Essai sur les transformations des opérations logiques : les 256 opérations ternaires de la logique bivalente des propositions ()

Chapitre III.
Les transformations hétérologues par négations réciprocités ou corrélativités a

Les transformations I, N, R et C seront dorĂ©navant dites « homologues », en ce sens que toutes les formes Ă©quivalentes (ou homologues) d’une mĂȘme opĂ©ration, soumises Ă  ces transformations, donnent des formes Ă©galement Ă©quivalentes entre elles d’une nouvelle opĂ©ration. Par exemple l’opĂ©ration IV 6 se prĂ©sente sous deux formes Ă©quivalentes [(p V r). (r 3 y)] et [(p 3 r) | (q | r)] ; or les inverses N de ces deux formes sont Ă©galement Ă©quivalentes entre elles : [(p √ r) | (r 3 y)] ≡ [(p 3 r) | (y | r] ; les rĂ©ciproques R le sont Ă  leur tour entre elles : [(p ∣ r).(q 3 r)] ≡ [(r P) I (7 v Îł)] ; et lΞs corrĂ©latives C aussi : [(p | r) | (q 3 r)] ≡ [(r 3 p).(q √ r)]. *

On peut, par contre, effectuer certaines transformations sur une forme dĂ©terminĂ©e prise par une opĂ©ration, transformations bien dĂ©finies et aboutissant Ă  des structures d’ensemble cohĂ©rentes, sans que ces transformations aboutissent aux mĂȘmes rĂ©sultats que les mĂȘmes transformations appliquĂ©es Ă  d’autres formes, cependant Ă©quivalentes (homologues) de cette opĂ©ration. Nous parlerons en ce cas de transformations « hĂ©tĂ©rologues ». Par exemple si, dans la forme [(p vr).(r 3 y)] de l’opĂ©ration III 6, on inverse chacune des deux opĂ©rations composĂ©es mais sans modifier l’opĂ©ration composante (transformation Nh), on trouve [(p. r).(y.r)] ≡ 0 ; mais si l’on soumet Ă  la mĂȘme transformation Nh la forme Ă©quivalente [(p 3 r) | (q | r)] de l’opĂ©ration IV 6 on trouve [(p. r) ∣ (y.r)] ≡ VIII.

Or l’existence de ces transformations hĂ©tĂ©rologues est intĂ©-

ressante Ă  deux points de vue. En premier lieu elle permet de construire de nouvelles structures en reliant par de telles transformations deux ou plusieurs quaternes ou couples d’opĂ©rations ternaires structurĂ©s chacun selon le groupe I, N, R et C et de composer en chaque cas ces transformations homologues avec certaines transformations hĂ©tĂ©rologues en un systĂšme cohĂ©rent. C’est ce que nous allons voir au cours des paragraphes suivants. En second lieu, et du point de vue de l’interprĂ©tation de la logique en gĂ©nĂ©ral, elle montre que deux opĂ©rations Ă©quivalentes ne sont pas tautologiquement identiques, puisque deux systĂšmes de formes Ă©quivalentes soumises aux mĂȘmes transformations n’aboutissent pas au mĂȘme rĂ©sultat ! Équivalence signifie donc simplement possibilitĂ© de substitution opĂ©ratoire, cette possibilitĂ© pouvant ĂȘtre, selon les cas, gĂ©nĂ©rale ou restreinte Ă  des degrĂ©s divers1.

Ces transformations hĂ©tĂ©rologues sont de deux types les unes procĂ©dant selon divers modes de nĂ©gation et les autres par permutations. Nous Ă©tudierons les secondes au chapitre suivant. Quant aux premiĂšres, elles consistent en inversions, rĂ©ciprocitĂ©s (ou nĂ©gation des propositions) et corrĂ©lativitĂ©s (ou nĂ©gations de la rĂ©ciproque) portant sur l’une, l’autre ou l’ensemble des opĂ©rations composĂ©es de l’expression considĂ©rĂ©e.

§ 9. Le groupe a 8 éléments des transformations INRC et Nh

Repartons de l’opĂ©ration I 1 et de ses transformations INRC mais pour soumettre chacun des Ă©lĂ©ments de ce quaterne Ă  la nĂ©gation hĂ©tĂ©rologue Nh. On aura ainsi :

(39) Nh [p . (q.r)] ≡p. (q | r) ≡ III 56 correspondant à II

Nh [p ∣ (q.r)]≡p ∣(q∣r) ≡V 56 — VIII

Nh [p . (q.f)] = p. (q Vr) ≡ III 1 — 18

Nh [p ∣ (q.r)] ≡ p | (q Vr) ≡ V 1 — VII 8

1. Pour passer d’une forme donnĂ©e Ă  une forme Ă©quivalente, il est, en effet, nĂ©cessaire d’effectuer certaines opĂ©rations et ce sont ces opĂ©rations mĂȘmes qui diffĂ©rencient les unes des autres les formes Ă©quivalentes : il est alors naturel que ces opĂ©rations, qui sont distinctes tout en aboutissant Ă  des produits Ă©quivalents, donnent lieu Ă  des rĂ©sultats diffĂ©rents lorsqu’elles sont composĂ©es avec une nouvelle opĂ©ration.

Or, on a vu plus haut (tabl. 33) que V 56 est l’inverse de III56, que III 1 est la rĂ©ciproque de III 56 et que V I est la corrĂ©lative de III 56. Aux 4 transformations INRC du quaterne I 1, VII 1, I 8 et VII 8, mis sous la forme p. (q.r), etc., correspondent donc les 4 transformations d’un autre quaterne, structurĂ© selon le mĂȘme groupe INRC mais composĂ© des opĂ©rations III 56, V 56, III 1 et V 1 mises sous la forme p. (q | r), etc. ; et cette correspondance entre les deux quaternes est assurĂ©e par la transformation de chaque Ă©lĂ©ment du premier eh un Ă©lĂ©ment du second, bien ’dĂ©terminĂ© au moyen de l’opĂ©rateur hĂ©tĂ©rologue Nh.

GrĂące Ă  cette nouvelle transformation Nh, qui multiplie par deux les 4 transformations de base INRC, nous sommes donc en prĂ©sence d’une nouvelle structure, que nous nommerons le groupe Ă  8 Ă©lĂ©ments. On peut schĂ©matiser comme suit la structure de ce groupe (voir la fig. 1) :

Nh N

Soit, par exemple, I 1 — » III 56 — ♩ V 56. On en dĂ©duit 4 1 -CNhR> V 56. En effet C (I 1) = (VII 8) ; Nh (VII 8) = (V 1) et

NhN NNh

R (V 1) = V 56. De mĂȘme I 8 > V 1 ≡ I 8 V 1 car Nh (I 8) = (III 1) et N (III 1) = V 1. Or N (I 8) = VII 8 et Nh (VII 8) = V 1.

Nh

N li χ Z

ii *— — * is sise *— — * nu

>

N zx ∖n Z^

Z X / N

c c >Z c

∖N

VU 8 - - VHi V, → - *- V⅛6

Xn K

z× Nh

Nh

Fig. 1

Un tel groupe constitue donc une structure totale indépendante et nouvelle par rapport au groupe de 4 éléments, la transformation Nh se composant avec les autres de façon commutative

I

et associative. Mais il est essentiel de souligner le fait que, la transformation Nh Ă©tant hĂ©tĂ©rologue la relation entre les opĂ©rations III 56, etc., et les opĂ©rations I 1, etc., n’est pas la mĂȘme qu’entre les opĂ©rations intĂ©rieures Ă  chacun de ces deux quaternes. Il suffit, par exemple, de donner aux opĂ©rations 11, etc., la forme (p. q).r, etc., pour que la transformation N h les transforme en des opĂ©rations diffĂ©rentes de III 56, etc. :

(41) Nh [r . (p. q)] ≡ r . (p | q) III 51 correspondant à II Nh [r | (p. q)] ≡ f | (p | q) V 51 — VIII

Nh [f . (p. q)] ≡ r . (p ∹ q) III 8 — 18

Nh [f ∣ (p. q)] ≡ r | (p V q) V 88 — VII 8

Le groupe Ă  8 Ă©lĂ©ments, tout en constituant une structure bien dĂ©finie, ne comporte donc pas une parentĂ© entre les opĂ©rations lui servant d’élĂ©ments aussi Ă©troite qu’entre les constituants d’un groupe simple INRC.

NĂ©anmoins, on aperçoit d’emblĂ©e que si le quaterne I 1-VII 8 peut se transformer indiffĂ©remment en un quaterne III 56-V 1 ou en un quaterne III 51-V 8 selon la forme attribuĂ©e aux opĂ©rations I. 1, etc., ces correspondances multiples ne sont point arbitraires, mais forment elles-mĂȘmes un nouveau groupe. C’est ainsi que le passage de la forme Ă  la forme [r.(p. y)] de l’opĂ©ration 11 constitue lui-mĂȘme une transformation bien dĂ©terminĂ©e, que nous appellerons dans la suite la permutation de l’opĂ©ration uninaire Ppr. Or, Ă  comparer les tableaux (39) et (41), on constate que la diffĂ©rence entre les opĂ©rations III 56- V 1 et les opĂ©rations III 51-V 8 tient prĂ©cisĂ©ment Ă  une telle permutation de l’opĂ©ration uninaire, de telle sorte qu’il est aisĂ© de transformer III 56 en III 51, V 56 en V 51, III 1 en III 8 et V 1 en V 8 au moyen de la mĂȘme transformation Ppr. Dans le cas de I 1 formes1 A et C [r.(p. y)] les deux formes A et C sont Ă©quivalentes, cela est vrai, tandis que III 56 est une opĂ©ration distincte de III 51, mais la transformation est la mĂȘme j i j τ i pPr τ1 z- Nh

dans les deux cas. Les correspondances I 1 A >■ I 1 C — *

1. Nous appellerons dans la suite (§ 17) A, B et C les figures dans lesquelles l’opĂ©ration uninaire est p, g ou r. Il ne faut donc pas confondre ici le symbole C dans le sens de la figure C avec le symbole de la corrĂ©lative. Aucune Ă©quivoque ne sera possible dans ce qui suivra.

Z

4) Ng de (2) = Nd (43) 1) Opérations 2) Nd de (1) 3) Ng de (1) de (3) = Nh de (1)

I I 1 [r.(p. q)] [r . (p | q)] ≡ III 42 [r . (p. q)]≡ 12 [r . (p ∣ q)] ≡ III 51

N VII 1 [r | (p. q)] [r | (p ∣ q)] ≡ V 42 [r ∣ (p. q)] ≡ VII 2 [f  |  (p ∣ q)] ≡ V 51

R I8[f.(p. q)] [f . (p V q)] ≡ III 28 [r.(p. q)]≡ 17 [r . (p V q)] ≡ III 8

C VII 8 [r | (p. q)] [f∣(pVq)]≡ V 28 . [r ∣ (p. q)] ≡ VII 7 [r  |  (p V q)] ≡ V 8

4) Nh de (1) = Ng (44) 1) Opérations 2) Nd de (1) 3) Ng de (1) de (2) = Nd de (3)

I .. I IV 3 [(p |  r) |  (q 3 r)] [(p |  r) ∣ (q.f)] ≡ VI 11 [(p. r)  |  (q 3 r)] ≡ VI 2 [(p. r) ∣ (q.r)] ≡ VIII

N . IV 68 ](p |  r) . (q 3 r)] [(p |  r) . (q.f)] ≡ II 11 [(p. r) . (q ? r)] ≡ II 2 [(p. r) . (q.r)] ≡ O

R . IV 65 [(p V r) |  (r 3 q)] ](p V r) ∣ (q.r)] ≡ VI 17 [(p. r)  |  (r 3 q)] ≡ VI 27 [(p. f) ∣ (q.r)] ≡ VIII

C.. IV 6 [(p V r) . (r 3 q)] [(p V r) . (q.r)] ≡ II 17 [(p. f) . (r 3 q)] ≡ II 27 [(p. f) . (q.r)] ≡ O

Prp Nh

III 51 — → III 56 — >■ 11 A constituent donc un nouveau groupe plus complexe que le prĂ©cĂ©dent (et non commutatif en ce qui concerne Ppqr). Mais nous n’en saurions aborder l’étude avant d’avoir analysĂ© les transformations hĂ©tĂ©rologues par permutations. Bornons-nous, pour l’instant, Ă  conclure que, si les transformations hĂ©tĂ©rologues par nĂ©gation n’atteignent pas la gĂ©nĂ©ralitĂ© des transformations homologues, elles n’en permettent pas moins la construction de nouveaux groupes Ă  structure bien dĂ©finie, et que ces nouveaux groupes peuvent Ă  leur tour servir de point de dĂ©part Ă  la structuration de groupes plus complexes, comme nous en verrons sans cesse dans la suite. Sans sortir, d’ailleurs, des composantes de la transformation N h, nous allons constater dĂšs le § 10 la possibilitĂ© d’englober le groupe Ă  8 Ă©lĂ©ments en un groupe de 16.

§ 10. Le groupe a 16 éléments des transformations Ng, Nd, Nh et INRC

Bornons-nous maintenant Ă  nier l’une des deux opĂ©rations composĂ©es et commençons par une expression uninaire-binaire. En ce cas ? nous dĂ©signerons par le symbole Ng la nĂ©gation de l’opĂ©ration composĂ©e de gauche en Ă©crivant toujours Ă  gauche, par convention, l’opĂ©ration uninaire : Ng sera donĂ© la nĂ©gation de cette derniĂšre. Nd sera par contre la nĂ©gation de l’opĂ©ration de droite, c’est-Ă -dire, par convention, de l’opĂ©ration composĂ©e binaire. On a naturellement :

(42) NgNd = NdNg = Nh

et

(42 bis) NdNgNh = I ’

Reprenons comme exemple, le quaterne des opérations I 1, VII 1, I 8 et VII 8 sous la forme du tableau (41) et dressons la table des transformations Ng, Nd et Nh (voir tabl. 43).

On voit l’élĂ©gance d’un tel systĂšme : les opĂ©rations de la quatriĂšme colonne sont simultanĂ©ment les Nh de celles de la premiĂšre, les Ng de celles de la seconde et les Nd de celles de la

troisiÚme. De plus les Nd sont les N h des N g et réciproquement. On aura donc toujours :

(43 bis) Nd = NhNg et Ng = NhNd (commutatif)

En outre les 4 Nd, les 4 Ng et les 4 Nh sont respectivement les INRC de leur propre quaterne, en correspondance avec les 4 opérations du quaterne de départ (premiÚre colonne).

Par exemple, l’opĂ©ration V 8 est Nd (VII 7) N (I 7) R (I 2) Nh (III 42) C (V 28) Nd de VII 8. Mais V 8 est aussi : C (III 51) Ng (I 2) N (VII 2) Nd (V 51), Nh (VII 1) R de VII 8, c’est-Ă -dire que les deux suites de transformations NdNRNhCNd et CNg- NNdNhR conduisent du mĂȘme point de dĂ©part (V 8) au mĂȘme produit (VII 8) par deux voies diffĂ©rentes, ces deux voies sc ramenant d’ailleurs l’une et l’autre Ă  Nh (parce que NdNd = I et CNR = I).

Examinons encore un autre exemple du groupe Ă  16 Ă©lĂ©ments des transformations N h, N g et Nd et choisissons-le maintenant dans le cas des opĂ©rations binaires-binaires. Il importe Ă  cet Ă©gard, de formuler d’abord une convention quant au choix de ce que nous appellerons les opĂ©rations de gauche et de droite. En une expression dont le moyen terme est p nous dĂ©signerons l’opĂ©ration p (a) q comme Ă©tant celle de gauche et l’opĂ©ration p (ÎČ) r comme Ă©tant celle de droite. Si le moyen terme est q l’opĂ©ration p (a) q sera dite Ă©galement celle de gauche et q (ÎČ) r celle de droite. Si le moyen terme est r, enfin, l’opĂ©ration p (a) r sera celle de gauche et q (ÎČ) r celle de droite. Ces dĂ©signations restent valables en cas de permutation des opĂ©rations a et ÎČ, l’ordre des propositions restant le mĂȘme (y y x Ă©quivaut de ce point de vue h x c y).

Soit, par exemple, l’opĂ©ration IV 3 [(p | r) | (q y r)] : la transformation N g donnera alors [(p. r) | (y y r)] et la transformation Nd : [(p | r) | (q.f). On obtiendra ainsi la mĂȘme forme de groupe (voir tabl. 44, p. 40).

On reconnaĂźt en effet la mĂȘme structure que celle du tableau (43) et on constate que les prop. (42) et (42 bis) sont . Ă©galement vĂ©rifiĂ©es. Il se trouve seulement que, dans le cas particulier des opĂ©rations VIII et O, on a N = 1 et R = C, c’est-Ă -dire que la rĂ©ciproque et la corrĂ©lative ne constituent pas des transformations distinctes de l’identique et de l’inverse : K ? * q) .(q * r)] ≡ [(p * q) .(q * r)] et ((p * q) | (q * F)] ≡ [(p ♩ q) | (q * r)]. Mais cette rĂ©duction du quaterne VII1-0 Ă  un couple ne

modifie en rien la structure du groupe formĂ© par les transformations INRC, Nh, N g et Nd, lequel conserve ainsi les mĂȘmes lois qu’il s’agisse d’opĂ©rations binaires-binaires ou uninaires- binaires et de quaternes complets ou de couples R = I et N = C.

Par contre, les transformations Nh, Ng et Nd Ă©tant hĂ©tĂ©rologues, il est clair qu’une mĂȘme opĂ©ration ne donnera pas nĂ©cessairement lieu aux mĂȘmes produits Nh, etc., selon qu’elle est mise sous une forme uninaire-binaire ou binaire-binaire. Par exemple, si l’on attribue Ă  l’opĂ©ration III 42 une forme binaire-binaire [(r 3 p) I (r 3 7)1> transformation Nh ne conduit plus Ă  I 2 p. (p. 7)] comme au tableau (43), mais Ă  VII 7 [(p. r) ∣ (7.r)] ≡ [r I (P-Ăź)]’ tIuÎč est la corrĂ©lative C de I 2. Seulement une fois de plus, de telles irrĂ©gularitĂ©s apparentes suivent en rĂ©alitĂ© des lois prĂ©cises et nous allons d’emblĂ©e dĂ©gager celle qui rĂ©git les rapports de la transformation Nh et de la distributivitĂ©.

On sait que les opĂ©rations binaires (.) et (v) sont distributives, chacune pour son compte ainsi que Γune par rapport Ă  l’autre (ce qui englobe les opĂ©rations p | q, p 3 q, q i p, p 3 7 et 7 3 p sous leurs formes p √ q, p √ q, p √ 7, p. qet p. q mais non pas les opĂ©rations =, w, *, 0 et p[7], etc.). On a donc, pour les 4 quaternes binaires complets, ainsi que pour toutes les opĂ©rations ternaires dont les formes uninaires et binaires sont exprimables en termes de (v) et de (.), quels que soient les signes des propositions x, y et z :

(45) x.(y √ z) = (x.y) √ (x.z) et x √ (y.z) = (x √ y).(x √ z)

Or, si l’on compose cette distribution (45), que nous symboliserons par D, avec la transformation Nh, on s’aperçoit qu’elles ne sont pas commutatives, mais prĂ©sentent cette propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale que leur composition dans un sens donne la corrĂ©lative du produit de leur composition dans l’autre sens :

(46) NhD = CDNh et DNh = CNhD

En effet :

D Nh

χ.(y vz)→ [(x.y) √ (x.z)] — > [(x √ ÿ)v(x √ z)]

et : x.(y V z) — > x.(y.z) -→ [(x.ÿ).(x.z)] D Nh

ou : x.(y . z) — [(x.y).(x.z)] — [(x V ÿ).(x V z)]

et : x.(y . z) — â–ș x.(Ăż vz) → [(x.Ăż) √ (x.z)]

Or [(* √ y) √ (χ √ ^)] est par dĂ©finition la corrĂ©lative de [(*.Ăż). (*.*)], de mĂȘme que [(^v^)∙(^v j)] est celle de [(*.Ăż) √ (f.z), puisque tous les (.) et les (v) sont permutĂ©s de l’une de ces expressions Ă  l’autre. Il en rĂ©sulte alors, pour ce qui est de l’opĂ©ration III 42 :

(47) III 42 = r.(p V q) B [(p. r) V (q.r) → [(  ∹ f) V (q V f)] =
[(pr | qr)] = VII 7

Nh D

et = r (p | q) = r.(p ∹ q) — . f.(p. q) → [(p. r). (q. r)J = 12

les opérations VII 7 et I 2 étant corrélatives.

§ 11. Les transformations hétérologues de réciprocité et de corrélativité

Si nous appliquons maintenant Ă  la rĂ©ciprocitĂ© ce que nous venons de voir des nĂ©gations hĂ©tĂ©rologues, nous pouvons introduire de mĂȘme les transformations Rg et Rd selon que l’on transforme en sa rĂ©ciproque l’opĂ©ration binaire (ou uninaire) de gauche ou l’opĂ©ration binaire de droite. Rappelons que nous Ă©crirons toujours Ă  gauche l’opĂ©ration uninaire. Quant aux expressions binaires-binaire, nous conserverons les mĂȘmes conventions que pour Ng et Nd, c’est-Ă -dire que l’on aura :

Moyen terme Rg Rd

P P (a) (1 ou P (ÎČ) q p (a) r ou p(ÎČ)r

q ∙^∙ P (“) q ou p (ÎČ) q q (a.) r ou q (ÎČ) r

r p (a) r ou p (ÎČ) r q (a) r ou q (ÎČ) r

Quant Ă  la transformation Rh (=Rg Rd) on se rappelle (prop. 34 bis) que l’on a Rh = R. On en dĂ©duit immĂ©diatement que :

(48) Rg = RRd et Rd = RRg (commutatif)

Voici un exemple des transformations Rg, Rd et Rh, que nous prendrons d’emblĂ©e de type binaire-binaire :

tf On vérifie en premier lieu la prop. (48) :

les Rd sont les R des Rg et réciproque-

S S co w g ment : par exemple III 10 est la Rd

⅛  >   >   >   >  de IV 3, ce qui entraüne le fait qu’elle est

λw m M aussi la R de III 35, laquelle est la Rq

* de IV 3.

,* On en déduit que ces transforma-

o c « m tions Rq, Rd et Rh se rĂ©duisent en fait â–ŒH r∏ çq çqu

_ à un groupe de 8 éléments seulement,

K H puisque les Rh sont identiques aux R et

NI III III III puisque les Rd et les Rg ne constituent ⅛ 4 ? jamais deux quaternes distincts mais relù-

⅛ r, vent d’un mĂȘme quaterne disposĂ© selon

p’ ĂŽ d 5 S deux ordres diffĂ©rents.

w 77⅛^C Les transformations Rg et Rd n’en

— — > > sont pas moins trĂšs importantes dans ĂȘùùù leurs relations avec les transformations

par permutation, comme nous le verrons W « O O ri

n « h sans cesse a propos des permutations du

S > ≡ >  moyen terme ou des permutations d’opĂ©-

S III III III III rations.

o En symétrie avec les transformations

"Ξ précédentes, nous pouvons introduire

tf » » h Ό maintenant les transformations Cg et Cd

^ — ‱ — ‱ de la corrĂ©lativitĂ©, selon que l’on trans-

ÂŁ ÂŁ 2121 forme en sa corrĂ©lative l’opĂ©ration bi-

p aa a naire (ou uninaire) de gauche ou l’opĂ©ra-

— “ — — tion binaire de droite. La double trans-

formation CgCd s’écrira Ch, que nous ry ry ry connaissons dĂ©jĂ  (§ 8) et qui ne se confond

c S 5 i pas avec ’a corrĂ©lative C (homologue).

5 ~ ~ ^2 Prenons Ă  titre d’exemple, comme prĂ©-

⅛ — 21 > > cĂ©demment l’opĂ©ration binaire-binaire IV 3

(2, aaap et le quaterne INRC dont elle fait par-

z-. — — — tie :

â–Œh co oo m co

CD cd

>>>> H-< H-( HH HH

Les transformations hĂ©tĂ©rologues de cor- rĂ©lativitĂ© aboutissent ainsi Ă  un groupe de 16 Ă©lĂ©ments, comme les transformations N g. Ni et Nh. Mais il est facile de les rĂ©duire, en tous les cas, Ă  des transformations d’ordre R et N :

On a d’abord, en vertu du caractĂšre rĂ©versible de la corrĂ©lative (CC = I) :

(51) Cg = ChCd et Cd = ChCg

On a ensuite les équivalences suivantes ;

a) La transformation Ch d’une opĂ©ration ‱ donnĂ©e, par exemple VIII ≡ [(p. r) | (g. r)J pour IV 3, Ă©quivaut Ă  la transformation Nh de la rĂ©ciproque R de cette opĂ©ration. Dans cet exemple, la R est IV 65 [(p √ r) | (r ) ç)] et la Nh de R est bien [(p. f) ∣ (7.r)] :

(52) Ch = NhR ou Ch = NhNC

En effet, on a (prop. 35) Ch = NhRh et Rh = R.

b) La transformation Cg d’une opĂ©ration donnĂ©e est Ng de Rg. Par exemple Cg de IV 3, est [(p. r) [ (7 j r)]. Or Rg de IV 3 est [(p √ r) | (7 ? r)] et Ng de [(p vr) | (q ) r)J est [(p. r) | (q ) r)]. De meme Cd sera Rd de Nd :

(53) Cg = NgRg et Cd∙ = NdRd (commutatif)

En effet C = N R, d’oĂč Cg = Ng Rg et Cd = NdRd.

c) On a en outre la relation générale suivante :

(54) Cg = NhRCd et Cd = NhRCg

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i

Par exemple VII 8 est Cg de IV 3 : or la rĂ©ciproque R de la Cd de IV 3, c’est-Ă -dire de VII 7, est VII 2 ; et VII 8 sous la forme qui lui est donnĂ©e dans le tableau (50) est la Nh de VII 2.

d) On a enfin :

(55) Cg = NdRdCh et Cd = NgRgCh

En effet Cd = Nd Rd (prop. 53) et Cg = CdCh (prop. 51). De mĂȘme Cd = ChCg et Cg = NgRg.

Par exempte VII 8, Cg de ÏV S est la Nd Rd Ch de IV 3, parce que Ch ≡ [(p. t) ∣ ⅛.r)]; Rd Ch ≡ [(p. f) | (q.r)] et Nd Rd Ch≡[(p. f) \ (q 3 r)]≡VII 8.

En conclusion, toutes les transformations hĂ©tĂ©rologues de corrĂ©lativitĂ© sont donc rĂ©ductibles Ă  des transformations Ng, Nd et Nh ainsi que Rg, Rd et Rh (= R). Ces corrĂ©lativitĂ©s hĂ©tĂ©rologues nous seront donc peu utiles dans la suite, par opposition aux transformations prĂ©cĂ©dentes. H n’en est pas moins intĂ©ressant de constater qu’elles forment Ă  elles seules un groupe de 16 Ă©lĂ©ments distinct de la structure (44) quoique en relation avec cette derniĂšre grĂące aux Ă©quivalences (52) Ă  (55) que nous venons de dĂ©montrer.

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