2011

Vers des vaccins plus efficaces et tout aussi sûrs - Plus d'un million d'euros pour un projet genevois en vaccinologie

Développer des vaccins agissant de manière ciblée et provoquant une réponse immunitaire adéquate. C’est avec cet objectif global que débute, dès le 1er octobre et pour une durée de 5 ans, le projet ADITEC (pour «Advanced Immunization Technologies»), faisant partie du 7e programme cadre de la Commission européenne. Cet important projet doté de 41 millions d’euros, dont 30 sont financés par des fonds publics européens, met en réseau 42 partenaires de recherche situés dans 13 pays. Le groupe de recherche de la professeure Claire-Anne Siegrist, directrice du Centre de vaccinologie et d’immunologie néonatale de l’Université de Genève (UNIGE) et du Centre de Vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), obtient un financement de plus d’un million d’euros et une place dans le comité assurant le pilotage scientifique du projet.

Les axes de recherche qui seront explorés dans le cadre d’ADITEC couvrent un large spectre de la recherche relevant de la vaccination, aussi bien fondamentale que clinique. «Le principal objectif de ce projet est de développer une nouvelle génération de vaccins, plus efficaces et tout aussi sûrs que ceux dont nous disposons aujourd’hui. Au niveau fondamental, nous devons arriver à provoquer une réaction immunitaire aussi intense que nécessaire mais ciblée et proportionnée, avec pour corollaire une minimisation d’éventuels effets secondaires», note Claire-Anne Siegrist. Cette nuance est particulièrement importante pour certaines catégories de patients immunosupprimés, par exemple suite à une greffe d’organes ou pour des patients naturellement vulnérables, comme les très jeunes enfants.

Provoquer la réponse de défense appropriée
Pour les chercheurs genevois, les enjeux sont multiples. Au niveau fondamental, les scientifiques doivent appréhender l’ensemble des facteurs activés dans l’organisme lors d’une attaque d’un agent pathogène pour comprendre comment provoquer, à l’aide d’un vaccin, la réponse de défense appropriée. En travaillant non seulement sur la formulation même des vaccins mais aussi sur leur combinaison, les chercheurs ont pour ambition de stimuler l’action positive de la vaccination sur le système immunitaire tout en en circonscrivant les effets non spécifiques. Il devient aussi question de vaccination personnalisée. «En élaborant des méthodes de vaccination élaborées selon le profil des patients, nous devrions pouvoir sortir de la voie empirique suivie depuis des décennies et sur laquelle repose la génération de vaccins dont nous disposons actuellement», explique Claire-Anne Siegrist.

La force du consortium ADITEC est d’intégrer aussi bien des institutions européennes et américaines à la pointe dans la recherche fondamentale et clinique en immunologie que des laboratoires pharmaceutiques et des petites sociétés de biotechnologie actifs dans l’élaboration et la formulation des vaccins. Le projet est en outre soutenu par l’Organisation mondiale de la Santé.

«Nous sommes à un tournant de l’histoire de la vaccinologie, affirme Rino Rappuoli, coordinateur du projet ADITEC. Un laboratoire ou un groupe de recherche seul ne peut plus travailler dans son coin et espérer arriver à des résultats probants. Réunis en consortium, les chercheurs des 42 institutions partenaires auront les connaissances nécessaires pour développer des techniques d’immunisation nouvelles et efficaces».

Plus d’information sur le site web de la Commission européenne: http://bit.ly/nR6RKf

Contact
Claire-Anne Siegrist, (atteignable le jeudi 29 dans l’après-midi), tél. +41 22 379 57 78, claire-anne.siegrist(at)unige.ch

29 septembre 2011
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