Projection du film "The Lost Okoroshi" (2019), d’Abba T. Makama — 22 septembre 2025

Cycle « Cinéma, religion et politique »

Un partenariat entre la chaire Yves Oltramare « Religion et politique dans le monde contemporain » de l’IHEID, le Geneva Africa Lab de l’UNIGE et les Cinémas du Grütli

Lundi 22 septembre, à 20h30, aux Cinémas du Grütli

 

The Lost Okoroshi (2019), d’ Abba T. Makama

 

Projection suivie d’un débat introduit par Alessandro Jedlowski (maître de conférence à Sciences Po Bordeaux et membre du laboratoire Les Afriques dans le Monde) et Jean Perret (critique et professeur de cinéma)

Réalisé par Abba T. Makama, figure centrale du cinéma nigérian indépendant, The Lost Okoroshi (2019) est une œuvre singulière qui mêle spiritualité, satire sociale et esthétique afrofuturiste. Makama, également connu pour Green White Green (2016), est membre du collectif Surreal 16, qui milite pour un cinéma africain audacieux, affranchi des codes commerciaux     qui dominent les écrans nigérians.
Le film suit Raymond, un agent de sécurité désabusé, hanté par des rêves peuplés de masques traditionnels. Un matin, il se réveille transformé en Okoroshi, une figure masquée issue de la culture igbo. Muet et vêtu de raphia violet, il erre dans Lagos, produisant une rencontre ironique et improbable entre modernité urbaine et mythe ancestraux. À travers cette métamorphose, Makama interroge la perte de repères culturels dans une société nigériane en pleine mutation.

Dans un paysage cinématographique nigérian dominé par Nollywood et ses comédies romantiques à succès (Wedding Party, Isoken), The Lost Okoroshi se démarque par son ton semi-comique et sa narration onirique. Le film refuse l'effacement des « traditions » au profit d’un consumérisme globalisé, et réhabilite les masques, souvent diabolisés par les missionnaires occidentaux et par les Églises pentecôtistes locales, comme entités bienveillantes et porteuses de mémoire.

Présenté au TIFF et au BFI London Film Festival, le film a trouvé une audience internationale grâce à Netflix et Amazon Prime. Il s’inscrit dans une nouvelle vague de cinéma nigérian qui revendique ses racines tout en explorant des formes hybrides, d’un point de vue esthétique comme en termes de contenu. Makama y célèbre la fluidité des cultures et affirme que nos ancêtres ne sont jamais vraiment partis — ils attendent simplement qu’on les écoute à nouveau.

4 sept. 2025

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