La question du dévoilement du diagnostic

Maude Schneider, Manon Chaigneau (dernière modification: octobre 2024)


À l'entrée à l’Université, un.e étudiant.e autiste se pose souvent la question de divulguer ou non son diagnostic. Certain.es choisissent de le faire, d'autres non. Voyons ensemble ce que ce choix implique, premièrement vis-à-vis de l’Université puis auprès des autres étudiant·es.


Diag - uni.jpgAuprès de l’Université

Pour accéder à des mesures de soutien, les étudiant.es doivent faire une demande d’aménagements en fournissant plusieurs documents concernant leur diagnostic auprès du service santé des étudiant.es. Cependant, les études indiquent qu’une partie des étudiant.es choisit de ne pas le faire, et ce pour plusieurs raisons:

  • Ils ne veulent pas être traités différemment.
  • Ils veulent réussir sans soutien supplémentaire, notamment parce que du soutien pourrait être moins accessible plus tard dans le monde du travail, et ils veulent prouver leur capacité à réussir sans.
  • Ils craignent que cela les empêche d’avoir une expérience universitaire « normale ».
  • Ils ne souhaitent pas entreprendre les démarches car celles-ci sont trop compliquées, peuvent être stressantes et nécessitent souvent une aide extérieure.
  • Les aménagements reçus à la suite des démarches sont jugés comme peu adaptés à leurs besoins et donc peu utiles.
  • Ils ne veulent pas que le personnel de l’Université, notamment les enseignant.es, pense qu'ils sont moins capables que les autres étudiant.es.

Si un.e étudiant.e décide de ne pas entreprendre les démarches pour demander des aménagements, il est important de rappeler les bénéfices que cela pourrait lui apporter (p.ex : du temps supplémentaire aux examens). Cependant, cela reste évidemment un choix personnel.

L’étude de Kim et Crowley (2021) a montré que certain.es étudiant.es qui avaient initialement décidé de ne pas faire appel aux services de santé des étudiant.es l’ont fait une fois qu’ils/elles avaient rencontré des difficultés académiques. Il est donc important que les étudiant.es soient informé.es de l’aide que l’Université peut apporter dès le début des études, avant que des difficultés éventuelles n’apparaissent.

Il faut également relever qu’une proportion non-négligeable des étudiant.es sur le spectre de l’autisme – environ 30% selon les études - ne se considère pas comme ayant un handicap ou des besoins particuliers. Cela peut avoir des conséquences positives, tel qu’un risque plus faible de développer des difficultés de santé mentale. Cependant, cela peut aussi empêcher ces étudiant.es d'obtenir une aide dont une partie d'entre eux aurait besoin malgré tout. Pour finir, il est important de noter que, dans la plupart des institutions, les professeur.es ne reçoivent aucune information sur le diagnostic de leurs étudiant.es. Cela peut parfois les empêcher de comprendre certains comportements atypiques ou les besoins spécifiques de leurs élèves. Il revient donc à l’étudiant.e de faire une démarche personnelle pour informer ses professeur.es, une démarche souvent jugée comme étant très épuisante et difficile à réaliser.


Diag - étu.jpgAuprès des autres étudiant.es

Réaliser des démarches officielles auprès de l’université est une chose, mais décider de dévoiler son diagnostic auprès de ses pairs en est une autre. Les étudiant.es qui choisissent d’en parler le font souvent pour que l'on comprenne leurs différences et leurs difficultés, et pour recevoir du soutien de la part des autres. Cependant, certains décident de ne pas le faire par peur de la stigmatisation liée au handicap. De plus, ils ne veulent pas que les autres modifient leur perception ou leur comportement à leur égard.