Open Access

Editeurs prédateurs

Le modèle de publication en open access crée de nouveaux flux financiers (frais de publication ou APC) que certains "éditeurs" essaient de capter de manière abusive en créant de pseudo-revues scientifiques avec un titre pompeux (International Journal of...) et en démarchant les auteurs par email en leur faisant miroiter des facteurs d'impact totalement fictifs.
 
Les processus de relecture et d'édition du manuscrit sont en général inexistants et le document envoyé par l'auteur est mis en ligne tel quel, sans aucun contrôle. Seul le paiement des APC intéresse ces "éditeurs".

Editeurs douteux

Entre les éditeurs prédateurs et les éditeurs scientifiques sérieux se trouve une zone grise où évoluent une frange du monde de l'édition regroupée sous le terme d'éditeurs douteux. Ces éditeurs ne sont pas forcément des arnaqueurs, mais souvent de petits acteurs qui ne veulent pas, ou n'arrivent pas, à respecter tous les standards qualité qu'un académique est en droit d'attendre de son éditeur.

A titre d'exemple, les nouveaux docteurs des universités reçoivent souvent par email de la publicité pour réaliser un livre à partir de leur thèse. Ces maisons d'édition, telles que les Editions universitaires européennes (EUE), les Presses académiques francophones (PAF) ou encore LAMBERT Academic Publishing (LAP), proposent à l'auteur un contrat exclusif de publication en ligne de sa thèse, ainsi que parfois une participation sur les ventes à partir d'un certain nombre d'exemplaires.

Les risques pour l'auteur sont très faibles, de même que les bénéfices. Il faut en effet savoir que ces maisons d'édition se contentent de mettre en vente sur Amazon le PDF fourni par l'auteur, sans apporter aucun travail éditorial. De plus, des conditions particulières au contrat limitent les redevances versées aux auteurs (seuil minimal, paiement sous forme de bons d'achat sur la plateforme de l'éditeur, etc.) Ce ne sont donc pas vraiment des pratiques frauduleuses, mais à tout le moins des promesses douteuses. Voir aussi le billet de Blogus operandi.

Publier un article et éviter les soucis ?

Afin d'éviter les arnaques : http://thinkchecksubmit.org/

Autres mesures

Jeffrey Beall, bibliothécaire américain, a longtemps tenu sur son blog SCHOLARLYOA une liste des éditeurs prédateurs, mais il a désormais cessé cette traque sans fin. Certains proposent plutôt d'utiliser uniquement des listes blanches pour les revues sérieuses (cf. Directory of Open Access Journal - doaj.org). Une autre initiative, complémentaire, demande aux auteurs eux-même d'évaluer les revues dans lesquelles ils ont publié un article. Cette auto-évaluation par les auteurs, pour autant que le nombre de vote soit suffisant, est une piste très intéressante : cf. QOAM.

De nombreuses revues en libre accès sont cependant d'excellente qualité et ont mis en place un très bon système de filtre (peer-reviewing) sur les manuscrits soumis par les scientifiques. Le journaliste Johan Bohannon a testé la qualité de ce filtre en soumettant un pseudo-article scientifique à plus de 300 revues, comme expliqué dans un billet paru dans Science. Mis à part de sérieuses critiques sur la méthode choisie, il apparaît que les plus importantes revues en accès libre, dont PLoS ONE, ont rejeté le manuscrit, prouvant ainsi qu'elles ne cherchent pas le paiement d'APC en premier lieu, mais se soucient de la qualité des articles.

A propos des articles retirés

Le site Retraction Watch suit attentivement toutes les affaires liées à des fraudes, des omissions ou des faiblesses dans le système d'édition des contenus scientifiques : http://retractionwatch.com/

Exemple de message d'un éditeur douteux

Bonjour Madame/Monsieur Université De Genève,

Je suis Marina Cristea de l’équipe éditoriale des Éditions Universitaires Européennes.
Je voudrais vous demander si vous ne pensez pas publier une version élargie de votre travail "travaux de recherche" sous forme de livre imprimé «classique».
La publication est entièrement gratuite.
En plus, nous allons vous guider pendant tout le processus de publication.
Quel est votre avis là-dessus?
J'attends votre retour.


Cordialement,
Marina Cristea
Lectorat

Exemple d'une publication sans relecture par les pairs

Un scientifique, Peter Vamplew, agacé des demandes d'articles par l'éditeur du International Journal of Advanced Computer Technology, leur a envoyé un faux article, composé par la répétition d'une unique phrase. A sa grande surprise, l'article a été accepté, soit-disant après relecture. Évidemment, pour être publié, il aurait alors fallu payer 150.- $.http://scholarlyoa.com/2014/11/20/bogus-journal-accepts-profanity-laced-anti-spam-paper/