Le futur Télescope Einstein choisit son porte-parole à l’UNIGE
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Michele Maggiore, professeur à l’UNIGE, est nommé porte-parole du futur observatoire européen d’ondes gravitationnelles.
La collaboration du futur Télescope Einstein, appelé à devenir l’observatoire européen de référence pour la détection des ondes gravitationnelles, vient de nommer comme porte-parole Michele Maggiore, professeur au Département de physique théorique de la Faculté des sciences de l’Université de Genève (UNIGE). Produites par la collision de trous noirs ou d’étoiles à neutrons, ces minuscules ondulations de l’espace-temps constituent l’un des nouveaux outils majeurs de l’astrophysique. Le projet mobilise 2 000 scientifiques appartenant à plus de 90 unités de recherche réparties dans une trentaine de pays, pour un investissement estimé à 2 milliards d’euros.
Capable de détecter jusqu’à mille fois plus d’événements d’ondes gravitationnelles que l’actuel réseau de détecteurs LIGO–Virgo–KAGRA (en Italie, aux États-Unis et au Japon), le futur Télescope Einstein sera construit entre 200 et 300 mètres sous terre, avec des bras de 10 à 15 kilomètres de long, à l’abri des vibrations causées par l’activité humaine. Trois sites sont actuellement envisagés pour accueillir l’expérience: la Sardaigne, la région frontalière entre les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne ainsi que la Saxe. Le détecteur pourrait être installé sur un seul site ou réparti sur deux sites.
Le Télescope Einstein permettra d’étudier la formation des trous noirs, la structure des étoiles à neutrons et la nature de l’Univers peu après le Big Bang.
Cet observatoire de troisième génération surveillera en permanence la longueur de ses bras de détection grâce à des lasers et à des miroirs suspendus. La moindre variation — jusqu’à des millions de fois plus petite que le diamètre d’un noyau atomique — indiquera le passage d’une onde gravitationnelle.
La collaboration scientifique à l’origine du projet, soutenue par la Commission européenne, a nommé Michele Maggiore, professeur au Département de physique théorique de la section de physique de la Faculté des sciences de l’UNIGE, comme porte-parole. Déjà membre du comité exécutif et coprésident du comité scientifique d’observation, le chercheur représentera l’ensemble de la collaboration après en avoir coordonné les activités scientifiques.
L’UNIGE impliquée via le Gravitational Wave Science Center
Plusieurs équipes de l’UNIGE sont déjà impliquées dans le projet, aux côtés de scientifiques de plusieurs universités et instituts de recherche suisses, via le Gravitational Wave Science Center (GWSC), fondé en 2022 et hébergé par l’Université. Ce centre rassemble les spécialistes de la recherche sur les ondes gravitationnelles provenant des départements d’astronomie, de physique théorique et de physique nucléaire et des particules.
Le Télescope Einstein surveillera en permanence la longueur de ses bras de détection grâce à des lasers et à des miroirs suspendus. © Einstein Telescope
Explorer l’Univers et tester la relativité
Le Télescope Einstein permettra d’étudier la formation des trous noirs, la structure des étoiles à neutrons et la nature de l’Univers peu après le Big Bang. Il offrira également la possibilité de tester les théories d’Albert Einstein à l’échelle cosmologique.
Estimé en 2001 à 2 milliards d’euros, le projet figure sur la feuille de route de l’European Strategy Forum on Research Infrastructures (ESFRI), qui définit les priorités pour les grandes infrastructures de recherche en Europe. Le financement sera assuré par les pays partenaires hébergeant les universités et instituts impliqués. En Suisse, le projet est en cours de soumission à la feuille de route du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI).
Les travaux préparatoires sur site devraient débuter en 2028, pour une mise en service prévue dans la seconde moitié des années 2030.
Contact
Michele Maggiore
Professeur ordinaire
Département de physique théorique
Section de physique Faculté des sciences UNIGE
+41 22 379 63 81