Revues du ciné-club

Cinéma polonais

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Cinéma polonais

La Revue du Ciné-club universitaire, janvier 2014

Édito

Il est difficile de rendre hommage à un cinéma si dense et si riche que l’a été le cinéma polonais durant la deuxième moitié du 20e siècle. D’abord freiné net par la Deuxième Guerre mondiale qui décima le pays, puis étouffé par l’idéologie stalinienne jusqu’à la mort de Staline en 1953, l’art cinématographique polonais prend un nouveau départ à la fin des années 1950. Le cinéma reprend l’un des principaux rôles qu’a joué la culture en Pologne et en particulier la littérature depuis le 18e: «écrire l’Histoire de sa nation» et constituer une dialectique avec le peuple polonais. Les premières œuvres de cinéastes tels qu’Andrzej Wajda ou Andrzej Munk sont remarquées dans les festivals internationaux. Dans les décennies qui suivent, plusieurs générations de cinéastes se succèdent. Certains réalisent des films avec peu de moyens et dont les codes cinématographiques, non sans rappeler ceux de la Nouvelle Vague, rompent en partie avec la mise en scène baroque des cinéastes précédents.

Les années passent et les cicatrices de la guerre commencent à disparaître, néanmoins un profond malaise social se ressent, malaise dont sont marqués les films qui sortent à cette même période. Le climat politique se stabilisera en partie au début des années septante grâce à des réformes sociales et économiques qui ont lieu dans le pays.

Pour évoquer ce cinéma, nous avons choisi de projeter douze films dans le cadre du cycle «Cinéma polonais», autour desquels s’articulent les articles de cette revue. Cette sélection répond à plusieurs objectifs. Il semblait fondamental de mettre en évidence, sur plusieurs décennies de cinéma polonais, ce qu’on pourrait appeler une ligne symbolique, une réflexion philosophique centrale qui parcourt en filigrane chacune de ces œuvres et qui émerge de manière naturelle lors de leur visionnage: les questionnements d’un individu en quête de soi, perdu dans un contexte de forte crise des valeurs. Il nous a paru également important de présenter l’étonnante et réjouissante diversité des genres cinématographiques – du péplum au film d’exorcisme en passant par le film de guerre –, mais aussi de retenir des œuvres qui nous paraissent être les plus personnelles et les plus abouties de réalisateurs polonais parfois moins célèbres ou dont les films tournés en Pologne ne sont pas nécessairement les plus connues de leur filmographie.

Nous souhaitions enfin mettre en avant un cinéma intellectuel et engagé, d’une grande richesse poétique et métaphorique, qui renoue avec l’histoire de la Pologne et son passé culturel. En adaptant ou en s’inspirant d’œuvres littéraires polonaises – déjà critiques de l’idéologie dominante à leurs époques – des cinéastes comme Wojciech Has, Jerzy Kawalerowicz réussissent avec brio à livrer aux consciences sociales une cohésion et une force critique fragilisées depuis le début du 20e siècle.

Cet évènement est ainsi l’occasion de rendre hommage à un cinéma dont l’histoire est presque aussi dense que toute l’histoire du cinéma. C’est également l’occasion de (re)découvrir un cinéma d’auteur, réunificateur des consciences atomisées dans un pays au contexte politique resté longtemps chaotique; un cinéma dont les œuvres aux résonances avant-gardistes délivrent un discours émancipateur et humaniste.

Sommaire

  • Gaspard Rey, Édito, p.1
  • Jacek Kuksiewicz, Kawalerowicz et Mère Jeanne des Anges, p.2-7 (in Le cinéma polonais, © 1989 éd. du Cerf)
  • Anne Guérin-Castell, La Clepsydre, de Wojciech Jerzy Has: Voyage dans le récit d’un rêve, pp.8-14
  • Sarah Maes, Jerzy Skolimowski: Tétralogie polonaise, p.15-19
  • Briana Berg, Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements, pp.20-29
  • Dario Marchiori, Pologne souterraine: le court-métrage comme foyer d’expérimentations, pp.31-32
  • Repères chronologiques: Principaux évènements culturels et politiques en Pologne de 1934 à 1991, pp.34-39

La revue au format papier

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi (Cinéma polonais – Janvier 2014) et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Cinéma polonais», janvier 2014 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma polonais. Janvier 2014 (1).

Pour citer un article de la Revue

Berg, Briana. (2014). Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements. La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma polonais., janvier 2014 (1), 13-23

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

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Il est difficile de rendre hommage à un cinéma si dense et si riche que l’a été le cinéma polonais durant la deuxième moitié du 20e siècle. D’abord freiné net par la Deuxième Guerre mondiale qui décima le pays, puis étouffé par l’idéologie stalinienne jusqu’à la mort de Staline en 1953, l’art cinématographique polonais prend un nouveau départ à la fin des années 1950. Le cinéma reprend l’un des principaux rôles qu’a joué la culture en Pologne et en particulier la littérature depuis le 18e: «écrire l’Histoire de sa nation» et constituer une dialectique avec le peuple polonais. Les premières œuvres de cinéastes tels qu’Andrzej Wajda ou Andrzej Munk sont remarquées dans les festivals internationaux. Dans les décennies qui suivent, plusieurs générations de cinéastes se succèdent. Certains réalisent des films avec peu de moyens et dont les codes cinématographiques, non sans rappeler ceux de la Nouvelle Vague, rompent en partie avec la mise en scène baroque des cinéastes précédents.

Les années passent et les cicatrices de la guerre commencent à disparaître, néanmoins un profond malaise social se ressent, malaise dont sont marqués les films qui sortent à cette même période. Le climat politique se stabilisera en partie au début des années septante grâce à des réformes sociales et économiques qui ont lieu dans le pays.

Pour évoquer ce cinéma, nous avons choisi de projeter douze films dans le cadre du cycle «Cinéma polonais», autour desquels s’articulent les articles de cette revue. Cette sélection répond à plusieurs objectifs. Il semblait fondamental de mettre en évidence, sur plusieurs décennies de cinéma polonais, ce qu’on pourrait appeler une ligne symbolique, une réflexion philosophique centrale qui parcourt en filigrane chacune de ces œuvres et qui émerge de manière naturelle lors de leur visionnage: les questionnements d’un individu en quête de soi, perdu dans un contexte de forte crise des valeurs. Il nous a paru également important de présenter l’étonnante et réjouissante diversité des genres cinématographiques – du péplum au film d’exorcisme en passant par le film de guerre –, mais aussi de retenir des œuvres qui nous paraissent être les plus personnelles et les plus abouties de réalisateurs polonais parfois moins célèbres ou dont les films tournés en Pologne ne sont pas nécessairement les plus connues de leur filmographie.

Nous souhaitions enfin mettre en avant un cinéma intellectuel et engagé, d’une grande richesse poétique et métaphorique, qui renoue avec l’histoire de la Pologne et son passé culturel. En adaptant ou en s’inspirant d’œuvres littéraires polonaises – déjà critiques de l’idéologie dominante à leurs époques – des cinéastes comme Wojciech Has, Jerzy Kawalerowicz réussissent avec brio à livrer aux consciences sociales une cohésion et une force critique fragilisées depuis le début du 20e siècle.

Cet évènement est ainsi l’occasion de rendre hommage à un cinéma dont l’histoire est presque aussi dense que toute l’histoire du cinéma. C’est également l’occasion de (re)découvrir un cinéma d’auteur, réunificateur des consciences atomisées dans un pays au contexte politique resté longtemps chaotique; un cinéma dont les œuvres aux résonances avant-gardistes délivrent un discours émancipateur et humaniste.

Sommaire

  • Gaspard Rey, Édito, p.1
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  • Anne Guérin-Castell, La Clepsydre, de Wojciech Jerzy Has: Voyage dans le récit d’un rêve, pp.8-14
  • Sarah Maes, Jerzy Skolimowski: Tétralogie polonaise, p.15-19
  • Briana Berg, Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements, pp.20-29
  • Dario Marchiori, Pologne souterraine: le court-métrage comme foyer d’expérimentations, pp.31-32
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La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Cinéma polonais», janvier 2014 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma polonais. Janvier 2014 (1).

Pour citer un article de la Revue

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