Les défis académiques
Maude Schneider, Manon Chaigneau (dernière modification: octobre 2024)
Zoom sur les défis académiques
Les étudiant.es autistes présentent de nombreuses forces qu’ils peuvent exploiter dans le contexte de leurs études. En effet, ils peuvent avoir une excellente mémoire et une grande attention aux détails. Ils peuvent également être très productifs, curieux, observateurs et motivés, surtout sur des sujets qui les fascinent, car ils s’y dévouent complètement. Cependant, certaines difficultés sont fréquemment rapportées sur le plan académique que nous allons détailler et illustrer de citations et de propositions de soutien.
Un domaine dans lequel certains étudiant.e.s autistes peuvent rencontrer est le fait de se mettre au travail et être autonome, notamment en lien avec des difficultés à organiser le travail, à gérer son temps et les différentes demandes. Ils rapportent également des défis liés à la priorisation des tâches ou à passer de l’une à l’autre. Ces difficultés peuvent impacter leur capacité à rendre les travaux à temps et maintenir le travail à jour en raison de l’accumulation de retard. C’est pour cela qu’ils expriment fréquemment un besoin de structure et/ou d’aide à l’organisation. Il peut ainsi s’avérer utile de découper un objectif final en plusieurs petites tâches intermédiaires pour organiser au mieux le temps.

Une autre barrière fréquemment citée concerne les modalités des cours. En effet, les étudiant.e.s autistes ont plus de difficultés avec les activités ou les contenus non structurés, les imprévus ou tout type de changement (ex : changement de salle de dernière minute). Ils peuvent également avoir des difficultés à travailler en groupe (se référer au chapitre sur les défis sociaux). De plus, les cours sont souvent basés sur la prise de notes, ce qui peut poser des problèmes pour certains étudiant.es. Pour faire face à ces difficultés, une approche inclusive d’apprentissage qui ne valorise pas seulement une bonne prise de notes pourrait être favorisée.

De plus, en raison d’un fréquent ressenti d’épuisement, les étudiant.e.s autistes sont parfois amené.e.s à manquer des cours. Ainsi, l’enregistrement des cours peut représenter une solution permettant de rattraper facilement le contenu manqué. Finalement, fournir les diapositives de cours à l'avance peut grandement aider, car cela permet d'organiser la matière et de limiter les imprévus.
Les étudiant.e.s autistes peuvent aussi traiter les informations différemment, bien que cela puisse être une force dans certains cas, cela peut notamment impacter la compréhension des contenus, des consignes ou de ce qui est attendu d’eux. Par exemple, il a été montré que l’autisme est fréquemment associé à une plus grande attention aux détails, au détriment de la vue d’ensemble. Une tendance à interpréter les informations de manière littérale est également fréquemment décrite, ce qui impacte la compréhension de l’implicite et des sous-entendus, influençant ainsi la compréhension des consignes ou des attentes. C’est pour cela qu’il est important de préciser clairement ce qu'il est attendu de faire et de savoir, pour éviter que cette différence devienne un handicap si les étudiant.es ne peuvent pas ou n’osent pas poser des questions de clarification.

Pour finir, certain.e.s étudiant.e.s autistes rapportent des difficultés à gérer les attentes du monde académique, avec notamment une pression ressentie à performer aussi bien que leurs camarades qui ne présentent pas les mêmes difficultés.
Un autre défi fréquemment rapporté est la sur-stimulation sensorielle. Les personnes autistes peuvent être plus sensibles aux bruits, aux odeurs, aux lumières fortes ou au toucher, ce qui peut provoquer de l'anxiété et de la fatigue et impacter la concentration. Dans un amphithéâtre, plusieurs stimulations peuvent s’avérer dérangeantes, telles que la ventilation, la proximité physique, les bruits de claviers… Même si certain.es étudiant.es ont réussi à développer des stratégies pour y faire face, ceci n’est parfois pas suffisant. Une alternative peut donc consister à suivre les cours à distance ou porter un casque anti-bruit. Pour cette raison, passer les examens dans une salle à effectif réduit peut être bénéfique pour certain.es étudiant.es. Il faut cependant tenir compte de certains désavantages, tels que le stress associé aux changements et l'impossibilité de poser des questions aux professeur.es en cas de doute concernant la compréhension des consignes.

Aide pour les étudiant.es
Dans de nombreuses universités, des aménagements sont proposés pour les étudiant.es ayant des besoins particuliers, notamment pour ceux et celles sur le spectre de l'autisme. Bien souvent, ces aménagements se limitent à un tiers-temps supplémentaire pendant les examens en session. Cependant, ce type d’aménagement n’est pas toujours perçu comme utile. En effet, les besoins peuvent varier selon les étudiant.es. Par exemple, certains souhaiteraient avoir accès à une salle calme, sans bruits perturbant ni lumières agressives durant le semestre, ou encore un délai supplémentaire pour rendre les travaux.
En ce qui concerne l'Université de Genève, les aménagements proposés ainsi que les procédures d'obtention peuvent être consultés sur le lien suivant : https://www.unige.ch/sse/besoins-particuliers.
En plus de ces aides, les études qualitatives réalisées auprès d’étudiant.es autistes ont mis en évidence l’intérêt de considérer:
- Des aménagements d’horaire,
- La possibilité de sortir de cours s'ils en ressentent le besoin,
- Un lieu silencieux pour se reposer/étudier,
- La possibilité de manquer des cours,
- Des consignes claires,
- Peu d’aléas et de changements,
- Une communication claire et explicite,
- Un soutien pour l’organisation : gérer le temps et le planning,
- Une alternative aux travaux de groupe ou aux oraux,
- Des tâches découpées en plusieurs petites parties,
- Une aide à la prise de notes (scribe ou partage de celles d’un autre étudiant)

Take Home Messages
Les difficultés principales identifiées par les étudiant.es autistes concernant les aspects académiques concernent :
- la gestion des contenus ou activités non structurés.
- la capacité à se mettre au travail et à s’organiser.
- la gestion des changements.
- une façon différente de traiter les informations.
- une forte réactivité aux stimulations sensorielles, ce qui peut créer de l’anxiété et perturber la concentration.
- la compréhension des attentes d’autrui, savoir ce qu'il faut apprendre.
