Didactique des arts et du mouvement (DAM)
Membres
Le groupe de recherche de Didactique des arts et mouvement DAM est co-dirigé depuis 2008 par René Rickenmann et Isabelle Mili, chargés d’enseignement. Il fonctionne de manière régulière depuis 2005. L’équipe a assumé une partie importante des lignes de recherche en didactique de l’équipe Sémioses-Education & Développement (SED, 2002-2005) codirigée par Christiane Moro et René Rickenmann.
L’équipe est composée des membres suivants :
| BALMORI –MARTIN ISABEL | Professeur de didactique du chant HEM-Genève |
| BODEA STEFAN | Assistant doctorant APV |
| CORDOBA ADRIAN | Chargé d’enseignement EP/APSA, SSED, doctorant |
| DE LA CALLE LUIS | Doctorant-Musique |
| DUCREY MYLEN | Formatrice APV HEP VAUD, Doctorante |
| LAGIER CYNTHIA | Assistante, doctorante, APV et musique |
| LUCENA ANNA-VANESSA | Formatrice en APV, HEP- BEJUNE |
| MARQUEZ FRANCISCO | Chargé d’enseignement Arts Visuels, IUFE |
| MELENDEZ ANDREA | Doctorante Erasmus, APV, (co-direction avec l’Université de Granada, E) |
| MERCHAN CAROLINA | Formatrice Arts de la scène, UPN –Colombie, Doctorante Théâtre |
| MILI ISABELLE | Professeure associée en didactique des arts SSED & IUFE |
| RICKENMANN RENE | Maître d’enseignement et recherche APV, SSED & IUFE |
Domaines de recherche
Les recherches des membres portent sur la construction des savoirs des champs artistiques (musique, arts plastiques et visuels, arts appliqués, danse, théâtre, notamment) qui évoluent au sein d’espaces formels de formation (école obligatoire, postobligatoire et enseignement supérieur). Durant les deux dernières années, les recherches ont été effectuées sur quatre axes principaux:
1. Didactique de la réception culturelle
Longtemps ignorée de la plupart des pratiques enseignantes à l’école obligatoire, la réception culturelle (relation école-musée, école-salle de concerts, …) a été laissée aux seuls responsables des institutions culturelles et des politiques de médiation qui sont très contrastées avec le travail didactique des enseignants. Sur la base d’études systématiques -parfois rares- des pratiques enseignantes orientées en ce sens, nous cherchons à identifier et à décrire les caractéristiques des processus de construction d’« expertises du public » (spectateur, auditeur, visiteur de musée, etc…). Ces travaux trouvent un écho fondamental dans le nouveau Plan d’Etudes Romand qui introduit « l’axe culturel » dans les contenus que les enseignants doivent désormais prendre en compte. Le domaine de la formation didactique des enseignants fait aujourd’hui face à une très forte concurrence de formations sur la médiation culturelle et artistique, dont il convient de contraster les visées, les approches pédagogiques et didactiques et les effets sur le développement des élèves (public cible privilégié). Cette ligne de recherches s’avère nécessaire afin d’établir les différences fondamentales entre médiation didactique et médiation socioculturelle, notamment en ce qui concerne les aspects chronogénétiques des processus d’apprentissages, ainsi que sur les dimensions esthésiques relatives aux œuvres et pratiques artistiques.
2. Etude de l’action enseignante et des transpositions didactiques internes des savoirs enseignés (Ecole obligatoire & postobligatoire)
Dans le cadre de la participation des membres de l’équipe aux formations d’enseignants, des recherches sont menées, également, sur la conduite enseignante de la planification et de la mise en œuvre des dispositifs didactiques. Ces recherches de type clinique-expérimental (Leutenegger, 2009), sont basées sur des ingénieries que les étudiants mettent en place et qui sont ultérieurement analysées (recherche) et évaluées (formation). Dans cet axe, deux objets sont principalement visés. D’une part, la recherche sur des dispositifs d’enseignement qui, en l’absence d’un « texte du savoir » institutionnel fondé sur des curricula et des programmes d’études, permettent aux praticiens d’identifier et de travailler des objets de savoir propres aux champs artistiques. D’autre part, la mise en place d’ingénieries didactiques nous permet de « produire » des phénomènes didactiques qui sont observés et décrits, notamment à partir de l’étude de l’action enseignante.
Etude de l’action enseignant dans les formations professionnalisantes
Un axe de travail récent vise à identifier les objets de savoir et les modèles pédagogiques et didactiques à partir desquels se forment et/ou exercent les professionnels dans les champs artistiques. Ceci, compte tenu de deux facteurs caractéristiques des processus de formation : le fait que d’une part, phénomène fréquent en Europe, une grande part de l’éducation artistique prend place à l’intérieur d’institutions spécialisées (publiques et/ou privées) qui ne sont pas intégrées à l’école obligatoire ; d’autre part, le fait que les enseignements artistiques à l’école obligatoire et post-obligatoire sont majoritairement pris en charge par des enseignants ayant eu une formation dans des institutions dans lesquelles la recherche ne fait pas partie des processus de production/validation des savoirs à enseigner. En effet, les savoirs du champ sont souvent produits dans une grande variété d’institutions (notamment, Hautes Ecoles d’Art, Conservatoires, centres de pratiques professionnelles, Université), dont l’articulation ou la coordination n’est que trop rarement anticipée par les diverses institutions qui interviennent directement et indirectement au développement des disciplines scolaires artistiques. Cet axe de recherches a pour visée : - d’identifier les praxéologies qui fondent le travail de planification et de mise en œuvre des enseignements scolaires ; - identifier et décrire leurs lignées socio-historiques et inter-institutionnelles ; - identifier et décrire la dialectique praxis (didactique)-formation dans l’évolution des disciplines scolaires du champ des enseignements artistiques ; ceci afin d’éprouver les systèmes conceptuels sous-jacents à la base des conceptions et pratiques didactiques, et de les soumettre aux processus de débat et de validation de la recherche en didactiques.
3. Etude des processus de construction sociale de l’émotion esthétique
Un axe récent dans le groupe, en termes de recherche fondamentale, est celui de l’étude des travaux de l’école Russe, notamment des écrits de Vygotski sur les émotions. Le domaine de l’art se prête particulièrement à un travail d’exploration sur la médiation de l’œuvre/pratiques artistiques dans les rapports de détermination mutuelle entre les dimensions émotionnelle/affective et intellectuelle en termes de développement de la personne.
4. Etude des processus de didactisation des œuvres
Un autre axe, travaillé depuis 2007, cherche à identifier les œuvres/pratiques artistiques (musique, littérature, théâtre, arts plastiques,…) qui sont particulièrement utilisées par les enseignants pour aborder les contenus de leur enseignements. Nous cherchons à identifier leurs caractéristiques formelles, esthétiques et poïétiques afin de comprendre les rapports qui s’établissent avec les formes scolaires des activités didactiques, les critères de choix des enseignants, les découpages qui s’opèrent en classe et les effets en termes d’objets effectivement enseignés.
5. Corporéité et enseignement artistique
Un dernier axe, travaillé depuis 2011, cherche à identifier l’articulation entre techniques, interprétation et créativité dans les apprentissages artistiques. Par exemple, la construction, au sein d’enseignements artistiques effectivement dispensés, d’une mémoire didactique qui fait la part d’une mémoire corporelle et la part d’une mémoire de contenus « savants » (structure des œuvres, répertoire, genre, style…) nous amène à collaborer avec des enseignants chanteurs, instrumentistes, un professeur de théâtre et à analyser des planifications chorégraphiques conçues pour des classes primaires. Se pose ainsi la question de la nature véritable de « la mémoire didactique » dans ces enseignements ; ou encore la question de la fonction particulière de la dévolution dans des cas tels que que l’enseignement du chant, où l’imitation du maître n’a assurément pas les mêmes formes, implications, ni les mêmes limites que dans d’autres types d’enseignement, puisque c’est par le corps de l’apprenti chanteur que passe toute proposition d’interprétation.