La collection Bodmer en passe d'être numérisée

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Le collectionneur et bibliophile suisse Martin Bodmer a créé l’une des plus grandes bibliothèques privées du monde sur près d’un demi-siècle, des années 1920 jusqu’à sa mort en 1971. Aujourd’hui l’Université de Genève, grâce au soutien important de la Fondation Schmidheiny, annonce la numérisation d’une partie de la collection. Ce projet, réalisé en collaboration avec la Fondation Martin Bodmer (Cologny), envisage ce patrimoine comme l’entreprise remarquable d’un intellectuel au service d’un certain idéal de paix. Il conjugue deux domaines de recherche en plein essor: la littérature mondiale et les Digital Humanities.

Etablir l’une des plus importantes collections privées de manuscrits et de livres anciens du monde entier fut l’œuvre d’une vie pour Martin Bodmer. Avec l’expansion des Digital Humanities, ce champ de recherche au croisement de l’informatique et des sciences humaines et sociales, des chercheurs de la Faculté des lettres et du Centre universitaire d’informatique de l’UNIGE se sont lancés dans ce projet de numérisation inédit. La collection Martin Bodmer embrasse près de 4 millénaires de littérature. Les chercheurs commenceront donc par mener une réflexion sur ce qui mérite d’être digitalisé et mis en ligne. Mieux que les big data, l’ambition ici est de produire des smart data.

Une archive de l’esprit humain

Martin Bodmer appelait «littérature mondiale» l’ensemble des écrits humains qui transcendent les frontières et les époques. Les débats autour de cette notion fédèrent aujourd’hui des dizaines de chercheurs et des centaines de doctorants répartis sur tous les continents, notamment aux Etats-Unis, dans les universités de Stanford et Harvard. La numérisation du corpus de Martin Bodmer permet un accès unique à la démarche intellectuelle et culturelle d’un homme qui, après la Seconde Guerre mondiale, a voulu s’inscrire dans le sillage de cette «Weltliteratur», ou «littérature mondiale», que Goethe associait à un effort de pacification des peuples par la littérature.

Une bibliothèque virtuelle pour tous

Au-delà de l’aspect technique, les chercheurs aborderont ce projet avec un œil critique, en s’intéressant notamment aux conséquences de la numérisation, tant au niveau du partage des connaissances avec le grand public, qu’au niveau de la recherche. En effet, cette bibliothèque virtuelle ne manquera pas d’être considérée comme une précieuse ressource, tant par les chercheurs qui en utiliseront la base de données comme un outil de travail, que par les enseignants du secondaire ou des hautes écoles qui y puiseront des éléments pour leurs enseignements de littérature ou le développement de MOOCs (Massive Open Online Courses). Enfin, le grand public y verra une occasion unique de découvrir l’œuvre de Martin Bodmer et la diversité des littératures du monde entier.

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2 juin 2014

2014

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