Perspectives

«Campus», un pont entre science et cité

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Ce numéro célèbre un double anniversaire: celui de la 100e parution de Campus et celui des 20 ans du magazine.

Cette édition spéciale est l’occasion de s’interroger sur ce que représente une telle période pour les sciences étudiées au sein de notre institution. Elle rassemble ainsi des regards de chercheurs sur l’évolution de notre monde et des points de vue de scientifiques sur les transformations de certains domaines de recherche au cours de ces vingt dernières années.

Un 100e numéro, c’est aussi l’occasion de s’interroger sur l’importance d’un magazine universitaire. Aujourd’hui, les médias sont en effet en pleine mutation. Dans cet environnement, quelles sont la place et le rôle d’une telle publication?

Nous défendons l’idée qu’un magazine universitaire comme Campus est, avant toute autre chose, un des premiers maillons du processus complexe et multiforme que représente le dialogue «science et cité». Ce dialogue contribue au partage des savoirs scientifiques avec la collectivité, à leur mise en culture, et il s’inscrit directement dans la mission de l’université.

L’interaction «science et cité», complexe, fait intervenir de nombreux acteurs et des formes variées de médiation, allant du cours public à l’exposition interactive, en passant par l’interview d’un chercheur pour un quotidien local.

Dans ce foisonnement d’activités et de réalisations, le magazine Campus se situe au plus près des chercheurs, à la source du partage des savoirs. Campus met en lumière des sujets et des thématiques qui sont d’actualité pour la communauté scientifique, mais qui ne le sont pas encore, ou qui ne le seront peut-être jamais, pour les médias classiques. Le magazine tente ainsi le pari sans cesse renouvelé de la vulgarisation, de la médiation scientifique, avec l’espoir de susciter l’intérêt pour un sujet, au-delà du cercle de ceux qui l’étudient quotidiennement.

Campus se situe ainsi entre une publication scientifique et un magazine vendu en kiosque. Son public n’est plus seulement la communauté scientifique, mais il n’est pas pour autant lu quotidiennement dans les transports publics!

Ce positionnement lui permet d’apporter pleinement sa contribution à la dynamique de dialogue entre la science et la cité. Les lecteurs de Campus sont en effet autant de relais potentiels: scientifiques de tous domaines, enseignants, journalistes, acteurs des milieux économiques, culturels ou sociaux, amateurs de sciences, curieux ou bloggeurs. Un sujet peut les interpeller, une thématique les fasciner, un expert les convaincre: l’intérêt est suscité, la dynamique «science et cité» est alimentée.

Campus peut alors inspirer la rédaction d’un article dans un quotidien, il peut permettre aux chercheurs cités d’être consultés par des journalistes ou des politiques, il peut servir de support à des enseignants. C’est ainsi que le magazine atteint son but. Il s’inscrit dans le processus du partage des connaissances, il en est l’un des acteurs.

Pour parvenir à ces résultats, Campus se doit d’offrir une information de qualité sur les connaissances qu’il présente, puisée à la source même de leur élaboration, les chercheurs, et validée par eux. Un magazine universitaire peut prendre le temps qu’il faut pour être à l’écoute des acteurs académiques, car il a la chance de ne pas être soumis à la pression de l’actualité. Le temps de l’écoute et l’exigence permanente de qualité sont nécessaires pour que le magazine puisse espérer servir de déclencheur d’intérêt au-delà des cercles universitaires.

Enfin, un 100e numéro, c’est aussi l’opportunité de remercier tous les chercheurs, de toutes les disciplines, qui permettent l’existence du journal. Car le dialogue «science et cité», c’est bien évidemment eux qui le font vivre, Campus n’étant, en somme, que leur porte-voix.

Didier Raboud

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