Les études menées à l'UNIGE

Etude carrières académiques

Une étude mandatée par le Service égalité, soutenue par le Rectorat, la Division des ressources humaines et l’Unité de psychologie sociale (FPSE) de l’UNIGE

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Cette étude basée sur 85 entretiens et 818 questionnaires auprès de chercheurs et de chercheuses à l’Université de Genève visait à explorer les raisons d’une faible représentation de ces dernières aux échelons hiérarchiques supérieurs de l’institution. Pour cela, nous avons observé d’un côté les différences et les similarités entre les femmes et les hommes concernant leurs ambitions professionnelles et leur investissement dans la carrière, et de l’autre les mentalités et les comportements caractérisant ce milieu professionnel.

page de couv - sexisme.PNGLes données mettent en évidence que les femmes s’engagent autant que les hommes, et sont tout aussi motivées que ces derniers à avancer dans leur carrière. Les résultats montrent aussi que les femmes, comme les hommes, s’investissent au-delà du temps de travail légal. De plus, pour beaucoup d’entre elles, les ambitions professionnelles priment sur leur vie privée. Ces données suggèrent que la faible représentation des chercheuses dans les postes à haut statut ne peut pas être attribuée à leur « soi-disant » manque d’investissement professionnel, mais plutôt aux facteurs liés au cadre de travail.

En effet, nos données montrent que le milieu académique, comme d’autres milieux professionnels en Suisse, est caractérisé par plusieurs obstacles à la progression professionnelle des femmes.

Premièrement, le sexisme exprimé sous une forme directe ou subtile (hostile ou bienveillante) constitue sans doute un des obstacles majeurs aux carrières des chercheuses. Plusieurs participantes ont indiqué être confrontées à différentes facettes du sexisme à l’université. Les témoignages des personnes interviewées mettent en évidence que le sexisme hostile et/ou le sexisme bienveillant dévalorise les chercheuses dans le contexte professionnel et, ce faisant, limite leur progression dans la hiérarchie.

Deuxièmement, les données nous ont permis de constater la présence d’une disparité de traitement entre les femmes et les hommes de la part de leur supérieur-e hiérarchique. Les chercheuses, notamment celles qui se trouvent à un stade avancé de leur carrière, constatent qu’elles ne sont pas suffisamment soutenues par leur supérieur-e hiérarchique. Par rapport aux chercheurs, elles dénoncent plus de situations caractérisées par un manque de soutien, tel que le manque de conseils, d’encadrement, de financement pour des activités scientifiques, ou encore le manque de promotion de la part de leur supérieur-e hiérarchique.

Troisièmement, nos données mettent en évidence que la parentalité n’a pas le même impact sur la carrière des femmes que sur celle des hommes. Cet obstacle à la progression professionnelle des chercheuses se situe au niveau des attitudes négatives que les supérieur-es hiérarchiques ont envers la maternité, et non au niveau des capacités des parents à concilier leur vie familiale avec leur vie professionnelle. Pour les chercheuses, ces attitudes négatives pourraient être à l’origine de l’abandon de leur carrière académique.

Finalement, les mesures mises en place par le Rectorat, telles que la règle de préférence pour la personne appartenant au sexe sous-représenté, les ateliers REGARD, les programmes de mentorat ou encore les Subsides tremplin, sont globalement bien perçues par l’ensemble des répondant-e-s, notamment les chercheuses auxquelles ils sont destinés.

Contact Klea.Faniko(at)unige.ch | 022 379 12 68

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Klea Faniko a soutenu son doctorat en psychologie sociale à l’Université de Lausanne en 2011. Elle mène ses recherches postdoctorales à l’Université de Genève, puis à celle de Leiden (Pays-Bas). Elle est actuellement engagée comme chercheuse avancée à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas). Sa recherche porte sur la perception des mesures positives soutenant les carrières féminines, la trajectoire professionnelle des femmes, et les obstacles qu’elles rencontrent dans leur carrière. Elle est l’auteure d’une monographie et de deux ouvrages collectifs, ainsi que de plusieurs contributions à des revues scientifiques et à des ouvrages collectifs.

Dans la presse

Pourquoi si peu de professeures d'université, Tribu, RTS, 16 mars 2017

Sexisme, manque de soutien et maternité: les obstacles à une carrière féminine, Campus n°168, mars 2017, p.9

Le sexisme ordinaire gagne les milieux universitaires, Le Temps, 15.02.2017

Pourquoi l'uni de Genève ne dispose pas d'anticorps contre le sexisme, La cité, 05.01.2017

Les femmes s'appliquent autant dans leur carrière, Le Journal de l'UNIGE, p.7, 15.12.16-16.02.2017

La résistance s'organise contre le harcèlement sexuel dans les universités, Le Temps, 3.12.2016

Harcèlement sexuel, un poison à l'université, Le temps, 3.12.2016

Reportage L'Université et l'égalité hommes-femmes| Halte au sexisme au travail!, TdG, 27.11.2016

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