2011

La coopération de multiples facteurs génétiques contribue aux maladies humaines

Les différences entre individus sont dues non seulement à des variants génétiques, mais aussi aux interactions multiples de ces derniers au sein même du génome humain. Une équipe de chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) conduite par le professeur Emmanouil Dermitzakis a découvert que les conséquences fonctionnelles de variants génétiques dépendent souvent des autres variants situés à proximité, et que la coopération et l’interaction entre ceux-ci jouent un rôle majeur dans la singularisation des traits humains et dans la prédisposition à certaines maladies. Ces résultats font l’objet d’une étude publiée dans la dernière édition de la revue American Journal of Human Genetics, datée du 8 septembre.

Les variants génétiques qui contribuent à la survenance des maladies chez l’homme produisent rarement les mêmes effets d’un individu à l’autre. Mais la cause de ces différences restait jusqu’alors méconnue. L’étude menée par les scientifiques de l’UNIGE montre que cette inégalité devant la maladie est souvent produite par l’intervention d’autres variants génétiques situés à proximité dans le génome et modifiant les effets produits par leurs voisins - un mécanisme dont l’importance a été mis au jour grâce à ces recherches.

Suivre les signatures de la sélection naturelle dans le génome
C’est en analysant le génome et l’expression des gènes d’un groupe de 120 individus que les chercheurs sont parvenus à cette conclusion. Ils ont suivi à cette fin la piste de la génétique de l’évolution et ont traqué les signatures de la sélection naturelle dans le génome pour comprendre comment ces interactions se déroulent à présent au sein du patrimoine génétique des individus. Les résultats indiquent que l’impact de rares variantes génétiques altérant la structure des protéines peut souvent être atténué ou au contraire amplifiée par d’autres variants régulant la quantité de ces protéines par la copie du gène dysfonctionnel. «En ce qui concerne la génétique des populations, c’est un moment fort. Les avancées récentes en génomique nous permettent d’estimer l’impact de ces interactions grâce à l’empreinte de l’évolution au sein de génome», souligne le Dr. Tuuli Lappalainen, auteure principale de l’étude.

Cette recherche fournit également de nouvelles preuves que de telles interactions contribuent au risque génétique de maladies communes. «Les analyses effectuées sur des interactions se déroulant à des endroits ciblés du génome améliorent notre compréhension sur la manière dont les variants génétiques déterminent le spectre des traits humains et des maladies. A l’avenir, cela nous permettra de mieux prédire les risques pour les individus face à la maladie», espère le professeur Emmanouil Dermitzakis, qui a supervisé l’étude.

Contact
Dr. Tuuli Lappalainen, tél. +41 76 770 68 43
Prof. Emmanouil Dermitzakis, tél. +41 22 379 54 83

8 septembre 2011
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