correspond à une classe AJ si A1 est distribuée en :
A1A2 + A1A2 + A1B2âŠ
et que AJ est également distribuée en :
A(A2 + A1A2 + AJB2âŠ
(les types A2, A2 et B2 des organes des Batraciens A1 correspondent aux types A2, A2 et B2 des organes des Reptiles AJ. Cette correspondance repose bien alors sur une sorte de co-inclusion de A1 et A* en B1C2 (dans le produit total de A1 + AJ par A2 + A2 + B2), mais cette co-inclusion prĂ©sente une structure spĂ©ciale que lâon peut appeler une co-distribution. En effet, selon la loi de distributivitĂ© propre Ă la multiplication, on a :
(81) (A1Â +Â AJÂ ĂÂ C2Â =Â A1C2Â +Â A{Ca
dâoĂč :
A1C2 <<Ÿ a ;c2
LâĂ©quivalence par correspondance constitue donc une Ă©quidistri- bution.
En second lieu, et surtout, nous avons vu que deux classes primaires de rang diffĂ©rent, par exemple A et B, ne sont pas Ă©quivalentes en B ni en C, etc., parce que A est incluse en B (relation asymĂ©trique dâinclusion). Or, le grand intĂ©rĂȘt de lâĂ©quivalence multiplicative, ou correspondance logique, est que la partie A1C2de la classe multiplicative totale B1Ca correspond au tout. Par exemple ceux des organes des Batraciens qui correspondent classe Ă classe aux organes des Poissons, des Reptiles, etc., correspondent
par cela mĂȘme aux organes communs des VertĂ©brĂ©s en gĂ©nĂ©ral, bien que les organes des Batraciens (A1C2) ne constituent quâune sous-classe des organes des VertĂ©brĂ©s (E1C2) :
(82) A1C2 <<Ÿ> E1Ca
La raison de cette diffĂ©rence entre les deux sortes dâĂ©quivalences est claire. Dans le cas de lâĂ©quivalence additive ou co-inclusion, il ne saurait y avoir Ă©quivalence quâentre classes de mĂȘme rang, parce que la classe de rang infĂ©rieur se rĂ©sorbe dans celle de rang supĂ©rieur : lâaddition rĂ©unit ainsi la partie au tout en nĂ©gligeant les diffĂ©rences propres aux parties, ce qui Ă©carte toute Ă©quivalence entre le tout rĂ©sorbant et la partie rĂ©sorbĂ©e, si lâon dĂ©finit lâĂ©quivalence par la vicariance ou la co-inclusion. Au contraire, dans les rapports multiplicatifs, la classe de rang infĂ©rieur absorbe la classe supĂ©rieure et lĂ multiplication attribue alors aux parties les qualitĂ©s du tout : les parties correspondent en ce cas nĂ©cessairement au tout parce que la multiplication (absorbante) exprime leurs qualitĂ©s communes.
On peut dâailleurs exprimer toute Ă©quivalence additive sous forme dâune Ă©quivalence multiplicative :
(83) (A -Î- Aâ) = AB « â » AâB
Mais, en vertu de ce qui prĂ©cĂšde, la rĂ©ciproque nâest vraie que pour les classes correspondantes de mĂȘme rang.
Enfin, outre la correspondance entre individus ou classes, on peut distinguer une correspondance entre les relations comme telles, symĂ©triques ou asymĂ©triques. Cette correspondance, appelĂ©e en gĂ©nĂ©ral similitude (logique, par opposition Ă gĂ©omĂ©trique, etc.) est une forme dâĂ©quidistribution, mais qui prĂ©sente, dans le cas des relations asymĂ©triques, cette particularitĂ© de pouvoir conserver lâordre. On aura, par exemple (si lâon se reporte Ă la figure 16, p. 171) :
(84) [(A1A2) (AJA2)] <<â [(A1A2) -V (a ;a^)]
parce que :
(Apœ-LAÎŒ2)Ă(ApœâŁÎČÏA^MAâÏA1A^) Ă (aâœ-VA1A^)
De façon générale, on a :
(85) (x1-^y1) « â » (Ÿ si Gi-Vy1) = (Ï1-V âŁ9 2â1)
ce qui constitue la formule logistique classique de la similitude
(voir fig. 17).
Fig. 17.
En bref, quoique moins riche en combinaisons que le groupement de la multiplication co-univoque des relations, ce groupement VIII est dâune importance thĂ©orique remarquable, en tant que fondement de corres
pondances bi-univoques ou équivalences multiplicatives.
§ 22. Conclusions : équivalences et différences ; le problÚme du groupement unique
Ces huit groupements possibles de classes et de relations forment au total un systĂšme simple et cohĂ©rent dont il sâagit pour conclure de dĂ©gager lâĂ©conomie.
Nous avons dĂ©jĂ vu (§ 11) que ce nombre 8 Ă©tait dĂ» Ă une triple dichotomie : groupements de classes et de relations (2), groupements additifs et multiplicatifs (2), groupements primaires et secondaires (2), soit 2 Ă 2 Ă 2 = 8. Mais on ne pouvait comprendre avant dâen avoir, analysĂ© le dĂ©tail, le rĂŽle fondamental des classes et relations secondaires, que mettent en Ă©vidence les groupements II, III, VI et VII. La raison en est maintenant claire : il existe, en fait, deux structures fondamentales qui se partagent lâensemble des groupements intrapropositionnels : lâune est fondĂ©e sur les emboĂźtements et sĂ©riations linĂ©aires, câest-Ă -dire entiĂšrement ordonnĂ©s, (I et V) et sur leurs multiplications, qui sont alors bi-univoques (IV et VIII) ; lâautre lâest sur les systĂšmes hiĂ©rarchiques, donc co-univoques (II et III, VI et VII). Ce sont ces derniers qui mettent en jeu les compositions de classes ou de relations secondaires entre elles, sous forme de vicariances (II) ou de symĂ©tries (III) et surtout de correspondances « un Ă plusieurs » (III et VII).
Un autre rĂ©sultat de lâĂ©tude des groupements est de permettre une analyse prĂ©cise des divers modes dâĂ©quivalence et de diffĂ©rence sur lesquels est fondĂ©e la logique intensive. Toute la logique des classes et des relations constitue, en effet, une thĂ©orie de la ressem-

blance et de la diffĂ©rence, quâil sâagisse de classifications, câest-Ă -dire de systĂšmes de ressemblances hiĂ©rarchisĂ©es, ou de mises en relations, câest-Ă -dire dâĂ©quivalences symĂ©triques ou de diffĂ©rences asymĂ©triques. Câest donc par une dĂ©termination des rapports entre lâĂ©quivalence et la diffĂ©rence quâil sâagit de clore cet exposĂ©.
LâĂ©quivalence qualitative, tout dâabord, dont nous venons de dĂ©crire les diverses variĂ©tĂ©s additives et multiplicatives, prĂ©sente ce caractĂšre fondamental de comporter des degrĂ©s. Nous ne faisons pas allusion en cela aux formes mathĂ©matisĂ©es dâĂ©quivalence, sur lesquelles nous reviendrons (chap. IV), mais Ă ce fait fondamental qui conditionne toute la construction des groupements de classes et de relations symĂ©triques : lâidentitĂ© ou relation de diffĂ©rence nulle (x 4 x)=(x ( 0> x)=(Ï-Ï) nâest que lalimite maximale dâune forme dâĂ©quivalence dont les divers degrĂ©s sâĂ©chelonnent jusquâĂ lâĂ©quivalence minimale, reliant les uns aux autres les Ă©lĂ©ments de la classe la plus gĂ©nĂ©rale du systĂšme considĂ©rĂ© (Z).â Prenons comme exemple une classe A (les Hommes) incluse en une suite de classes B (les MammifĂšres), C (les VertĂ©brĂ©s), D (les Animaux), E (les ĂȘtres vivants)⊠jusquâĂ Z. Il existe alors entre les Hommes une Ă©quivalence globale ar1 aÎŽcd-2 x2, dĂ©finie par lâensemble de leurs caractĂšres communs1, et qui est plus grande que lâĂ©quivalence globale donnĂ©e entre les MammifĂšres (x1 Ïn) ; en effet, ceux-ci, tout en prĂ©sentant des qualitĂ©s communes qui les rendent tous Ă©quivalents entre eux en tant que MammifĂšres < Ύ >, s°nt plus diffĂ©rents les uns des autres que ne le sont les Hommes, puisquâil leur manque les qualitĂ©s spĂ©cifiques de la classe A, câest-Ă -dire < a >â LâĂ©quivalence donnĂ©e entre les VertĂ©brĂ©s (Ï1 fd-zr y) est plus faible encore, et ainsi de suite jusquâĂ lâĂ©quivalence ia plus faible qui rĂ©unit les uns aux autres les ĂȘtres en gĂ©nĂ©ral ( ( z, ).
Cet affaiblissement de lâĂ©quivalence entre les Ă©lĂ©ments des classes emboĂźtĂ©es au fur et Ă mesure de leur extension nâest pas autre chose que lâexpression de la loi classique de la proportion inverse entre la comprĂ©hension des concepts et leur extension : en effet, dans le cas des classes « faiblement structurĂ©es », auxquelles sâapplique la loi en question (comme nous lâavons vu au § 6), lâextension nâest autre que la classe elle-mĂȘme, tandis que la comprĂ©hension
1. Nous distinguons ici le symbole x1 x2 dĂ©signant lâensemble des Ă©quivalences entre x, et x2 du symbole x, x2 reprĂ©sentant lâĂ©quivalence diffĂ©rentielle propre Ă la classe A et dĂ©finie par la co-possession des caractĂšres spĂ©cifiques de cette classe.
est précisément constituée par les équivalences qualitatives qui caractérisent cette classe.
Or, dire que lâĂ©quivalence a des degrĂ©s et quâelle sâaffaiblit au fur et Ă mesure de lâextension des classes emboĂźtantes, câest soutenir, par cela mĂȘme, que la diffĂ©rence augmente corrĂ©lativement. Nulle dans le cas de lâidentitĂ© (< ° >), la diffĂ©rence est plus grande entre individus de la classe A (soit A4), plus grande encore entre individus de la classe B (soit 4â) eâ aâ si de suite jusquâĂ (<*>). Les Ă©quivalences dĂ©croissantes Aâi A4 ; -4âi constituent ainsi par ailleurs et simultanĂ©ment des relations de diffĂ©rences croissantes. Mais en quoi consistent les diffĂ©rences, du point de vue de la structure des groupements ?
Il nâexiste que trois formes de diffĂ©rences de qualité : 1° les « altĂ©ritĂ©s » (dĂ©finition 26) : par exemple <aây exprimant la diffĂ©rence entre les comprĂ©hensions correspondant aux classes A et Aâ âŁsi Aâ = B â A ; ibây exprimant la diffĂ©rence entre les comprĂ©hensions des classes B et Bâ, si Bâ = C â B, etc., jusquâĂ 4â correspondant Ă la diffĂ©rence entre la comprĂ©hension de Y et de Z (la classe totale du systĂšme) ; 2° les diffĂ©rences asymĂ©triques :
O 4 A 4 B 4 C 4 âŠÂ ; etc.
propres Ă la sĂ©riation ; 3° les diffĂ©rences symĂ©triques dâintervalles :
O « â > | A ; A <â | B ; B Ă·â | C ; etc.
signifiant quâil existe, en une sĂ©rie, le mĂȘme intervalle entre O et A quâentre A et O ; entre A et B quâentre B et A, etc.
1° Les premiĂšres de ces diffĂ©rences expriment la prĂ©sence chez lâun des termes de la relation, et lâabsence chez lâautre terme, des qualitĂ©s c g, ou A » etc., caractĂ©risant une classe A ou B, etc., mais avec prĂ©sence chez les deux termes des qualitĂ©s de la classe de rang supĂ©rieur (B pour A, C pour B, etc.). Ainsi :
4â = (ââ + A>) i <â = (A + ââ) ; etc.
Par exemple, si A = les Hommes, B = les MammifĂšres, G = les VertĂ©brĂ©s, etc., alors < aâ, = la diffĂ©rence entre les Hommes et les autres MammifĂšres ; 4 â la diffĂ©rence entre les MammifĂšres et les autres VertĂ©brĂ©s, etc. Il est facile de constater que toutes les variĂ©tĂ©s de diffĂ©rence rĂ©sultant de la prĂ©sence ou de lâabsence dâune qualitĂ© quelconque 44 ou 44 se rĂ©duisent aux prĂ©cĂ©dentes.
Ainsi, la relation < % signifie que les deux individus comparĂ©s nâappartiennent pas Ă la mĂȘme classe A : ils seront donc reliĂ©s par la relation (a\ sâils appartiennent tous deux Ă la classe B ; par la relation fbâ y sâils appartiennent tous deux Ă C, etc. Sâils nâont rien de commun, sinon que lâun appartient Ă A et lâautre Ă la classe totale Z, la relation +A> signifiera simplement que le second terme appartient Ă Z â A : elle restera donc indĂ©terminĂ©e, mais sera Ă coup sĂ»r <gâ>, ou ou < cây⊠ou fvây. LâĂ©quivalence nĂ©gative < sy est donc un cas particulier de lâaltĂ©ritĂ© en gĂ©nĂ©ral.
2° Quant aux différences asymétriques a, ; ; etc., elles
expriment le plus et le moins, ou les diffĂ©rences trivalentes (voir § 17). Ce sont les relations asymĂ©triques transitives qui traduisent de la maniĂšre la plus spĂ©cifique la diffĂ©rence en gĂ©nĂ©ral. En particulier, dans le cas des classes emboĂźtĂ©es A, B, C⊠dont chacune est caractĂ©risĂ©e par lâune des Ă©quivalences diffĂ©rentielles,
lâinclusion elle-mĂȘme qui les relie, câest-Ă -dire A < B ; B < C ; C < D ; etc., constitue une relation asymĂ©trique transitive (voir § 18). Mais comment alors concevoir le rapport entre les diffĂ©rences asymĂ©triques et ce quâon peut appeler les diffĂ©rences symĂ©triques, câest-Ă -dire dâune part, les altĂ©ritĂ©s et, dâautre part, cet Ă©lĂ©ment de diffĂ©rence qui intervient de façon croissante, comme nous lâavons vu plus haut, dans lâaffaiblissement mĂȘme des Ă©quivalences globales f,ey ; J,c-y ; etc.?
3° Câest ici quâinterviennent les diffĂ©rences dâintervalles, que nous nâavons pas encore discutĂ©es (sinon au § 17 Ă propos du caractĂšre symĂ©trique de la relation de diffĂ©rence indĂ©terminĂ©e). Les diffĂ©rences dâintervalles sâappuient toujours sur une sĂ©riation de relations asymĂ©triques. Par exemple si lâon a la sĂ©rie :
oÎa*b4c4âŠ
exprimant une suite de diffĂ©rences ordonnĂ©es (de plus en plus lourd), on en peut tirer immĂ©diatement quâil existe « la mĂȘme diffĂ©rence » entre A et O quâentre O et A ; entre B et A quâentre A et B, etc. Or, « la mĂȘme diffĂ©rence » est une relation symĂ©trique (<â âș) parce que non orientĂ©e, en opposition avec la diffĂ©rence asymĂ©trique (ââ) ordonnĂ©e du moins au plus ou du plus au moins. Elle est donc relative, non pas Ă la vection, mais Ă lâintervalle, câest-Ă -dire Ă ce qui est donnĂ© « entre » les points de dĂ©part et dâarrivĂ©e ou lâinverse :elle exprime, autrement dit, que lâintervalle entre les extrĂȘmes est le mĂȘme dans les deux sens.
Or, lâexistence de ces relations de diffĂ©rence « entre », ou dâintervalle, relĂšve de deux sortes de compositions qui permettent de les comparer Ă la fois aux diffĂ©rences croissantes corrĂ©latives des Ă©quivalences dĂ©croissantes, pour ce qui est de leurs formes primaires, et aux altĂ©ritĂ©s pour ce qui est de leurs formes secondaires. En effet, leurs formes primaires peuvent ĂȘtre engendrĂ©es selon le mode de la multiplication co-univoque de la proposition 58, en intercalant « entre » les termes de la sĂ©rie OâAâBâCâ⊠un ensemble de nouveaux termes possibles. On dĂ©finira alors la relation Oa â A par le rapport dâordre : « OA vient avant A ; et la relation A Ă·- OApar : « A vient aprĂšs OA » (OA signifiant les termes quelconques compris entre O et | A, câest-Ă -dire entre O non exclus et | A exclus). De mĂȘme Ob ââ B signifiera : « OD vient avant B », et B <- OB : « B vient aprĂšs OB » (OB reprĂ©sentant les termes compris entre O non exclus et | B, câest-Ă -dire B exclus), etc. DâoĂč la multiplication « avant » Ă « aprĂšs » = « entre » :
(OaÎA)Â ĂÂ (A40a)Â =Â (04|A);
(86) (OB 4 B)Â ĂÂ (B 4 OB)Â =Â (O 4Â |Â B)Â ;
(Oc 4 C)Â ĂÂ (C 4 Oc)Â =Â (O 4Â |Â C); etc.
Mais la suite des classes primaires emboĂźtĂ©es A < B < C < ⊠qui sont dĂ©terminĂ©es par les Ă©quivalences 4i Ă·â> < °> ; etc., constituent elles-mĂȘmes une sĂ©riation dâinclusions en fonction de leurs extensions respectives : Oâ A ; A4 B ; B â C ; etc. (voir § 18). Il est donc clair que ces extensions propres aux classes O, A, B, C, etc. relĂšveront aussi de la proposition 86. En ce cas, lâintervalle (O <a > | A) comprendra tous les termes ou ensembles de termes distribuĂ©s entre O et la classe A elle-mĂȘme (non comprise) ; lâintervalle (O 4> I B) reprĂ©sentera tous les termes compris entre O et la classe B elle-mĂȘme non comprise (les classes A et Aâ,) etc. Or, ces intervalles Ă©tant de plus en plus grands, ils correspondront donc Ă des diffĂ©rences croissantes entre deux termes quelconques compris en chacun dâeux. A chaque intervalle ta y | ; <b > | ; <c> | ; etc, on peut ainsi faire correspondre, en comprĂ©hension, les Ă©quivalences 44 ; Ă·â! 44 ; etc., donnĂ©es entre les termes compris dans ces intervalles respectifs, Ă©quivalences dont on se rappelle quâelles ont la signification de ressemblances dĂ©croissantes : 4â> 4ââ> 4ââ
Malgré tout ce qui sépare un systÚme de classes primaires emboßtées et une suite de termes ordonnés, on peut donc assimiler les
LA LOGIQUE DES RELATIONS
185
relations primaires dâintervalles croissants Ă lâextension progressive de ces classes, puisquâon fait abstraction de lâordre Ă lâintĂ©rieur de chaque intervalle. Quant aux relations secondaires dâintervalles, il est alors possible de comparer leur structure Ă celles des altĂ©ritĂ©s. En adoptant la mĂȘme nomenclature pour les intervalles que
pour le groupement VII, on peut appeler < a y tout intervalle Ă©lĂ©mentaire entre O et | A, entre A et | B, entre B et | C, etc. (voir la figure 18) ; on appellera alors 44 lâintervalle compris entre un terme situĂ© dans un intervalle 44 et un terme compris dans lâintervalle âą t 1 il
voisin (de rang <a, Ă©galement) ; on appellera 44 lâintervalle compris entre un terme situĂ© dans un intervalle 44 et un terme situĂ© dans un intervalle voisin du voisin de t a,, etc. Ce mode de prĂ©sentation permet donc de confronter les rela
tions dâintervalle propres aux structures linĂ©aires ou bi-univoques avec celles des structures hiĂ©rarchiques ou co-univoques. On sâaperçoit alors que certaines compositions sont communes aux deux structures ; on a par exemple :
a à„€ aâ __ aâ . aâ \ aâ b ,
(b? + 4â = ÷â! <â + /> = < % ; etc.
lorsque les intervalles en jeu se recouvrent en partie. Par exemple si x1 est situĂ© « entre O et A », si Ï2 lâest Ă©galement et si x3 est « entre A et B », on aura :
(Ï1 44 Ï2) + (Ï2 44- â ) = (« 1 4â â ) ; Ξtc.
Par contre, si les intervalles composĂ©s entre eux ne se recouvrent pas, il nây aura plus tautification ou addition vicariante, mais addition
Fig. 18.

simple : aâ1 +  = bâ ; b,1 + α2 = câ > eâ câj ce 9ui sort des
compositions ordinaires du groupement VII et montre la diffĂ©rence des deux sortes de structures, bien quâon fasse abstraction de lâordre Ă lâintĂ©rieur de chaque intervalle.
Au total, il subsiste malgrĂ© ces rapprochements deux formes essentielles de diffĂ©rences correspondant aux deux sortes de structures hiĂ©rarchiques et linĂ©aires (câest-Ă -dire entiĂšrement ordonnĂ©es) : les altĂ©ritĂ©s (symĂ©triques) exprimant la prĂ©sence simultanĂ©e de qualitĂ©s diffĂ©rentielles (diffĂ©rences bivalentes) et de qualitĂ©s communes ; et les diffĂ©rences asymĂ©triques exprimant les degrĂ©s divers (trivalence ou multivalence) dâune qualitĂ© commune. Mais, tant les unes que les autres de ces deux sortes de diffĂ©rences correspondent Ă des diffĂ©rences dâintervalles, qui traduisent simplement lâĂ©cart plus ou moins grand (et symĂ©trique) entre les termes comparĂ©s. On peut alors composer de façon analogue les relations dâintervalles propres aux structures entiĂšrement ordonnĂ©es (mais en faisant abstraction de lâordre au sein de chaque intervalle) et aux structures hiĂ©rarchiques (ou partiellement ordonnĂ©es). De telles compositions attĂ©nuent lâopposition entre les altĂ©ritĂ©s et les diffĂ©rences asymĂ©triques en rĂ©duisant les premiĂšres Ă des relations secondaires dâintervalle et en faisant correspondre aux secondes les relations primaires dâintervalle : les relations dâintervalle nâapparaissent plus ainsi comme une catĂ©gorie Ă part de diffĂ©rence, mais comme lâĂ©lĂ©ment commun aux deux catĂ©gories principales. NĂ©anmoins celles-ci conservent leur dualitĂ©.
On voit ainsi lâunitĂ© dans la diversitĂ©, qui caractĂ©rise le systĂšme des huit groupements de classes et de relations. Serait-il cependant possible de les rĂ©duire Ă un seul ? Sur le plan intrapropositionnel, il subsiste deux sortes dâoppositions qui sâopposent Ă une telle rĂ©duction. Dâune part, nous venons de constater le dualisme des structures entiĂšrement ordonnĂ©es ou bi-univoques (groupements I, V, IV et VIII) et des structures hiĂ©rarchiques (groupements II, VI, III et VII); dâautre part, lâopĂ©ration inverse des groupements additifs de classe est fondĂ©e sur la complĂ©mentaritĂ© tandis que lâopĂ©ration inverse propre aux groupements additifs de relations repose sur la rĂ©ciprocitĂ©. Mais on a vu (§ 15) que les groupements de classes I Ă III peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des diffĂ©renciations du groupement IV qui est plus gĂ©nĂ©ral quâeux. De mĂȘme pourrait-on considĂ©rer les groupements de relations V Ă VII comme issus du groupement VIII, par spĂ©cialisations successives. Quant aux groupe-
ments IV et VIII, leur isomorphisme permet de les considĂ©rer comme deux aspects, lâun en extension, lâautre en comprĂ©hension, de la mĂȘme structure totale. Seulement pour que cette rĂ©union en un systĂšme unique soit effective et ne consiste pas en simples correspondances, il est nĂ©cessaire de passer du plan intrapropositionnel, ou concret, au plan interpropositionnel qui comporte un degrĂ© de formalisation supĂ©rieur et est caractĂ©risĂ© par des opĂ©rations Ă la seconde puissance, portant sur les opĂ©rations prĂ©cĂ©dentes. Câest ce que nous verrons au cours des chapitres V et VI.