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L'EFFONDREMENT DES REGIMES COMMUNISTES D'EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE : CE QUE L'ON SAVAIT, CE QU'ON IGNORAIT : UNE ANALYSE DES REGARDS

Responsables : Wladimir Berelowitch (Genève) et Nicolas Hayoz (Fribourg)

Le thème fait appel à une approche interdisciplinaire circonscrite aux sciences sociales et pourrait intéresser politologues, économistes, sociologues et historiens.

Il s’agit, au départ de se poser, cette question : les sciences sociales énumérées plus haut ont-elles ou non contribué à établir un diagnostic sur l’effondrement des régimes communistes de l’Europe centrale et orientale ? En d’autres termes : l’a-t-on prévu ou non, et aussi, dans tous les cas, y compris intermédiaires, de quelles façons et pour quelles raisons ?

Mais il est intéressant de prolonger cette question par deux autres :

Comment a-t-on, depuis 1989-1991, expliqué (et non plus prédit) cette « chute finale » (titre d’un ouvrage d’Emmanuel Todd qui, précisément, annonçait la dite chute) ?

De façon plus large, cet état des lieux peut impliquer un examen, si possible dépourvu de polémique et d’arrière-pensées, de la nouvelle production (principalement historique, désormais) portant sur la période communiste, telle qu’elle se fait dans les pays concernés aussi bien qu’ailleurs dans le monde (notamment dans les pays occidentaux).

On étudiera donc la façon dont les différents domaines (idéologie et idées ; culture ; économie ; légitimité politique des régimes ; relations internationales et course aux armements ; problèmes sociaux et question des sociétés civiles, etc.) ont été proposés par les analystes pour annoncer ou expliquer la chute des régimes. Cette étude devrait faire surgir des typologies qu’il sera intéressant de confronter pour dégager les postulats intellectuels et méthodologiques qui y ont présidé. On s’interrogera sur la façon dont la chute des régimes communistes a modifié la perspective même des analystes. Ces excursions dans le domaine cognitif ne pourront évidemment faire abstraction des réalités qui sont en cause et de leurs prolongements actuels. En particulier, on s’interrogera sur le concept de « transition » et des différentes modalités de la « chute » des régimes communistes, telles qu’elles ont été conceptualisées par les observateurs qui avaient tendance, dans l’ensemble, à les classer dans l’idée d’une révolution démocratique, alors même que l’actualité montre bien que cette grille est bien trop simpliste.