Le mot de la Rectrice
Publié le 1er avril 2026
Je souhaite partager avec vous, en toute transparence, un point de situation sur nos finances et, au-delà, sur la trajectoire que nous donnons à notre institution. Le moment est exigeant, il appelle à la fois lucidité et engagement collectif.
Notre situation financière mérite d’être comprise dans toute sa nuance. Si l’on considère l’ensemble de nos activités et de nos sources de financement, l’Université présente un résultat consolidé positif d’environ 49 millions de francs en 2025, porté notamment par la bonne performance de notre portefeuille financier et par des contributions importantes, en particulier celles liées à la Fondation pour l’Université de Genève (FUNIGE).
Dans le même temps, les activités financées par les pouvoirs publics — qui constituent le cœur de notre fonctionnement quotidien — présentent un déficit d’exploitation de 10 millions de francs. Ce décalage peut sembler paradoxal, mais il s’explique simplement : toutes les ressources dont dispose l’Université ne peuvent pas être utilisées librement pour couvrir les charges courantes. Certaines sont affectées à des projets spécifiques ou à des investissements de long terme.
C’est donc bien sur notre budget de fonctionnement que porte l’effort à accomplir. Les projections montrent que ce déficit pourrait encore atteindre 5 millions de francs en 2027 si aucune mesure n’est prise. Nous nous sommes engagés à retrouver l’équilibre à cet horizon. Cela implique des économies ciblées et durables. Le Rectorat privilégie des adaptations structurelles — mutualisation de services, simplification de processus — plutôt que des réductions linéaires qui affaibliraient indistinctement tous les secteurs. Cet effort est indispensable pour préserver nos capacités d’action dans la durée.
Dans le même temps, il est essentiel de souligner que cette phase de rigueur ne remet pas en cause notre ambition. Les ressources issues de la FUNIGE, soutenue par la Fondation Hans Wilsdorf, ainsi que les bons résultats de notre portefeuille, nous permettent de continuer à investir dans des projets scientifiques à fort potentiel. Le programme de chaires d’excellence vient lui aussi renforcer l’attractivité de notre institution en attirant des talents de premier plan dans des domaines stratégiques.
Nous traversons ainsi une période particulière, où coexistent contrainte et opportunité. Nous devons maîtriser nos dépenses là où cela est nécessaire, tout en continuant à développer nos forces et à préparer l’avenir, se serrer la ceinture, mais avancer avec ambition.
La solidité de l’Université de Genève repose sur cet équilibre : une gestion responsable aujourd’hui pour garantir notre capacité d’innovation demain. C’est grâce à l’engagement de toutes et tous que nous pourrons relever ce défi collectif.
Audrey Leuba
