Les types de recherches

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Infections

Les maladies infectieuses sont également investiguées à l’aide du modèle animal (souris et rat). Il s’agit d’études visant à comprendre les mécanismes d’infection d’agents pathogènes comme les virus et les parasites (p.ex. virus de la grippe, toxoplasme, plasmodium de la malaria). La compréhension de ces mécanismes est une étape-clé dans la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques contre ces maladies.

  • 8.6% des animaux utilisés en 2020
  • Espèces utilisées: souris, rat

Mathieu Brochet est professeur au Département de microbiologie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine. Ses recherches portent sur la compréhension du paludisme, une maladie infectieuse transmise par les moustiques et causée par les parasites du genre Plasmodium. Ces parasites ont un cycle de vie alternant entre l'humain et le moustique. Le parasite est transmis à l'humain par une piqûre de moustique infecté, il rejoint ensuite le foie pour une première phase de multiplication et infecte les globules rouges dans un deuxième temps. Finalement, le parasite est à nouveau transmis au moustique lors d'un repas sanguin sur une personne infectée.

L’équipe du Prof. Brochet a recours à l’expérimentation animale pour étudier des stades du développement du parasite qui sont difficilement étudiés in vitro. Les différents projets de recherche reposent sur l’utilisation de Plasmodium berghei, un parasite de rongeurs qui présente de nombreux avantages dans l’étude du paludisme. Les souris sont infectées afin de comprendre en particulier les stades de développement des parasites responsables de la transmission au moustique et par conséquent de la diffusion de la maladie à d’autres individus. La plupart des protéines de Plasmodium étudiées dans le contexte de ces recherches sont très éloignées de celles présentes chez l’être humain, elles représentent ainsi des cibles thérapeutiques intéressantes pour bloquer le développement du parasite.

En suivant le principe des 3R, les expériences sont effectuées de manière à réduire un maximum le nombre de souris utilisées ainsi que le développement de tout symptôme chez l’animal hôte. En outre, le groupe cherche à améliorer les outils disponibles pour remplacer la souris avec des méthodes in vitro pour produire certaines formes des parasites.

21.01.2022

Mirco Schmolke est professeur au Département de microbiologie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine. Ses recherches portent sur les mécanismes d’action des virus respiratoires, en particulier celui de la grippe.

L'équipe du professeur Schmolke utilise l'expérimentation animale pour modéliser l'infection par la grippe chez les adultes et les enfants. Les mécanismes de l'infection sont étudiés chez la souris d'un point de vue moléculaire afin d'identifier les protéines virales impliquées dans la pathologie virale. Plus précisément, le groupe cherche à comprendre les effets de l'infection sur les réponses au stress, ce qui pourrait contribuer à améliorer les vaccins vivants atténués contre la grippe.

Dans une deuxième branche de recherche, l'équipe du Prof. Schmolke étudie l'effet d'une infection virale aiguë sur le microbiote intestinal et respiratoire de souris adultes et de souris nourrissons. En effet, le virus de la grippe provoque des changements importants dans le microbiote normal, qui constitue un bouclier naturel contre les pathogènes bactériens. Par conséquent, les animaux infectés par le virus sont plus sensibles aux infections bactériennes secondaires. L'équipe du Prof. Schmolke a développé des probiotiques sur la base de cette découverte. Récemment, le groupe s'est penché sur l'impact à long terme des infections infantiles sur les fonctions du microbiote à l'âge adulte.

21.01.2022

Dominique Soldati-Favre est professeure au Département de microbiologie et médecine moléculaire de la faculté de médecine. Ses recherches portent sur la compréhension des infections causées par les parasites intracellulaires, comme les agents à l’origine du paludisme, la toxoplasmose, la néosporose, la coccidiose et la cryptosporidiose. Une des questions fondamentales de parasitologie consiste à comprendre comment une cellule eucaryote peut pénétrer, survivre et se multiplier dans une autre cellule eucaryote.

L’équipe de la Prof. Soldati-Favre recourt à l’expérimentation animale quand cela est nécessaire. La souris est utilisée pour étudier certains stades du cycle du parasite qui ne peuvent pas être reproduits in vitro à l’aide de cultures cellulaires. Dans le cas de la toxoplasmose, la souris est un hôte intermédiaire naturel comme l’être humain et d’autres vertébrés, c’est pourquoi elle se prête à ces études de parasitologie. Après infection, les cellules des parasites se multiplient très lentement à l'intérieur d'une structure appelée kyste dont la paroi les protège de l'environnement ; ces kystes se retrouvent de manière prédominante dans le cerveau, mais également dans les muscles striés et le cœur. Un aspect principal des recherches de la Prof. Soldati-Favre porte justement sur le rôle de facteurs impliqués dans la machinerie parasitaire d'invasion et de sortie de la cellule hôte. Comme le cerveau est la cible principale du parasite, la souris et le rat sont également utilisés pour étudier les conséquences neurologiques de l’infection chronique : chez la souris, l’altération du comportement se traduit notamment par une diminution du sentiment de peur tandis que chez l’humain des études ont montré que l’infection chronique par le toxoplasme est un facteur de risque au développement de la schizophrénie.

L’équipe œuvre de façon continue à développer des approches expérimentales in vitro dans l’optique de l’application du principe des 3R, notamment via la génération de kystes en culture afin de replacer la souris.

Les parasites protozoaires étant responsable d'un large éventail de maladies chez l'homme et les animaux, ces recherches ont une relevance médicale et vétérinaire capitale.

24.01.2022