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Fiche de Projet
Réalisé par : Dr Sébastien Tardy & Prof. Leonardo Scapozza
Contact : Sebastien.Tardy@unige.ch
Leonardo.Scapozza@unige.ch
Cours : Chimie pharmaceutique
Cursus : Bachelor
Nombre d'étudiant-es : 100 - 300
Innovations utilisées :
Impliquer dans la Recherche
Problématique :
Responsabiliser
Faculté : Sciences
Description du Projet
Situation de départ

Historiquement, avant 2018, les travaux pratiques (TP) de chimie pharmaceutique consistaient à répéter des protocoles de réactions sans grande valeur scientifique. Les étudiant-es mettaient en pratique les connaissances théoriques (acquises durant le premier semestre de cours) en effectuant la synthèse organique de 2 voire 3 composés pharmaceutiques bruts non exploitables (p. ex., synthèse « historique » de l’aspirine et de la phénacétine). Le produit des synthèses, ayant pour unique objectif la formation et l’évaluation des étudiant-es, était par la suite jeté et suivait la filière des déchets organiques. Par ailleurs, les étudiant-es, conscient-es de cet état de fait, étaient peu motivé-es et ne développaient que peu leur autonomie. La cohérence entre l’apprentissage et la réalité du monde professionnel était faible.

En outre, la charge de travail des assistant-es était importante et les étudiant-es, ne voyant pas l’utilité, éprouvaient un profond sentiment d’ennui. C’est pourquoi les enseignants ont décidé de modifier le format du cours.


Mise en place et déroulement du projet

Afin de donner du sens aux productions des étudiant-es et de permettre à leur travail de s’inscrire dans une perspective plus large, les produits synthétisés lors des TP sont désormais des composés pharmaceutiques à réel caractère innovant. Au travers de la collaboration avec le DNDi (Drugs for Neglected Diseases initiative) — une institution à but non lucratif — les composés sont valorisés, car testés dans des modèles biologiques de maladies négligées et pourront potentiellement être utilisés pour traiter ces maladies (p. ex., Leishmaniose viscérale, maladie de Chagas). De plus, les étudiant-es prennent part au réseau international de recherche « open-synthesis-network » de cette institution. Cela renforce leur implication et leur motivation durant les TP.

Concrètement, les étudiant-es sont réparti-es en groupes de 2 étudiant-es durant 7 semaines de TP (14 jours). Ils/elles réalisent une seule synthèse mais plus complexe car comportant davantage d’étapes (synthèse multi-étapes). Afin de compléter leur formation pratique, des techniques spécifiques nécessaires à cette synthèse leur sont présentées ainsi que toutes les méthodes analytiques pour la détermination structurale des composés (par RMN du proton, du carbone 13C, spectrométrie de masse). Celles-ci sont ensuite réalisées en autonomie par les étudiant-es ; ce qui implique une importante prise de responsabilité de leur part et aboutit à une meilleure assimilation des acquis. La rigueur scientifique est de mise : il leur faut préparer et suivre un plan d’expérimentation préétabli durant les différentes étapes de la synthèse tout en collaborant étroitement au sein de leur groupe, mais aussi entre les groupes de la volée.

L’évaluation des étudiant-es est moins orientée sur la « performance », mais plus axée sur leurs investissements et le degré de progrès dans la compréhension des phénomènes expérimentaux. En effet, il est clair qu’un travail d’investigation « pur » donnera des résultats plus incertains qu’un travail établi depuis de nombreuses années. En outre, un rapport de synthèse écrit sous la forme d’une publication scientifique, en particulier dans sa partie expérimentale, est demandé. Les étudiant-es effectuent également, pour la première fois dans leur cursus, une présentation orale de 15 min devant l’équipe enseignante et un-e représentant-e du DNDi pour exposer leurs résultats. Ainsi, le format des TP se rapproche de ce qui leur sera demandé durant leur travail de master. Cette réforme permet donc de renforcer la cohérence dans la formation entre les années « charnières » que sont la fin du bachelor et le début du master.


Retour et conseils sur la mise en place d'un tel projet

Ce format de cours est extrêmement riche et s’inscrit dans une réelle perspective à long terme. La contrepartie est une préparation importante en amont. En effet, il faut s’assurer de la faisabilité des voies de synthèse dans le cadre de ce TP en prenant en compte les connaissances théoriques des étudiant-es et leurs compétences pratiques au début de ces séances. Pour ce faire, une minutieuse étude de faisabilité du projet a été menée au laboratoire de chimie, au sein du groupe de chimie/biochimie pharmaceutique.

Avec la réforme, les étudiant-es sont investi-es tout au début d’un projet de « recherche pure ». Les résultats pouvant être générés sont systématiquement valorisés. De ce fait, les étudiant-es se sentent plus impliqué-es. Les superviseurs de la salle et les étudiant-es, plus motivé-es que jamais, n’ont pas l’impression de faire un travail inutile et par conséquent l’atmosphère qui se dégage de la salle de TP est plus sereine.

Notons également que ce format permet de valoriser le travail des doctorant-es encadrant les étudiant-es : en effet, les projets étudiés étant novateurs, ils aboutissent à la publication de posters et d’articles scientifiques.


Avis des étudiant-es

« C’est super ! C’est très motivant de penser que notre molécule pourra peut-être faire avancer la science. C’est un projet qui nous donne de la valeur et c’est très gratifiant. Cela nous rapproche aussi plus de notre domaine (pour la recherche) et c’est donc très intéressant et pertinent. »

« Formule très intéressante et plus motivante. Les professeurs et assistant-es ont l’air plus impliqués que pour un TP « normal » et je trouve cela bien. Ce genre de TP permet un meilleur contact enseignant/élève. »

Fichiers multimédias annexes