2017

Théodore de Bèze en toute lettre

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Lettre du 23 octobre 1571 au savant Joseph Scaliger, lui suggérant qu’il pourrait venir enseigner à Genève un certain temps.© UNIGE

 

Chef du protestantisme réformé au XVIème siècle, diplomate et fervent défenseur du calvinisme, Théodore de Bèze fut également le premier recteur de l’Université de Genève (UNIGE) de 1559 à 1563. Contribuant à la réputation internationale de l’Institution, il y attira étudiants et savants et en fit la «pépinière du calvinisme», admirée ou détestée, en tous les cas connue à travers toute l’Europe.

Les éditions Droz achèvent la publication des 43 volumes de la correspondance complète de Théodore de Bèze. Une aventure au long cours puisque le premier volume de ses lettres avait été publié en 1960. Cette collection, abritée à l’Institut d’histoire de la Réformation de l’UNIGE,  est le fruit du travail de la Société du musée historique de la Réformation, soutenue par le Fonds national suisse (FNS). Acteur principal de cette immense entreprise de rassemblement, lecture et retranscription, Alain Dufour, ancien directeur des Editions Droz, a consacré bénévolement 57 ans de sa vie à l’édition de cette correspondance, « afin que le matériel, ainsi mis à disposition, conduise à de nouvelles interprétations touchant à l’histoire religieuse, politique et intellectuelle du XVIe siècle », souhaite-t-il.


Pour réunir les 2972 lettres qui constituent cette correspondance, Alain Dufour et Béatrice Nicollier, chercheuse à l’Institut d’histoire de la Réformation de l’UNIGE, ont contacté les bibliothèques du monde entier. Ils ont ensuite décidé de les publier chronologiquement, afin de garantir une continuité dans la pensée de Théodore de Bèze. Principalement en latin, les lettres sont toutes accompagnées d’un résumé en français qui comprend l’essentiel du texte, les noms propres et des annotations expliquant les éléments politiques, théologiques, géographiques ou encore personnels. On y retrouve des lettres adressées à Jean Calvin, bien sûr, mais aussi à Henri IV. Il est intéressant de constater que de Bèze et ses correspondants sont en permanence dans l’inquiétude de voir la Réforme, qui ne datait que de quelques décennies, être balayée de toute l’Europe par une coalition du pape et des rois et princes catholiques.


Cette correspondance est une source inestimable pour l’étude de la deuxième moitié du XVIe siècle, que ce soit sur l’histoire de la transmission des informations politiques et leur déformation au fil des missives – les premières fake news de l’histoire ! –, la théologie, la publication et la circulation des livres, l’élaboration de doctrines de résistance ou encore l’histoire de l’UNIGE et de ses étudiants.

Contact: Béatrice Nicollier, +41 22 774 22 52

17 mai 2017
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