MOOC & cas pratique

Fiche de Projet
Réalisé par : Michel Hottelier
Contact : michel.hottelier@unige.ch
Cours : Droit Constitutionnel
Cursus : Bachelor
Nombre d'étudiant-es : 500 - 1000
Innovations utilisées :
Questionner
Problématique :
Préparer
Faculté : Droit
Description du Projet
Situation de départ

Le cours de droit constitutionnel, obligatoire pour les premières années de bachelor en droit, est initialement donné de manière ex cathedra pour une heure de cours, puis une seconde partie du cours se donne sous forme de séance de travail. Les étudiant-es se répartissent en plusieurs grands groupes et les séances sont interactives, mais il reste difficile de mobiliser une forte participation des étudiant-es dans des groupes aussi grands.

L’enseignant avait à cœur d’offrir aux étudiant-es des nouvelles modalités de cours et d’apprentissage plus modernes et plus flexibles. Voyant les nouvelles modalités d’apprentissage des étudiant-es et les contraintes de gestion des horaires de plus en plus fréquentes, l’enseignant a voulu alléger le cours ex cathedra par quelques séances sous forme de MOOC disponibles en ligne.

Il était important de pouvoir offrir aux étudiant-es des modes d’enseignement variés pour plusieurs raisons. L’augmentation des effectifs pour le bachelor en droit commençait à soulever un problème logistique de places disponibles dans les auditoires. Par ailleurs, dans les premières évaluations du cours, de plus en plus d’étudiant-es évoquaient un souci d’aménagement de leurs horaires car ils/elles étaient de plus en plus à devoir concilier les études avec une charge familiale et/ou un emploi.

Par intérêt pédagogique et afin de répondre à ces quelques problématiques, l’enseignant a voulu créer quelques séquences de cours sous forme de MOOC et remplacer le cours lui-même. En somme, lorsque les séquences sur certaines notions existent, le cours n’a pas lieu et est remplacé par le visionnement des séquences créées combiné avec la structuration du cours en classe inversée.

La mise en place des séquences MOOC pour le cours de droit constitutionnel était à l’origine un projet pilote soutenu par le rectorat.


Mise en place et déroulement du projet

Au cours de l’année académique, six cours ex cathedra prennent la forme de séquences filmées (trois cours par semestre), montées puis animées à la manière d’un MOOC dont le visionnement par les étudiant-es se fait librement et à distance. L’étudiant-e acquiert les éléments théoriques et les fondamentaux de la thématique prévue pour la semaine, en visionnant la séquence.

Les étudiant-es préparent ensuite à domicile des exercices et des lectures (arrêts du tribunal, livres, polycopiés, articles, etc.) sur la base de cas pratiques traités ensuite en séance de travail en présence de l’enseignant et de l’assistant-e. Les exercices sont abordés de façon interactive entre l’enseignant et les étudiant-es sur les cas étudiés ou des sujets d’actualités. Les séances de travail constituent la seconde partie du cours. Les étudiant-es sont répartis en trois groupes et une séance est proposée à chaque groupe.

Ce format de classe inversée présente l’avantage d’élargir l’offre des cours dans le souci de s’adapter au mode d’enseignement virtuel. Il offre davantage de disponibilité aux étudiant-es, en ce qu’il est possible de (re) visionner le cours ex cathedra au moment qui leur convient. Cette solution offre un confort d’aménagement de l’apprentissage qui était très attendu par les étudiant-es. La répartition des séances de travail en groupe permet également de régler le problème logistique de la surcharge des auditoires.

La combinaison avec la séance de travail en présentiel permet d’approfondir les connaissances théoriques acquises par les vidéos à travers la résolution des exercices pratiques et la possibilité de poser des questions à l’enseignant. Cette nouvelle modalité de travail permet également de faire une meilleure jonction entre le cours théorique et les séances de travail sur la matière.


Retour et conseils sur la mise en place d'un tel projet

Les réactions auprès des étudiant-es sont contrastées; le MOOC a un effet déstabilisant en première année en raison de l'arrivée dans un climat universitaire que les étudiant-es doivent s’approprier. Cependant, l’effet positif est que les étudiant-es s’approprient plus volontiers la matière. Les étudiant-es comprennent mieux et plus facilement en apprenant à leur rythme et en pouvant tester leurs connaissances avec les quiz.

Afin de prévenir l’appréhension de cette nouveauté, l’enseignant recommande de bien prendre le temps d’expliquer les conditions de travail, les modalités variées d’enseignement et leur organisation durant l'année académique.

Il faut éviter de vouloir comprimer toute une matière devant une caméra. On ne sait pas comment les étudiant-es vont réagir si on ne les a pas en face de nous. Il est important de calibrer et de scénariser très soigneusement la matière pour qu’il y est un fil conducteur et une démarche pédagogique.

Se lancer dans un MOOC est une remise en question et il ne faut pas croire que c’est une solution de facilité. C’est au contraire un travail important qui nécessite beaucoup d’engagement, mais qui vaut le coup, car il répond aux attentes de la nouvelle génération d’étudiant-es. La liberté d’organisation dans l’apprentissage est très valorisée par les étudiant-es.


Avis des étudiant-es

"Cela permet à des étudiants qui ont des obligations (professionnelles ou familiales ou autres) de pouvoir avoir le même accès au cours que ceux qui viennent physiquement en cours. De voir (et non uniquement d'écouter) permet :
1. d'être plus attentif car plusieurs sens sont éveillés
2. mieux retenir grâce au fait qu'on voit gestuelle et mimiques de l'enseignant
"

"C’est une très bonne idée que ces vidéos soient diffusées sur internet étant donné que maintenant la technologie est beaucoup utilisée. C’est une nouvelle manière de transmettre le savoir. On est libre de visionner les cours quand on veut, on peut appuyer sur stop pour prendre les notes, on peut revisionner les vidéos qui sont là jusqu’à qu’on maîtrise le concept. C’est d’autant plus appréciable lorsque l’on travaille ou que l’on n’est pas francophone."

"D’une matière technique, meilleure transmission audiovisuelle comparée à un amphi ou il peut y avoir du bruit qui fait baisser la qualité d’écoute."

"Cours très bien structuré, autant dans son enseignement ex cathedra que les séances à regarder sur Mediaserver. Cumulées à celles des autres cours, il n'est pas toujours facile d'être à jour dans les lectures mais elles restent très utiles à l'assimilation du cours."

"La structure est très clair et les polycopiés données la première semaine aide bien l'enseignement. En plus, l'enregistrement des ex cathédras et des séances de travail facilitent l'apprentissage parce qu'on peut écouter plusieurs fois un enregistrement et écrire une réponse complète et aussi prendre bien les notes."

"Le MOOC est à double tranchant, on a cette liberté de suivre le cours, mais le risque est de ne pas être régulier et de prendre du retard. » “Le problème avec une vidéo est que l’on a tendance à vouloir tout noter et donc à passer bien plus de temps que la période consacrée en cours réel."

Fichiers multimédias annexes