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Dossier/Colonisation

Sur le chemin des réparations

L’Europe a mis très longtemps à reconnaître l’aspect criminel de la colonisation. Et si la traite négrière et l’esclavage sont aujourd’hui considérés comme des crimes contre l’humanité, la question des réparations est encore loin d’être réglée. Entretien avec Bouda Etemad, professeur d’histoire aux Universités de Genève et de Lausanne

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En 2009, Genève pourrait accueillir la quatrième Conférence mondiale des Nations unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance. Initialement prévu en Afrique du Sud, ce rendez-vous controversé, qui est d’ores et déjà boycotté par les Etats-Unis, Israël et le Canada, fait suite à la réunion tenue à Durban en septembre 2001. Une manifestation à l’issue de laquelle les représentants de quelque 160 nations ont reconnu que la traite négrière constituait un crime contre l’humanité.

Cette déclaration, éclipsée par l’effondrement des tours jumelles à New York, représente une victoire importante pour ceux qui demandent réparation. Elle constitue également un défi de taille pour l’ensemble de la communauté internationale. Car si l’Occident doit payer pour les crimes commis dans son passé, encore faut-il savoir combien et à qui? Comme l’a démontré le tollé déclenché par la loi française du 23 février 2005 – qui soulignait l’aspect positif de la présence française outre-mer – ces questions suscitent aujourd’hui encore des débats acharnés tant au sein des anciennes colonies et métropoles qu’entre les premières et les secondes. Elles alimentent également les travaux de nombreux chercheurs qui, en multipliant thèses, colloques, articles de revue et autres publications, ont permis de renouveller le regard porté sur le fait colonial. Professeur aux Universités de Genève (Faculté des sciences économiques et sociales) et de Lausanne, Bouda Etemad apporte une pierre supplémentaire à l’édifice, avec la parution de son dernier ouvrage: Crimes et réparations. L’Occident face à son passé colonial.

Campus: Qu’est-ce qui distingue la colonisation des autres formes de domination politiques?

Bouda Etemad: Tout d’abord, c’est un processus qui peut être délimité dans le temps. Il a un début (le XVIe siècle) et une fin (le milieu du XXe). Ensuite, outre son caractère massif et brutal, la colonisation se définit par l’expansion territoriale de l’Europe hors de ses frontières et par la constitution d’empires d’outre-mer. Elle implique une rupture géographique importante entre la mère patrie et les territoires assujettis. C’est particulièrement évident dans le cas des Pays-Bas en Indonésie ou la Belgique au Congo. En revanche, dans le cas des empires chinois, russes ou ottoman, la domination s’exerce depuis un centre vers des territoires qui sont limitrophes et qui baignent donc généralement dans un univers culturel qui n’est pas radicalement différent.

Le Japon fait à cet égard figure d’exception…

C’est en effet un cas intermédiaire puisque le Japon érige un empire régional qui constitue une sorte de cordon de sécurité grâce à l’annexion de Taïwan ou de la Corée. Des territoires qui ne sont pas très éloignés du Japon, sans être pour autant contigus.

Depuis quelques années, la colonisation et l’esclavage sont revenus en force dans l’actualité et ils occupent aujourd’hui une place grandissante dans la vie publique. Comment expliquez-vous cette évolution?

De nombreuses raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce phénomène. L’un des facteurs essentiels et souvent peu connu tient à l’inversion des flux migratoires entre le Nord et le Sud au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Jusque-là, il y a davantage de gens qui quittent l’Europe pour gagner les colonies de peuplement (Canada, Etats-Unis ou Australie) qu’il n’y a d’arrivants. Avec la décolonisation, cette tendance s’inverse. Les anciens colons ne sont en effet pas les seuls à faire le voyage vers le Vieux Continent. Ils sont accompagnés par un certain nombre d’indigènes qui, pour des raisons très diverses, choisissent de quitter leur pays. Ainsi, parmi les 6 millions d’individus qui reviennent alors en Europe, près de la moitié sont des anciens sujets d’empires antillais, africains ou asiatiques. Regroupés en communautés, ces derniers vont contribuer, ne serait-ce que par leur présence, à modeler les opinions, à faire changer les mentalités et à modifier le regard porté sur l’histoire de la colonisation. Parallèlement à ce mouvement, on voit apparaître au sein du monde académique occidental ce qu’on appelle les «études post-coloniales». Ce courant de pensée va contribuer à la résurgence d’une histoire qui passe mal dans les consciences européennes.

La colonisation a-t-elle toujours été considérée comme une entreprise criminelle?

Des voix s’élèvent très tôt pour protester contre les excès de la domination européenne dans le Nouveau Monde. Dès 1552, par exemple, Bartholomé de la Casas publie sa Très Brève Relation de la destruction des Indes, mais il restera longtemps un cas isolé. Par la suite, son point de vue sera partagé par beaucoup de ceux qu’on peut appeler les «intellectuels de l’Ancien Régime»: Voltaire, Rousseau, Montesquieu ou l’abbé Grégoire. Mais si tous condamnent les crimes de l’homme blanc dans les contrées lointaines, ils sont très rares à s’interroger sur l’éventualité de réparer les destructions causées à ces populations. Il faut attendre le XIXe siècle et l’abolition de l’esclavage américain pour que les choses évoluent.

Dans quel sens?

La plupart des abolitions qui sont décrétées à cette époque se font par le haut, depuis la métropole. Mais, dans l’esprit des gouvernements occidentaux, la fin de l’esclavage ne doit pas signifier la fin de l’économie coloniale. Il faut donc dédommager les propriétaires d’esclaves en leur versant des indemnités financières pour la perte de capital que la libération de la main-d’œuvre servile leur fait subir. Quant aux esclaves, l’idée qui prévaut jusqu’à la première moitié du XXe siècle est que la liberté qui leur a été accordée suffit à les dédommager. Victor Schoelcher fait figure d’exception lorsqu’il réclame, au milieu du XIXe siècle, des réparations qui soient favorables aux victimes de la traite et de l’esclavage, plutôt qu’à leurs anciens maîtres. 

Qu’est-ce qui fait que ce point de vue est aujourd’hui très largement accepté?

Là encore, de nombreux facteurs peuvent être invoqués. Par exemple le fait que, depuis un demi-siècle, l’Occident porte une attention grandissante aux droits humains. Sur le plan moral ou politique, notre regard sur le passé est donc très différent de celui des siècles antérieurs. Par ailleurs, à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, pour la première fois, ce ne sont pas les vaincus qui paient, mais les vainqueurs. L’Allemagne et l’Italie sont reconstruites grâce aux sommes allouées par les Alliés dans le cadre du Plan Marshall. C’est un changement qui est propre à l’histoire de l’Europe, mais qui a d’importantes conséquences pour les nations colonisées. Le discours prononcé par Jean Paul II à l’occasion du passage du millénaire, dans lequel il a évoqué le nécessaire examen de conscience auquel devait se livrer l’Eglise catholique, notamment pour ce qui est de l’esclavage et de la colonisation, a également eu une influence importante. Enfin, je suis convaincu que le mouvement en faveur des réparations a été renforcé durant les vingt dernières années par l’échec des programmes d’aide au développement internationaux et par les problèmes liés à l’immigration et à l’intégration des minorités ethniques.

Qu’entendez-vous par là?

Les inégalités de revenus que l’on constate aujourd’hui entre le Nord et le Sud se doublent de disparités sociales à l’intérieur des nouvelles nations que sont les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie. Les populations autochtones, se sentent marginalisées dans leur propre pays. Elles remontent donc dans le passé pour décrypter ce qui s’est passé et mettre en évidence les préjudices subis. Ce faisant, ces descendants de colonisés ou d’esclave ne cherchent, selon moi, pas tant à revenir sur une généalogie historique occultée qu’à obtenir plus d’égalité et de justice sociale. D’ou l’émergence de luttes et de revendications qui s’inscrivent dans l’histoire coloniale, mais qui en fait ne la concerne que de façon indirecte.

Aucune demande de réparations n’émane des pays d’Asie, qui à l’époque de la colonisation, regroupaient pourtant la plupart des populations dominées. Pourquoi?

Aujourd’hui, les demandes de réparation proviennent presque exclusivement du réseau atlantique (traite négrière et esclavage, plus colonisation). Il s’agit de populations qui étaient démunies, tant sur le plan immunitaire que sur le plan technique, face à l’envahisseur occidental. En Asie, les disparités n’étaient pas si grandes et les populations avaient les moyens de mieux résister. Les Européens n’ont d’ailleurs jamais tenté d’expérience de peuplement dans ces régions, contrairement à ce qui a été fait en Amérique et dans le Pacifique. Des millions de personnes ont été déportées pour mettre en exploitation économique ces territoires. Ce n’est donc pas un hasard si les demandes de réparation viennent de ces communautés. Elles ne pèsent peut-être pas lourd sur le plan démographique, mais ce sont elles qui ont subi le plus dur de la colonisation.

Admettre le principe d’une réparation est une chose. La chiffrer en est une autre…

C’est l’obstacle le plus évident: comment chiffrer la souffrance humaine? Mais ce n’est de loin pas le seul frein sur le chemin des demandes de réparation. A la Conférence de Durban, en 2001, le seul objectif commun des pays africains était d’amener la communauté internationale à qualifier la traite négrière de crime contre l’humanité. Ce qui a été fait. Mais au-delà de cette question, il n’y avait aucun terrain d’entente. D’un côté, Abdoulaye Wade, actuel président du Sénégal, fait remarquer que si des indemnités devaient être versées pour l’esclavage, il devrait passer à la caisse étant donné que ses ancêtres ont été propriétaires de milliers d’esclaves. De l’autre, Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature 1986, considère que la campagne en faveur des réparations a le défaut de détourner l’attention des problèmes politiques intérieurs de l’Afrique et des violations des droits humains par les dictateurs locaux. Il préconise donc que la fortune des dictateurs du continent serve de premier versement afin de rendre «irréprochable et moralement pure» toute demande de réparation à l’Occident. Certains leaders africains relèvent également que les faits sont trop anciens pour faire l’objet d’un recours juridique ou que l’esclavage a été pratiqué avant les traites d’exportation et qu’il continue à l’être aujourd’hui encore dans plusieurs régions du Continent noir. des problèmes politiques intérieurs de l’Afrique et des violations des droits humains par les dictateurs locaux. Il préconise donc que la fortune des dictateurs du continent serve de premier versement afin de rendre «irréprochable et moralement pure» toute demande de réparation à l’Occident. Certains leaders africains relèvent également que les faits sont trop anciens pour faire l’objet d’un recours juridique ou que l’esclavage a été pratiqué avant les traites d’exportation et qu’il continue à l’être aujourd’hui encore dans plusieurs régions du Continent noir.

Quelle est la position des pays occidentaux sur les demandes de réparation?

Les Etats européens ne sont pas prêts à satisfaire aux demandes de réparation africaines. Ils considèrent que les défenseurs africains de la cause des réparations financières ne reconnaissent pas clairement que le monde arabo-musulman a participé au moins autant que l’Europe chrétienne à l’écrémage des ressources humaines du Continent noir. Tant que l’existence d’une traite dite orientale ne sera pas pleinement reconnue, les Européens seront réticents à entrer en matière sur la question des réparations financières. Accepter de payer reviendrait en effet à admettre qu’ils sont les seuls responsables, ce qui n’est pas envisageable compte tenu de ce que l’on sait aujourd’hui de l’histoire.

Que faire pour sortir de cette impasse?

A mon sens il n’y a qu’une solution. Il faut que toutes les parties concernées expriment la volonté de régler le problème des réparations pour la traite et l’esclavage. A partir de là, il faudrait signer un traité international qui reconnaisse que ces pratiques ont toujours été criminelles. Cela permettrait de régler les problèmes juridiques que pose le principe de non-rétroactivité des peines, puisque ces actes n’étaient pas criminels au moment où ils ont été commis. Le traité pourrait alors établir les modalités de réparation à accorder pour les dommages actuels causés par ces crimes du passé. Les réparations envisagées pourraient être de nature symbolique et ou de nature matérielle. Mais, dans tous les cas, leur but devrait être de remédier aux déséquilibres mondiaux, déséquilibres qui sont en partie hérités de la colonisation et de l’esclavage. Ceci en donnant aux pays et aux populations touchés par ces pratiques de meilleures possibilités de développement.

La seconde conférence de Durban est agendée en 2009. Que peut-on attendre de ce type de rendez-vous?

Les participants qui sont restés à la conférence de 2001 en sont repartis avec une certaine dose d’optimisme. Cette réunion a également donné le coup d’envoi à toute une série de recherches. Les questions qui y ont été débattues ont été intégrées par les juristes, les sociologues, les historiens. Des colloques ont été organisés et de nombreux ouvrages ont été ou sont sur le point d’être publiés. Cela a donné un nouvel élan à un domaine de recherche qui était devenu un petit peu poussif. De ce point de vue là, en tout cas, Durban a donné des résultats précieux dans la mesure où ils apportent de nouvelles clés de compréhension du monde. Quant à 2009, c’est un rendez-vous bienvenu qui devrait permettre de récolter les fruits de la réflexion entamée en 2001. Dans ce genre de problématique, il faut en effet qu’un climat de confiance s’instaure et que la discussion s’établisse autour de faits confirmés sur le plan scientifique. Et tout cela demande du temps.

Après la Conférence de Durban de 2001, la Suisse a déclaré qu’elle n’avait jamais été impliquée dans l’esclavage et la traite négrière. Depuis, les travaux de certains historiens, dont vous êtes, ont montré que c’était faux. Le gouvernement a-t-il révisé sa position?

Oui. Suite à une interpellation parlementaire, Micheline Calmy-Rey a reconnu que la Suisse a participé, directement ou indirectement, à la traite négrière et à l’esclavage. La Suisse n’est ni meilleure ni pire que ses voisins, aussi ne peut-elle plus se draper dans un habit de pureté. Elle doit, comme les autres nations de la communauté internationale, prendre sa part dans une réflexion visant à faire en sorte que les déséquilibres mondiaux actuels ne débouchent pas sur des conflits ou des crises. Les historiens sont là pour mesurer cette part. Mais il ne faut pas tout mélanger: dire que des Suisses ont pu être impliqués dans ces phénomènes ne veut pas dire que la Suisse a construit sa prospérité sur le sang et les larmes des captifs noirs déportés.

«Crimes et réparations. L’Occident face à son passé colonial», par Bouda Etemad, André Versaille éditeur, 206 p.

 

Quatre siècles de dominationQuatre siècles de domination

«Phénomène planétaire avant-coureur de la mondialisation, la colonisation est aussi ancienne que le monde occidental», écrivait récemment l’historien français Marc Ferro dans un article du Nouvel Observateur. Moins large, la tradition historique fixe généralement les débuts de ce processus d’expansion européenne au XVe siècle, avec la découverte de l’Amérique.

Concernant essentiellement le Nouveau monde dans un premier temps, la colonisation prend une autre dimension avec la révolution industrielle et le développement de l’Europe. En quelques décennies, le Vieux Continent étend sa domination à l’Asie, à l’Afrique et à l’Océanie. Vers 1760, les empires coloniaux européens couvrent 18% de la surface de la planète et contiennent 3% de la population mondiale. En 1914, au moment de leur apogée, ces chiffres passent respectivement à 39% et 31%. Aujourd’hui encore, près de 70% de la population mondiale aurait un passé colonial, soit en tant qu’ex colonisateur, soit en tant qu’ex-colonisé.

Dès le début de l’expansion européenne, on distingue deux grands types de possessions: les colonies de peuplement et les colonies d’exploitation.

A l’image de l’Amérique du Nord, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Argentine, de l’Uruguay ou du Chili, les colonies de peuplement impliquent la destruction ou le déplacement des populations autochtones et l’appropriation par les masses d’arrivants de vastes portions du territoire.

Symbolisées par l’empire des Indes, la plus grande, la plus peuplée et la plus riche des colonies que l’Europe ait possédées depuis le XVIe siècle, les colonies d’exploitation reposent sur une logique différente. Plutôt que de se substituer aux populations indigènes, le colon y impose sa domination afin de faire fructifier l’économie de la métropole. On peut ranger dans cette catégorie l’ancienne Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge) et l’Indonésie, ainsi que la plupart des possessions européennes d’Afrique.

Enfin, un certain nombre de cas correspondent à des situations hybrides (Afrique du Sud, Namibie, Algérie, Mexique, Pérou, Brésil), où des colons relativement nombreux s’accaparent les meilleures terres et la plus grande part des richesses produites sans pour autant éradiquer les populations indigènes, qui restent majoritaires. On parle dans ce cas de colonies mixtes.

 

Traite atlantique et traite musulmane

Pour compenser les énormes pertes démographiques engendrées par la conquête et l’exploitation du Nouveau Monde – on estime que la domination européenne sur le continent américain a entraîné une chute d’au moins 75% de la population amérindienne –, les Européens se tournent rapidement vers la main-d’œuvre captive africaine.

> La traite atlantique démarre vers 1440. En un siècle, on estime que les Européens ont arraché environ 100 000 esclaves à l’Afrique. La moitié d’entre-eux est débarquée à Séville ou à Lisbonne, pour servir dans les villes côtières de la péninsule Ibérique, l’autre est envoyée par-delà l’Atlantique pour un voyage souvent funeste. Ceux qui arrivent à destination grossissent les rangs des cultivateurs de canne à sucre ou autres plantations de monoculture. La traite atlantique s’achève dans le dernier tiers du XIXe siècle, suite à l’abolition de l’esclavage dans la plupart des pays occidentaux concernés par le «commerce honteux». En quatre siècles, elle aura provoqué la déportation de plus de 10 millions d’Africains. Selon les estimations disponibles, elle aurait directement causé la mort de 1,5 million d’esclaves et de 250 000 marins blancs durant la traversée, auxquelles il faut ajouter 7,7 à 11,5 millions d’Africains décédés avant même l’embarquement.

> Longtemps occultée, la traite «arabe» ou musulmane est largement antérieure à la traite atlantique, puisqu’elle commence dès le VIIe siècle pour s’éteindre, elle aussi, au XIXe siècle. La traite musulmane s’opère à travers le Sahara. Elle est destinée à approvisionner l’Afrique du Nord et l’Empire ottoman en main-d’œuvre captive. Selon les fragiles estimations dont on dispose, ce commerce a concerné 9,5 millions d’individus, auxquels il faut ajouter environ 5 millions de personnes embarquées entre 800 et 1890 à destination de la péninsule Arabique, du golfe Arabo-persique, de l’Inde ou de la Malaisie.

> Au total, la traite des esclaves, qu’elle soit européenne ou musulmane, aurait ôté à l’Afrique entre 25 et 27 millions d’individus.