Mémoires

Prix "Guillaume ROHAT"

En mémoire de Guillaume Rohat, docteur posthume ès Sciences de la société, mention Environnement et développement durable, un prix, intitulé Prix « Guillaume Rohat », est institué et décerné annuellement par l’Institut des Sciences de l’Environnement (ISE) pour récompenser un mémoire de Master MUSE remarquable.

Le Règlement du Prix "Guillaume Rohat" précise les conditions de participation,  les documents à joindre au dossier de candidature ainsi que les critères d'évaluation.

Le prix institué est d’une valeur de CHF 500.-, indivisible. Les dossiers des candidat-e-s doivent être envoyés par les directeurs/directrices de mémoire à Pauline Plagnat au plus tard le 30 septembre de chaque année. Le Prix "Guillaume Rohat" est remis lors de la cérémonie officielle de remise des diplômes de la Faculté des Sciences.

Contact : Pauline Plagnat.

Edition 2021

Lauréat

julius_malin.png MALIN Julius “Christian Attitudes to the Anthropocene: An Explorative Study in South-West England" sous la co-direction de la Prof. Sarah Stewart-Kroeker (Faculté de Théologie UNIGE), du Prof. Markus Stoffel et du Dr Sébastien Guillet (ISE UNIGE).
Témoignage de Julius Malin

 

1. Comment/pourquoi as-tu choisi ce sujet interdisciplinaire, hors des sentiers battus ?

Dès le début de mes études au MUSE, je savais que je voulais travailler sur un projet interdisciplinaire, à l’interface entre des sciences exactes, sociales et des lettres. J’ai toujours eu cette conviction que les perspectives de recherche étaient bien plus intéressantes lorsqu’elles se trouvaient « entre » les disciplines.
 
Je viens d’un milieu religieux et lors de mes études en géographie et en sciences de l’environnement, je me suis toujours dit que la nature et l’étendue des changements environnementaux soulèvent des questions de caractère religieux : quel est le rôle de l’homme, quelle est la valeur de la nature et quel est le sort de ce monde ? Ces réflexions découlent du fait que l’impact de l’homme sur la planète est au-delà de ce qu’un individu peut expérimenter, voire imaginer – il est à un niveau qu’on aurait traditionnellement réservé aux dieux.
 
Il y a deux moments marquants, éléments "clé" de mon projet de mémoire. La première s’est passée en quatrième année  dans un cours de religion, quand mon professeur  à l’époque, monsieur Bligh, m’a demandé de préparer une présentation sur la réponse spirituelle au changement climatique, ce qui a été révélateur en moi. Le deuxième moment s’est produit il y a trois ans pendant le cours "Ethique de l’environnement". Damien Delorme nous a présenté les perspectives philosophiques sur l’Anthropocène; je me suis rendu compte que le concept avait aussi des connotations religieuses.

 
2. Quel est le "plus" amené par ce travail de mémoire ?
 
Ce projet m’a permis de mettre en pratique l’interdisciplinarité qui étaye le programme MUSE ainsi que les méthodes que j’ai appris en faisant mon certificat complémentaire à la faculté SDS (méthodes quantitatives et qualitatives). J’ai ainsi eu l'occasion de suivre des cours en écologie, économie, politique, droit, éthique et climatologie ainsi qu'en méthodes.
 
Tandis qu’il était très intéressant de voir les choses de la perspective des disciplines différentes, ce qui était frustrant, c’était que l’opportunité de pratique, la pollinisation croisée, ne s’est pas toujours présentée. Je me suis senti libéré par ce mémoire, car j’avais la liberté  quasi "artistique" d’aller au-delà des limites traditionnelles entre disciplines : je pouvais enfin explorer mes idées de la façon que je voulais.
 
Un autre grand plus amené par ce projet est qu’il m’a énormément appris sur la manière dont les recherches sont menées au niveau universitaire. J’ai dû être flexible, indépendant et ingénieux. Je ne pouvais pas compter sur un prof pour me donner toutes les réponses car c’était à moi de sélectionner et de lire la littérature, d’apprendre des nouvelles méthodes, de présenter mes résultats et de voir ce qu’ils ajoutaient à la théorie existante. Et quand de nombreux défis sont survenus (COVID, faible taux de réponse, protection des données), c’était ma responsabilité de me montrer à la hauteur.
 
3. Que fais-tu maintenant? As-tu trouvé un travail, un stage ?
 
Suite à mon Master MUSE, j’ai décidé de poursuivre mes études à l’Université de Bâle, en faisant une thèse de doctorat sous la direction du Professeur Jens Köhrsen. Je vais développer mon propre projet doctoral qui s’appuie en partie sur ce que j’ai fait pendant mon master : je vais chercher à mieux comprendre comment les évangéliques aux États-Unis conçoivent les changements environnementaux à l’échelle géologique.
 
En parallèle, je travaille sur le projet « ARG » (Are Religions becoming Green ?) qui vise à rechercher l’engagement environnemental des acteurs religieux en Suisse. Aussi, je vais bientôt commencer à collaborer sur un troisième projet qui a pour put d’étudier le potentiel des écovillages à servir d'incubateurs pour les transitions durables.
 
4. Quel est le travail de tes rêves, suite à ton parcours MUSE ?

Il est honnête de ma part de dire que si je peux rester dans la recherche, je serai comblé. La voie la plus évidente est sans doute celle de l'enseignement universitaire. C'est là que je me vois dans quelques années. Un autre de mes grands rêves est de publier un livre qui explore en détail les répercussions philosophiques et religieuses des changements environnementaux. Rien ne me passionnerait plus que de pouvoir faire réfléchir les gens sur ces thèmes !

 
Liste des mémoires présélectionnés pour le Prix 2021
  • ALVAREZ RESTREPO Beatriz "Development of low-loss interference coatings for colored thin-film PV devices" (Finaliste)
  • MALIN Julius "Christian Attitudes to the Anthropocene: An Explorative Study in South-West England" (FInaliste)
  • STEINFELD Caroline "Droughts, Riots, and the Shifting Velocity of Climate in Sub-Saharan Africa."  (Finaliste)
  • BERSET Fanny "Microplastic particles concentrations and characterization in field side composting in Geneva"
  • CABEZAS Victoria "Infrastructure Bleue: Priorisation des rivières de Suisse sur la base de leurs valeurs éco-hydrologiques"
  • COZMA Rita "Addressing climate engineering governance and regulatory gaps"
  • GAY des COMBES Gilles "Estimation de la vulnérabilité des espèces d’arbres de Genève face au changement climatique"
  • JOZEFIAK Iga "Carbon dioxide, methane emissions and climate change in the Arctic"
  • NOVOA-HERZOG Ruben "Analyse et perspectives du futur système énergétique du grand projet urbain « Praille-Acacias-Vernets »"
  • POURRIER Quentin "Reconstruire l'histoire de la végétation et des pratiques agro-pastorales dans les Alpes du Nord au cours des six derniers millénaires : analyse"
  • RAGY Sabine "From a humble beginning to the OneBuilding: sustainable buildings and the renovation of the Ecole de Physique"
  • RICHARD Viviane "Quel est le rôle de l’accessibilité aux infrastructures sportives et des conditions socio-économiques dans la pratique du sport à Genève ?"
  • SAVOY Andrea "La contribution des bisses à la diversité en macroinvertébrés aquatiques dans un secteur des Alpes (Valais, Suisse)"

Edition 2020

Lauréate

Photo Vivienne_small.jpg SCHNORF Vivienne  "Biomass transport for energy in Switzerland: Cost and energy consumption of the major paths traveled by forest wood and manure" sous la direction de la Professeure Evelina Trutnevyte.
Témoignage de Vivienne Schnorf

 

1. Comment/pourquoi as-tu choisi ce sujet interdisciplinaire ?
J'ai voulu travailler sur les énergies issues de la biomasse pour deux raisons: Je souhaitais me rapprocher du secteur agricole et également approfondir un sujet dont nous parlons souvent trop peu dans le contexte des énergies renouvelables. Il est actuellement souvent questions de l'énergie solaire ou éolienne, alors que dans beaucoup de pays, la biomasse représente une ressources locale et abordable. Lorsque j'ai contacté le groupe de recherche à l'Institut de recherche WSL (sous conseil de ma directrice de mémoire Evelina Trutnevyte), on m'a proposé de me pencher sur le transport du bois énergie et du lisier.

Durant mon bachelor en gestion hôtelière j'avais acquis des connaissances solides en économie; nous nous sommes relativement rapidement mis d'accord que nous voulions aborder le sujet du coût du transport. Ensuite, comme l'intérêt environnemental du transport du lisier est souvent remis en question, nous avons souhaité élargir la recherche pour inclure l'aspect énergétique du transport.
 
2. Quel est le "plus" amené par ce travail de mémoire ?
Mon travail de mémoire m'a permis de me spécialiser dans un domaine que nous avions peu abordé pendant les cours (MUSE et ETHZ*). Pendant sa rédaction, j'ai pu rencontrer beaucoup de personnes en lien avec le secteur (chercheurs d'autres instituts, OFEN, OFAG, institutions, acteurs privés). C'est dont l'aspect très technique et intéressant de la recherche que j'ai découvert pendant la rédaction de ce travail de mémoire. Comme tout mémoire, il m'a fallu aller chercher des données et les analyser avec profondeur.
 
3. Que fais-tu maintenant? As-tu trouvé un travail, un stage ?
J'ai eu la chance de pouvoir continuer le projet, qui avait entre-temps été approuvé et qui était soutenu par l'Office fédéral de l'énergie (OFEN). J'ai développé une analyse supplémentaire incluant les émissions de CO2, et comme nous avions reçu une nouvelle base de données plus complète, j'ai pu refaire mes calculs en réadaptant le modèle sur un autre programme. Mon contrat se termine au 31 décembre 2020, et après, j'espère trouver un poste intéressant dans le secteur privé (idéalement dans le développement de projet méthanisation).
 
4. Quel est le travail de tes rêves, suite à ton parcours MUSE ?
Dans un premier temps je souhaite acquérir de l'expérience dans le développement de projet, idéalement d'usines de méthanisations. Le poste de mes rêves serait au sein d'une collectivité ou d'une association, de pouvoir m'impliquer dans la création de stratégies énergétiques locales/régionales.
*Vivienne est partie en mobilité à l'ETHZ (Ecole polytechnique fédérale de Zürich) durant son cursus MUSE.
 
Liste des mémoires présélectionnés pour le Prix 2020
  • ATTIA Dovan "The influence of building and socio-economic characteristics on gas and electricity consumptions. The case of Geneva, Switzerland"
  • BARRAL Nouchka  "Impacts des vagues de chaleur à Genève.  Une approche par les vulnérabilités sociales actuelle et futures de la population"
  • BOUL LEFEUVRE Nastasia "Why logged-over tropical forests matter. A local perspective from the Heart of Sabah"
  • FAHY  Julie "Dragonflies (lnsecta: Odonata), indicators of the diversity and ecological integrity of alluvial river ecosystems?"
  • FOUITEH  Imane "L’intelligence artificielle appliquée à l'énergie : l'utilisation des techniques de détection d'objets pour une meilleure évaluation du potentiel solaire photovoltaïque des façades"
  • LOGEAIS Mathieu  "To diverge or not to diverge? A tree-ring investigation in southern Yamal, Siberia"
  • MEYER Emilie "L’usage de l’interface pour la promotion de la santé et de la qualité de vie dans les nouveaux quartiers"
  • MONTERO Omar  "Pompe à chaleur air/eau pour bâtiments résidentiels collectifs : retour d'expérience et validation de la simulation numérique"
  • PACHE Alicia "Évaluation de la vulnérabilité humaine future face à l'élévation du niveau des mers. Le cas des archipels du Pacifique - Vanuatu, Tonga & Samoa"
  • PINTO Aurora "Methane Fluxes from Littoral Sediment of a Eutrophic Swiss Lake"
  • SCHELL Guillaume "Les nouveaux modèles de petits commerces d’alimentation à Genève veulent favoriser la mixité sociale... mission impossible ? une exploration de l’épicerie participative “Le NID”"
  • SCHNORF Vivienne  "Biomass transport for energy: Cost, energy and CO2 performance of forest wood and manure transport chains in Switzerland"