Boeuf écorché
Jan Victors (Amsterdam, 1619 – Indes orientales, 167 1646
Genève, Musée d’art et d’histoire, inv. BA 1998-234
huile sur bois de chêne, 84 x 70,2-71,5 x 1 cm
Le tableau représente dans un intérieur rustique un boeuf écorché. À gauche, une femme nettoie le pavé; à droite, deux garçons s'amusent avec une vessie. Il s’inscrit dans une tradition iconographique qui, inaugurée au milieu du XVIe siècle par des peintres tels que Pieter Brueghel l’Ancien et Martin van Cleve, fait probablement allusion au sacrifice de l’animal par les Israélites (Lév. IV, 1-12) ou par le père de l’Enfant prodigue (Lc XV, 11-32), mis en relation par les théologiens avec celui du Christ, tout en se rattachant à un goût plus général pour la représentation des cuisines et des boucheries. Il dérive plus précisément du Bœuf écorché peint vers 1640 par un collaborateur de Rembrandt (Jan Victors ?) et conservé aujourd’hui au Kelvingrove Art Gallery and Museum of Glasgow. Le tableau genevois porte la signature du peintre et la date de 1646. Il se caractérise par une écriture fluide et rapide, qui joue sur des effets de densité variable de la matière, parfois grattée avec la hampe du pinceau. Il peut être rapproché d’une variante (Hollande, collection particulière) réalisée l’année suivante et dont le format est très proche (bois, 85 x 71 cm), tandis que le motif du garçon légèrement accroupi se retrouve dans une Noce villageoise peinte en 1652 (Bâle, Kunstmuseum). Provenant de la collection de Pamela Boscawen, le tableau a été légué au musée en 1998.