Transformer l’école du 21e siècle en favorisant le respect des besoins psychologiques et des droits de l’enfant


Ce projet de recherche interdisciplinaire et pionnier est financé par le Fonds National Suisse (FNS, Sinergia). Il est le fruit d'un groupe de recherche interinstitutionnel, composé de Zoe Moody (Requérante principale, Université de Lausanne) et des co-requérant·es Frédéric Darbellay (Centre interfacultaire en Droits de l’enfant, UNIGE), Rebecca Shankland (Labo DIPHE, Université Lumière Lyon 2 et Observatoire du bien-être à l’école) et Isabelle Vonèche-Cardia (ESL | Embedded Systems Laboratory, EPFL).
Objectifs
L’éducation et les écoles sont confrontées à un ensemble de problèmes complexes qui prennent de l’ampleur dans ce premier quart du XXIe siècle. Parmi les défis les plus marquants et révélateurs figure la remise en question des droits et des besoins des enfants : exclusion sociale et harcèlement, manque de sentiment d’appartenance, stress aigu et problèmes de santé mentale – aggravés par une pandémie mondiale – ainsi que les enjeux de la numérisation et les limites des approches pédagogiques dites traditionnelles. Bien que l’on dispose de nombreuses connaissances sur la prévalence de ces problèmes et sur les moyens d’y faire face, les recherches restent éparses et les données fragmentées. Le développement des compétences psychosociales et de l’éducation aux droits de l’enfant constitue une solution, dont le déploiement gagne à être renforcé par la mise en place de dispositifs systématiques, locaux et globaux.
Ces problématiques psycho-éducatives et socio-juridiques attirent l’attention de la communauté scientifique et une base de connaissances solide existe désormais, soutenant des actions significatives sur le terrain. Cependant, les données restent disjointes et les solutions ne sont pas toujours réplicables ni applicables à grande échelle. Face à cette complexité, il est nécessaire d’innover sur les plans conceptuel, méthodologique et numérique. Des approches interdisciplinaires sont requises pour questionner les cadres théoriques et les modèles d’analyse actuels, les transformer et développer des interventions évolutives. L’intégration des connaissances liées aux réalités complexes des enfants, des enseignants, du personnel de direction des écoles et des familles peut ouvrir de nouvelles pistes de recherche et mener à des réponses adaptées et impactantes.
Ce projet de recherche collaborative interdisciplinaire poursuit un double objectif :
- produire une approche théorique et empirique innovante et intégrative pour étudier les besoins psychologiques fondamentaux et les droits fondamentaux des enfants à l’école à l’ère numérique ;
- co-créer des interventions de développement des compétences psychosociales et de l’éducation aux droits de l’enfant, fondées empiriquement et évolutives, pour l’ensemble des acteurs scolaires, afin de soutenir des environnements éducatifs qui répondent aux besoins des enfants et respectent leurs droits.
Ce projet s’appuie sur un modèle théorique et intégratif combinant les besoins des enfants, leurs droits et le climat scolaire. Il est structuré selon trois dimensions interconnectées et opérationnelles, caractéristiques de la recherche sur les enjeux sociétaux :
- Compréhension ;
- Intégration des connaissances ;
- Intervention-transformation.
Ce projet interdisciplinaire combine des cadres théoriques, des concepts et des outils issus de la psychologie du développement en contexte scolaire, des études en droits de l’enfant, des sciences de l’éducation, des sciences de la prévention et de la promotion de la santé, de l’informatique – notamment de l’interaction homme-machine et des sciences de l’apprentissage numérique. Il est également construit selon les principes de la recherche-intervention participative, intégrant des approches méthodologiques mixtes et multi-acteurs (enfants ; enseignants ; directions; parents).
Quatre interventions hybrides (incluant des outils numériques), visant à soutenir le développement des compétences psychosociales et les droits de l’enfant, sont co-créées avec les parties prenantes. Leurs effets individuels et collectifs seront mesurés à l’aide d’un ensemble d’outils d’évaluation et d’une combinaison de méthodes qualitatives et quantitatives. Le travail en équipe face à des problèmes complexes nécessite également une perspective transdisciplinaire, intégrant les points de vue des parties prenantes tout au long du processus de recherche. Cette approche est essentielle pour améliorer la formulation, la compréhension et l’analyse des problèmes ainsi que pour générer des méthodes hybrides, à l’écoute des partenaires de terrain.