La biographie de Maurice Chalumeau

L'humanitarisme selon Maurice Chalumeau

"Considérant la solidarité de fait qui réunit aujourd’hui tous peuples de la terre et l'importance des avantages mutuels qu'ils en retirent et qui rendent cette solidarité inéluctable,
considérant aussi que cette solidarité universelle appelle un ordre international commun et d'une grande stabilité, et que par conséquent celui-ci ne peut que reposer sur la justice,
considérant, d'autre part, l'inégalité du sort des individus, dont la nature, les mœurs et les coutumes locales, aussi bien que la malignité des hommes, sont la cause,
mais admettant qu'un accord universel est possible, qui tienne compte de ces conditions et des vœux les plus généraux de tous les peuples,
l’humanitarisme propose de mettre au premier plan des préoccupations de tout homme l'atténuation des injustices, en commençant par les plus criantes, et en les combattant, aussi bien sur le plan local que dans le domaine universel, afin que la lutte soit plus efficace, par l'entraide et l'émulation entre les diverses nations;
il prescrit donc, en premier lieu, de reconnaitre à tous un certain nombre de droits individuels qu'il considère comme fondamentaux,
puis, dans tous les cas où les institutions existantes sont insuffisantes ou inactives pour assurer l'application de ces droits, il enjoint de venir en aide à ceux qui se trouvent dans la détresse, ou dont la vie ou l'intégrité physique et morale seraient menacées,
il invite les hommes à s'unir en vue de prévenir systématiquement le retour des maux qui sont évitables et de limiter l'importance des autres,
il les engage à s'organiser à cet effet, sous forme d'associations privées ou publiques, nationales ou internationales,
enfin, il leur propose comme but dernier l'épanouissement de la personnalité de tous les hommes, cause première de leur bien-être."

Cette «bonne définition que l’on a donnée de l’humanitarisme» est empruntée par Jean Pictet à «Maurice Chalumeau, sociologue genevois, dont les études sur humanitarisme nous fournissent ici nos meilleurs matériaux» («Les Principes du Droit international Humanitaire», Bulletin International des Sociétés de la Croix-Rouge, Volume 48, Numéro 573 (septembre 1966), p. 420).