Colloque et prix Latsis 2008
Prix Latsis 2008
Lundi 6 octobre, 17h30 - Prix Nobel d’économie 2001, Joseph Stigllitz donnera une conférence sur «les perspectives économiques globales pour l’Europe et les Etats-Unis», à l’occasion de la cérémonie en l’honneur des lauréats du prix Latsis, à Uni Dufour.
Ancien économiste en chef de la Banque mondiale, il est depuis son départ en 2000 l’un des plus virulents critiques des institutions financières internationales. Joseph Stiglitz a également été président du Conseil économique du président Bill Clinton. Dans ses travaux, il s’est notamment intéressé aux effets de la globalisation, en particulier sur les économies en développement, adoptant à l’occasion des positions proches de celles des altermondialistes. En 2004, il a ainsi été l’un des principaux invités du Forum social mondial de Mumbai en Inde. Il est aussi un critique féroce de la dérégulation des marchés financiers, et ceci sans avoir attendu l’actuelle crise financière aux Etats-Unis. Président de la Fondation Latsis, Justin Thorens prononcera une allocution en introduction, suivie d’un mot de bienvenue du recteur de l’UNIGE Jean-Dominique Vassalli. Lieu : Uni Dufour (24 rue Général-Dufour, Genève) Auditoire Piaget |
Colloque Latsis 2008
Vendredi 10 octobre de 9h à 17h30 : L'Union européenne : vers une nouvelle forme de fédéralisme ?
Suite au rejet par les citoyens français et néerlandais du projet de Constitution européenne, les ambitions de doter l'UE d'une nouvelle charte constitutionnelle sont désormais abandonnées au profit d'une approche plus pragmatique, visant à regrouper quelques éléments essentiels de la défunte charte au sein d'un document « allégé ». Et même ce projet semble difficile à faire admettre aux citoyens. La suspension et ou l'abandon de la dynamique constitutionnelle initiée avec la Convention européenne péjore formellement et symboliquement le projet d'Europe fédérale. Que reste-t-il en effet de cette volonté d'inscrire le projet constitutionnel européen dans le prolongement des constitutionalistes américains, et de faire de l'UE les Etats-Unis d'Europe ? L'Europe fédérale ne se réduit-elle qu'au seul principe de subsidiarité et à la primauté du droit communautaire sur la législation nationale? En réalité, le modèle communautaire a produit, depuis son origine, une forme de gouvernance spécifique s'inscrivant pour partie dans l'approche fédéraliste originelle, tout en s'en distinguant. Institutionnellement, l'organisation du pouvoir au sein de l'Union européenne ne répond pas au schéma pyramidal en vigueur dans les Etats fédéraux. Les eurodéputés sont, certes, élus démocratiquement, mais ils partagent leur pouvoir législatif avec le Conseil, lequel est une émanation directe des gouvernements des Etats membres, selon une relation d'influence mutuelle. Avec la Commission, ce triptyque décisionnel laisse apparaître un système politique horizontal, marqué par la négociation permanente plutôt que par des rapports de pouvoir tels que définis dans la doctrine fédéraliste. Dans cette perspective, l'UE se définit comme une fédération basée sur un système de gouvernance à niveaux multiples (Multi-level governance) plutôt que comme une fédération d'Etats. Ainsi, sans remettre en cause le caractère fédéral de la construction européenne, le cadre conceptuel doit être revisité. C'est précisément l'objectif de ce colloque que de s'interroger sur la pertinence des thèses fédéralistes, à la lumière du contexte politique et institutionnel européen actuel. En d'autres termes, est-ce que l'Union européenne consacre, en l'état, une nouvelle forme de fédéralisme?
Participants : Olivier BEAUD, Olivier COSTA, Victoria CURZON PRICE, Frédéric ESPOSITO, Thomas FLEINER, Andreas GROSS, Christine KADDOUS, Jean LECA, Nicolas LEVRAT, Charles MELA, Jean-Louis QUERMONNE, François SAINT-OUEN, Pascal SCIARINI, Dusan SIDJANSKI, Mario TELO
Lieu : Les Salons, 6, rue Bartholini

