La Genèse des structures logiques élémentaires : classifications et sériations ()

Préface a

Notre premier devoir sera de nous excuser auprès des lecteurs de leur infliger un volume de plus à parcourir. Et pourtant l’idée de cet ouvrage s’imposait à nous depuis longtemps : depuis le temps où à propos de la formation du nombre et des quantités chez l’enfant, de l’espace et du hasard, du raisonnement inductif, etc., nous parlons de la genèse des opérations logiques élémentaires, nous n’avons en fait consacré aucune étude directe au développement de ces structures comme telles. C’est pourquoi une recherche systématique sur la formation des classifications et des sériations s’imposait, à tel point que nous eussions dû commencer jadis par là : mais on n’aborde souvent qu’au terme de ses travaux l’analyse des questions de départ…

Notre seconde excuse sera que, ayant été trop souvent soupçonnés d’écrire des ouvrages et de construire des théories sur 10 ou 20 cas individuels, nous tenions à livrer une fois le détail de nos tableaux statistiques et de l’effectif de nos sujets d’expérience.

Notre troisième excuse (et il convient d’insister sur ce point) est que dans des ouvrages comme les nôtres, les idées centrales n’occupent en fait qu’un nombre restreint de pages, le reste étant consacré à une documentation livrée pour être consultée, mais non pas pour être lue in extenso dès le premier contact. Dans le cas particulier, nous nous permettons donc de conseiller au lecteur de commencer par les conclusions, puis de chercher dans les divers chapitres les compléments d’information qu’il jugera utiles pour la justification des thèses qu’il désirerait discuter ou retenir. Enfin (mais seulement s’il s’astreint à une lecture d’ensemble), il pourra recourir à l’Introduction, dont le but est de fournir les données préalables aux analyses de détail. À vrai dire, nous avons même été tentés de présenter les choses ainsi et de mettre en tête les conclusions et en appendice l’Introduction : mais on nous eût accusés d’avoir déjà ces conclusions dans l’esprit avant d’aborder la récolte et le dépouillement des faits, alors qu’il nous a fallu huit années de travail pour dominer ceux-ci et pour parvenir aux interprétations que nous livrons aujourd’hui au lecteur.

B. I. et J. P.